Actualité

L’actualité de la semaine (29/12)

– Hier après-midi au Blanc-Mesnil un homme a tué sa femme et ses deux filles avant de se donner la mort. Le couple était en instance de séparation, ce qui pourrait être à l’origine du drame.

Le chantier naval de Saint-Nazaire a signé un contrat pour construire un énorme paquebot, le plus gros de son histoire. Ce projet va permettre d’assurer du travail à tous les employés jusqu’en 2016, une excellente nouvelle en temps de crise.

Vladimir Poutine a fait voter une loi interdisant l’adoption d’enfants russes aux Etats-Unis. On se croirait revenus au temps de la guerre froide…

La météo a été bien capricieuse cette semaine en Europe : pendant qu’il faisait plus de 20° sur la côté basque (23° dans mon hameau pyrénéen à 1000 m d’altitude la veille de Noël !), l’Europe de l’Est a connu une grande vague de froid. Jusqu’à – 30 dans la région de Moscou, – 60 en Sibérie et, plus surprenant encore, des températures négatives à Istanbul ! Drôle de semaine !

Semaine noire sur les pistes avec au moins 4 morts. Un homme s’est tué dans les Alpes en faisant du hors-pistes, un autre en faisant des sauts en snowboard et deux adolescents se sont tués : l’un en tombant d’un télésiège, l’autre en percutant un sapin. La chaleur des derniers jours rend la neige particulièrement mauvaise et la prudence est recommandée sur les pistes.

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Le mot de la semaine sera DUCTILE : « [matière] qui se laisse étirer, battre, travailler sans se rompre. »

Les sorties ciné :

– Les touristes, alors que Tina a toujours mené une vie bien rangée, Chris décide de lui faire découvrir l’Angleterre en caravane, un voyage en amoureux qui ne va pas s’avérer de tout repos ; je ne serais pas contre une petite comédie pour bien finir l’année, celle-ci m’a l’air plutôt sympathique.

– Une estonienne à Paris, Anne quitte l’Estonie pour venir s’occuper de Frida à Paris mais la vieille femme ne semble pas enchantée par cette idée et va tout faire pour se débarrasser d’elle ; je ne connais pas du tout le cinéma estonien, une bonne occasion de le découvrir.

– Jours de pêche en Patagonie, Marco veut prendre un nouveau départ et part pour cela à la pêche au requin en Patagonie ; rien que pour les paysages du grand sud Argentin, ce film me tente terriblement.

Bonne semaine à tous !

Cinéma

Tabou

Drame portugais de Miguel Gomes avec Teresa Madruga, Laura Soveral, Ana Moreira

          Aurora vit à Lisbonne avec sa femme de ménage et passe beaucoup de temps avec sa voisine, Pilar. Elle s’affaiblit de jour en jour et des fantômes semblent la hanter. Avant de mourir, elle demande à voir un homme dont tout le monde semblait jusqu’alors ignorer l’existence. Il arrivera trop tard mais grâce à lui, ses deux amies vont découvrir un bien trouble passé. La jeunesse africaine d’Aurora cache en effet un bien lourd secret…

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          Dès les premières images, ce film surprend. On commence par suivre un explorateur dans la jungle dans une sorte de film muet en noir et blanc dont le rythme effréné contraste avec l’apathie du personnage. Commence ensuite l’histoire à proprement parler, à Lisbonne, de nos jours et, ô surprise, toujours en noir et blanc. J’ai trouvé cette première partie un peu longue et pas palpitante pour deux sous. Pour le dire franchement, je me suis ennuyée ferme. Par contre, force est de constater la grande esthétique de ce film qui comporte nombre de très beaux plans et souvent fort originaux.

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          Dans un second temps, on prend le chemin de l’Afrique pour y découvrir la jeunesse d’Aurora. Là encore, des plans splendides et une histoire qui gagne en intensité et devient franchement surprenante. Toutefois, ici aussi, les choses mettent du temps à se mettre en place, décidément, avec ce film il ne faut pas être pressé, les impatients seront au supplice. Mais l’histoire intrigue et on brûle de savoir ce qu’il va se passer, même si le synopsis est tellement mal fait qu’en 3 lignes il nous a déjà tout révélé (grrr… frustration extrême quand on découvre que tout le suspens a été gâché). J’ai personnellement eu le plus grand mal avec l’extrême lenteur de ce film et son côté outrancièrement esthétisant. Les plans à rallonge, c’est joli, mais point trop n’en faut !  Cette histoire de goûts mise à part, ce film sort de l’ordinaire, que ce soit par son scénario, sa mise en scène ou son esthétique justement.

