Cinéma·Mes lectures

Retour sur quelques ratés…

          Il y a les bonnes surprises, et puis il y a les autres. Même si le début d’année a été plus riche en coups de cœur qu’en loupés, il y a tout de même eu quelques déceptions. En voici trois.

La vieille qui voulait tuer le bon dieu, de Nadine Monfils

          Je dois avouer que je ne m’attendais à rien d’exceptionnel en ouvrant ce livre gagné l’année dernière et qui attendait depuis dans ma bibliothèque. Je l’ai ouvert un jour où j’avais envie de quelque chose de léger en me disant que ça pouvait être drôle. J’ai vite déchanté. L’écriture se veut légère mais je l’ai trouvée « surjouée » si je peux dire, un défaut courant dans ce type de roman qui en fait des caisses pour avoir l’air naturels et enjoués. Ce ton assez typique des romans « humoristiques » a une certaine tendance à me taper sur les nerfs. Je ne suis donc pas très bons public pour les romans qui se veulent drôles, malgré tous mes efforts. Celui-ci ne m’a franchement pas emballée. Le personnage principal m’a semblé à la fois antipathique et peu crédible. Mais il faut dire que ce n’aurait pas été un gros problème si le style ne m’avait pas autant agacée. J’ai eu beau essayer de m’intéresser à l’histoire, rien à faire. J’ai trouvé le trait grossier et je n’ai pas souri une seule fois. Un roman qui m’a semblé sans le moindre intérêt.

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En équilibre, de Denis Dercourt

          Ce film me tentait assez, ne serait-ce que parce qu’il y avait Albert Dupontel à l’affiche, ce qui est généralement un gage de qualité. Une fois n’est pas coutume, celui-ci m’a déçue. Il faut dire que les comédies romantiques et moi ne sommes pas forcément faites pour nous entendre, je ne le apprécie que très modérément et suis assez hermétique au romantisme. J’aurais donc sans doute pu me douter que ça n’allait pas coller mais mon optimisme naturel me poussait à croire le contraire. Finalement, j’ai trouvé cette histoire totalement niaise. Je n’ai même pas trouvé que les acteurs jouaient bien alors que je les apprécie habituellement. Même la passionnée de cheval que je suis est restée perplexe devant l’univers équin. Bref, un raté total. J’ai trouvé qu’il ne se payait même pas le luxe d’être franchement mauvais, juste totalement insignifiant. Je suis ennuyée ferme devant ce film qui m’a semblé plus d’une fois improbable. Une grosse déception.

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Un homme idéal, de Yann Gozlan

          Le synopsis de ce film me semblait très prometteur. Une histoire d’écrivain, de manuscrit volé, de harcèlement, les ingrédients semblaient réunis pour passer un bon moment. Pourtant, rapidement j’ai senti que ça n’allait pas être le bon moment espéré. J’ai trouvé le personnage principal de ce film assez exaspérant (les autres aussi d’ailleurs) et plus on avance plus il perd en crédibilité. L’idée de départ était prometteuse mais le film s’enlise dans un scénario improbable servi par un jeu d’acteurs assez fade. J’ai hésité un bon moment entre ennui profond, perplexité et agacement. Et ça ne va pas en s’arrangeant ! Les critiques n’étaient certes pas très élogieuses sur ce film mais je ne m’attendais pas à pareil désastre. J’ai beau être très bon public pour les thriller, je n’ai pas du tout apprécié celui-ci auquel je n’ai pas cru une seconde. Navrant.

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Cinéma·Théâtre

Rire du couple

Papa ou maman, de Martin Bourboulon

          Voilà un film dont je n’attendais pas grand chose. Je n’étais d’ailleurs pas sure d’aller le voir. J’avais peur d’une comédie très lourde et sans grand intérêt même si j’étais assez curieuse de voir ce que donnait cette histoire de couple qui se déchire pour ne pas avoir la garde des enfants. Finalement, j’ai été agréablement surprise. Sans dire que ce film soit toujours d’une grande finesse, j’ai trouvé qu’il tapait quand même plutôt juste. Les situations cocasses s’enchaînent et contre toute attente j’ai ri de bout en bout. Je pense que c’est avant tout une question de rythme : pas le temps de réfléchir tant les vannes fusent vite. J’ai assez aimé le mauvais esprit qui préside à ce film, je suis franchement friande de ce type d’humour caustique. On pourrait dire que le film va peut-être un peu trop loin, surtout sur la fin, mais j’avoue que ça ne m’a pas dérangée outre mesure. Je me suis laissée prendre à cette histoire loufoque, aussi bien ficelée que bien interprétée. L’idée de départ est originale et le résultat assez convaincant. Peut-être pas un grand film mais une bonne surprise, assurément.

