Théâtre

Hiroshima mon amour

          Texte de Marguerite Duras. Mise en scène, Christine Letailleur. Avec Valérie Lang et Hiroshi Ota.

          Le théâtre de la ville propose dans son annexe de la rue des Abbesses une adaptation du célèbre texte de Marguerite Duras. Deux acteurs seuls en scène dans la pénombre, une mise en scène à la fois épurée et imaginative et le texte scandée. Une pièce pour le moins surprenante.

          Voir Duras au théâtre, c’est toujours une expérience déroutante. Ses textes, qui s’apparente souvent à de longs monologues décousus, sont particulièrement difficiles à adapter, ce qui laisse le champ aux meilleures surprises… comme au pire. J’ai donc eu envie d’aller voir cette pièce, histoire de voir ce que ça donnait. Deux acteurs seuls en scène, nus, dans une obscurité presque totale. Seuls les visages sont éclairés, ils sont sur un lit et parlent d’Hiroshima.

          La manière dont le texte est récité est assez gênante au début, le débit est haché et plutôt agaçant. Les premières minutes laissent assez mal présager de la suite… Heureusement, on s’habitue peu à peu à ce jeu inhabituel. Au fur et à mesure qu’on avance dans le texte, le jeu se fait plus naturel et plus vivant. Des images du film sont projetés, ainsi que du bombardement d’Hiroshima. Une mise en scène très forte et par moment extrêmement perturbante.

          J’ai eu du mal à la sortie du théâtre à décider si j’avais ou non aimé cette pièce. Je crois que l’expérience dépasse ces banales considérations tant elle est intense. La performance d’acteurs est indéniable et la mise en scène époustouflante. Sans doute l’une des plus belles mises en scènes qu’il m’ait été donné de voir, sophistiquée et épurée à la fois. Les images projetées sont très fortes et l’intensité de la  pièce est parfois à la limite du supportable. Éprouvant et intense, un moment de théâtre hors normes.

Hiroshima mon amour

Théâtre de la Ville (annexe des Abbesses)

31, rue des Abbesses

75018 Paris

Cuisine

Hugo et Victor

          Hugo et Victor est un « petit » pâtissier du boulevard Raspail. Les gâteaux proposés sont relativement peu nombreux mais les saveurs changent au fil des saisons. Chocolat, caramel et pralinés sont proposés toute l’année, et 5 autres parfums sont à l’honneur à chaque saison, créant une certaine cohérence dans les douceurs proposées tout en permettant le plaisir d’une découverte souvent renouvelée.

          La maison propose une ligne de gâteaux originaux et sophistiqués, des classiques revisités ainsi que des macarons, des viennoiseries et confitures pour donner à vos petits-déjeuners un air de fête et des chocolats. Ces derniers sont vendus dans un écrin qui ressemble à un très joli carnet de notes, détail qui leur donne un charme fou. Les gâteaux sont présentés derrière des vitrines, tels de véritables bijoux. Cet art de la mise en scène met en valeur les réalisations et donne terriblement envie de succomber. Ce que j’ai fait.

          J’ai jeté mon dévolu sur une mousse aux fruits de la passion. Visuellement, rien à redire, c’est absolument splendide. Pour le goût… eh bien c’est drôlement bon ! La mousse est légère, la génoise aérienne et moelleuse et le coeur de gelée pour le moins goûteux. Le goût est extrêmement prononcé et le tout assez peu sucré, ce qui est fort appréciable. Pour le plaisir de chipoter un peu, je dirais qu’il y a peut-être un brin trop d’acidité. Un tout petit rien histoire de dire qu’on n’a pas encore atteint la perfection. Mais ce goût ! Ca réveille les papilles ! Les tarifs sont légèrement élevés mais rien d’inhabituel pour un grand pâtissier d’un quartier chic. Le petit plus ? Des vendeurs absolument charmants qui mettent à l’aise et donnent envie de revenir se servir chez eux. Un petit luxe à s’offrir sans modération.

Hugo et Victor

40 boulevard Raspail

75007 Paris

http://hugovictor.com/

Et une petite vidéo pour vous mettre l’eau à la bouche.

Mes lectures

Top ten tuesday (24/04)

          Top Ten Tuesday, un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Initialement créé par The Broke and the Bookish, il est désormais repris en français par Iani et son carnet de lecture.

Cette semaine, le thème est :

Les 10 livres que vous avez lus en une journée (ou plus rapidement que d’habitude)

          Je vais choisir ceux que j’ai lus plus vite que d’habitude parce qu’en une journée, il y en a plein, souvent des livres courts, des jours de désoeuvrement. Je vais donc plutôt me consacrer aux livres que j’ai eu l’impression de dévorer, même si il m’a quand même fallu un certain temps pour en finir certains.

1) Les démons de Dostoïevski. J’ai littéralement dévoré cette fresque en 3 tomes absolument passionnante.

2) La plupart des livres de Ruth Rendell. Surtout ses romans psychologiques, très prenants, une fois entamés on ne peut plus les lâcher.

3) Harry Potter de J. K. Rolling. Je les ai lu plus rapidement les uns que les autres, longue attente oblige.

4) L’espoir est une terre lontaine de Colleen Mc Cullough. Le titre ne paie pas de mine mais l’histoire de ce forçat envoyé pour coloniser l’Australie est tout bonnement passionnante.

