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Moi, Tonya

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          Biopic, comédie dramatique américaine de Craig Gillespie avec Margot Robbie, Allison Janney, Sebastian Stan
En 1994, le milieu sportif est bouleversé en apprenant que Nancy Kerrigan, jeune patineuse artistique promise à un brillant avenir, est sauvagement attaquée. Plus choquant encore, la championne Tonya Harding et ses proches sont soupçonnés d’avoir planifié et mis à exécution l’agression…

Affiche du film Moi, Tonya

          Je dois bien admettre que je n’étais pas au comble de l’enthousiasme en allant voir ce film. J’aime bien le patinage artistique mais je ne savais pas de qui ça causait (je suis un peu jeune pour avoir suivi l’affaire) et bon, un biopic sur une patineuse, j’avais peur de m’ennuyer un peu. Mais il se trouve aussi que ça allait être ma première expérience de film en anglais non sous-titré et vu mon faible niveau (catastrophique ?), un truc un minimum terre à terre ne semblait pas être de trop. Ca semblait assez adapté. Et puis comme mon acolyte était super motivé, autant suivre le mouvement. Je vous jure, un film en anglais, j’avais peur.

Image extraite du film Moi, Tonya

          Dès les premières minutes, j’ai été conquise. J’ai de suite su à quel point j’avais sous-estimé ce film. Non, ce n’est pas juste un biopic sur Tonya Harling, star controversée du patinage des années 90, au franc-parler excessif assorti de relations houleuses avec son entourage. C’est un excellent film noir d’un cynisme sans pareil. Je suis restée scotchée. Bon, évidemment, comme ce n’est pas aussi « premier degré » que prévu, le pendant c’est que le niveau d’anglais est un peu plus élevé que ce que j’espérais : argot à la pelle et débit de mitraillette au programme ! Heureusement que les images parlent d’elles-mêmes parce que franchement, côté vocabulaire j’étais totalement larguée !

Image extraite du film Moi, Tonya

          Le film est construit comme un thriller. Avec des interviews de Tonya et de ses proches face caméra qui laissent supposer un drame à venir dont ils viendraient témoigner. Ils viennent ponctuer l’histoire de la patineuse, qu’on suit depuis son enfance et ses premiers pas sur la glace. Le tout crée une ambiance particulière et une certaine tension. Mais surtout ça donne un sacré rythme à l’ensemble. Les personnages sont hauts en couleurs. Le franc parler et le cynisme sont de sortie ! Ca crée une galerie hautement improbable dans le milieu tout lisse et tout propre du patinage artistique. Le tout tenu par un casting impeccable. La mère notamment est assez géniale dans son genre. Le décalage est tout à fait délectable.

Image extraite du film Moi, Tonya

          Certains trouveront le film méchant (il l’est) et assez peu subtil (c’est sûr qu’il tient plutôt du char d’assaut que de la ballerine) mais j’ai trouvé que c’était justement ce qui faisait son charme : aux antipodes du politiquement correct, irrévérencieux à souhaits, ce film ose tout avec une énergie communicative. Plutôt audacieux pour le biopic d’une patineuse. C’est aussi inattendu que jouissif et l’ensemble est plutôt bien réalisé, avec un sens du rythme et un dynamisme qui rattrapent quelques lourdeurs. Il y a dans la biographie de Tonya Harling un potentiel digne des meilleurs polars. Drôle, incisif, bien construit, c’est la meilleure surprise de ce début d’année.

Pentagon papers

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          Drame américain  de Steven Spielberg avec Meryl Streep, Tom Hanks, Sarah Paulson
          Première femme directrice de la publication d’un grand journal américain, le Washington Post, Katharine Graham s’associe à son rédacteur en chef Ben Bradlee pour dévoiler un scandale d’État monumental et combler son retard par rapport au New York Times qui mène ses propres investigations. Ces révélations concernent les manœuvres de quatre présidents américains, sur une trentaine d’années, destinées à étouffer des affaires très sensibles… Au péril de leur carrière et de leur liberté, Katharine et Ben vont devoir surmonter tout ce qui les sépare pour révéler au grand jour des secrets longtemps enfouis…

Affiche du film Pentagon Papers

          J’ai une certaine passion pour les films sur des scandales dénichés par la presse. Les grandes heures du journalisme ont tendance à me fasciner. Je suis très bon public pour ce genre de film. Je ne pouvais donc pas rater Pentagone Papers. Je sortais de me grotte après plusieurs mois d’hibernation (sans Twitter ni télé, si si), j’ai juste lu le synopsis sans même regarder qui l’avait réalisé ou qui jouait dedans, totalement à l’arrache quoi. Ce n’est peut-être pas plus mal, au moins je n’avais pas d’attentes démesurées. Le risque de déception était moindre.

