Cinéma

Sublime Saint-Laurent

Biopic de Bertrand Bonello avec gaspard Ulliel, Jérémie Rénier, Léa Seydoux, Louis Garrel

         1967-1976. La rencontre de l’un des plus grands couturiers de tous les temps avec une décennie libre. Aucun des deux n’en sortira intact.

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          Il y a quelques mois sortait un premier film un peu sage mais assez réussi consacré à la vie de Saint-Laurent (voir ma critique ici). Aujourd’hui, Bertrand Bonello qui s’attaque aux aspects les plus sombres de la vie du grand couturier. Bertrand Bonello est le réalisateur d’un des deux films m’ayant le plus traumatisée quand j’étais adolescente: Tirésias, dont certaines images me hantent encore depuis plus de 10 ans (l’autre film étant Harry un ami qui vous veut du bien, comme ça, vous savez tout). De lui, je n’ai ensuite vu que L’Apollonide, que j’avais trouvé bien sage en comparaison. J’étais curieuse de voir ce qu’il allait faire de la vie de cet homme au passé moins lisse qu’il n’y paraît. Avant d’aller voir le film, j’avais entendu tout et son contraire : de sans intérêt à sublime en passant par tous les intermédiaires, j’avais donc hâte de me faire mon propre avis sur la question.

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          Je dois avouer que même si j’ai aimé ce film, je ne sais trop qu’en dire. Je n’avais jamais particulièrement apprécié Gaspard Ulliel que j’ai toujours trouvé un peu fade, ni d’ailleurs Jérémie Rénier, un peu inégal (bien que je me réconcilie avec lui avec le temps), et moins encore Louis Garrel, définitivement tête à claques. Eh bien, si Louis Garrel est égal à lui-même (ça colle bien au rôle me direz-vous) et que j’ai trouvé Jérémie Rénier un peu en retrait, Gaspard Ulliel crève l’écran dans le rôle de Saint-Laurent. Sans chercher à faire dans l’imitation, il incarne son personnage avec une grande justesse. Extrêmement charismatique, il ne joue pas Saint-Laurent, il est Saint-Laurent. Son interprétation vaut à elle-seule le déplacement.

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          Pour le reste, il s’agit d’un film excessivement esthétique. Et comme toujours dans ce type de cinéma, ça passe ou ça casse. personnellement j’ai beaucoup aimé. Malgré quelques longueurs, j’ai trouvé ça sublime de bout en bout. D’autres trouveront le film creux et chiant, ça se défend… Je pense que clairement, soit on adore, soit on déteste, difficile de faire dans la demie-mesure tant ce film est excessif. Je m’attendais à encore plus de drogue, de sexe, de débauche. Bon, certes, à peu près tout le film est basé sur les démon de Saint-Laurent et ses excès mais ça reste relativement soft – comprenez : « pas de quoi en ressortir totalement traumatisé ». Un grand soin est apporté à l’image et il y a quelques plans de toute beauté et quelques idées de mise en scène et de montage très réussies. La bande son est également très bien choisie. J’ai un peu regretté qu’on ne voie pas encore plus les vêtements. Dans le défilé présenté à la fin est tellement beau, j’aurai voulu qu’il dure plus encore. Bien plus que dans l’autre film, l’élégance de ces vêtements m’a sauté aux yeux. Oui, moi qui me contre-fiche de la mode, je rêverais de porter certains de ces vêtements-là.