5) Tous les Michel Folco. Le premier a été une révélation. J’ai lu Même le mal se fait bien quasiment d’une traite, y passant 2 nuit quasi-blanches à me tordre de rire. Deux critiques disponibles ici et.

6) L’appât de José Carlos Somoza. J’ai eu un peu de mal à démarrer mais le suspens devient vite intenable et pousse à tourner les pages aussi vite que possible. 

7) Le pacte de Minuit de David Whitley. Un roman pour adolescent très réussi dans lequel on se laisse facilement prendre.

8) Le royaume de Tobin de Lynn Flewelling. Une fresque médiéval fantasy inégale et parfois un peu facile mais dont l’histoire donne envie d’avancer vite vers le dénouement incertain.

9) Martin Eden. Mon premier Jack London. Un grand moment de littérature.

10) A la croisée des mondes. Une série que j’ai adorée !

          Une liste pas très représentative… J’ai l’impression d’avoir oublié l’essentiel mais ça ne me revient pas. En tout cas, dans l’ensemble, les livres que je lis vite sont ceux qui ont une histoire forte, parfois au détriment du style. Je dévore avant tout des romans aux personnages forts qui vivent de grandes aventures. Ca me donne envie de lire tout ça !

Théâtre

Canteloup n’arrête jamais

          L’imitateur qui couvre la campagne des présidentielles pour TF1, commente l’actualité tous les matins sur Europe 1 et anime le plateau de Michel Drucker le dimanche, monte sur scène aux Folies Bergères. Il y reprend certains de ses sketchs phare et nous présente également quelques nouveautés. L’occasion de découvrir toute l’étendue de son talent.

          Pour commencer, découverte des Folies Bergère (sans « s » car il s’agit des folies de la rue Bergère, pas d’accord donc). La salle est impressionnante, le hall immense. C’est dans cette salle qu’est né il y a plus de 130 ans la première revue de music-hall. Un lieu chargé d’histoire où sont passés les plus grands. La salle en elle-même est assez imposante, toutefois, on regrettera la mauvaise vue depuis le balcon, due au manque de déclivité. Au prix de la place, c’est pour le moins fâcheux. Voilà un spectacle qui eût pu commence sous de meilleurs auspices (on regrettera d’ailleurs d’avoir dû se contorsionner 2h durant pour tenter d’apercevoir ce qu’il se passait sur scène).

          L’entrée en scène de l’artiste est fracassante. On nage en plein show à l’américaine. Malgré ce démarrage sur les chapeaux de roues, j’ai trouvé que le spectacle peinait un peu à démarrer. Heureusement, après 2/3 boutades un peu faciles pour se mettre en jambe, Nicolas Canteloup se montre rapidement sous un jour meilleur avec l’humour corrosif qu’on lui connaît. Tout y passe : politique, actualité des médias, faits divers, chanson… Le rythme est assez soutenu, pas le temps de s’ennuyer, (d’autant que la scénographie est pour le moins impressionnante) et la plupart du temps, le comique fait mouche. Bien sûr, c’est un peu inégal, ce qui est plus ou moins inévitable en 2h de spectacle mais l’ensemble est bien ficelé et plutôt convaincant.. L’énergie qu’il déploie sur scène fait largement oublier les quelques petites faiblesses du spectacle. Je trouve Nicolas Canteloup particulièrement bon quand il s’agit de politique et j’ai franchement ri devant ce spectacle où je ne me suis pas ennuyée une minute. Un bon moment de franche rigolade.

 

Cinéma

Artemisia, d’Agnès MERLET

          Biopic, drame français d’Agnès Merlet. Avec Michel Serrault, Valentina Cervi, Miki Manojlovic. Première sortie en 1997.

          Artemisia est une jeune fille qui a grandi dans un couvent. Son père est un peintre célèbre et elle compte bien suivre sa voie. Elle va devenir son élève et va ainsi rencontrer celui qui deviendra son maître et lui apprendra les lois de la perspectives et les techniques de la peinture en extérieur. Il deviendra aussi son amant, risquant ainsi de causer sa perte.

          Ce film est un petit bijou d’esthétisme. On se croirait dans un tableau de la Renaissance italienne tant les couleurs et la lumière sont belles. L’histoire en elle-même est palpitante. C’est un plaisir de suivre les aventures de cette jeune fille passionnée. Les acteurs sont particulièrement bons, ce qui ne gâche rien à l’affaire.

          Si je devais faire un reproche à ce film, ce serait sa musique. Elle semble en permanence en total décalage avec l’histoire, semblant vouloir créer un suspens ou un sentimentaliste mal venu. C’est dommage, le film n’en avait nul besoin. Ca met même en avant des longueurs qui seraient sans ça passées inaperçues. Malgré ce petit reproche, ce film reste d’un très bon niveau. Sans doute le meilleur que j’aie vu en ce début d’année. Il m’a donné envie de m’intéresser à l’oeuvre de cette peintre. Une très belle surprise.

          Les oeuvres d’Artemisia sont exposées au Musée Maillol, dans 7° arrondissement de Paris, jusqu’au 15 juillet.

Pour en savoir plus sur cette exposition, rendez-vous chez Paris pèle-mêle.