Des hommes et des dieux, de Xavier BEAUVOIS

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          Drame de Xavier Beauvois, avec Michael Lonsdale, Lambert Wilson et Olivier Rabourdin.

          Une libre adaptation de l’histoire des moines cisterciens de Tibhirine, enlevés puis tués en 1996, durant la période de graves perturbations politiques en Algérie. Le film a reçu le Grand prix du jury du festival de Cannes en 2010.

          J’attendais énormément de ce film dont j’avais beaucoup entendu parler. La critique était unanime : LE film de la rentrée, un chef-d’oeuvre. La France entière a eu les larmes aux yeux devant l’histoire de ces moines. Un succès qui laissait attendre une révélation. Eh bien j’en suis sortie déçue. L’histoire, si émouvante pourtant, ne m’a pas touchée. Malgré ses qualités indénables, ce film, il m’a laissée de marbre : quelques belles images, mais les plans interminables m’ont lassée. Michael Londasle est merveilleux et j’ai été éblouie par la prestation d’Olivier Rabourdin, que je ne connaissais pas ; en revanche, malgré mon amour inconditionnel pour Lambert Wilson, je ne l’ai pas trouvé au sommet de son art dans ce film (j’ai pas dit qu’il était mauvais hein, simplement, moins extraordinairement convaincant que d’habitude). Le film souffre de nombreuses longueurs et ma faible sensibilité à son côté spirituel ne m’a pas permis de rentrer dedans, je suis totalement passée à côté.

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    • Eh bien nous sommes 2 ! Ca me rassure parce que les gens qui n’ont pas aimé ce film sont rares. Il y avait pourtant du potentiel avec une histoire et des acteurs pareils, et je ne parle même pas des paysages !
      Même ma vénération sans borne pour Lambert Wilson en est ressortie ternie, c’est dire…

    • Au départ je n’avais pas vraiment envie de voir ce film, je pensais que j’allais voir des moines illuminés voulant garder à tout pris une présence chrétienne en terre musulmane. J’avais tout faux.
      Car les moines sont ici foncièrement humains, ils n’ont pas envie de mourir, ils ont même plutôt le désir de se carapater quand la menace se précise. Et s’ils ne fuient pas ce n’est pas pour servir dieu, c’est pour ne pas abandonner les habitants du village voisin dont ils sont si proches et pour qui la présence de ce monastère est vitale. Il y a notamment une scène magnifique, où une jeune fille questionne le moine médecin joué par Michael Lonsdale, et lui demande « comment sait-on qu’on aime? »

      La lenteur est propre à la vie de monastère, vie rythmée de manière immuable par des prières, messes…la parole est rare, limitée au strict nécessaire…Et c’est vrai que cette lenteur peut énerver, tout semble s’accélérer à l’extérieur et eux ils continuent de vivre à leur rythme. Ici je trouve que la lenteur est une nécessité car elle est une vérité de la vie de ses moines. Et Beauvois relève parfaitement ce défi. J’ai aimé particulièrement les réunions où ils se réunissent entre eux, un moment de pure démocratie de vrai dialogue.

      Lambert Wilson, je ne suis pas très fan, je le trouve toujours un peu cabotin, toujours un petit coté qui semble nous dire  » regardez, comme je suis un acteur formidable ». Là j’ai particulièrement apprécié la sobriété de son jeu. Il incarne parfaitement ce moine au courage rare, d’une dignité absolue

      • C’est marrant – à part pour Lambert Wilson que j’ai trouvé un cran en dessous des autres dans ce film à cause de son côté un peu précieux qui ne colle pas trop avec la sobriété de la vie monastique – je suis tout à fait d’accord avec toi. L’histoire de ces moines est spendide. Rester pour ne pas abandonner ceux qu’ils étaient venus aider était en effet un acte d’amour et d’abnégation d’un grand courage qui n’a pas le moindre rapport avec la religion. Et, bien sûr, la lenteur est indispensable pour retranscrire la vie monastique.
        Non, ce n’est pas ce qui m’a gênée. Ce que je n’ai pas aimé, c’est l’esthétisation à outrance des scènes. Notamment lors des offices religieux, qui ressemblent souvent plus à un ballet. Aussi étrange que ça puisse paraître, j’ai trouvé que ce film manquait presque de sobriété. Bien sûr, c’est léger : un plan de 2min sur du brouillard par-ci, une messe chorégraphiée par-là, la belle gueule de Wilson fils en plans interminables… Bref, de quoi aider le spectateur à se poser et admirer la beauté du monde. Eh bien ça, ça m’a franchement tapé sur les nerfs ! L’histoire n’en avait nullement besoin.
        L’histoire magnifique, les belle images, les acteurs formidable, j’ai bien vu tout cela. J’ai bien vu un film impeccable. Trop impeccable. Je n’ai à aucun moment réussi à rentrer dedans, je suis restée de bout en bout une spectatrice neutre, désintéressée. Et pourtant, j’ai voulu l’aimer ce film ! Mais non, rien à faire, il m’a laissée froide, comme si le réalisateur, en signant cette mise en scène si bien orchestrée, avait oublié un détail : y insuffler de la vie.

  1. Je suis tout à fait de ton avis (mais il semble qu’on soit rares). J’ai trouvé ce film ennuyeux et j’ai eu la même réaction que Delphine sur les gros plans en pleurs des moines.

    Je découvre ton blog, il est très chouette !

    A bientôt

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