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          Je n’ai pas bien compris pourquoi à la fin on voyait Saint-Laurent vieux. pour montrer sa réussite ? sa déchéance ? Toujours est-il que j’ai trouvé cela totalement inutile. J’aurais autant aimé que Bertrand Bonello s’en tienne à l’idée de ne traiter que les années sombres de Saint-Laurent. Si on peut débattre quant à la profondeur du propos, ce film est avant tout une très belle réussite esthétique et complète très bien celui sorti il y a quelques mois en traitant la partie que Jalil Lespert avait un peu laissée de côté. J’ai été totalement fascinée par cette manière de filmer qui malgré les longueurs indéniable m’a suffisamment accrochée pour m’éviter l’ennui. Évidemment, pour ceux que cette esthétique ne touche pas, ces 2h30 risquent d’être un vrai calvaire. Un film à l’esthétique très travaillée qui montre un Saint-Laurent tourmenté, antipathique parfois, touchant souvent, profondément humain. Malgré quelques longueurs, sublime de bout en bout.

Cinéma

Avant d’aller dormir, un thriller qui manque de nerf

Thriller britannique de Rowan Joffe avec Nicole Kidman, Colin Firth, Mark Strong

           Suite à un accident, Christine est devenue amnésique : chaque matin elle se réveille en ayant tout oublié de sa vie. Heureusement, son mari est là pour l’épauler. Depuis qu’elle voit le Dr Nash, elle semble faire des progrès. Mais très vite, le doute va la gagner…

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          Ce film me tentait moyennement. J’ai toujours un peu de mal avec ce type de cinéma : soit c’est très réussi, ça m’angoisse et rares sont les moments où je suis en mesure de prendre un certain plaisir à cette sensation désagréable, soit je ne sursaute à aucun moment et c’est raté. Rares sont ceux qui arrivent à me convaincre vraiment. Mais bon, une fois de plus, j’errais comme une âme en peine devant le cinéma et je suis allée voir le premier film qui m’est tombé sous la main. C’est comme ça qu’on fait des découvertes hein (ou pas).

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          Je dois avouer que j’ai été assez déçue. Je suis allée au cinéma après ma première journée de boulot suite à 6 mois d’arrêt maladie et j’avais le moral au fond des chaussettes. J’étais crevée et donc particulièrement faible et impressionnable et j’avais peur que ce soit le genre de film qui m’empêcherait de dormir. Eh bien pas du tout ! J’ai plutôt bien aimé le début même si j’ai trouvé l’idée de départ un peu tirée par les cheveux et il y a des moments où j’ai peiné à y croire. D’ailleurs, même si j’aime bien Nicole Kidman habituellement, je dois dire que c’est loin d’être son meilleur rôle. Elle n’est pas toujours très convaincante en amnésique apeurée.

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          Et puis, petit à petit, j’ai vu un schéma se dessiner et on n’en est sorti à aucun moment. Je n’ai donc pas sursauté aux moments où j’aurais dû, je n’ai pas eu peur, je n’ai pas été étonnée par le dénouement. Bref, j’ai vu venir le truc gros comme une maison et je ne me suis pas plantée. Du coup le film perd forcément de son intérêt. Je pense qu’en plus, c’est la mise en scène qui m’a aiguillée (et le fait que j’ai lu 2/3 polars aussi), ce qui est d’autant plus frustrant. C’est comme si au lieu d’entretenir le mystère, elle nous en dévoilait des morceaux qu’il n’y a plus qu’à assembler.

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          Sinon, tous les classiques sont là : la musique angoissante, les rebondissements qui vont bien, un peu de violence pour pimenter le tout et bien sûr, quelques séquences émotion. Avec force gros plans pour accentuer tout ça. Heureusement, j’ai trouvé que la prestation de Colin Firth venait donner un peu de crédibilité à ce film qui aurait sinon été bien fade. On est loin des films d’Hitchcock ! Bref, sans trouver ça mauvais, je me suis un peu ennuyée. Un film plat et convenu qui n’est pas désagréable mais est loin d’être ce qu’on fait de mieux dans le genre.

