Mes lectures

Karoo – le roman malsain et dérangeant de Steve Tesich

          Karoo réécrit des scénarios, fumeur et alcoolique, il traîne après lui une sacré réputation. Il est sur le point de divorcer de sa femme qui est intarissable sur ses nombreuses tares. Et puis il y a leur fils, qu’il évite autant que possible mais auprès de qui il voudra bientôt se racheter, multipliant pour cela les extravagances. 

CV Karoo

          J’avais entendu dire le plus grand bien de ce roman qui trône en bonne place dans toutes les librairies depuis sa sortie. Blogs et magazines littéraires ne tarissaient pas d’éloges, il fallait donc que je le lise pour en savoir plus. Pourtant, je dois avouer que ce roman m’a laissée perplexe et que presque un mois après l’avoir fini j’ai toujours un peu de mal à faire le point sur ce que j’en ai pensé. Je vais quand même essayer de mettre tout ça au clair : je crois que pour résumer on peut dire que j’ai aimé le style mais que l’histoire, qui tourne entièrement autour d’un personnage pour le moins antipathique, a fini par m’agacer. J’ai bien aimé le début de ce roman. Un style alerte, un personnage fort et un cynisme qui avait tout pour me ravir.

          J’ai réellement dévoré les premières pages qui ne manquent pas d’originalité. Malheureusement, l’histoire repose entièrement sur le personnage de Saul Karoo, qui est absolument imbuvable, ce qui s’avère à la longue un peu lassant. Toutefois, le moment où mon attention a commencé à faiblir (vers la moitié environ) correspond à un rebondissement intéressant de l’histoire, une partie où le personnage devient vaguement plus humain et que j’ai bien aimée. La fin en revanche m’a déçue. Dans les dernières pages, ça devient carrément n’importe quoi et l’auteur m’a définitivement perdue. Dans l’ensemble pourtant, malgré quelques faiblesses du côté de l’histoire et une ambiance franchement malsaine, j’ai trouvé que cet ouvrage ne manquait ni de force ni d’originalité. Il ne plaira sans doute pas à tout le monde, mais par son style hors normes et sa critique acerbe de la société américaine, mérite toutefois le détour.

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Mes dernières tentatives pour arrêter de fumer avaient été avant tout motivées par mon incapacité à m’enivrer : le cancer du poumon était certes une terrible façon de partir, mais ce qui me terrifiait réellement était la pensée de ne même pas pouvoir me saouler le jour où on m’apprendrait la nouvelle.

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Etre à leurs côtés m’empêche de les observer et de les voir comme je suis en train de le faire. On ne peut pas vraiment regarder les gens quand on est avec eux. Ils disent des choses. Vous dites des choses. Votre présence altère leur comportement, tout comme le vôtre. Vous voyez très peu de choses des gens quand vous êtes avec eux.