Cinéma

Je tremble, ô matador

Drame historique chilien de Rodrigo Sepulveda avec Alfredo Castro, Leonardo Ortizgris, Julieta Zylberberg

Chili, 1986, en pleine dictature de Pinochet. Par amour pour un révolutionnaire idéaliste qu’il vient de rencontrer, un travesti sur le déclin accepte de cacher des documents secrets chez lui. Ils s’engagent tous deux dans une opération clandestine à haut risque.

Affiche du film, Je tremble ô matador
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Cinéma

Lingui, les liens sacrés

Drame tchadien, 1H27, de Mahamat-Saleh Haroun avec Achouackh Abakar, Rihane Khalil Alio, Youssouf Djaoro

Dans les faubourgs de N’djaména au Tchad, Amina vit seule avec Maria, sa fille unique de quinze ans. Son monde déjà fragile s’écroule le jour où elle découvre que sa fille est enceinte. Cette grossesse, l’adolescente n’en veut pas. Dans un pays où l’avortement est non seulement condamné par la religion, mais aussi par la loi, Amina se retrouve face à un combat qui semble perdu d’avance…

Affiche du film Lingui
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Cinéma·Mes lectures

The whale rider, le livre et le film

Dans les eaux abyssales de l’océan Pacifique, une baleine tatouée pleure l’homme qui la dompta et la chevaucha jadis, son fidèle compagnon…
Kahu grandit dans une tribu maorie de Nouvelle-Zélande. Enfant prodige, elle se confronte très tôt à l’autorité du chef Koro Apirana, son arrière-grand-père, qui refuse l’idée qu’une femme puisse un jour lui succéder. Mais peut-il rester insensible au chant des baleines et à l’intrépidité de Kahu ? Jusqu’à quel point le respect des traditions doit-il rester figé dans une vision du monde qui ne reflète plus la réalité ?

The whale rider, c’est d’abord un court roman de Witi Ihimaera publié en Nouvelle-Zélande en 1987. On le trouve en français sous le titre La baleine tatouée ou Kahu, fille des baleines pour la version illustrée. L’adaptation au cinéma date de 2002 et a été réalisée par Niki Caro et s’appelle Paï, l’élue d’un peuple nouveau.

Image extraite du film The whale rider (Paï), deux maoris qui pagaie sur une embarcation traditionnelle

Le roman de Witi Ihimaera

Couverture du livre The whale rider

Mon second roman lu en anglais. Vu mon petit niveau, un véritable exploit ! Le texte est court mais les tournures très poétiques, je crains donc de ne pas avoir saisi toutes les subtilités de ce texte que j’ai toutefois beaucoup apprécié. J’ai mis un peu de temps à comprendre comment il était construit et ce qu’il se passait. En effet, on alterne les points de vue, la narration adoptant parfois celui d’une baleine, ce que je n’ai pas immédiatement saisi. Mais passées quelques pages, les choses se mettent en place et j’ai aimé les récits des différents personnages.

L’histoire est construite autour d’un mythe maori d’un homme chevauchant les baleines. Je ne connais pas l’histoire d’origine mais j’aimerais beaucoup la découvrir. Ici, elle s’adapte au monde moderne, nous montrant la vie d’une communauté maorie aujourd’hui. Il y est question à la fois de tradition – dont le peuple s’éloigne peu à peu, en étant moins proche de la nature notamment – et de modernité – avec entre autres la question de la place des femmes. J’ai beaucoup aimé la simplicité avec laquelle sont abordés les sujets de société, c’est fait avec beaucoup de finesse.

Pour autant que je puisse en juger (pas évident dans une langue qu’on ne maîtrise absolument pas !), ce style est très beau et poétique. Il est relativement simple (je n’ai que rarement eu besoin de sortir un dictionnaire), il m’a donné l’impression d’un vocabulaire à la fois accessible et varié. Mais surtout les tournures m’ont semblé souvent imagées et plus que tout, il y a une musicalité incroyable dans ces pages qui n’a pas été sans me rappeler le ressac. J’ai adoré me laisser porter par le rythme de ce texte qui est de toute beauté.

