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Rentrée littéraire 2018 : les déceptions

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          Je sais, je sais, j’ai des mois de retard pour vous parler de la rentrée littéraire 2018. Mais il faut dire que les déceptions se sont enchaînées et j’ai eu le plus grand mal à en venir à bout. Il y aura même deux articles qui leur seront consacrés : celui-ci, sur les vrai bonnes grosses déceptions, les livres qui me sont tombés des mains ; et un autre sur le demi-déceptions, les livres que j’aurais pu aimer dont je n’ai pourtant pas réussi à venir à bout. Voici donc mes flops de la rentrée.

 

Capitaine, Adrien Bosc

 

          Le 24 mars 1941, le Capitaine-Paul-Lemerle quitte le port de Marseille, avec à son bord les réprouvés de la France de Vichy et d’une Europe en feu, les immigrés de l’Est et républicains espagnols en exil, les juifs et apatrides, les écrivains surréalistes et artistes décadents, les savants et affairistes.

Couverture de Capitaine d'Adrien BoscLe premier roman que j’ai lu de cette rentrée. J’avais entendu dire le plus grand bien du précédent roman d’Adrien Bosc et n’ayant jamais rien lu de lui j’avais donc hâte de découvrir sa plume. D’autant plus que c’est une période qui m’attire ça avait donc de bonnes chances de me plaire. Déception immédiate. Ce livre a un des styles les plus imbuvables que j’ai jamais lus (ce qui n’est pas peu dire !). Ce n’est pas à proprement parler mal écrit. L’auteur emploie un vocabulaire ronflant, fait des phrases tarabiscotées et étale sa culture autant qu’il le peut. J’ai rarement vu un déballage aussi indécent. C’est brouillon, pompeux, pédant, en bref, illisible. Grand moment de perplexité mêlée d’agacement. A mes yeux un des pires titres de cette rentrée.

Lam fut frappé par cette façon si particulière que Paris offrait de vivre, entre cloche et vernissages. Il rencontra André Masson, Georges Bataille, Oscar Dominguez, Asger Jorn, Victor Brauner ou Joan Miró.

Empreintes de crabe, Patrice Nganang

 

          C’est la première fois que Nithap rend visite à son fils installé aux États-Unis. Il a accepté de quitter Bangwa, cette ville où il a toujours vécu. Mais le séjour se prolonge : Nithap est malade et son fils veut le garder auprès de lui. Celui-ci refuse que son père se laisse mourir. Il entend connaître enfin cet homme si secret auprès duquel il a grandi.

Couverture d'Empreintes de crabe de Patrice NganangLe sujet m’attirait beaucoup. Je ne suis pas spécialement férue d’affaires de famille (quoique je les préfère en littérature qu’au cinéma) mais j’aime généralement les romans sur l’exil. Un sujet qui me touche beaucoup. Cette fois, on semblait bien partis. En plus c’est plutôt bien écrit, dans un style assez sobre, ma foi, ça se laisse lire sans déplaisir ni trop d’efforts. Enfin, au début. Malheureusement j’ai trouvé les personnages très peu attachants. Impossible de savoir qui du père ou du fils m’agaçait le plus… Difficile de s’intéresser à leur histoire dans ces conditions, un drame intimiste dont on n’apprécie pas les protagonistes, c’est toujours plus compliqué à apprécier, surtout que c’est très long à démarrer. Il n’aura fallu que quelques pages de relations familiales à la fois irritantes et insipides pour m’ôter l’envie d’en savoir plus sur cette histoire qui pourtant me tentait bien.

La fierté est un derrière bien douloureux, quand il n’est pas assis sur un siège confortable.

Trois fois la fin du monde, Sophie Divry

 

          Après un braquage avec son frère qui se termine mal, Joseph Kamal est jeté en prison. Gardes et détenus rivalisent de brutalité, le jeune homme doit courber la tête et s’adapter. Il voudrait que ce cauchemar s’arrête. Une explosion nucléaire lui permet d’échapper à cet enfer. Joseph se cache dans la zone interdite.

Couverture de trois fois la fin du monde de Sophie DivryJ’avais eu de bons échos sur ce roman, ce qui m’avait motivée à le lire bien que le sujet ne me tente qu’à moitié. Sur le même thème, j’avais beaucoup aimé le roman d’Antoine Volodine – mais bon, on est d’accord, tout le monde n’a pas son talent… Enfin, j’ai essayé quand même, on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. Ni d’une mauvaise cela dit, comme la suite allait le montrer. Au début j’ai plutôt accroché, ça démarrait bien. Et puis, très vite, le style m’est sorti par les yeux, moi qui parle pourtant comme une charretière j’ai trouvé ça parfaitement grossier, un étalage de vulgarité qui n’apporte rien ni au style n’y à l’histoire et ne fait à la longue que rendre le personnage antipathique. Un style pauvre, une histoire pas très palpitante et un personnage creux, je crois qu’on peut dire que j’ai trouvé ça franchement mauvais.