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          La seconde partie, bien plus maîtrisée et équilibrée que la première, est un petit bijou : un plaisir pour les yeux et les oreilles, avec une bande son très réussie et des images magnifiques (même si là aussi, un peu plus de rythme n’aurait parfois pas été de refus). A tel point que j’en oublierais presque les longueurs qui m’ont par moments semblé une vraie torture. Qu’il plaise ou non, on doit bien reconnaître à ce film une réelle volonté de renouveau qui s’avère d’ailleurs une belle réussite et lui aura valu une récompense à Berlin. Si la mise en scène ne m’a pas franchement emballée sur toute la ligne – avec une première partie assez plate et une deuxième bien meilleure – j’ai beaucoup apprécié son originalité. Bien qu’assez particulier, sans nul doute un grand film qui mérite amplement le détour. 

Mes lectures

Les fidélités successives – Nicolas d’Estienne d’Orves

Attention, coup de coeur de cette fin d’année !

 

          Guillaume Berkeley a grandit à Malderney, petite île anglo-normande au régime féodal où il passe une enfance coupée de monde et de ses réalités. Avec son frère, Victor, ils rêvent de Paris, que leur décrit amoureusement leur ami Simon Bloch, qui vient leur rendre visite chaque été. Mais l’arrivée de la jeune Pauline dans leur vie va déranger cette belle harmonie et Guillaume va quitter son havre de paix pour rejoindre la Ville Lumière à l’aube de la guerre. Dans le Paris occupé, il sera tour à tour collabo et résistant, avec pourtant une rare fidélité à ses valeurs. Un parcours sinueux qui lui vaudra une condamnation à mort. 

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          Le « héros » de Nicolas d’Estienne d’Orves est d’une rare humanité. On a beaucoup écrit sur la Seconde Guerre Mondiale : on a loué la résistance et condamné la collaboration, on a décrit parfois, jugé souvent, mais jamais on n’a dépeint de la sorte la difficulté de se positionner dans un monde où tous les repères vacillent. Ici, personne n’est épargné et les résistants ne sont pas toujours plus tendres que les collabos. Le personnage n’est pas dénué de principes, de valeurs, et à sa manière se tient à un code d’honneur qui lui est propre, et sera largement incompris. Il suit une ligne sinueuse, guidé par une logique propre et qui peut sembler étrange, voire absurde. La collaboration, il y est venu presque par hasard, non pas par conviction mais par facilité, par lâcheté aussi, au fil des rencontres. Et puis la résistance, par amour pour une femme qui lui a demandé d’agir et de sortir de son apathie. Un parcours décousu, fait d’incertitudes, de doutes, d’envies et de peurs contradictoires. Des « fidélités successives », un titre qui décrit bien ces tâtonnements.

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          Nicolas d’Estienne d’Orves décrit la nature humaine avec brio. Si le personnage agace parfois, s’il nous prend l’envie de le secouer, on le comprend pourtant ; chacun de nous aurait pu être à sa place, qu’aurions-nous fait alors ? L’écriture est fluide et on se retrouve happés par cette histoire pleine de rebondissements, où le drame familial, l’amour déçu et l’Histoire avec un grand « H » s’entremêlent. On dévore littéralement ce livre tout à la fois bien documenté, bien écrite et d’une incroyable profondeur psychologique. Ce livre pourrait presque servir de définition au romanesque tant il déborde de vie et excite l’imagination. On est plongé dans un Paris en pleine guerre, avec ses couleurs, ses odeurs, ses sensations. On doute en même temps que le personnage, on attend avec impatience un dénouement qu’on redoute. Je ne sais pas vraiment à quoi je m’attendais en ouvrant ce livre, mais certainement pas à ça ! Il y a fort longtemps que je n’avais pas pris pareil plaisir à la lecture, n’arrivant qu’à grand peine à lâcher l’ouvrage le temps de me sustenter ou dormir un peu. Un livre passionnant qui se lit d’une traite avec avidité et dont l’impression nous marque bien après qu’on l’ait refermé. A la fois intelligent, cultivé et franchement délectable, s’il fallait le décrire en un mot : brillant.

