Mes lectures

La compagnie noire – III, de Glen COOK

          La compagnie noire est une troupe de mercenaires que sa réputation précède partout où elle passe. Elle se met au service du plus offrant, en l’occurrence la Dame, un être maléfique qui tient à étendre son pouvoir. Toubib écrit les annales de la compagnie et on suit leurs aventures à travers ses yeux. Si la Compagnie n’a pas de morale, ses hommes ont le sens de l’amitié. Une qualité qui va s’avérer encombrante.

          Ce troisième tome de la saga (intitulé La Rose Blanche) en clôt le premier cycle. En effet, la série est divisée en plusieurs cycles, qui se passent à différentes époques, avec des changements narrateurs et de personnages. Si le gros de l’histoire doit rester sensiblement la même (des mercenaires et deux camps qui s’opposent), elle est donc divisée en grand cycle bien distincts et relativement indépendants. Pour en revenir à nos oignons donc, ce livre est le dernier du premier cycle. J’avais adoré les deux premier. De l’aventure, de l’action, des péripéties à la pelle, que du plaisir. Bien sûr, la qualité de l’écriture ne gâche rien à l’affaire. Eh bien il en va de même avec celui-ci. Je ne vais pas vous refaire tout mon laïus que vous pouvez déjà trouver ici ou mais ce tome est sans doute celui dans lequel il y a le plus de péripéties et de rebondissements incroyables. On tremble pour les personnages bien souvent en mauvaise posture et on se lasse surprendre plus d’une fois par des dénouements inattendus. Un vrai régal !

Gobelin et Qu’un-Oeil m’ont jeté un regard à faire cailler du lait.

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Il soutenait que nous sommes nous-mêmes les dieux, que nous forgeons notre propre destin. Que ce que nous sommes détermine ce qu’il doit advenir de nous. Pour l’exprimer en langage vulgaire, nous nous engluons chacun dans notre propre glaise et nous ne pouvons plus nous en dépêtrer.

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Dieux, cette puanteur ! A écoeurer un asticot.

Mes lectures

Métaphysique des tubes – Amélie NOTHOMB

          Bébé, Amélie était Dieu. Un dieu apathique qui se contentait de manger quand on lui présentait de quoi se nourrir et de regarder le plafond le reste du temps. Et puis tout à changé, un jour elle a découvert le monde. Mais cette petite fille hors du commun ne pouvait qu’avoir une vie exceptionnelle et pleine de d’aventures. 

        Je ne sais pas trop quoi dire de ce livre. Le début est extrêmement déroutant. Je l’ai trouvé insupportable. A la fois sans grand intérêt, pas très bien écrit franchement pédant. Heureusement, assez vite ça s’arrange et on retrouve la légèreté de l’écriture d’Amélie Nothomb, son humour et talent certain. Malheureusement, je ne sais pas si c’est moi qui n’avais jamais fait attention avant ou si c’est particulièrement marqué dans cet ouvrage-ci mais l’humilité n’est vraiment pas son point fort. Tant d’auto-suffisance me laisse perplexe. L’originalité de l’écriture (bien qu’elle s’émousse la lecture de plusieurs titres de l’auteur) est sans doute le plus gros atout de ce livre, un grain de folie des plus appréciables. Un livre agaçant par moments mais non dénuée de qualités : une lecture légère et agréable.

Certains grands livres ont des premières phrases si peu tapageuses qu’on les oublie aussitôt et qu’on a l’impression d’être installé dans cette lecture depuis l’aube des temps. Semblablement, il était impossible de remarquer le moment où Dieu avait commencé à exister.

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Le regard, qui est l’essence de la vie, est d’abord un refus. Vivre signifie refuser. Celui qui accepte tout ne vit pas plus que l’orifice du lavabo.

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Ils deviennent de plus en plus stupides, ce qui les conforte dans leur idée d’être brillants – car on n’a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.

Mes lectures

La compagnie noire – II, Glen COOK

          La compagnie noire est une troupe de mercenaires que sa réputation précède partout où elle passe. Elle se met au service du plus offrant, en l’occurrence la Dame, un être maléfique qui tient à étendre son pouvoir. Toubib écrit les annales de la compagnie et on suit leurs aventures à travers ses yeux. Si la Compagnie n’a pas de morale, ses hommes ont le sens de l’amitié. Une qualité qui va s’avérer encombrante.