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A 3 on y va, de Jérôme Bonnell

          Ce trio amoureux me tentait assez. Même si le synopsis peut sembler un peu improbable, j’avais bien envie de voir Anaïs Demoustier dans ce type de rôle. Etrangement, je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus drôle. L’histoire se prêtait au vaudeville et c’est à comédie douce-amère que l’on a affaire. Je dois admettre que ça m’a un peu déstabilisée. Cela dit ce film est loin d’être inintéressant. La manière dont le sujet est traité est assez fine et il évite en grande partie les écueils que rencontrent généralement ce genre d’histoires. Les personnages sont assez attachants et les sentiments sonnent plutôt vrai malgré la côté pour le moins incongru de la situation. C’est très bien joué et il y a une certaine fraîcheur dans ce film. Malgré tout, il m’a manqué un petit quelque chose pour totalement accrocher. J’ai trouvé que le film peinait à trouver un ton convaincant, entre l’envie de faire rire et d’émouvoir. Un film qui manque un peu de rythme mais s’avère tout de même touchant et traite un sujet difficile avec délicatesse.

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Le clan des divorcées, d’Alil Vardar

          Cette pièce tourne depuis maintenant un certain temps à Paris et je dois admettre qu’elle ne me tentait pas plus que ça. Quand me cousine est venue à Paris, je me suis quand même laissée convaincre. J’ai été plutôt agréablement surprise finalement. Certes, ça n’est pas exactement un humour tout en finesse mais il y a un certain rythme et j’ai ri plus d’une fois. Il faut dire aussi que l’enthousiasme du public y fait pour beaucoup. L’histoire est simple : trois femmes très différentes qui viennent de divorcer se retrouvent contraintes de vivre en coloc. Les comédiennes déploient une belle énergie. Certaines vannes sont un peu faciles, d’autres assez biens vues. Les personnages ont beau être ultra caricaturaux, on se retrouve forcément un peu dans certaines situations et on prend un certain plaisir à se moquer d’elles. Le sujet est porteur et touchera sans doute surtout les 40 ans et plus. Je ne suis pas une grande adepte du théâtre de boulevard mais malgré les défauts de la pièce j’ai quand même passé un agréable moment.

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Cinéma

Trois chroniques ciné (très) en retard

          Je n’ai pas l’habitude des articles groupés. J’aime consacrer un article à chaque livre et film que je lis/vois. J’aime développer mes avis et que chacun soit mis en avant de la même manière. Mais dernièrement, j’ai pris énormément de retard dans mes chroniques. Des films vus début février n’ont toujours été critiqués et vu l’accumulation des articles à écrire il fallait réagir. J’écris beaucoup moins en ce moment, une petite baisse de régime qui dure depuis un certain temps et me contraint à revoir un peu ma manière d’envisager les choses pour alléger un peu la longue liste de tout ce dont j’ai envie de vous parler. Comme je ne me sens pas encore prête à faire l’impasse sur certains livres, films ou sorties (on est monomaniaque ou on ne l’est pas), je me lance la mort dans l’âme dans un article regroupant 3 films vus en février. A priori, pas vraiment de rapport entre eux si ce n’est que ce sont des films américains, sérieux, d’assez bonne qualité et qui tournent plus ou moins autour de la violence ou de la guerre. 3 films qui ont marqué ce début d’année. Voici donc un court avis pour chacun d’entre eux.

