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La La Land

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          Comédie musicale de Damien Chazelle avec Ryan Gosling, Emma Stone, John Legend
Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent… Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?

La La Land, affiche

          Ah, La La Land, le film dont on a tellement parlé en ce début d’année ! Bon, en temps normal, je dois dire qu’on aurait pu me rebattre les oreilles d’une comédie musicale avec Ryan Gosling pendant six mois, je ne me serais pas nécessairement déplacée pour autant, surtout en ce moment où on ne peut pas dire que je fréquente les salles de ciné assidument. Seulement voilà, ce n’est pas n’importe quel film, c’est avant et surtout le deuxième long métrage de Damien Chazelle, le petit génie du septième art qui avait marqué les esprits avec son premier film, l’excellent Whiplash (retrouvez ma critique ici pour le petit moment d’auto-promo). J’étais donc, impatiente, curieuse et légèrement surexcitée avant d’aller voir ce film. D’autant plus que comme vous ne l’aurez pas manqué, les critiques plus élogieuses les unes que les autres s’enchaînaient depuis des semaines déjà.

La La Land

          Je dois admettre que je suis un peu embêtée au moment de vous en parler. Les comédies musicales et moi bon… ça fait deux. Pourtant dans l’idée, du chant, de la danse, de la bonne humeur : ça devrait marcher à tous les coups. Mais bon souvent c’est terriblement gnan-gnan et ça, ça passe moins. Que voulez-vous, je suis plus sensible au charme des drames bien sombres… Alors, le verdict ? Ben… euh… mitigé. La scène d’ouverture est pleine de vie, dynamique, assez drôle, bref, très sympa : ça démarre fort. Après, c’est plus inégal. Il y a de jolis passages, d’autres un peu fades, ça traîne parfois un peu en longueur. Il y a du très bon. Et du moins bon. J’ai eu un peu de mal à savoir qu’en penser.

La La Land

          Commençons par ce que j’ai immédiatement aimé : les costumes ! Des robes aux couleurs chatoyantes qui ne sont pas sans rappeler les années 60 par leurs tons vitaminés. Je piquerais bien la garde-robe d’Emma Stone, je suis sure que la plupart des robes qu’elle porte dans le film m’iraient à ravir (enfin, en ajoutant une taille ou deux). Voilà, c’était l’instant mode du jour. La musique aussi est dans l’ensemble très réussie, notamment le morceau qui sert de fil rouge au récit, que je trouve très beau : si un jour je me remets au piano, je l’apprends de suite ! Les costumes et la musique, les deux seules choses que j’ai aimées de bout en bout ! Enfin, ça et la fraîcheur qui se dégage de l’ensemble. Mais ne vous inquiétez pas, ce n’est pas aussi dramatique que ça en a l’air.

La La Land

          Je dois avouer que j’ai eu un peu de mal à rentrer dans ce film. Dans un premier temps les personnages ne m’ont pas été particulièrement sympathiques, mais ça s’arrange assez vite. Dans l’ensemble c’est très bien filmé, on retrouve d’ailleurs quelques plans qui ne sont pas sans rappeler Whiplash. Damien Chazelle assure avec une caméra ! Bon, et ce que j’ai vraiment moins aimé alors ? Les références parfois un peu lourdes aux classiques de la comédie musicale (je n’ai pas tout repéré, je n’y connais rien, mais Marry Poppins, c’était trop de chez trop). L’univers tellement saturé qu’il pourrait cramer une rétine m’a également laissée perplexe même si on s’y habitue plus ou moins. Quoi qu’on en dise, Emma Stone est assez mal mise en valeur et Ryan Gosling un peu fade. Et surtout, à faire de la comédie musicale à références multiples, autant y aller carrément, ici la danse est clairement délaissée. Et vous savez quoi, ça m’a manqué. Aussi bien les personnages se promènent avec des claquettes dans leur sac, qu’ils s’en servent que diable !

La La Land

          L’histoire a une trame assez classique. Je vais éviter de trop vous en parler pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte à ceux qui ne l’ont pas vu mais dans l’ensemble, rien de surprenant. Le réalisateur semble d’ailleurs s’amuser comme un petit fou avec les codes de la comédie musicale, reprenant quasi tel quel tel ou tel passage célèbre. Il aurait pu les détourner un peu tant qu’à faire mais bon… L’aspect positif c’est que ça donne un côté intemporel au film. Là où ça devient sympa, c’est quand le jazz entre en scène, on sent alors un nouveau souffle animer le film. Là encore, ça reste un peu inégal mais on sent tout l’amour que pour Damien Chazelle à la musique et ça fait du bien ! Il parvient en en parlant à sortir des bons sentiments dans lesquels ce film à tendance à s’enfermer (même si ça reste toujours dans la limite du supportable).