Cinéma

Elle l’adore, entre polar, drame et comédie

Comédie dramatique, policier de Jeanne Herry avec Sandrine Kiberlain, Laurent Lafitte, Pascal Demolon

          Muriel, esthéticienne, adore raconter des histoires improbables. Elle est aussi la plus grande fan du chanteur Vincent Lacroix depuis plus de 20 ans. Il occupe toute sa vie. Lorsqu’il sonne chez elle au beau milieu de la nuit, elle voit sa vie basculer…

582257.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx          J’aime beaucoup le duo d’acteurs de ce film, j’avais donc hâte de voir de quoi il retournait. La bande-annonce me tentait moyennement mais je me suis dit qu’un peu de légèreté ne me ferait pas de mal. Je dois être de mauvais poil en ce moment parce que comme tous les films vus dernièrement, je n’ai été que moyennement emballée. Je dois avouer que j’ai trouvé déjà l’histoire moyennement crédible, ce qui ne m’a pas aidée à me plonger dans le film. Mais comme il ne se prend pas au sérieux, ça ne m’a pas dérangée outre mesure. Il faut dire aussi que le rythme assez soutenu ne laisse pas vraiment le temps de se poser ce genre de questions.

477070.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx          Je crois que j’ai été un peu gênée par le ton. Il se veut un peu décalé, entre polar et comédie, mais j’ai trouvé que ça manquait un peu de recul pour fonctionner vraiment, le trait aurait mérité d’être encore plus forcé pour mettre en avant le second degré. J’ai bien conscience que les gens normaux ont saisi de suite les intentions ambiguës de la réalisatrice et ont aimé ce jeu entre sérieux et ironie mais je suis parfois longue à la détente… J’ai bien aimé ce film mais comme l’intrigue policière est plutôt légère, voire secondaire, et que le second degré m’a souvent échappé (sauf lors des interrogatoires, franchement drôles), le résultat m’a semblé pour le moins… bizarre. J’ai eu un de mal avec cet entre-deux. Le film reste trop sage, j’aurais ailé quelque chose d’un peu plus déjanté.

472226.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx          Les acteurs sont clairement le gros gros point fort de ce film. Sandrine Kiberlain est parfaite, comme d’habitude. Elle est vraiment très drôle et convaincante en fan qui se retrouve mêlée à une histoire sordide malgré elle. Quant à Laurent Lafitte, ce n’est peut-être pas son meilleur rôle mais le côté un peu dérangé lui va à merveille. C’est un plaisir de les voir se débattre et s’enfoncer dans cette histoire. La fin m’a laissée un peu perplexe. J’aurais sans doute aimé quelque chose de plus tranché. Je crois que c’est d’ailleurs le cas pour tout le film, il n’a pas vraiment de défauts mais qui aurait peut-être pu aller un peu plus loin. Ca reste tout de même un premier long-métrage très réussi. Un film très agréable même si je suis un peu passée à côté. Il est servi par un duo d’acteurs incroyables et séduira sans aucun doute le plus grand nombre.

Cinéma·Mes lectures

Gemma Bovery : un livre, un film

         Martin est boulanger en Normandie. Il est passionné de littérature et Madame Bovary est son roman préféré. Quand des anglais, Charly et Gemma Bovery, s’installent en face de chez lui, il y voit un signe. Leur comportement lui semble inspiré des personnages de Flaubert. Sous le charme de la belle Gemma, il va tout faire pour influer sur son destin.

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         Gemma Bovery, c’est avant tout un roman graphique de Posy Simmonds. Après Tamara Drewe, adapté au cinéma par Stephen Frears en 2010, c’est au tour de cette histoire d’arriver sur nos écrans avec cette fois encore Gemma Atterton dans le premier rôle. L’éditeur m’a gentiment fait parvenir un exemplaire du livre afin que je puisse en parler à l’occasion de la sortie du film. Mon erreur aura été de lire le livre en premier. Ne jamais lire un livre avant d’aller voir le film qui en est tiré ! A moins d’avoir eu le temps de presque tout oublier de l’histoire, c’est s’exposer à une déception quasi-certaine. L’inverse est toujours plus flatteur. Ceci étant dit, voyons quand même ce qu’il en est de cette BD et de son adaptation au cinéma.