A most violent year

AMVY_120_WEB.inddEn ce début, le film dont tous les blogueurs vantaient les mérites, c’est The most violent year. J’ai un peu tardé à le voir (et encore plus à vous en parler…) mais ça valait franchement le coup ! Je ne m’attendais pas trop à ça bizarrement. Etant donné le titre – et le sujet, la guerre entre les géants du pétrole à New-York en 1981 – je m’attendais à un film hyper violent. J’ai trouvé qu’il ne l’était pas tant que ça. Certes, il y a quelques scènes de violence mais ce n’est pas aussi sanguinolent qu’on pourrait s’y attendre. La violence présente dans ce film est avant tout psychologique. Il y a un suspens certain et la tension monte de minute en minute. L’histoire est simple et efficace, une guerre de pouvoir dans un milieu proche de la mafia. Ce que j’ai beaucoup aimé, c’est le traitement du personnage principal, qui se veut un modèle de droiture et de réussite et qui va se rendre compte peu à peu qu’il n’est peut-être pas si simple de nager au milieu des requins sans se salir les mains. Magistralement interprété, un film qui nous tient en haleine de bout en bout, l’excellente surprise de ce début d’année.

American sniper

american-sniper-posterEvidemment, je ne pouvais pas rater le dernier Clint Eastwood même si le sujet m’inspirait moyennement. Il y a eu une grosse polémique autour de ce film, certains l’ont accusé de faire l’apologie de la guerre. Honnêtement, on n’a pas tous dû voir le même film ! Certes, c’est l’histoire d’un petit con qui part faire la guerre parce qu’on a attaqué son pays et qui devient un héros parce que c’est celui qui a tué le plus de femmes et d’enfants. Mais bon, l’idée de se battre pour la patrie n’est pas particulièrement rare aux Etats-Unis et les héros de guerre sont rarement ceux qui sont planqués. Mais surtout, on voit cet homme se transformer et se renfermer sur lui-même peu à peu pour devenir une espèce de zombie qui pète les plombs au moindre bruit. Personnellement je ne trouve pas que ce soit très vendeur. Ce que j’ai aimé dans ce film c’est justement l’évolution de son personnage. On suit l’action de son point de vue, ce qui peut parfois mettre franchement mal à l’aise mais s’avère intéressant. Le réalisateur ne semble pas porter de jugement, ce qui laisse une assez large place à l’appréciation de spectateur quant au bien-fondé ou non des actions de son héros. Un parti-pris payant puisqu’il donne au film une certaine profondeur et incite à la réflexion. Un film dérangeant qui manque peut-être un peu de rythme mais certainement pas d’intérêt.

Imitation game

573252Je ne connaissais pas du tout l’histoire d’Alan Turing mais je dois dire que la bande-annonce a grandement piqué ma curiosité. Il faut dire que malgré mon parcours je suis fascinée depuis toujours par les inventeurs et plus généralement les grands esprits. Je ne pouvais donc pas rater ce film sur celui qui peut être considéré comme un des pères de l’ordinateur même s’il n’a pas eu l’occasion de le construire. Cet homme asocial et brillant est assez fascinant. Malheureusement, le film n’est pas tout à fait à la hauteur de l’enjeu. Sans être vraiment mauvais, il reste extrêmement classique dans sa réalisation et l’histoire mise bien trop sur la romance, manquant ainsi un peu de consistance. Ca m’a un peu rappelé Une merveilleuse histoire du temps, qui avait sensiblement les mêmes défauts. La réalisation n’est pas dénuée de maladresse. La trame principale est intéressante bien que j’aurais préféré que l’accent soit un peu plus porté sur le côté technique que sur l’aspect sentimental qui franchement m’intéresse assez peu. On ressent assez peu le fait que le pays est en guerre, à part dans des scènes de bombardement d’une mocheté absolue. Pour le reste, c’est un peu plan plan mais pas si mal. Dommage que la fin ait été un peu bâclée, je trouvais pourtant qu’il y avait là matière à faire quelque chose d’intéressant. L’ensemble se laisse quand même regarder avec un certain plaisir, d’autant que Benedict Cumberbatch vaut quand même le détour. Un film assez moyen qui a tout de même le mérite de mettre en lumière cette histoire incroyable et trop largement méconnue.