Image du film Pentagon Papers

          L’histoire est assez folle. C’est du gros gros scandale quand même. Sauf que bon, côté réalisation j’ai trouvé que ça ronronnait pas mal. Il y a un joli casting mais pourtant les performances d’acteurs sont loin de m’avoir éblouie. Il n’y a pas de réel suspens et assez peu d’émotion. Les personnages ne sont pas non plus particulièrement attachants. Ca tourne beaucoup autour de la directrice du journal, grande mondaine cantonnée à un rôle de potiche pendant une grande partie du film. Pas de quoi exciter les foules. Heureusement que le scoop était gros sinon il n’y aurait pas grand chose dans ce film auquel je dois quand même reconnaître une belle esthétique. Si j’ai plutôt passé un bon moment, j’ai trouvé que l’ensemble manquait clairement de rythme et d’audace. Dommage.

Le grand jeu

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Drame, biopic américain de Aaron Sorkin avec Jessica Chastain, Idris Elba, Kevin Costner
L’histoire vraie d’une jeune femme surdouée devenue la reine d’un gigantesque empire du jeu clandestin à Hollywood ! En 2004, la jeune Molly Bloom débarque à Los Angeles. Simple assistante, elle épaule son patron qui réunit toutes les semaines des joueurs de poker autour de parties clandestines. Virée sans ménagement, elle décide de monter son propre cercle. Très vite, les stars hollywoodiennes, les millionnaires et les grands sportifs accourent. Le succès est immédiat et vertigineux. Acculée par les agents du FBI décidés à la faire tomber, Molly Bloom va devoir se battre.

Le grand jeu, affiche

Quand je suis allée voir ce film, je n’avais à vrai dire aucune idée de ce dont il retournait, mis à part que l’affiche était plutôt sympa et qu’il y avait Jessica Chastain. Un peu léger me dirais-vous. J’y suis quand même allée, puisque c’était proposé gentiment et que j’étais en manque de cinéma, pourquoi se priver ? Découverte totale donc. Le début m’a agréablement surprise, c’est rythmé, il y a de l’humour, ça semble bien parti. Malheureusement, cette belle énergie se dissipe pendant que le film avance, j’aurais aimé que ça reste aussi caustique jusqu’au bout.

Le grand jeu, image extraite du film

 

L’histoire est quand même assez prenante, une participante aux JO en ski de bosses qui après un accident se voit contrainte de changer de voie et délaisse ses études de droit pour organiser des parties de poker clandestin, ça ne manque pas de piquant ! Le personnage est assez insaisissable et sa lutte contre le FBI semble une cause perdue d’avance. J’ai bien aimé son parcours, même si bien sûr le charisme de Jessica Chastain aide bien. D’une manière générale d’ailleurs le casting reste quand même un des atouts du film. Sans être exceptionnel et malgré un côté parfois un peu trop lisse, le film est assez prenant et s’avère divertissant.

Deux déceptions ciné

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          Avec des lustres de retard (plusieurs mois donc…) je vous parle rapidement de deux déceptions ciné. Ces films n’ont absolument aucun rapport et donc pas grand chose à faire dans le même article sinon que dans des styles que tout oppose, ils m’ont fait atteindre sensiblement le même niveau d’ennui. Exploit notable.

Eté 93

          Suite à la mort de ses parents, Frida, 6 ans, quitte Barcelone et part vivre à la campagne chez son oncle et sa tante et leur petite fille de 3 ans. Le temps d’un été, l’été 93, Frida apprendra à accepter son chagrin, et ses parents adoptifs apprendront à l’aimer comme leur propre fille.

Ete93, afficheOn m’avait dit le plus grand bien de ce film et sur le papier c’était plutôt prometteur. Bon, franchement, je n’ai pas grand chose à en dire sinon que c’est mon pire moment d’ennui au cinéma depuis fort longtemps. Du début à la fin, un vrai supplice. J’ai trouvé ça par moment moyennement crédible en prime. Les personnages sont tous plus agaçants les uns que les autres. Y compris la petite orpheline, j’étais au niveau zéro de l’empathie sur ce coup. La seule qui est trop choupinette c’est la plus petite des gamines mais la pauvre elle est totalement en retrait dans l’histoire. Bref, bref. J’ai trouvé que ce film n’avait à peu près aucun intérêt, ni pour le scénario, ni pour la mise en scène, ni pour le jeu d’acteurs. Rien à sauver. Je ne sais même pas si c’est mauvais, je m’ennuyais trop pour pouvoir juger.

