Archives de Tag: traduction

Les franglaises

Par défaut

          Ca faisait longtemps que j’entendais parler de ce spectacle, plusieurs années pour tout vous dire, pourtant je ne savais pas exactement de quoi il retournait. Je me rappelais avoir vu des affiches mais je n’avais aucun souvenir d’extrait de spectacle. En même temps je n’ai pas la télé donc ce n’est pas non plus très surprenant. Quand on m’a proposé de venir les découvrir sur scène, je me suis donc penchée de plus près sur la question. Le concept et simple : des chansons en anglais célèbres, traduites (et chantées) en français. Ca avait l’air marrant, j’y suis allée.

Affiche des Franglaises à Bobino

          J’avais un peu peur que sur tout un spectacle, ce qui est rigolo 5 min s’avère un peu lassant… J’y allais donc sans être bien sure d’arriver à rentrer dans leur univers. Franchement, dès les premières minutes, mes doutes se sont dissipés. Ils ont une énergie folle et une belle présence sur scène. Le début du spectacle invite le public à participer, ce qui tend de suite à mettre une bonne ambiance. Très vite on s’aperçoit que nos gais lurons sont aussi (et surtout) de bons musiciens, on est là pour rigoler, mais pas que, on écoute aussi de la bonne musique mais en VF s’il vous plaît.

Les Franglaises

          Au cas où vous en douteriez les chansons en anglais ne sont guère plus spirituelles que leurs consœurs françaises. Les traductions sont très bien faites et les interprétations ne manquent pas d’humour. La première partie du spectacle n’aura été pour moi qu’un long fou-rire. La seconde partie est plus mise en scène, on se rapproche du théâtre. J’avoue avoir un peu moins accroché pour une raison toute simple : je hais les engueulades, même factices, ça me met extrêmement mal à l’aise et je les évite autant que possible au cinéma comme au théâtre (mais pas tant que ça dans la vie bizarrement, allez comprendre !).

Les franglaises

          Malgré ce petit bémol qui m’a un peu gâché la fin du spectacle où les cris hystériques sont trop nombreux à mon goût, l’humour est toujours au rendez-vous et on ne se lasse pas d’entendre nos chansons préférées avec des paroles qu’on peut enfin comprendre. On en profite pour en découvrir certaines sous un tout autre jour… J’ai tellement aimé que j’ai bien failli acheter le livret de paroles à la fin pour les apprendre par cœur et pouvoir chanter à tue-tête les paroles françaises chaque fois que j’en aurais l’occasion. Je ne l’ai pas fait mais je regrette amèrement. Un très bon spectacle, drôle, enlevé et original que je ne peux que vous recommander.

L’étrange disparition d’Italo Calvino…

Par défaut

          Vous l’ignorez sans doute étant donné que je n’en ai il me semble jamais parlé sur ce blog, mais Italo Calvino figure parmi mes auteurs favoris. Entre 13/14 ans et ma première année de fac, j’ai lu une bonne dizaine de ses livres, dans des styles très variés. Enfant, ma maman me lisait Marcovaldo ou les saisons en ville, recueil de nouvelles que j’ai lu et relu par la suite avec toujours le même émerveillement. Mais c’est Si par une nuit d’hiver un voyageur qui m’a donné l’envie de m’attaquer au reste de l’oeuvre du célèbre auteur italien. Un amour qui ne s’est pas démenti au fil du temps, même s’il y a quelques années que je n’ai rien lu de lui (envie de découvrir d’autres choses mais surtout d’en garder pour plus tard).

AVT_Italo-Calvino_1793

          Toutefois, j’ai continué à conseiller et re-conseiller ses ouvrages de nombreuses fois à des occasions diverses et variées, dont ce Noël, pour quelqu’un qui cherchait un livre à offrir à un adolescent (Le Baron perché, ça fait rêver tous les enfants petits ou grands non ?). Quelle ne fut alors pas ma surprise en apprenant par hasard – merci Le Monde – que les ouvrages de l’auteur n’étaient plus disponibles depuis trois ans maintenant ! Italo Calvino absent des rayonnages des librairies, voilà qui me semble ubuesque ! Je me suis donc penchée de plus près sur les mystérieuses raisons de cette disparition…

couvcalvino

          La veuve d’Italo Calvino, qui gère les droits, avait un contrat avec Le Seuil, qui traduisait déjà l’auteur de son vivant. Elle demandait semble-t-il des sommes colossales que l’éditeur lui accordait pour garder ce grand nom dans son catalogue. Toutefois, il semblerait que la dame ait été gourmande et ne se soit pas contentée de cet accord. Le contrat prenait fin en 2009 et, ayant jugé que les traductions proposées par l’éditeur ne respectaient pas l’oeuvre de son défunt époux (l’éditeur assure de son côté que celui-ci les avait vérifiées lui-même…), elle a décidé de ne pas le renouveler et a demandé le mise au pilon de l’intégralité du stock ! Procédé qui m’a estomaquée, il va sans dire !

AVT_Italo-Calvino_7668

          La dame n’a cependant pas oublié ses intérêts en route et a signé un nouveau contrat avec Gallimard cette fois. Si elle demande une retraduction de l’oeuvre de son mari, le point crucial de ce nouvel accord avec un éditeur français semble avant tout une publication future dans la célèbre collection « La Pléiade » (malgré la mesquinerie du procédé, je dois admettre que l’idée d’avoir les oeuvres complètes de Calvino dans La Pléiade me réjouit très fortement !!!). L’éditeur promet que « La trilogie des ancêtres » (Le vicomte pourfendu, Le baron perché et Le chevalier inexistant), sera rééditée dans les plus brefs délais afin qu’elles réintègrent les programmes de nos chères têtes blondes ; la retraduction attendra un peu. Des inédits, déjà promis au Seuil qui n’en a jamais vu la couleur, auraient également été annoncés chez Gallimard. Une affaire qui risque fort de faire encore parler d’elle donc ! En attendant, les nombreux titres du génial auteur italien vont peu à peu refaire leur apparition en librairie. L’occasion de découvrir ou redécouvrir son oeuvre avec délices. Une triste histoire qui, on l’espère, finit bien !