Cinéma·Mes lectures

Un livre et un film pour parler de l’exclusion

          Dernièrement, j’ai gagné sur le blog de Filou un livre que je me suis empressée de commencer sur une immigrée qui arrive à Santorin et connaît l’exclusion, la faim et l’insécurité. La mesure de la dérive d’Alexander Maksik est un livre magnifique qui m’a bouleversée. Par le plus grand des hasards, alors que je lisais ce roman, je suis allée un soir au cinéma et les films qui m’intéressaient étant complets, je suis allée voir Au bord du monde, un titre aussi joli qu’énigmatique. Je n’avais pas la moindre idée de ce que c’était. C’est ma méthode « à la Breton », je rentre dans une salle au hasard (enfin, je choisis surtout le film qui passe à l’heure qui m’arrange), une méthode choix surréaliste qui offre parfois de belles surprises. Je dois avouer que pour la peine j’ai été franchement étonnée de tomber sur un documentaire consacré aux SDF parisiens. Moi qui allait au cinéma pour me remonter le moral ce soir-là, ç’a été un ratage complet. Mais je dois admette que j’ai quand même trouvé que la hasard faisait bien les choses puisque je restais totalement dans le thème de ma lecture du moment. Je vais donc en profiter pour vous parler des deux en même temps.

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           A la mesure de la dérive d’Alexander Maksik a été un énorme coup de cœur. On suit l’errance d’une jeune femme seule et sans le sous à Santorin. Elle doit lutter pour manger ou trouver un coin où dormir. On vit son histoire de l’intérieur et on apprend peu à peu à la connaître, par bribes. Ainsi, on découvre comment elle en est arrivée là. Des révélations qui s’avèrent souvent surprenantes. Je ne vais pas vous dévoiler ses origines et de son parcours étant donné que ses souvenirs qui reviennent peu à peu sont un fil conducteur du récit. L’écriture est fluide et très agréable. Ca m’a un peu rappelé une écriture de roman noir, efficace et qui met en place un certain suspens, ici autour du passé de son héroïne. Le récit est très émouvant. Le fait de se mettre à la place de cette jeune femme débarquée dans un pays inconnu sans la moindre ressource est troublant. Je crois qu’on peut dire que c’est la honte qui ressort le plus de ces pages, une volonté farouche de préserver un semblant de fierté malgré tout. La psychologie du personnage est très intéressante et on s’attache réellement à cette jeune femme qu’on regrette de quitter en refermant ce livre qui ne saurait laisser indifférent. Un roman fort et émouvant, manifique.

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          Dans un style très différent le documentaire Au bord du monde de Claus Drexel traite en grande partie du même sujet. Une autre forme d’exclusion mais les mêmes difficultés pour trouver où dormir et comment manger. Ce documentaire suit plusieurs SDF parisiens dans leur quotidien. Des profils très différents, des gens de tous les âges et visiblement de tous les milieux. Certains sont fous, d’autres étonnement cultivés. On ne sait pas comment ils sont arrivés là, quelle a été leur vie. On aimerait les connaître un peu mieux, c’est un peu dommage que cet aspect n’ait pas été évoqué avec eux. Malgré tout ce documentaire a le mérite de mettre en lumière des gens à qui la plupart du temps on jette à peine un regard. Il n’y a pas de jugement dans ce film, il se contente de donner la parole à ceux qui l’ont trop rarement et de montrer leur quotidien tel qu’il est, avec ses difficultés et ses moments de bonheur. On en ressort en regardant d’un peu plus près ceux qui nous entourent. Malgré ses défauts, un documentaire édifiant qui aurait mérité une diffusion bien plus large.

Cinéma

Citizenfour, un documentaire à voir de toute urgence

          2013, Edward Snowden s’apprête à divulguer des informations secret-défense volées à la NSA et à déclencher un des plus gros scandales qui ait éclaboussé les Etats-Unis. Il contacte la documentariste américaine Laura Poitras sous le nom de code de « Citizenfour ». Elle le rejoint à Honk-Kong pour filmer en temps réel ses révélations.

