Mes lectures

Claudie GALLAY, Les déferlantes

          Une jeune ornithologue s’installe à La Hague suite à la perte de l’homme qu’elle aime. Elle y rencontre Lambert, un homme mystérieux. Quel secret cache-t-il ? Les habitants du villages en sauraient-ils plus qu’ils ne le disent sur l’histoire de cet homme ?

          Un livre sur la mer et ses secrets. Je me méfiais de ce livre au succès trop imposant. Eh bien, je n’avais pas tort. Le style est loin d’être transcendant. On a beau aimer la simplicité, là, ça mériterait quand même d’être un peu plus écrit. Ecrit à la truelle, rien à espérer de ce côté-là. L’histoire pourrait être sympathique. Les secrets, ça plaît toujours. Là aussi, petite déception. Si ça marche plutôt bien, j’ai vu venir chaque rebondissement 100 pages à l’avance. Aucune surprise, un déroulement très convenu. Au final, un livre assez agréable à lire tout de même, mais sans grand intérêt non plus. Pas mal pour ceux qui aiment les lectures légères à la plage.

Morgane a piqué les dents de sa fourchette dans un morceau de pomme de terre. Elle a levé la tête. Elle a montré la maison de Lambert. Certains volets étaient ouverts.

– Je l’ai vu, il est allé au phare en passant par le sémaphore. il a arraché les ronces de son jardin.

– Tu l’espionnes ? j’ai demandé.

Club lecture·Mes lectures

Club lecture, 1°, décembre : Serge Joncour, L’Idole

          Hier soir, notre club lecture parisien a connu sa première réunion. Nous nous sommes rencontrées, The Girl Next Door, La Nuit des Forains et moi-même, au Café Livre, rue Saint-Martin, autour de notre première lecture commune : L’Idole de Serge Joncour.

Dès lors que les choses nous concernent très directement, on est toujours les derniers à être au courant. Comme pour l’adultère ou le licenciement, les autres le savent toujours avant. Personnellement, quoi qu’il m’arrive, je suis rarement le premier à le réaliser. Je crois que c’est pour tout le monde pareil.

          L’histoire : Georges est un homme tout ce qu’il y a de plus banal. Il n’a ni emploi, ni famille. Il est ce que l’on pourrait appeler un raté. Un matin, tout le monde le reconnaît dans la rue. Il a beau chercher, il n’a pourtant rien fait d’extraordinaire. Qu’importe ? il a été pris dans la grande machine médiatique, il est devenu célèbre. On roman cynique sur la célébrité.

          Notre avis : Nous avons toutes été plutôt d’accord sur ce livre. Je vais essayer de ne pas trahir les impressions de mes consoeurs. Nous avons assez apprécié notre lecture. Un style auquel on n’est pas tellement habituées et qui peut surprendre. On a aimé le côté réaliste de ce livre. On s’identifie au personnage par certains aspects et il nous énerve par bien d’autres, bref, il est très humain. Les réactions face à la célébrité, son changement de comportement à lui, mais aussi celui des autres (ceux qui font semblant de ne pas le reconnaître, ceux qui lui courent après…) sont très convaincantes. C’est une bonne description du système médiatique.

          On a toutes été frustrées par le fait de ne pas savoir pourquoi Georges était devenu célèbre. On a envie de savoir pourquoi, comment, ce qu’il s’est passé, ce qu’il va devenir, envie de tout savoir quoi ! Eh bien on ne sait rien ! On ne découvrira pas le pourquoi du comment, c’est comme ça et puis c’est tout ! Terriblement frustrant. On brûle de tout savoir et on reste dans l’ignorance. C’est assez énervant. Cependant, pour ma part, même si cela m’a quelque peu désappointée et que j’aurais tiré un grand plaisir immédiat à avoir plus d’explications, je dois admettre que c’est aussi ce qui fait la force du livre. La dénonciation du système n’aurait pas si bien fonctionné si on nous expliquait tout. Le but étant de montrer qu’on marche sur la tête et qu’on peut devenir célèbre pour rien, si notre héros avait fait ne serait-ce que la moindre petite chose pour être connu, ç’aurait été moins convaincant. Une frustration à court terme donc, mais à plus long terme, un livre qui amène à réfléchir. En clair, on a plutôt aimé (pour ma part, j’ai même aimé tout court et confirme ma première impression : Monsieur Joncour est un auteur fort intéressant sur lequel il faut compter).