Image du film The whale rider (Paï), Paï est assise dans une grande barque sur la plage

L’histoire est très prenante également. On s’attache très vite à cette petite fille que l’on regarde grandir, rejetée par ce grand-père qu’elle adore. On apprend avec elle à apprivoiser un peu la culture maorie, son histoire, ses traditions, ses légendes. Il y a une véritable montée en puissante au fil des pages dans ce texte qui mêle habilement quotidien et onirisme. Sans en comprendre toutes les subtilités, je l’ai trouvé d’une beauté folle et souvent touchant. Un grand coup de cœur que ce roman qui mêle les genres et nous emporte telle une vague au cœur d’une communauté maorie entre mythe et réalité. Un grand moment de poésie et d’émotion.

Le film de Niki Caro

Quelques mois après cette lecture, j’ai pu voir son adaptation au cinéma. Le film est déjà ancien mais il est ressorti sur grand écran, classé en jeunesse cette fois. J’ai été un peu déçue de le voir en VF, j’aurais aimé retrouver l’incroyable musicalité du roman (avec l’accent maori en prime à la place de mon horrible anglais très hésitant et bourré de fautes).

Image extraite du film The whale rider (PaÏ), représentant PaÏ et son grand-père sur un bateau

L’adaptation est aussi fidèle que possible je pense. On retrouve bien le caractère intrépide et décidé de Pia. J’ai quand même trouvé que globalement les caractères et les relations entre les personnages étaient moins creusés, et moins touchants, que dans le roman. C’est tout en pudeur et en retenue, une affection assez rude qui ne fait pas dans le démonstratif. Malgré tout, les relations avec le grand-père sont assez fidèles, la petite fille faisant tout pour l’impressionner quand lui reproche au fond de ne pas être un garçon.

Mais le livre est impossible à rendre dans toute sa complexité. Il alterne les points de vue, mêlant réalisme et légende. Comment rendre cet onirisme ou faire parler les baleines ?Le film ne le tente pas et s’en tient à la partie la plus concrète, enlevant beaucoup à la magie du récit. Quant à la réalisation, elle a assez mal vieilli je trouve. Malgré tout, la sobriété de la mise en scène fonctionne et sous son aspect austère, le film s’avère touchant. Le respect de la nature, préserver les traditions tout en s’ouvrant à un nouveau mode de vie, le message reste beau et le film est une bonne initiation à la culture maorie.

Cinéma

X-men : Dark phoenix

Film d’aventure, science-fiction américain de Simon Kimberg avec Sophie Turner, James McAvoy, Michael Fassbender
Au cours d’une mission de sauvetage dans l’espace, Jean Grey frôle la mort, frappée par une mystérieuse force cosmique. De retour sur Terre, cette force la rend non seulement infiniment plus puissante, mais aussi beaucoup plus instable. En lutte contre elle-même, Jean Grey déchaîne ses pouvoirs, incapable de les comprendre ou de les maîtriser. Devenue incontrôlable et dangereuse pour ses proches, elle défait peu à peu les liens qui unissent les X-Men.

Affiche du film X-men Dark Phoenix

Deuxième film de super-héros en peu de temps et deuxième déception, bien plus violente celle-là. J’avais entendu dire beaucoup de mal de ce film mais il se trouve que je suis une grande fan des X-men, qui sont les premiers films de super-héros que j’ai vus et pour lesquels je garde une grande tendresse. Un univers et des personnages que je prends toujours beaucoup de plaisir à retrouver. Sans m’attendre à un grand film vu les retours déplorables, j’y allais tout de même convaincue de passer un bon moment détente. Grave erreur, j’avais grandement sous-estimé l’ennui que peut causer un vrai bon mauvais film.

Image extraite du film Dark Phoenix

Parce que oui, c’est un mauvais film. Terriblement mauvais même. Je me suis tellement ennuyée. Très vite, je me suis demandé si le mieux n’était pas de quitter la salle tant ça s’annonçait fastidieux… Et ça n’a pas raté, ce film n’est qu’un long supplice pour le spectateur. Franchement, heureusement que les fauteuils du cinéma étaient confortables et me promettaient une bonne sieste. Le scénario est quasi-inexistant en plus d’être affreusement prévisible. Pire, il ne semble être rattaché d’aucune manière aux films précédents, ce qui rend le tout très peu crédible, comme si le réalisateur se fichait totalement de l’univers dans lequel ses personnages évoluent. Aucun enjeu historique ou social non plus dans ce volet totalement déconnecté de ce qui faisait le charme de la série.