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         J’ai été assez surprise par le livre de Posy Simmonds avec lequel le nom de « roman graphique » prend tout son sens. Le texte est extrêmement présent, ce qui m’a franchement déroutée. On est loin de la BD traditionnelle ! Il y a pourtant un poil trop de dessin pour parler de roman illustré. Jamais l’appellation de roman graphique ne m’avait parue aussi limpide tant l’équilibre entre texte et image est fort. Les deux se complètent d’ailleurs parfaitement. Toutefois, je dois avouer qu’au début autant de texte m’a un peu rebutée. Je lis beaucoup de romans, même des pavés, mais quand j’ouvre une BD j’ai envie de quelque chose de léger, rapide, facile – dans une certaine mesure en tout cas. Je dois admettre que j’ai eu un peu de mal à me plonger dedans.

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         Après quelques pages, j’ai été assez prise par cette histoire qui ne manque pas d’humour. Cette réinterprétation d’Emma Bovary est teintée d’une ironie qui lui donne beaucoup de charme. Je me suis finalement laissée prendre au jeu de cette réécriture. A priori, je n’aime pas trop qu’on réécrive, continue ou interprète les classiques (je vous en parlais déjà pour Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary, qui décidément a du succès côté réécriture). Je suis sans doute vieux jeu mais je trouve que les classiques doivent rester à leur place, je suis toujours mal à l’aise devant la vision qu’ont les autres de ces textes qu’on connaît tous et qui souvent diffère de la nôtre. J’ai bien ressenti cette petite gêne ici mais la réécriture est tellement décalée que ça passe finalement plutôt bien.

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         Bien que très dense, le texte va droit au but et réinvente avec beaucoup d’inventivité et d’humour le roman de Flaubert. J’ai trouvé l’idée d’un homme tellement obsédé par son livre préféré qu’il tient absolument à ce que ses voisins vivent les mêmes aventures vraiment très chouette. Ca crée un décalage juste suffisant pour que la référence au texte de départ soit claire sans être pesante. Le dessin apporte souvent des nuances au texte et l’enrichit. Bien que ce ne soit a priori pas le style de BD que je préfère, je l’ai trouvé très agréable et j’ai aimé cette lecture. 

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         Le film est une adaptation très fidèle. Je l’ai vu de suite après avoir fini de lire la BD et la plupart des dialogues sont mot pour mot les mêmes que dans le texte d’origine. C’est d’ailleurs assez déroutant quand on les a encore bien en tête. J’avoue que même si j’adore Gemma Atterton, je ne l’aurai pas spécialement vue dans ce rôle. Au début, Gemma est sensée être grosse et moche du coup choisir une actrice aussi belle et qui serait sublime même avec un sac à patate me semble relativement peu judicieux. Mais bon, comme c’est une actrice que j’aime bien et que je vois finalement assez peu, ça ne m’a pas tellement dérangée.

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         J’ai bien aimé ce film mais j’ai trouvé qu’il n’apportait pas grand chose par rapport à la BD. J’ai trouvé qu’à l’écran les personnages avaient moins de profondeur que sur le papier. Gemma est moins sympathique dans le livre mais ses petits défauts agaçants la rendent aussi plus humaine. Les rares modifications apportées à l’histoire ne m’ont pas franchement convaincue. Il aurait peut-être fallu prendre un peu plus de recul avec le texte pour mieux le mettre en valeur. Je n’ai pas tout à fait retrouvé le même humour et la même fraîcheur dans le film que dans le livre.