J’ai tué un flic, putain, je le crois pas… Le pire, c’est qu’c’est même pas kiffant. Je suis bloqué ici, du coup, avec cette histoire. Bloqué de chez bloqué. Tueur de flics, c’est encore plus chaud au tribunal que braqueur.

Le chien rouge, Philippe Ségur

 

          Poussé à bout par son métier et ses contemporains, Peter, qui ne comprend plus le monde dans lequel il vit, pète un câble et craque. On lui prescrit un formidable cocktail d’antidépresseurs, somnifères et anxiolytiques. La personnalité de notre héros se modifie : il rompt avec son amie, rejette sa vie bourgeoise et part s’installer dans les bois.

Couverture du chien rouge de Philippe SégurVoici un livre que j’attendais avec impatience. Je ne connaissais pas l’auteur mais le résumé me plaisait beaucoup, ça semblait plein d’humour et je pensais me retrouver dans le côté ermite cynique. Pétage de plombs, cocktail de médicaments explosif, fuite dans la nature : je pensais m’y retrouver un peu et j’étais très curieuse de voir ce que ça aller donner. Sauf que pas du tout. Dès le début j’ai compris mon erreur. Ce que j’avais espéré drôle, spirituel, décalé, s’est avéré prétentieux, intello et nombriliste. Totale erreur de casting. Le personnage est une caricature de prof qui a pété les plombs, je n’ai pas éprouvé la moindre empathie et je n’ai pas bien vu où tout ça pouvait bien aller. Le tout aspergé de pseudo philosophie à deux balles totalement assommante. C’est pédant et moralisateur, sans parvenir à sortir du carcan que ça dénonce. Finalement le mieux dans ce roman c’est sa quatrième de couverture. Une lecture fastidieuse et sans intérêt.

Nous appauvrissions la langue par la suppression du neutre et la féminisation des fonctions, rendions les textes illisibles par des tirets imbécil-e-s- et nous plaignions des violences faites aux femmes, mais nul ne semblait avoir envie d’en finir avec la vulgarité des amuseurs, le culte de la pub et le règne du porno.

Ma rentrée littéraire : espoirs et désillusions

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          Malgré son côté trop marketing et tabassage médiatique, je reste une amoureuse de la rentrée littéraire. C’est le moment de l’année où on entend le plus parler de livres, où il en sort le plus et j’avoue que je trouve à cette effervescence un charme tout particulier. J’alterne entre les ouvrages de mes auteurs favoris (ils sont relativement rares), les « incontournables » qui se retrouveront sur les listes des grands prix littéraires et d’illustres inconnus qui tentent d’émerger de la mêlée. Ce sont eux qui ont ma préférence. Pour moi septembre est en littérature le moment de la découverte, celui où je vais bousculer mes habitudes et essayer d’aller dénicher des perles. Et jusque-là, ça m’a toujours réussi.

livres

          Mais pas cette année. J’avais une jolie sélection pourtant (vous pouvez la découvrir ici). Beaucoup de premiers romans ou d’auteurs que je ne connaissais pas, des résumés alléchants, des styles variés, tout était réuni pour une rentrée sous les meilleurs hospices. Seulement voilà, impossible de venir à bout du moindre roman. Panne de lecture en pleine rentrée ? Peut-être. Ou alors simplement beaucoup d’attentes déçues. Pas forcément que les livres soient mauvais, non, simplement ils n’étaient pas pour moi, pas à ce moment-là. Ca ne m’était jamais arrivé, d’arrêter autant de livres en route, d’enchaîner ainsi les déceptions, de n’accrocher avec rien. Moi qui était si fière de ces quelques titres triés sur le volet, qui les attendait avec impatience, voilà que je n’ai même plus envie d’en ouvrir un seul !