Image extraite du film Dark Phoenix

Le réalisme n’est clairement pas le point fort de ce film qui en fait des caisses et parvient assommer le spectateur à grands coups d’effets spéciaux pas toujours du meilleur goût. Le réalisateur semble vouloir donner une autre envergure à son film avec une Jean surpuissante et en fait beaucoup trop, le vidant de toute substance. Le tout est terriblement creux. Même les relations entre les personnages sont ratées, malgré quelques tentatives pour leur donner une certaine profondeur et émouvoir le public. Ça patine et peine à fonctionner. Le film est linéaire, prévisible, poussif… il n’y a pas grand-chose à sauver. Clairement le plus mauvais film de la série.

Cinéma

Avengers Endgame

         Film d’action, aventure, fantastique américain de Joe et Anthony Russo avec Robert Downey Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo
         Thanos ayant anéanti la moitié de l’univers, les Avengers restants resserrent les rangs dans ce vingt-deuxième film des Studios Marvel, grande conclusion d’un des chapitres de l’Univers Cinématographique Marvel.

Affiche d'Avengers Endgame

         Je préviens par avance, je vais être totalement à contre-courant de la tendance avec cet avis. Désolée pour les fans… Je n’avais déjà pas particulièrement apprécié le précédent Avengers que j’avais trouvé lent, assez prévisible (sauf la fin) et à l’humour poussif. Je ne pensais donc pas forcément aller voir cette suite. Même si d’un autre côté j’aurais été un peu frustrée de ne pas voir la fin, je n’aime pas laisser les choses en route. Finalement, comme il est passé très longtemps, un soir d’ennui j’ai fini par me décider à aller voir par moi-même.

Image extraite d'Avengers Endgame

         Sans grande surprise, je n’ai guère plus aimé que le précédent. On m’avait dit que l’humour était encore plus poussif et qu’il y avait un forcing de fou sur les blagues. Alors franchement, je n’ai pas trouvé. Mais je pense que c’est simplement que je n’ai carrément pas vu quand c’était censé être drôle, je suis totalement passé à côté de l’humour (enfin, s’il y en avait). Au moins, comme je n’ai visiblement pas compris la moindre blague, je n’ai pas eu l’occasion de les trouver mauvaises, c’est déjà ça. Le problème c’est que du coup je n’ai pas trouvé ça drôle non plus, juste terriblement plat…

Image extraite du film Avengers endgame

         Je n’ai pas trouvé le scénario très inspiré… Dans l’ensemble ça fonctionne quand même à peu près. Et il y a moins de problèmes de rythme que dans Infinity war où j’avais trouvé qu’il y avait de sacrées longueurs ! Là c’est un peu long à démarrer mais ça monte en puissance peu à peu, j’ai trouvé que le film était mieux construit (en même temps, ça pouvait difficilement être pire). Pour l’histoire en revanche j’ai été moyennement convaincue. Elle est assez capillotractée. Il y a des passages « émotion » qui tombent totalement à plat et ne servent qu’à alourdir le film. C’est pas fou-fou quoi.

Image extraite du film Avengers endgame

         Mais le point fort de ce genre de film, c’est bien sûr les scènes d’action ! Il y en a quelques unes ici, dont une assez impressionnante à la fin (forcément, le classique combat final, tout ça tout ça). Je ne sais pas si c’est moi qui devient blasée mais je trouve que le genre a du mal à se renouveler, tout ça est un peu vu et revu. Moi qui suis facilement impressionnable d’habitude, je n’ai pas franchement été éblouie. Pour tout dire, je me suis un peu ennuyée quand même… Dans l’ensemble j’ai trouvé ce film plutôt meilleur que son prédécesseur, même s’il reste évidemment dans la même veine. Un final assez agréable à regarder mais qui ne m’a toutefois pas particulièrement séduite, loin s’en faut. Je crois bien que le charme Avengers a arrêté d’opérer sur moi !