La La Land

          La fin quant à elle est extrêmement belle, délicate, touchante. Un véritable moment de grâce. Dommage qu’il y ait quelques longueurs avant d’en arriver là, un peu plus de rythme n’aurait pas été de refus même si on ne s’ennuie jamais vraiment. J’ai parfois eu du mal devant ce film à concevoir que c’était là l’œuvre du même réalisateur que Whiplash : c’est un peu comme s’il avait mis toute sa cruauté dans un film et tous ses bons sentiments dans le suivant. J’ai adoré certains aspects de ce film, j’en ai détesté d’autres et sur le moment ce mélange d’émotions contraires s’est avéré assez perturbant mais finalement, la musique et la très belle fin font pencher la balance du bon côté, même si on est loin du coup de foudre attendu.

Lost River, le premier film prometteur de Ryan Gosling

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Drame, thriller américain de Ryan Gosling avec Christina Hendricks, Saoirse Ronan, Iain de Caestecker

          Dans une ville qui se meurt, Billy, mère célibataire de deux enfants, est entraînée peu à peu dans les bas-fonds d’un monde sombre et macabre, pendant que Bones, son fils aîné, découvre une route secrète menant à une cité engloutie. Billy et son fils devront aller jusqu’au bout pour que leur famille s’en sorte.

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        Avec plusieurs mois de retard – histoire de changer – je vous parle d’un de mes gros coups de cœur de cette année 2015. Je dois avouer que quand j’ai appris que Ryan Gosling sortait son premier long métrage, je ne savais pas trop ce qu’on pouvait en attendre. Je ne suis pas une de ses plus ferventes admiratrices en tant qu’acteur, même si dans l’ensemble aimé les films que j’ai vus avec lui. Je l’associe grosso modo à des films violents à l’esthétique bien léchée. J’étais donc très curieuse de savoir ce qu’il ferait une fois derrière la caméra, d’autant plus que la bande-annonce est assez mystérieuse. L’acteur est encore jeune et les premiers films sont rarement des chefs-d’œuvres. Les critiques mitigées n’ont fait qu’attiser plus encore ma curiosité. J’ai été très agréablement surprise. Un vrai coup de foudre. J’ai été heureuse d’avoir pu le voir au cinéma car il s’agit d’un film d’ambiance qui m’aurait sans doute bien moins convaincue à la télé où vu la taille réduite de mon écran il aurait été difficile d’être aussi immergée.

        Si j’espérais plus ou moins quelque chose de comparable à The place beyond the pines dans le style (bien que j’aie trouvé ce film ultra violent, je ne sais pas pourquoi c’est un peu l’image que j’avais en tête en débarquant dans la salle de cinéma), j’ai été servie. Pas que ce soit exactement le même délire mais dans son genre c’est tout aussi esthétisant et dérangeant. L’histoire est dérangeante et l’univers très noir. J’ai été particulièrement surprise de trouver autant de couleur pour le retranscrire. J’ai adoré cette explosion de couleur continuelle qui donne un côté presque pop à ce film pourtant on ne peut plus sombre. L’histoire est étrange et quelque peu décousue mais un fil la tient en place, évitant de perdre le spectateur (enfin, pas tous). Elle prend souvent des tours surprenants, tantôt burlesques, tantôt macabres. La violence est omniprésente mais portée par une image impeccable qui lui confère une certaine beauté.

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          La photo est clairement le gros point fort de ce film. Chaque image semble pensée pour choquer ou éblouir. Une succession de plans hyper léchés tout à fait fascinante, portée par une musique qui n’est pas en reste. Le casting est également impeccable, avec une Christina Hendricks toujours aussi captivante. Ce premier film est pour le moins surprenant, chaque détail semble penser et repensé pour dérouter le spectateur et le faire plonger dans cet univers à la fois sombre et poétique. C’est foisonnant, étrange et il se dégage de se chaos une surprenante beauté. Un cinéma hyper exigeant qui ne saurait conquérir tout le monde. On aime ou on déteste, il me semble difficile d’y rester indifférent. Si le fond se perd un peu dans une forme tentaculaire, on ne saurait nier que le jeune réalisateur se démarque clairement d’un cinéma américain parfois trop aseptisé. Un premier film pour le moins étonnant et clairement captivant. Une très belle surprise.