Mes lectures

La servante du Seigneur – Jean-Louis Fournier

          Quand on a une fille qui rencontre Dieu, elle change forcément. Elle troque l’humour noir pour une nouvelle vie pleine de couleurs pastel. Difficile d’accepter cette personnalité nouvelle qui se fait jour et l’éloignement grandissant.

          Le thème de ce livre me tentait beaucoup et si je n’avais jamais rien lu de cet auteur, j’en avais toujours entendu dire le plus grand bien. Ce livre est autobiographique. Il se présente comme une lettre ouverte d’un père à sa fille dans laquelle il lui dit tout l’amour qu’il a pour elle, l’inquiétude qui le ronge et ses interrogations quant à leurs relations qui s’étiolent avec le temps. Un autre à pris toute la place, les certitudes ont changé, la manière de penser, la manière de vivre, on ne se comprend plus vraiment alors qu’on a été si proches.

          J’ai beaucoup aimé ce texte à l’écriture léger mais qui touche à des choses profondes. La peine qu’éprouve l’auteur et ses doutes constants sont très touchants. On le ressent dans le style, parfois un peu décousu, qui semble avancer comme par tâtonnements. Un texte comme un appel au secours ou une bouteille à la mer lancée à cette fille encore là et pourtant d’une certaine manière un peu perdue, n’étant plus tout à fait la même. A la fin, cinq pages qui sont un droit de réponse et ajoutent encore à l’intérêt du texte, donnant de donner un aperçu de ressenti de l’autre partie. Un texte court qui se lit comme dans un souffle : émouvant. 

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Maintenant elle ne doute de rien.

Oscar Wilde a écrit que le cerveau de celui qui n’a que des certitudes arrête de fonctionner, « croire est tellement médiocre ». Je ne veux pas que son cerveau arrête de fonctionner. Un cerveau en marche cherche à comprendre et, forcément, il doute.

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Sectaire, ça commence comme sécateur, ça coupe.

Cinéma

Insaisissables

Thriller policier franco-américain de Louis Leterrier avec Jesse Eisenberg, Mark Ruffalo, Woody Harrelson, Isla Fisher

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          Les quatre cavaliers sont un groupe de jeunes magiciens qui semblent sortis de nulle part et qui lors de leur premier spectacle braquent une banque à l’autre bout du monde. Le FBI et Interpol se lancent à leur poursuite avant qu’ils ne commettent d’autres méfaits.

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          J’ai toujours bien aimé les spectacles de magie et je dois avouer que ce film à grand spectacle me tentait bien. Certes, je ne m’attendais pas nécessairement à un grand film mais à un bon divertissement, ce qui mine de rien est déjà un beau pari. Et je dois admettre que le résultat s’est avéré assez convainquant ! Le scénario est plutôt bien monté, avec une histoire dans un style un peu Robin des Bois modernes parfois un peu difficile à suivre dans sa construction mais qui dans l’ensemble se tient bien et s’avère efficace. Bien sûr, le groupe est glamour à souhait et c’est paillettes à gogo : on est plongés dans l’ambiance de Las Vegas.

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          Je me suis facilement laissée prendre au jeu de cette histoire de cache-cache entre un groupe d’illusionnistes et les autorités. Les shows ne sont pas forcément aussi spectaculaires que je l’aurais souhaité, le vol à distance n’en mettant pas tellement plein la vue, toutefois, ça n’a pas tellement d’importance, tant la mise en scène est bien léchée. Tout est très propre est très carré. Un peu trop peut-être à mon goût, ça manque d’une petite touche de folie ; mais le résultat est impeccable et fonctionne plutôt bien. Le rôle de divertissement est bien tenu, avec un côté très grand spectacle. En revanche, on regrette un peu qu’il n’y ait pas plus d’émotion avec des personnages plus fouillés et une psychologie plus fine. Un film efficace et agréable qui, s’il est un peu lisse, n’en fait pas moins passer un bon moment.

Expositions

Lorna Simpson et Ahlam Shibli au Jeu de Paume

Lorna Simpson : Pour la première fois en Europe, une exposition d’envergure était consacrée cet été à l’oeuvre de l’artiste américaine. Née en 1960 à Brooklin, elle allie son travail photographique ou ses vidéos à de courts textes, sur les thèmes des origines, du genre, de la culture ou de l’identité. La représentation du corps est très présente, presque toujours en noir et blanc, dans un jeu de contraste. Elle se prend également parfois comme propre sujet, travaillant sur le souvenir. Les quelques images que j’avais vu de l’exposition me faisaient envie et je m’étais dit que pour une fois j’allais aller voir ce qu’il se passait du côté du jeu de Paume. S’il y a en effet quelques très belles images, je dois avouer être restée dans l’ensemble plutôt hermétique au travail de l’artiste, assez conceptuel dont le sens m’a souvent échappé. Mis à part quelques beaux tirages, seul l’incroyable montage d’autoportraits m’a impressionnée voire touchée. Dans l’ensemble, une exposition qui m’a laissée un peu perplexe malgré des aspects intéressants et une indéniable esthétique.