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Jusqu’à présent les diatribes antisémites ne me dérageaient pas outre mesure. Elles faisaient « partie du paysage », comme on dit. Partie des meubles, de l’air du temps. Mais n’était-ce pas là l’attitude la plus dangereuse ? Une tolérance doucereuse et attentiste. Un état d’esprit et de fait, intégré à une morale consensuelle, flottante, impalpable. Tout cela devenait atrocement normal. 

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– Et le plus triste, c’est qu’en réaction toute l’Europe va finir par finir par s’américaniser.

– Vous n’aimez pas beaucoup votre pays…

– C’est l’un des plus beaux du monde… vu du ciel. Pour le reste, les esprits y sont aussi creux que les espaces infinis…

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Un gamin qui pleure, c’est horripilant. Un homme qui pleure, c’est tragique.

Et pour découvrir le blog de l’auteur, c’est par ici.

Divers

Merci !

Aujourd’hui, ce blog a dépassé les 100 000 visiteurs. Si on m’avait lorsque j’ai écrit la 1° ligne que ce jour arriverait, jamais je ne l’aurais cru !

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Cuisine

Petits sablés de Noël

Pour Noël j’ai confectionné des petits sablés orange/chocolat et citron/rhum-raisins à offrir aux invités. Je n’ai malheureusement pas pensé à prendre des photos en cours de réalisation mais voici la recette pour 50 à 60 petits gâteaux.

Ingrédients

1 oeuf

125 g de sucre

1 pincée de sel

250 g de farine

125 g de beurre à température ambiante

Le zeste d’une orange

Le zeste d’un citron

Pour le décor

50 g de chocolat noir

Quelques raisins secs

Deux cuillerées à soupe de rhum

30 g de sucre glace

Préchauffer le four à 140° C (th. 4/5).

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Dans un saladier, mélanger  la spatule l’oeuf, le sel et le sucre jusqu’à ce que le mélange devienne mousseux et double de volume. Y ajouter ensuite la farine tamisée en une fois. Mélanger à la spatule puis à la main en effritant la pâte entre vos mains en petits grains (sabler la pâte).

Déposer ce « sable » sur un plaque et y ajouter le beurre coupé en petits morceaux. Pétrir rapidement la pâte à la main et en faire une boule. Dès qu’elle ne colle plus aux doigts, arrêter de pétrir (sinon elle ramollit et recommence rapidement à coller, elle est ensuite très difficile à rattraper).

Emincer les zestes. Séparer la pâte en deux boules égales et ajouter les zestes de citron dans l’une et ceux d’orange dans l’autre. Pétrir rapidement pour mélanger (idéalement, incorporer les zestes au moment de l’ajout du beurre, pour ne pas retravailler la pâte).

Pour chaque préparation, étaler la pâte au rouleau jusqu’à ce qu’elle fasse environ 1/2 cm d’épaisseur puis y découper les formes que vous souhaitez. Piquer les raisins secs dans les sablés au citron (vous pouvez éventuellement les faire préalablement macérer dans du rhum).

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Disposer délicatement les sablés sur une plaque préalablement graissée et faire cuire environ 12 minutes. Lorsque les sablés sont cuits, ils prennent une couleur blond pâle et une légère croûte se forme à leur surface (toutefois il est normal que la pâte soit encore un peu molle à la sortie du four).

A la sortie du four, mettre les gâteaux à sécher quelque minute sur une plaque.

Pendant ce temps, faire cuire le chocolat au bain-marie. Le mettre ensuite dans une poche à douille et décorer les sablés à l’orange à votre guise. Dans un bol, mélanger le sucre glace et le rhum et renouveler l’opération pour la décoration des sablés citron/raisins secs. Mettre les gâteaux à sécher le temps que le glaçage prenne.

Les sablés se conservent 2 à 3 semaines dans une boîte hermétique. Ils accompagneront très bien thé, café et chocolat et font, présentés dans des sachets, de jolis présents à offrir à vos invités. Vous pouvez bien sûr vous essayer à d’autres parfums.

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Bon appétit !