           J’ai passé une très bonne soirée à parler littérature, mais pas seulement. J’ai aimé le lieu, plein de livres dans lesquels on peut piocher le temps  de boire un thé, et on y mange plutôt bien pour un tarif raisonnable pour la capitale. Une rencontre fort agréable donc, vivement la prochaine !

          Pour janvier, c’est The Girl Next Door qui choisit ce que nous allons lire, nous vous transmettrons rapidement le titre. Le lieu étant très sympathique, nous gardons a priori le même pour la prochaine fois. La prochaine rencontre sera le mardi 18 janvier à 18h30, réservez votre soirée !

Club lecture

Club lecture : 1, 2, 3…partez !

          Voici officiellement le début de notre grande aventure de lectrices !

Un club lecture entre parisiennes. Nous nous retrouverons une fois par mois autour d’une lecture commune que nous choisirons chacune notre tour. Pas de contrainte quant au style de l’ouvrage, le choix est libre ! En revanche nous demandons juste que le roman soit suffisamment court pour que chacune puisse le lire en 3 semaines (pas d’histoires en plusieurs tomes donc, ni de pavés de plus de 1000 pages) et qu’il soit paru en poche pour ne pas défavoriser les plus à la dèche d’entre nous.

          C’est à moi que revient la lourde tâche de choisir le 1° ouvrage ! Il est extrêmement difficile de choisir un livre que l’on a pas lu et que l’on pense pouvoir plaire à tous. Comment faire lorsqu’on ne sait même pas soi-même exactement quel en sera le contenu et la qualité ? J’ai d’abord pensé à un ouvrage symbolique sur la lecture et les lecteurs, comme Si par une nuit d’hiver un voyageur d’Italo Calvino. Cependant, je n’en ai trouvé aucun qui me tente, que je n’aie déjà lu et qui ne soit mondialement connu. Je me suis donc tournée vers un choix bien différent…

         Il y a peu, Serge Joncour m’a fait l’immense honneur de laisser un petit mot sur mon blog. J’ai pensé qu’il était temps de le remercier à ma façon en le mettant à l’honneur. Tous ses livres n’étant pas parus en poche, le choix a été difficile. Finalement, j’ai choisi L’Idole (sur les conseils de l’auteur lui-même) pour notre 1° lecture ensemble. Drôle de coïncidence, aujourd’hui, grand ménage dans les ouvrages au travail, beaucoup de livres en libre service. J’y jette un oeil et que vois-je ? Un Joncour qui m’attend ! L’idole en poche, précisément. J’ai décidé d’y voir la confirmation de mon choix.

          L’Idole est un roman satyrique sur la célébrité. Il raconte l’histoire d’un homme qui du jour au lendemain devient célèbre sans savoir pourquoi. J’espère que nous prendrons toutes (et tous ?) plaisir à cette lecture. Pour la date, je propose le mardi 14 décembre à 19h. Dites-moi si cela vous convient. Si ce n’était pas le cas, n’hésitez pas à me le faire savoir. Nous ne devons pas être loin d’être au complet  (je n’ai pas fait les comptes) mais si vous êtes intéressées, faites nous le savoir, on essaiera de trouver une solution ! Pour celles qui sont loin, qui ne peuvent pas se déplacer, que nous ne pouvons accueillir parmi nous faute de place : les ouvrages à lire et la date de la rencontre seront sur mon blog dès le choix effectué. Vous pouvez nous suivre à distance à travers vos commentaires ! Je publierai ensuite les comptes rendus après les réunions pour vous tenir au courant. Il est donc possible de nous suivre à distance !

          J’espère que vous serez nombreux à partager avec nous cette aventure, de près ou de loin, de manière régulière ou épisodique. Bonne lecture à tous !

Mes lectures

Olivia ROSENTHAL, Que font les rennes après Noël ?

          En voilà une bonne question ! C’est celle que se pose l’héroïne de cet ouvrage. C’est l’histoire d’une petite fille qui aime les animaux mais dont les parents ne les aiment pas, se pose alors la question de l’obéissance ou de la révolte : doit-on écouter ses désirs ou se plier aux règles ? La petite fille va grandir et s’oublier peu à peu, se fondant dans le moule, arrivera-t-elle à se retrouver ?