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Ahlam Shibli : Le Jeu de Paume a consacré une exposition a cette photographe palestinienne née en 1970 qui travaille surtout sur la notion de foyer et ses contradictions. Six séries de photographies étaient proposées sur les territoires palestiniens occupés, le souvenir de la 2nde Guerre Mondiale en France ou encore la place de corps travesti dans la société orientale. Si tout ne m’a pas emballé dans ce travail, les scènes de guerre notamment me laissant assez froide, certaines choses m’ont toutefois interpellée. Certaines photographie des orphelins dans un internats polonais sont intéressantes et j’ai beaucoup aimé la série sur les travestis, que j’ai trouvé particulièrement belle. Si j’ai apprécié certains aspects du travail de cette photographe, j’ai trouvé qu’on était plus proche du reportage que d’une vision artistique à proprement parler, me laissant un peu sur ma faim malgré quelques beaux clichés.

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Mes lectures

Daffodil Silver – Isabelle Monnin

          Quand Daffodil Silver perd ses parents et doit régler leur héritage, elle décide de raconter avant leur histoire au notaire en charge de la succession. L’histoire de deux sœur inséparables, dont l’une, morte trop tôt, laisse un vide que l’autre n’aura de cesse de combler, créant un projet faramineux. 

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         Deuxième livre de cette rentrée littéraire auquel je me suis attaquée, il m’avait également été recommandé par un libraire. Dès les premières lignes, j’ai été surprise par la qualité de l’écriture et il ne m’aura fallu que deux pages pour tomber totalement sous le charme de ce style assez particulier. Le roman est conséquent (400 pages) et la première moitié est un vrai régal ! Je suis rentrée avec bonheur dans cette fresque familiale originale, à la fois touchante et pleine de fantaisie. Malheureusement, j’ai trouvé qu’elle s’essoufflait un peu dans la durée et tout en prenant un tour peut-être un peu trop fantaisiste à mon goût. Sans doute aurait-il fallu songer à alléger ce scénario foisonnant pour le rendre un peu plus digeste. Toutefois, malgré une construction qui ne m’a pas toujours semblé à la hauteur, ce texte n’en demeure pas moins intéressant.

         En effet, le premier point fort de ce texte – hormis le style, déjà évoqué – est tout simplement son histoire, originale et foisonnante, qui a le mérite de sortir de l’ordinaire. Et si celle-ci parait légère et bien souvent excentrique, elle n’en aborde pas moins des thèmes essentiels. J’ai trouvé notamment que le deuil était traité de manière intéressante et très sensible. C’est d’ailleurs sans doute la partie de ce roman que j’ai préférée. Si les personnages sont excessifs, ils échappent aux clichés et leurs émotions exacerbées surprennent et nous renvoient à nos propres réactions et nos propres peurs. On frôle parfois la folie avec cette histoire qui se veut à la fois tendre et légère et si le texte aurait à mon goût demandé à être allégé, ce roman original au joli style n’en demeure pas moins une lecture agréable et surprenante.

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Les morts sont des vivants qui me foutent la paix.

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Elle ne cultive pas seulement des champs de coquelicots mais aussi son chagrin, un parterre d’orties que l’on nourrirait scrupuleusement d’engrais. Toujours renaissent pour vous gratter les jambes, sans cesse reviennent les vilains souvenirs et les peines comme un lierre finissant par étouffer les plus vivaces des plantes.

Cinéma

Une place sur la terre

Comédie dramatique française de Fabienne Godet avec Benoît Poelvoorde, Ariane Labed, Max Baissette de Malglaive

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        Antoine est un photographe en pleine déprime qui peine à s’en sortir. Il a pour meilleur ami Matteo, le jeune fils de sa voisine qu’il garde souvent. Un jour, il entend une jeune femme joué du piano ; fasciné, il commence à l’observer et la voit se jeter du toit de l’immeuble. Il arrivera juste à temps pour la sauver. Ensemble, ils vont retrouver le goût de vivre.

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          Ce n’est pas le genre de film qui m’attire spontanément, n’étant pas très portée sur les comédies romantiques et les bons sentiments mais j’avais vu des extrait qui m’ont vraiment séduite et donné envie d’aller le découvrir en salle. En effet cette histoire m’a semblé touchante et promettait d’être un des bons moments de cette rentrée cinématographique. Je suis donc allée le voir rapidement après sa sortie même si ayant beaucoup, beaucoup de retard dans la publication de mes articles, je ne vous en parle qu’un mois en demi après (d’autant plus que je mets en ce moment les articles dans le désordre pour ne pas parler de la rentrée à Noël, ce qui n’améliore pas mon retard concernant les autres…). Je dois admettre que si je n’en ai pas parlé plus vite, c’est aussi parce que j’ai été assez déçue et qu’il m’était un peu difficile de dire pourquoi.

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       En effet, j’ai trouvé le rythme de ce film assez lent. Tout d’abord l’histoire m’a semblé un peu longue à se mettre en route et ensuite j’ai trouvé qu’elle traînait en longueur sans jamais réellement entrer dans une dynamique intéressante. La relation entre les deux personnages m’a par moments parue quelque peu improbable, elle aurait sans doute pu être construite d’une manière qui semble moins artificielle – quoique le duo d’acteur la rende malgré tout intéressante grâce à une belle prestation. Il y a pourtant quelque chose d’émouvant dans ces deux êtres amochés qui se rencontrent et voudraient se guérir l’un l’autre. Certaines scènes sont touchantes et on veut croire à un beau conte de fées. Malheureusement, si les contours d’une belle histoire sont esquissés, le film reste toujours en demi-teinte et peine à convaincre malgré quelques jolis moments.