          Je me traîne donc d’un roman à l’autre, peinant à les finir, abandonnant parfois. Je reconnais à certains des qualités, mais pas un seul coup de cœur. C’est une première, une rentrée où rien ne me fait vibrer. Il me reste encore 5 ou 6 romans à lire, mon enthousiasme s’étant largement émoussé, je suis d’une lenteur exaspérante, peut-être que parmi eux se cachera une pépite ? En tout cas, pour le moment j’en suis presque au point de me dire que je vais finir par délaisser la littérature contemporaine, moi qui ai toujours adoré ça ! Et vous, vous avez fait de belles découvertes cette rentrée ?

Mon programme pour la rentrée littéraire

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Cette année encore, je plonge allégrement dans les sorties de la rentrée littéraire avec une sélection sans réelle ligne conductrice, il faut bien l’avouer. Mes auteurs favoris ne publient a priori rien en cette rentrée (à moins que cela m’ait échappé, c’est tout à fait possible, je n’ai pas épluché tous les catalogues avec beaucoup d’attention…), à quelques rares exceptions près, je me suis donc centrée sur des auteurs que je voulais découvrir mais surtout sur des romans dont j’ignorais tout en dehors d’une quatrième de couverture alléchante. J’ai un peu eu l’impression de partir à la chasse aux trésors. Au final, j’ai en main une quinzaine de romans. Un ou deux devraient encore arriver je pense. Voici ma première liste de lecture par ordre de parution :

  • Les vents noirs d’Arnaud de la Grange
  • Summer de Monica Sabolo
  • Le jour d’avant de Sorj Chalandon
  • Le ciel ne parle pas de Morgan Sportès
  • La Fontaine : une école buissonnière d’Erik Orsenna
  • L’embaumeur ou l’odieuse confession de Victor Renard d’Isabelle Duquesnoy
  • Au nom des nuits profondes de Dorothée Werner
  • Les terres dévastées d’Emiliano Monge
  • Les complicités involontaires de Nathalie Bauer
  • Mon autopsie de Jean-Louis Fournier
  • La maison des Turner d’Angela Fournoy
  • Le ciel n’existe pas d’Ines Fernandez Moreno
  • Un jour, tu raconteras cette histoire de Joyce Maynard
  • Paysage perdu de Joyce Carol Oates

Quelques romans devraient venir s’y greffer comme chaque année : auteurs que je suis et qui avaient échappé à ma vigilance, conseils de mon libraire/mes amis/divers blogs et autres médias, cadeaux… J’ai déjà l’impression d’en sélectionner beaucoup mais je trouve toujours le moyen d’en rajouter de nouveaux, c’est sans fin ! 581 romans sortent cette rentrée, impossible de tout lire. Le choix est cruel. Les 15 romans de ma listes sont tous des services de presse, n’y figurent pas la plupart des grandes maison : Flammarion, Gallimard, Albin Michel, Actes Sud, Minuit… Eh oui, après 7 ans de chroniques consciencieuses, je suis encore loin d’avoir accès à tout ce qui me tenterait. Ce qui explique aussi que tous les romans que je compte lire ne soient pas dans cette première liste.

J’ai donc déjà repéré une dizaine de romans que j’aimerais lire quand j’en aurai fini avec ceux-ci. Désolée, je n’ai pas mis les noms des auteurs, ne les ayant pas toujours noté. Internet fait des siennes et il m’est difficile de les retrouver dans l’immédiat.

  • Une histoire des loups
  • Bakhita
  • C’est le coeur qui lâche en dernier
  • De l’influence de David Bowie…
  • La légende d’un dormeur éveillé
  • La Serpe
  • Sigma
  • Réveiller les lions
  • La gloire des maudits
  • Le courage qu’il faut aux rivières

Je n’aurai probablement pas le temps de les lire tous mais les trois derniers rejoindront ma bibliothèque, c’est certain. Réveiller les lions car le premier roman de l’auteur, Une nuit Markovitch a été mon gros coup de cœur de la rentrée 2016. La gloire des maudits parce que de Nicolas d’Estienne d’Orves j’avais adoré Les fidélités successives, et Le courage qu’il faut aux rivières pour avoir vu le film Vierge sous serment sur le même sujet que j’avais beaucoup aimé. Encore une rentrée qui s’annonce chargée donc côté lectures. Ca ne tombe pas si mal, n’étant pas très en forme ces jours-ci, je lis un peu plus. Avec un peu de chance, je serai venue à bout de ma première sélection d’ici fin septembre. J’ai déjà lu quelques uns de ces livres et pour le moment, bien qu’ils soient plus sombres les uns que les autres, j’ai été très agréablement surprise. Mais je vous reparler de tout ça bientôt.

