La Campagne de France

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          Alexandre et Otto organisent des voyages culturels en bus. Malheureusement pour les deux amis, la culture ne fait pas vendre et ils se voient dans l’obligation d’élargir leur gamme de voyages pour attirer les clients et échapper à la banqueroute. Ils vont donc se retrouver avec 12 retraités, en direction de Bergues, lieu de tournage d’un succès cinématographique récent. Le trajet va s’avérer empli d’embûches qui vont leur faire perdre peu à peu leurs dernières illusions. 

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          Vous vous en souvenez peut-être, j’avais adoré Le front russele roman choc de Jean-Claude Lalumière, excellente surprise de la rentrée littéraire 2011. Quand j’ai vu son nouveau roman en librairie en ce mois de janvier, j’ai donc sauté de joie et me suis jetée dessus sans la moindre retenue. Je n’étais toutefois pas enthousiaste au point de le faire passer avant le dernier Makine, il y a des choses qui se respectent tout de même ! Mais dès mes lectures plus urgentes refermées, je me suis lancée avec joie dans celle-ci. Je vous le dis tout net, sans suspens inutile, grande a été ma déception, et ce dès les premières pages. En effet, si j’avais ri des tribulations du personnage de son précédent roman, qui fleurait bon le vécu (avec une mauvaise foi délectable), j’ai trouvé cette histoire-ci autrement plus douteuse. Le postulat de départ aurait pu être drôle mais ça part rapidement dans tous les sens, souvent de manière fort peu crédible. J’ai trouvé l’humour de l’auteur plutôt lourd, parfois douteux et on est plus souvent dans la moquerie que dans la dérision, ce qui me gêne fortement.

          On retrouve dans ce roman un panel de caricatures assez impressionnant : nous avons tous types de retraités, avec un raciste, une femme atteinte d’Alzheimer et une autre à la coiffure improbable, ainsi qu’un ancien prof – évidemment ! – un jeune homosexuel et une vieille hippie. Nos voyagistes vont bien sûr de déconvenues en déconvenues, plus absurdes les unes que les autres. L’auteur se disperse, voulant tout aborder à la fois, y perdant une grande part de sa force comique. On ne peut pas parler à la fois des jeunes, des retraités, de la culture, et rester pertinent avec un tel patchwork. Le style ne fonctionne qu’à moitié ; si Jean-Claude Lalumière a une plume assez acérée, il accumule les bons mots et les phrases tarabiscotées, parfois fort mal à propos, nuisant à l’unité du texte. A vouloir en faire trop, l’auteur se perd quelque peu dans son propre propos, et nous avec. Si on retrouve bien le style de son précédent roman, le contenu est quant à lui autrement moins maîtrisé, avec une histoire décousue qui ne tient pas vraiment la route. Un roman un peu bâclé qui fait sourire parfois mais dans l’ensemble s’avère assez décevant.

Lalumiere--Jean-Claude--1-

Improductifs, ses deux les cervicaux étaient à la réflexion ce que Véronique et Davina étaient au vélo d’appartement : un hymne à l’immobilité gesticulatoire.

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Il n’y avait pas une direction meilleure que les autres. Tous les chemins semblaient mener à rien.

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  1. Pingback: Comme un karatéka belge qui fait du cinéma | Madimado's Blog

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