Culture en vrac

Avril, le bilan

           J’ai totalement oublié mon rendez-vous du 1° du mois pour faire un petit point sur les évènements culturels du mois passé. Le voici donc avec quelques jours de retard.

           Aucune hésitation pour ce mois-ci. Il y a eu un livre, sans hésiter, celui qui a occupé une large partie de mon mois, Les mille automnes de Jacob de ZoetCôté cinéma, je boude toujours les salles obscures, n’étant pas très inspirée et me trouvant mille autres occupations. Le film du mois est toutefois un très bon cru avec Artemisia

           Pas d’exposition forte ce mois-ci. Du travail supplémentaire et un déménagement m’ayant grandement occupée et réduit considérablement le nombre de mes sorties. mais promis, je me rattraperai le mois prochain !

Mes lectures

Les mille automnes de Jacob de Zoet

          En 1799, Jacob de Zoet fait partie des rares européens à commercer avec le Japon. Il est en poste comme clerc à Dejima, un comptoir aux portes de Nagazaki dont il ne peut sortir. Dans ce pays où les étrangers sont parqués loin de la population, où l’intégration est interdite, il va découvrir un univers étrange et fascinant. Lui qui s’était engagé pour 5 ans espérant faire fortune pour pouvoir épouser la femme qu’il aime, va sans le savoir au devant d’une vie d’aventures. Un voyage qui lui réservera bien des surprises et le changera à jamais.

          J’ai mis un peu de temps pour rentrer dans cette histoire très riche. Si le style m’a de suite plu, il est assez travaillé et demande un certain temps d’adaptation. Ensuite, comme le personnage, il faut se familiariser avec un environnement nouveau, des personnages, une époque, un lieu, des coutumes… Beaucoup de choses à intégrer à la fois. Une profusion de détail, une écriture riche, qui déroutent un peu. Toutefois, malgré ces premières pages un peu difficiles, l’histoire démarre assez vite et sait accrocher son lecteur.

          J’ai beaucoup aimé cette plongée dans un comptoir oublié du Japon à la toute fin du XVIII° siècle. Contrairement à la plupart des fresques du genre, on échappe aux rebondissement attendus. Si l’histoire est riche en péripéties, le dénouement en est toujours incertain. On se laisse bien souvent surprendre par le tour que prennent les évènements, loin des habituels clichés. Il y a beaucoup de choses dans ce roman : de l’histoire, de l’action, de la culture, de l’amour… Un livre qui échappe presque à la description tant il est riche et complexe. J’ai trouvé l’aspect culturel et historique absolument passionnant. La confrontation entre orient et Occident est décrite avec subtilité. Les personnages sont aussi très travaillés, dressés avec finesse, ils sont attachants sans tomber dans le pathos. Une fresque extrêmement réussie.

          S’il faut fournir quelques efforts pour s’immerger dans ce livre, cela en vaut grandement la peine. Le moins qu’on puisse dire c’est que je n’ai pas dévoré cet ouvrage, j’ai eu besoin de pauses fréquentes pour m’imprégner de chaque détail et voir le puzzle se mettre en place (même si vers la fin le rythme s’accélère sérieusement). Un livre dans lequel on plonge peu à peu et qu’on ne quitte qu’à grand regret, tant l’univers créé est fort et séduisant. Des intrigues qui s’entre-croisent, un volet historique très documenté, un voyage au coeur du Japon, une histoire d’amour délicate, un style magistral : un vrai grand moment de littérature. L’excellente nouvelle ? David Mitchell est jeune, nous avons encore de nombreuses aventures à vivre à travers ses histoires.

L’amour est la chose du coeur. ou bien : l’amour est comme le sake : on boit, il y a une nuit de joie, oui ; mais le matin froid arrive, et on a de la migraine et le ventre est malade. Un homme peut aimer les concubines car quand l’amour meurt il dit « au revoir » : c’est plus aisé et il n’y a pas de blessures. le mariage est différent. Le mariage c’est la chose de la tête : le rang… le commerce… la lignée.

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C’est pas les bonnes intentions qui pavent la route de l’enfer. C’est les bonnes raisons qu’on se donne.

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Le ventre recherche la nourriture ; la langue, l’eau ; le coeur, l’amour ; et l’esprit, les récits.

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Un récit se doit d’avancer. Le malheur est mouvement ; la satisfaction est inertie.

Cinéma·Mes lectures

Top ten tuesday (01/05)

          Top Ten Tuesday, un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Initialement créé par The Broke and the Bookish, il est désormais repris en français par Iani et son carnet de lecture.

Cette semaine, le thème est :

Les 10 meilleures adaptations cinématographiques ou télévisuelles de livres.

Voici une sélection tout à fait arbitraire, dans le désordre :

1) Le Seigneur des Anneaux. Le livre reste pour moi une référence absolue, une des fresques les plus incroyables jamais écrites. Impossible de reproduire à l’écran tous les détails imaginés par l’auteur et amplifiés par mon imagination. Pourtant l’adaptation, aussi casse-gueule fut-elle, est à la hauteur du roman. Si elle n’est pas aussi riche, elle ne trahit pas l’histoire et est devenue tout aussi culte.

2) Le liseur. J’ai moyennement aimé le livre, un peu pareil pour le film mais pour des raisons différentes. Pas assez de sentiments dans le 1°, un peu trop dans le 2°. Les deux se complètent bien et l’histoire comme les personnages y sont bien respectés.