Votez pour le prix Relay des voyageurs lecteurs

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           Un petit article rapide aujourd’hui pour vous parler du Prix Relay des voyageurs-lecteurs. Je n’ai pas particulièrement l’habitude de parler des prix littéraires hors rentrée d’automne mais bon, je ne sais pas, avec l’envie de voyager qui accompagne les beaux jours, j’avais envie de partager ça avec vous. Cinq romans sont en lice cette année.

La Tresse, Laetitia Colombani (Editions Grasset)
Article 353 du Code Pénal, Tanguy Viel (Editions Les Editions de Minuit)
Les Filles au Lion, Jessie Burton (Editions Gallimard)
Jeux de Miroirs, Eugène Ovidiu Chirovici (Editions Les Escales)
Looping, Alexia Stresi (Editions Stock)

Prix Relay des voyageurs lecteurs

          Je n’ai lu que Jeux de miroirs, qui m’avait à vrai dire un peu déçue. Mais je serais curieuse de découvrir les autres. Le premier notamment me tente beaucoup. Les lecteurs on jusqu’au 20 juin pour voter pour leur roman préféré et ça se passe ici :

http://voyageurslecteurs.fr/

          Il y a des cadeaux à gagner. La remise des prix aura le lieu le 22 juin à Paris. A vos claviers !

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Mes lectures de janvier

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          Pour la rentrée littéraire de janvier, je comptais vous faire de jolis articles thématiques, avec les polars d’un côté, les romans étrangers de l’autre et même peut-être un petit article sur la littérature française. Bref, je voulais faire les choses bien. Tout avait bien commencé, on était à peine mi-janvier que j’avais déjà lu la moitié des titres reçus, j’étais dans les temps, la vie était belle. Et puis, j’ai commencé un nouveau roman sur ma liseuse, sans bien savoir de quoi il s’agissait. Ca me plaisait mais ma lecture semblait ne jamais avancer alors je suis allée voir sur internet de quoi il retournait… 960 pages ! J’avais commencé un monstre de 960 pages en grand format ! C’était il y a 2 semaines et je suis encore bien loin de la fin. Heureusement, j’aime beaucoup, mais ça a ruiné mes chances d’en finir vite avec la rentrée de janvier. Si j’avais su je l’aurais gardé pour la fin, le mal est fait. Je ne me vois pas attendre un mois de plus pour vous parler de livre lus il y a déjà un mois, on va donc revenir à la bonne vieille méthode chronologique : premier arrivé, premier servi. Voici donc mes lectures de janvier.

Danser au bord de l’abîme, Grégoire Delacourt

Emma, quarante ans, mariée, trois enfants, heureuse, croise le regard d’un homme dans une brasserie.
Aussitôt, elle sait.

Danser au bord de l'abîme, couvertureJe n’avais jamais rien lu de Grégoire Delacourt mais j’en avais bien sûr pas mal entendu parler. A vrai dire, ses romans ne m’avaient jamais réellement tentée mais en entendant parler de celui-ci, je me suis dit que ce serait peut-être l’occasion de tenter. Le sujet ne m’inspirait pas plus que ça mais bon, pourquoi pas, on ne sait jamais. J’ai bien aimé le début. L’écriture est agréable et sans que je sache bien pourquoi je me suis attachée à ce personnage et à ses failles. Il y a une certaine fragilité dans ce texte que j’ai trouvée touchante. J’ai un peu moins accroché avec la deuxième partie. Je n’y ai pas retrouvé le même équilibre. Je ne veux pas trop vous en dévoiler mais la fin m’a également un peu déçue, j’ai trouvé que ça manquait de finesse. Dans l’ensemble tout de même, ce roman réserve de bonnes surprises et n’est pas dépourvu de délicatesse. Un peu inégal mais touchant.

Je crois que l’on trébuche amoureux à cause d’une part de vide en soi. Un espace imperceptible. Une faim jamais comblée.

No home, Yaa Gyasi

Maama, esclave Ashanti, s’enfuit de la maison de ses maîtres Fantis durant un incendie, laissant derrière elle son bébé, Effia. Plus tard, elle donne naissance à une autre fille, Esi. Ainsi commence l’histoire de ces deux demi-sœurs, nées à l’époque du commerce triangulaire au XVIIIe siècle. Un voyage époustouflant dans trois siècles d’histoire du peuple africain.