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         Les acteurs sont assez convaincants. J’avais peur que comme à son habitude Fabrice Luchini n’en fasse trop mais contre toute attente il est assez crédible en boulanger obsédé par sa jeune voisine. Formellement parlant, le film est assez lisse. J’ai trouvé que l’histoire passait parfois un peu vite sur certains aspects. Le film m’a semblé surtout centré sur l’adultère de Gemma, passant un peu sous silence les problèmes qui font le sel de cette histoire. Je suis toutefois mauvais juge, difficile d’apprécier à sa juste valeur le film quand on a encore autant le livre en tête. Je pense que ceux qui n’ont pas lu la BD l’apprécieront bien mieux. Un livre surprenant et plein de charme et un film assez réussi, extrêmement fidèle et qui se regarde avec plaisir. Gemma Bovery mérite qu’on la découvre.

Cinéma

« 3 coeurs » qui m’ont laissée de glace

Drame, romance française de Benoît Jacquot avec Benoît Poelvoorde, Charlotte Gainsbourg, Chiara Mastroianni

          Marc rencontre Sylvie dans les rues d’une petite ville de province. Ils se donnent rendez-vous quelques jours plus tard mais se manquent. Chacun continue alors sa vie. Quelques temps après, dans le cadre de son boulot, il rencontre Sophie et rapidement l’épouse. Ce qu’il ignore, c’est que les deux femmes sont sœurs. 

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          Bien que je ne sois pas trop adepte de romances, quand j’ai vu la bande-annonce de 3 cœurs, je me suis dit que ça pourrait me plaire : j’aime assez le casting et il semblait y avoir un certain suspens. Je m’attendais à quelque chose qui sortirait un peu du triangle amoureux classique. Autant vous dire que j’ai été carrément déçue. Dès le début, je n’ai pas du tout accroché avec ce film franchement convenu. A tel point que je ne sais même pas quoi en dire (ou que je n’ai pas franchement envie d’en parler ?). Commençons par les points positifs : le trio d’actrices s’en sort vraiment très bien et donne une certaines crédibilité aux personnages féminins. Benoît Poelvoorde s’en sort un peu moins bien et ne parvient pas franchement à donner de l’épaisseur au sien, qui semble bien léger quand on l’attendrait tourmenté.

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          Le gros gros point négatif de ce film, c’est sa musique. Elle est absolument horripilante. Durant quasiment tout le film, on a droit à une espèce de musique genre gros suspens voire film d’horreur : basson à fond (enfin je crois) et parfois un peu de piano pour le style. Etant donné qu’à aucun moment il n’y a le moindre suspens dans ce film c’est aussi ridicule qu’agaçant. Rien que ça déjà, c’est totalement rédhibitoire. Ensuite, j’ai trouvé qu’il y avait un gros manque d’attention porté aux détails. Il y a par exemple une scène où les deux sœurs boivent du thé, sauf que les tasses sont vides et qu’on a droit à un bon vieux gros plan pour le prouver, gros plan après lequel elles recommencent d’ailleurs à « boire ». Ce n’est pas la seule petite incohérence. Moi qui ne suis absolument pas douée pour repérer ce genre de choses, j’en ai vu tout au long du film, ce n’est pas du tout bon signe.

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          La manière de filmer m’a exaspérée. Beaucoup de plans très serrés qui certes peuvent montrer les sentiments mais qui a fortes doses sont franchement lourds. Je ne parle pas des flous tout sauf artistiques et des plans genre nature morte. Ca se veut esthétique mais c’est vu et re-vu, et moche en plus (ça n’engage que moi hein). L’histoire peut sembler invraisemblable mais finalement elle est assez bien amenée et si elle n’accède pas au comble de la crédibilité, elle ne semble pas non plus totalement improbable. En revanche le développement s’avère extrêmement plat. Aucune originalité dans ce film, on a un trio amoureux tout ce qu’il y a de plus banal. J’ai trouvé que le personnage de Marc manquai franchement de profondeur, on s’attendrait à profiter un peu plus de ses doutes. J’ai trouvé la fin totalement niaise, même si je vois mal comment le réalisateur aurait pu se dépêtrer d’une histoire pareille. Un film pas franchement désagréable – musique mise à part – mais plat et sans intérêt.