Kingsman le cercle d’or

          Alors qu’une bombe s’abat et détruit leur quartier général, les agents de Kingsman font la découverte d’une puissante organisation alliée fondée il y a bien longtemps aux Etats-Unis. Face à cet ultime danger, les deux services d’élite n’auront d’autre choix que de réunir leurs forces pour sauver le monde des griffes d’un impitoyable ennemi, qui ne reculera devant rien dans sa quête destructrice.

Kingsman, afficheVous vous souvenez peut-être de mon enthousiasme débordant après avoir vu le premier Kingsman (pour les autres, ma critique est par là). J’avais adoré, tellement jouissif. J’étais donc surexcitée à l’idée de découvrir la suite, d’autant plus que j’en avais entendu dire le plus grand bien. Déception totale. J’ai trouvé ça très mauvais, tiré par les cheveux, lourd et absolument pas drôle. Prévisible et de mauvais goût aussi. Pourquoi ce qui fonctionnait si bien dans le premier (tout aussi délirant par moments) m’a ici laissée de marbre ? Mystère. Mais j’ai trouvé que la magie n’opérait pas, mais alors Pas. Du. Tout. Foirage total. Je me suis demandé si je ne penserais pas la même chose du premier si je le revoyais, avant de me rappeler que je l’avais justement revu un mois avant et trouvé toujours aussi dingue (dans le bon sens cette fois). Donc non, c’est juste ce second volet le problème. Trop de trop tout le temps, la surenchère permanente tue totalement le film qui perd à peu près toute cohérence. Totalement raté.

Détroit

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          Drame historique américain de Kathryn Bigelow avec John Boyega, Will Poulter, Algee Smith
Été 1967. Les États-Unis connaissent une vague d’émeutes sans précédent.
À Detroit, alors que le climat est insurrectionnel depuis deux jours, des coups de feu sont entendus en pleine nuit à proximité d’une base de la Garde nationale. Les forces de l’ordre encerclent l’Algiers Motel d’où semblent provenir les détonations. Bafouant toute procédure, les policiers soumettent une poignée de clients de l’hôtel à un interrogatoire sadique pour extorquer leurs aveux.

Affiche du film Détroit

          J’avais vaguement entendu parler de ce film mais n’allant plus au cinéma et ne suivant par la même occasion plus les sorties, je n’étais pas sûre de savoir exactement de quoi il retournait. Le synopsis m’a vaguement rappelé un livre lu cette rentrée, La maison des Turner. Le sujet m’intéressait, il me semblait en avoir entendu dire du bien, il n’en fallait pas plus pour me convaincre. Je n’ai franchement pas été déçue par ce choix. L’introduction est très originale et réussie. On rentre ensuite dans le vif du sujet en découvrant peu à peu les personnages. La réalisatrice ne s’appesantit pas vraiment mais dresse un rapide portrait des principaux protagonistes, permettant de commencer à s’en faire une idée et à s’attacher à eux par la même occasion, sans que le tout ne paraisse trop lourd. Visuellement, c’est assez sobre. Sombre aussi. Quelques jolis plans, une certaine attention portée au détail et une mise en scène bien pensée. Ca n’en fait jamais trop et s’avère d’une efficacité redoutable.

Extrait du film Détroit

          Évidemment, côté ambiance ça se gâte assez vite. Une fois le décor posé, les personnages présentés, il faut bien en venir aux faits, et ils surprennent par leur violence et leur soudaineté. On a beau être plus ou moins prévenu, c’est un véritable coup dans l’estomac. Ca ne fait ensuite que monter en puissance. C’est d’une violence inouïe. Physiquement certes, mais surtout psychologiquement. Certains passages sont assez durs à supporter. Et en même temps j’ai trouvé quelque chose d’essentiel dans le fait d’être mis face à cette violence-là, on ne peut pas détourner éternellement les yeux, ça aide à appréhender les évènements dans toute leur horreur, ce que tous les livres lus jusque-là n’ont jamais réellement réussi à faire tant l’imagination peine parfois à reconstituer ce qui paraît si dur à concevoir.

Extrait du film Détroit

          La deuxième moitié du film est difficile. L’atmosphère est lourde, et ça ne fait que gagner en intensité au fil des minutes, ne laissant aucun répit au spectateur, faisant preuve d’un sens du rythme impressionnant. L’interprétation est magistrale. Malgré l’angoisse qui monte, je n’ai jamais trouvé que c’était trop, que ça allait trop loin. Il y a un moment où j’ai commencé à trouver que c’était long, où je supportais péniblement mais je pense pourtant que c’était nécessaire pour partager un peu de la terreur des personnages. Je suis ressortie de la salle assez retournée et stressée. La fin ne délivre pas exactement un grand message d’espoir et si les faits ont déjà cinquante ans, ils ne sont pas sans rappeler certaines affaires récentes par certains aspects. Un beau film dont j’ai aimé la sobriété et l’humanité. Sombre, dur, essentiel aussi.