Drame britannique de Ken Loach avec Dave Johns, Hayley Squires, Dylan McKiernan
Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l’aide sociale à la suite de problèmes cardiaques. Mais bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit signifier l’obligation d’une recherche d’emploi. Il va croiser la route de Katie, mère célibataire de deux enfants. Daniel et Katie vont tenter de s’entraider…

Je vais peu au cinéma depuis le début de l’année, 2016 aura été une année catastrophique pour moi de ce point de vue. Toutefois je n’allais pas rater le dernier Ken Loach et sa Palme d’Or. J’avais peur de trouver ce film très austère. Le sujet n’est pas facile et surtout, je le maîtrise un peu trop bien. Ceux qui me lisent régulièrement le savent, j’ai eu quelques problèmes de santé ces dernières années et j’ai découvert par la même occasion les joies de l’administration, ses rouages tordus, son aspect parfaitement inhumain et parfois, son injustice. Si ne n’avais pas ma famille pour m’aider, je serais certainement à la rue ou morte de faim, et je considère clairement que je fais partie des chanceuses : j’ai une famille qui m’aide, je parle français, j’ai fait des études, a priori je suis apte à remplir formulaires et autre paperasserie en tout genre, bref, je suis plutôt bien lotie. Pourtant je peux vous assurer que je vois un peu trop bien de quoi ce film parle.

On ne peut pas dire que j’aie été particulièrement surprise par le déroulement de l’histoire. C’est criant de vérité. Certes le système anglais et le système français ne sont pas exactement équivalents mais il y a quand même de sacrées ressemblances dans le mode de fonctionnement. A savoir : mettre des bâtons dans les roues aux gens pour ne pas les payer. Méthode relativement efficace, il faut bien l’avouer. C’est montré ici avec tout le brio de Ken Loach. Le moins qu’on puisse dire c’est que ça met le doigts sur les aspects proprement inhumains d’un système sensé venir à aide à ceux qui sont dans le besoin. Ce film est très sobre dans son esthétique et dans sa réalisation, proche du documentaire. Les acteurs sont sont d’une incroyable justesse. On ne tombe jamais dans le pathos malgré un sujet difficile et il y a même une petite dose d’humour tout à fait bienvenue. Il y a chez les personnages de Ken Loach une dignité admirable. Outre le fait qu’il soit impeccablement réalisé, ce film a le mérite de mettre en avant un système inhumain et son injustice qui touche bien plus de monde qu’on ne croit. Un cinéma social comme on en voit trop peu.






Si j’avais vu les affiches de ce film ainsi que quelques articles (que je n’avais pas lus), je n’avais pas la moindre idée de quoi il pouvait bien retourner. J’y suis donc allée parfaitement a pif. Une bonne vieille méthode qui a encore une fois fait ses preuves. Ce film a été une vraie bonne surprise. L’histoire déjà avait tout pour me plaire. Voler la banque à laquelle on doit des sous pour la rembourser, c’est tout de même plutôt osé. Le récit ne manque pas de piquant donc. Le décor est assez désolé, il y a pourtant quelques très belles images, avec notamment une lumière très travaillée. C’est sobre et soigné. J’ai beaucoup aimé cette esthétique qui n’en fait pas trop. Le film est plus construit qu’il n’y paraît et pose des vrais problèmes de société. L’histoire est très prenante et l’action ne manque pas – la violence non plus d’ailleurs. Ce n’est pas franchement joyeux mais pas dénué d’un certain humour noir qui n’était pas pour me déplaire. On se laisse prendre à ce jeu du chat et de la souris et bien que les personnages principaux soient moyennement sympathiques, on tremble tout de même un peu pour eux et on ne peut s’empêcher de se mettre à leur place. Il me paraissait difficile de bien finir ce film sans être ni défaitiste ni moralisateur. C’est finalement un pari plutôt réussi. Ce film aura été une bonne surprise jusqu’au bout. Un film sombre et intelligent où la beauté et la violence se mêlent au désespoir. Un coup de cœur aussi total qu’inattendu.
Voilà un film qui me tentait beaucoup, à la fois pour son sujet et pour son acteur principal. J’aime beaucoup les films d’espionnage et je trouve l’infiltration assez fascinante. Et Bryan Cranston : quel acteur ! J’ai plus souvent l’occasion de le voir dans des séries que dans des films et j’avais hâte de le découvrir dans ce rôle. Je n’ai pas été déçue. Il livre une prestation extrêmement convaincante. Pourtant je reste un peu mitigée sur ce film. J’ai beaucoup aimé le côté infiltration et changement d’identité et les questions que ça pose avec la difficulté à jouer entre plusieurs vies, plusieurs personnages, sans oublier qui on est et à qui accorder sa confiance et son amour. J’ai trouvé cette partie-là intéressante et réussie. En revanche, l’intrigue est assez complexe et il m’a fallu un peu de temps pour rentrer dedans. il faut dire aussi que je n’étais pas très concentrée (la faute à mon voisin très dissipé qui se connaîtra s’il me lit). Pas facile de suivre les subtilités de l’histoire : à un moment j’ai bien cru que je n’allais jamais arriver à comprendre ce film. Les choses ont fini par se mettre en place peu à peu. La tension monte et même si la fin est assez prévisible on prend un certain plaisir à suivre cette intrigue. Dommage que l’ensemble manque un peu de rythme. Le film fonctionne plutôt bien mais j’ai trouvé que ça manquait de fluidité. Malgré pas mal de qualités, une demie-réussite.