No home, couvertureVoici un de mes coups de cœur de cette rentrée de janvier. Le roman suit deux sœurs qui ne se connaissent pas. Deux lignées qui connaîtront des destins bien différents. Le roman alterne les histoires de la famille d’une sœur et de l’autre, passant au fil du temps d’une génération à l’autre. J’ai mis un peu de temps à m’accoutumer au procédé mais finalement ça fonctionne plutôt bien. Ce roman est très ambitieux et le résultat est assez convaincant. A travers ces deux branches d’une même famille, l’auteur revient sur l’esclavage : à la fois ceux qui l’ont subi et les conséquences sur leurs descendants, mais aussi ceux qui y ont contribué et l’impact sur leur culture. C’est tout simplement passionnant ! Bien sûr, étant donnée l’ampleur du sujet, les différents aspects mériteraient parfois d’être approfondis, tout comme on aimerait que certains personnages (la plupart à vrai dire tant ils sont tous réussis) aient plus de place dans l’histoire, il aurait fallu une véritable saga pour cela. On arrive tout de même à saisir les enjeux de ce sujet extrêmement complexe, ce qui est déjà énorme. Un roman passionnant et nécessaire, fort et émouvant.

Tu veux savoir ce qu’est la faiblesse? C’est de traiter quelqu’un comme s’il t’appartenait. La force est de savoir qu’il n’appartient qu’à lui-même.

Solovski, Claudio Giunta

Ils étaient trois amis florentins, partis pour cet archipel au nord de la Russie afin de restaurer un monastère pour le compte de l’Unesco. Ils ne sont jamais revenus.

Solovski, couvertureCommencer un polar qui se passe au nord de la Russie un jour de tempête de neige, voilà qui semblait pour le moins adapté. Au moins j’ai de suite été plongée dans l’ambiance ! Le pitch de départ me tentait bien, c’était plutôt alléchant. Quant au résultat… je suis plus mitigée. La bonne nouvelle, c’est que c’est bien écrit, c’est très agréable à lire. Je ne connaissais pas les îles Solovski et j’ai été contente d’en apprendre un peu sur ce petit bout de Russie. En effet, le livre semble bien documenté et j’ai apprécié ses aspects historiques, même s’ils ne sont pas au centre du récit. Dans l’ensemble il ne se passe pas grand chose, il faut bien le dire. Et les personnages ne sont pas très sympathiques, mais ils sont en revanche assez fouillés et « humains » (c’est bien ce qui les rend agaçants d’ailleurs). L’intrigue prend un tout plutôt inhabituel. En effet, plus que le mystère de la disparition de ces trois jeunes hommes, c’est le journaliste qui est au cœur du récit, c’est à peine si l’enquête passe avant ses peines de cœur. Ca donne un roman particulier, qui manque un peu de rythme à mon goût mais parvient à attiser notre curiosité. Pas un grand polar mais un livre assez original qui nous place dans une belle ambiance hivernale.

Comment se fait-il qu’à partir du moment où un être humain montre qu’il a peu ou vraiment besoin d’un de ses semblables, celui-ci s’éloigne ?

Canicule, Jane Harper

Kiewarra. Petite communauté rurale du sud-est de l’Australie. Terrassée par une sécheresse sans précédent qui désespère les fermiers. Désespérés au point de tuer femme et enfant, et de retourner l’arme contre soi-même ? C’est ce qui est arrivé à Luke Hadler, et Aaron Falk, son ami d’enfance, n’a aucune raison d’en douter. S’il n’y avait pas ces quelques mots arrivés par la poste : Luke a menti.

Canicule, couvertureAprès le grand froid, j’ai plongé dans la canicule : changement total d’ambiance. Je ne savais pas trop qu’attendre de ce roman (les a priori hein…) mais ç’a été une très bonne surprise. Je suis de suite rentrée dans cette ambiance de fournaise, dans une petite ville où les rumeurs vont bon train et où tout le monde est sur les dents à cause de la sécheresse. Avec les deux pieds dans la cheminée, je m’y croyais presque. Le point de départ est simple : une famille assassinée, seul le bébé a survécu, le père est accusé d’avoir procédé au carnage avant de se suicider, son meilleur ami vient pour l’enterrement et décide à contre-coeur d’enquêter. J’avoue être très vite rentrée dans cet univers particulier qui regorge de secrets plus ou moins bien cachés. Les personnages sont complexes et ne manquent pas de nous surprendre. Au fil des pages, les pistes se multiplient et il semble de plus en plus difficile de désigner un coupable, d’autant plus que le passé s’en mêle. J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman très bien ficelé qui sait brouiller les pistes : haletant.

La mort modifie rarement les sentiments que l’on éprouve pour quelqu’un. Et quand c’est le cas, la plupart du temps, elle ne fait que les renforcer.