3) Carnets de voyage. Le film est infiniment meilleur que le journal dont il est extrait. Le Che était meilleur révolutionnaire qu’écrivain. Un film qui rend joliment hommage à Ernesto Guevara et donne envie de filer sur les routes sud-américaines.

4) Ensemble c’est tout. Le film est aussi insipide que le livre. Un exploit !

5) Le journal de Bridget Jones. La même légèreté, le même humour décalé. Une adaptation réussie même si je garde un petit penchant pour le livre.

6) Les liaisons dangereuses. L’adaptation avec John Malkovich est très bonne. En revanche, celle avec Gérard Philippe restera comme un des plus gros ratages en matière d’adaptation.

7) Stupeur et tremblements. J’ai vu le film en premier, que j’ai beaucoup aimé, puis j’ai lu le livre et j’ai eu l’impression que c’était exactement la même chose. J’ai rarement vu un film retranscrire aussi précisément un texte. Impressionnant !

8) Le hussard sur le toit. Je garde une nette préférence pour le livre, mais le film, même s’il y manque quelques passages important, lui reste assez fidèle. Olivier Martinez en Angelo est un excellent choix.

9) Cyrano de Bergerac. Depardieu en Cyrano, une performance exceptionnelle. Sans doute un de ses plus beaux rôles. Je ne me lasse pas de le voir et le revoir. Le texte y est mis à l’honneur avec brio. Sans doute une des plus belles adaptations de théâtre au cinéma.

10) Zazie dans le métro. Ce n’est pas là mon Queneau préféré (c’est même un de ceux que j’aime le moins). Je n’ai pas aimé le film non plus, que je trouve particulièrement agaçant. Toutefois, il reste fidèle au texte et donne chair au personnage de Zazie. Un film culte.

Jeunesse·Mes lectures

Chambre A2, de Julien PARRA

          Mélina et Mathieu sont tous deux en attente de transplantation à l’hôpital. Quand un hélicoptère s’écrase sur une des façades du bâtiments, on les place dans la même chambre faute de lits disponibles. Ces deux adolescents si différents vont peu à peu apprendre à se connaître et s’apprécier.

          Ce roman graphique m’a semblé plus proche du manga que de la BD traditionnelle, tant par les illustrations que par la manière d’aborder le récit. J’ai beaucoup aimé la construction de l’histoire. Elle est découpée en chapitres, chacuns séparés par une planche qui ne prend sens que plus tard dans le récit. J’ai particulièrement apprécié cette petite originalité. J’ai aussi aimé les dessins assez épurés mais efficaces. Les personnages sont dressés en quelques coups de crayons : leur personnalité se dégage nettement sans qu’il ne soit fait usage de beaucoup de mots.

          J’ai bien aimé aussi que l’histoire avance plus par l’image que par l’écrit. L’auteur arrive à trouver un équilibre intéressant entre texte et illustration. En revanche, l’histoire en elle-même m’a moyennement convaincue. On s’approche parfois dangereusement du cliché entre cette jeune fille de banlieue et ce garçon d’une timidité maladive. Si c’est touchant par moments, ça frôle parfois le lieu commun. La fin en queue de poisson m’a laissée perplexe, l’annonce d’une suite peut-être ? Une BD pleine de potentiel pas totalement exploité. Je pense toutefois qu’elle s’adresse plutôt à des adolescents un peu fleur bleue. Ma légère déception est sans doute due au fait que je n’appartient pas vraiment u public ciblé. Une assez belle découverte tout de même.

Bars, restaurants

Les deux magots

          Cette institution du quartier Saint-Germain a vu passer les plus grands noms du XX° siècle. La célèbre photo de Camus lisant son journal a été prise à sa terrasse. Un lieu mythique où je me devais de m’arrêter.

          La café ne semble pas avoir bougé depuis le siècle dernier. Brasserie populaire, la décoration est sobre, loin des dorures de ses voisins. La grande salle a échappé aux modes. Un café populaire qui a su traverser les années sans changer de décor, un fait suffisamment rare pour être noté. Les Deux Magots a vu le jour en 1885 et doit son nom de l’enseigne d’un magasin de nouveautés qui se trouvait à son emplacement avant sa création. Deux statues sont restées de cette époque. Verlaine, Rimbaud et Mallarmé avaient l’habitude de s’y retrouver. Depuis 1933, le café organise son propre prix littéraire et de très nombreux artistes y sont passés en plus d’un siècle.

          Un café qui ne semble pas avoir subi l’effet de mode suivi par le reste du quartier depuis bien longtemps. Cependant, si le décor n’a pas bougé, on ne peut pas en dire autant des prix. Le café à 4€ n’est pas le moins cher de Paris… Dommage car les plats (croques-monsieur, sandwichs, salades) sont à des tarifs assez abordables pour le coin et plutôt copieux. Les desserts sont hors de prix, mais viennent de chez Hermé, alors on leur pardonne (à ce sujet, j’ai enfin goûté ses pâtisseries après des mois à baver devant et ça vaut sacrément le détour !). La prochaine fois, je m’attaquerai sans doute à leur plateau de pâtisseries à l’heure du goûter, tant pis pour le porte-monnaie ! Un lieu agréable où le service impeccable, dans la plus pure tradition, dénote de la traditionnelle grise-mine parisienne. Un lieu à découvrir.

Les Deux Magots

6 place Saint-Germain-des-Prés

75006 Paris

http://www.lesdeuxmagots.fr