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          Fut un temps où je voyais pas mal de documentaires, une inclinaison qui m’est un peu passés avec le temps. Un peu par paresse intellectuelle sans doute, un peu parce que ceux qui m’intéressent ne sont pas toujours projetés près de chez moi aux horaires qui m’intéressent et que le week-end, je n’ai pas toujours la motivation de traverser tout Paris pour aller voir quelque chose qui va me demander de me triturer les méninges. Je sais, c’est mal. Toutefois, quand j’ai entendu parler de celui-ci (indépendamment de son succès aux Oscar), je me suis dit qu’il fallait ab-so-lu-ment que je le voie. En effet, l’affaire Snowden m’intéresse particulièrement. Je l’ai suivie de plus ou moins près et je dois avouer que les révélations aussi bien que la faille de sécurité monumentale qu’elle a mise en avant m’ont effarée. J’étais vraiment curieuse de voir comment cette affaire était sortie et de m’y intéresser plus en détail.

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          Ce qui est absolument passionnant dans ce documentaire, c’est qu’il n’est pas fait à posteriori. La réalisatrice a suivi Edward Snowden dès qu’il a décidé de divulguer des informations confidentielles récoltées au sein de la NSA. Il l’a contactée avant de sortir les informations et elle a donc pu le suivre dans la naissance de cette affaire qui allait devenir un scandale planétaire. Voir les coulisses est toujours instructif et c’est particulièrement rare dans ce genre de cas. Je dois avouer à ma grande honte que je me suis endormie au début du film j’ai donc raté une bonne partie de la mise en place des révélations. Ce n’est certes pas la partie la plus intéressante mais quand même, je suis dégoûtée d’avoir bêtement raté ça ! Il faut dire qu’au début j’ai trouvé que les sous-titres défilaient très vite et que c’était parfois assez technique quand même ce qui fait que j’avais des difficultés à tout lire et à tout comprendre. Heureusement, petit à petit on s’habitue un peu et ça va mieux.

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          On a beau connaître les révélations de Snowden, l’ampleur du scandale surprend encore. On ressort de là avec l’impression de vivre dans le monde de 1984 d’Orwell. On a connu plus rassurant… J’ai été on ne peut plus impressionnée par le courage de cet homme. Son sang-froid est assez impressionnant. Il semble avoir pensé à tout et avoir une détermination sans faille. Trahir le gouvernement américain n’est pas une mince affaire et j’ai trouvé sa droiture bouleversante. C’est bien de découvrir un peu l’homme derrière le lanceur d’alertes car ça semble être quelqu’un de vraiment exceptionnel. La manière dont il a mené cette affaire est assez bluffante. D’un point de vue formel, le documentaire est bien réalisé. La réalisatrice suit Snowden au jour le jour et ça crée un certain suspens qui donne du peu de rythme à ce film qui en n’en a pas de trop. Pour une grande partie, ce documentaire est fait de plans serrés (plus ou moins) sur Snowden et ses comparses (journalistes) qui expliquent le déroulé des opérations. Il y a quand même quelques jolis plans. Et puis surtout, elle met son sujet bien en valeur, ce qui est quand même l’essentiel pour un documentaire.

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          Si ce film a eu l’Oscar du meilleur documentaire, c’est sans doute pour son incroyable valeur historique. Filmer la naissance d’un pareil scandale comme ça, de l’intérieur, c’est juste exceptionnel. La documentariste prend le parti de ne pas se pencher de près sur les détails de ce monumental (le mot est bien faible mais je n’en connais aucun qui pourrait faire l’affaire) réseau d’espionnage. Elle parvient à nous faire comprendre l’ampleur du scandale et le gros du fonctionnement du système sans nous assommer avec la technique. La première partie est un peu longue et barbante mais plus on avance dans ce film, plus on se rend compte de l’aspect absolument vertigineux de cette affaire et plus on s’attache également à cet homme intelligent et courageux qui a décidé de tout risquer pour la révéler au monde. On peut trouver que c’est un peu lent parfois, qu’il y a quelques maladresses mais ce qu’ils accomplissent ensemble est tout simplement prodigieux et on a conscience à chaque instant d’être devant un document à la valeur inestimable. Le portrait d’une grande humanité d’un homme en train d’écrire l’histoire. Édifiant.