          On retrouve dans ce roman le style inimitable d’Olivia Rosenthal. C’est haché et perturbant, sec, durassien. Il y a d’abord un personnage récurent, tout au long du livre et puis d’autres voix, qu’on suit moins longtemps, dont on ne sait d’où elles viennent et dont on ne connaît qu’une partie de l’histoire. Les voix s’alternent à chaque paragraphe et se répondent, de manière parfois évidente, souvent obscure.

          Si ce livre perturbe, il pose des questions intéressantes. Comment devient-on soi-même ? Comment se détache-t-on de l’emprise sociale et familiale ? Peut-on seulement y arriver sans remplacer une dépendance par une autre ? Le rapport à la mère, à la famille, à la société sont ici disséqués à travers une histoire particulière. Un ouvrage surprenant, qui sort largement du lot (aucun jugement de valeur à voir ici). Comme tous les autres romans de l’auteur, je ne saurais dire si je l’ai réellement apprécié. Des choses très intéressantes, un style qu’on reconnaît dès les premières lignes, un travail littéraire qui se construit et s’étoffe peu à peu. Beaucoup de bonnes choses donc mais une écriture déroutante et un peu difficile. Cependant, Olivia Rosenthal signe ici un de ses romans les plus abordables. A lire ne serait-ce que par curiosité, pour voir quelles formes peuvent prendre les nouvelles formes de la création littéraire.

Vous écrivez donc régulièrement au vieux monsieur à barbe blanche, à qui vous réclamez un animal domestique, une petite boule de poils que vous pourriez caresser, nourrir, cajoler, embrasser, avec qui vous pourriez jouer sans relâche et dont vous vous occuperiez. Mais comme le père Noël n’a pas l’air de vous écouter, vous décidez, sitôt la fête consommée, de partir avec ses rennes pour vous venger.

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Vous vous habituez à laisser votre chambre ouverte, vous n’éprouvez même plus le besoin de vous enfermer. Vous reconnaissez la mère en votre mère, en votre père le rival et l’ennemi, vous reproduisez les schémas, vous intégrez les fonctions, vous vous imprégnez.

Mes lectures

Alessandro BARICCO, Soie

          Voilà un petit roman qui dormait depuis bien longtemps dans ma bibliothèque (8 ans pour être exacte, je pense que c’était celui qui m’attendait depuis le plus de temps). Il ne me tentait que moyennement. On a beaucoup vu ce livre, on en a beaucoup entendu parler (trop, je trouvais ça louche) et moi qui ai toujours préféré les gros pavés, je le trouvais désespérément mince. Et puis ce titre… pfff… ça ne me parlait pas. J’avais bien failli l’ouvrir quelques fois mais n’avais jamais sauté le pas. C’était un tort. Heureusement que ma surcharge de travail m’a obligée à choisir dans ma bibliothèque un titre pas trop volumineux pour mes trajets en métro entre deux ouvrages sur Guibert, sinon ce pauvre Baricco y dormirait encore.

          C’est l’histoire d’un jeune homme du sud de la France qui achète des oeufs de vers à soie afin de fournir les « éleveurs » et tisserands de son village. La maladie qui touche l’espèce dans une grande partie du monde l’obligera à aller en chercher au seul endroit où ils sont encore sains : le Japon. Il fera là-bas une rencontre qui bouleversera sa vie.

          L’histoire commence doucement. L’écriture est simple, sans fioritures. Au début, j’ai trouvé que tout allait un peu vite, qu’on restait trop en surface et que lieux et personnages auraient mérité qu’on s’y arrête un peu plus. Et puis finalement, au fil des pages, les caractères se dessinent, l’Histoire (avec un grand H) apparaît en filigrane ; les émotions font surface. Des ambiances naissent de rien. Un livre vite lu et léger mais empreint de poésie qui est une vraie réussite.

La demeure d’Hara Kei semblait noyée dans un lac de silence. Hervé Joncour s’approcha et s’arrêta à quelques mètres de l’entrée. Il n’y avait pas de portes, et sur les murs de papier apparaissaient et disparaissaient des ombres qui derrière elles ne semaient aucun bruit. Ca ne ressemblait pas à la vie : s’il y avait un nom pour tout ceci, c’était : théâtre.

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Hervé Joncourt resta immobile, regardant l’énorme brasier éteint. Il avait derrière lui une route longue de huit mille kilomètres. Et devant lui, rien. Brusquement, il vit ce qu’il croyait invisible.

La fin du monde.

A lire aussi : Novencento pianiste, un texte très émouvant.