          Dans Le château noir, deuxième volet de la série, on retrouve la Compagnie Noire quelques années après la bataille de Charme. Le monde est quelque peu apaisé, ou du moins connaît-il une trêve avant la bataille qui se prépare. Nos héros ont vieilli et se lassent d’être sans cesse sur les routes. Mais les Asservis vont les forcer à renouer avec le risque et l’aventure. Ce deuxième tome est tout à fait dans la lignée du premier. J’ai eu un peu de mal au début, avec un peu trop de passages à mon goût qui rappellent le premier volet, parfois de manière maladroite. Toutefois on retrouve vite l’univers de la compagnie noire et le rythme effréné qui l’accompagne. Ce deuxième tome est riche en péripéties et surprises de tous acabits. Cette fois encore, on se régale.

Les malins, c’est à leurs actes qu’on les reconnaît.

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On ma reproché ma tendance au pessimisme. A juste titre peut-être. En tout cas, elle a le mérite de limiter les déconvenues.

Pour ceux qui auraient raté la premier épisode, c’est ici.

Mes lectures

Purge, de Sofi OKSANEN

          Un matin, la vieille Aliide trouve dans  la cour de sa petite ferme estonienne une jeune fille apeurée, Zara. La jeune fille ne semble pas arrivée là tout à fait par hasard. Fait-elle partie de la mafia ? est-elle venue tendre un piège à la vieille femme ? Et Aliide, est-elle si généreuse qu’il y paraît ? Pourquoi refuse-t-elle de quitter sa maison ? Chacune garde jalousement les secrets que l’autre cherche à découvrir.

          J’avais entendu parler tant et plus de ce livre. Une telle unanimité quant à sa qualité, venant de personnes très différentes (et pas toujours très fiables en matière de jugement littéraire), m’avait quelque peu laissée perplexe. J’avais donc décidé de laisser décanter tout ça avant de m’y mettre moi aussi. La première surprise est venue du style. Un peu sec, bancal parfois, en un mot pas terrible. Pas mauvais non plus cela dit, mais assez banal et un peu âpre. L’histoire quant à elle commence assez mal et sent à plein nez les bons sentiments…

          Et c’est là que ce livre est génial ! L’auteur échappe à toutes les conventions et nous livre un récit aussi inattendu que cruel. On s’attache peu à peu à ces personnages, en même temps qu’on découvre l’horreur des secrets qu’elles gardent jalousement. La nature humaine n’est décidément pas belle à voir. Je ne vous raconte pas l’histoire, ce serait dommage, mais le tableau se noircit peu à peu, nous laissant toujours un peu plus stupéfaits. Les retours en arrière, mêlant différentes époques, est particulièrement agréable. Une histoire brillamment menée qui mérite le Femina étranger.

Elle inspira si profondément qu’elle se fit mal aux poumons. Elle s’était trompée. Le soulagement lui coupa les jambes et elle trébucha sur les marches.

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La veille; Aliide avait rincé ses cheveux au vinaigre, ils brillaient dans la pénombre, et elle essaya de donner à ses yeux l’air innocent du veau nouveau-né, sans défense et sans repère, de nature à allumer tout de suite chez Martin le désir de lui apprendre à voir, pour que Martin trouve en elle un terrain fertile où semer ses paroles.

Mes lectures

Les larmes de Tarzan, de Katarina MAZETTI

          Lui c’est Janne, elle Mariana, elle lui est tombé dessus (littéralement) un jour où elle jouait à Tarzan. Elle est maman de 2 enfants dont le père schizophrène a un jour quitté la maison, et elle peine à joindre les deux bouts. Lui est un jeune premier cousu d’or à qui tout réussi. Ils ne peuvent pas se supporter et pourtant, bientôt ils ne pourront plus se quitter.

          L’auteur reprend ici le thème qui avait fait le succès du Mec de la tombe d’a côté : deux personnes que tout oppose et qui s’aiment pourtant tant bien que mal. Autant j’avais apprécié le premier, aux personnages attachants et à l’écriture d’une fraîcheur reposante, autant là, je suis restée sur ma faim. Non seulement l’histoire est à la fois déjà vue et improbable, mais l’écriture est bâclée et les personnages aussi épais qu’une chips. Tout est téléphoné et le Happy end ne fait que rajouter une couche à la médiocrité ambiante. Certes, ça se laisse lire, sans déplaisir, mais guère plus.

Un jour j’ai trouvé son bulletin de salaire dans la boite à courrier sur le plan de travail de la cuisine… Non, ce n’était pas une petite prime, c’était vraiment son salaire ! Il aurait peut pu faire manger une famille de canaris, mais certainement pas elle et ses enfants !

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Ce soir là, il m’est clairement apparu que ce qui me manquait le plus dans la vie était un compagnon avec fonction de vide-sauce. On peut manifestement vivre sans sexe, mais il est indispensable de disposer d’un évier à vider ses petites agressions quotidiennes.