Expositions

La peinture américaine des années 30

          Dans la série expositions du mois de janvier, voici la petite dernière. Je suis forcée d’admettre qu’en dehors de Hopper je n’y connais à peu près rien en peinture américaine des années 30. Ni en peinture américaine tout court d’ailleurs. C’était donc l’occasion de découvrir, d’autant plus que j’aime beaucoup le musée de l’Orangerie. Bon, très franchement, je ne suis pas très inspirée pour vous en parler… Il y avait du bon, du moins bon, très peu de choses que je connaissais et j’ai un peu de mal à synthétiser tout ça. L’exposition s’est achevée entre-temps malheureusement, je l’ai vue durant ses derniers jours, vous ne pourrez donc pas vous rattraper si vous l’avez ratée.

American landscape, Charles Sheeler
American landscape, Charles Sheeler

          Le premier gros problème de cette visite ne tient pas du tout à l’accrochage mais à la foule qui se pressait devant chaque tableau. Il y a avait longtemps que je n’avais pas vu autant de monde dans une expo (sans doute parce qu’il y a longtemps que je ne fréquente plus les expos…). J’avoue que ça m’a pas mal dérangée. Étant donné que je suis très loin de maîtriser le sujet et absolument incapable de savoir de qui est tel ou tel tableau sans les cartels, le fait de ne pas pouvoir m’approcher pour lire (à moins d’être très très patiente ou de jouer des coudes) m’a gênée dans la visite et m’a empêchée d’en profiter pleinement.

Pat Whalen, Alice Neel
Pat Whalen, Alice Neel

          L’accrochage était plutôt agréable avec une lumière qui mettait bien en valeur les tableaux (c’est la base mais ce n’est pas toujours le cas). Le fil rouge est les années 30 donc, avec comme sous-titre « The age of anxiety ». Parlant. Il y a à la fois de la diversité dans les styles et une grande cohérence dans cette exposition. Le texte est très présent : d’une part avec des présentations assez larges des différents aspects de cette période mais aussi des cartels explicatifs sous chaque tableau ou presque, parlant à la fois du peintre et de son travail. J’ai trouvé ça très complet et bien fait même si c’est d’autant plus dommage de n’avoir pas pu tout lire. Je n’ai dans l’ensemble pas été très emballée par ces toiles souvent assez austères – petit coup de cœur pour le travail de Grant Wood tout de même – mais j’ai été contente de découvrir beaucoup de choses que je ne connaissais pas, tant du côté des peintres que des divers aspects de cette période. Une exposition qui ne m’a pas charmée mais m’a appris beaucoup de choses. Intéressant.

Expositions

Aventuriers des mers

          On continue dans la (courte) série expos avec un style différent. Direction l’institut du Monde Arabe. Un endroit qui réserve souvent de belles surprises. Le titre de l’exposition est en tout cas prometteur et invite au voyage. On est dans le bain avant même l’entrée avec un très beau bateau devant le bâtiment qui nous donne instantanément envie d’en découvrir plus. Comme toujours dans ce musée (pour ce que j’en ai vu en tout cas), la scénographie est assez belle avec notamment des lumières très travaillées qui créent une ambiance intimiste que j’ai trouvée agréable. Après bon… je dois avouer que les aspects commerciaux ne me passionnent pas plus que ça – ou en tout cas ce n’est pas exactement ce à quoi je m’attendais – et j’ai trouvé qu’ils étaient beaucoup mis en avant, ce qui est au fond logique vu que ça reste quand même la première raison de naviguer.

Aventuriers des mers

          Je n’ai toutefois pas pu m’empêcher d’être un peu déçue. Les objets présentés sont assez hétéroclites, surtout dans la deuxième partie, et j’ai trouvé que ça manquait d’unité. Il y a également une certaine impression de vide qui se dégage. L’exposition m’a semblé un peu courte et pas assez fournie. Il y a beaucoup de textes mais la période couverte est large et c’est donc nécessairement compliqué d’approfondir suffisamment pour bien comprendre les enjeux de ce thème. J’ai eu du mal à appréhender les choses dans leur globalité. Ou alors j’étais fatiguée, c’est possible aussi. En revanche, il y a de nombreuses vidéos, notamment sur des marins célèbres. J’ai beaucoup aimé cette idée, même si la réalisation m’a moins emballée : des visages sans corps racontent des histoires qu’il nous faut écouter debout au milieu du passage et bien souvent, le son de ces vidéos a un peu parasité mes lectures. Ca permet toutefois de se pencher sur des aspects intéressants et plus ludiques du sujet.

Aventuriers des mers

          Il y a également une vidéo d’un conte que j’ai bien aimée, une histoire de test de bateau dans les conditions de l’époque qui est intéressante et une vidéo sur des pêcheurs traditionnels que j’ai bien aimée mais m’a semblé moins pertinente étant donné que cet aspect n’est pas réellement évoqué durant l’exposition. J’en oublie surement car de ce côté-là le matériau est assez riche. Dans l’ensemble, si nous avons vu quelques jolies pièces, j’aurai aimé que certains aspects soient plus approfondis (plus de matière autour des épices ou des tissus par exemple) et l’ensemble m’a paru un peu léger malgré de gros efforts pour fournir un contenu diversifié. La partie que j’ai préféré reste la cartographie avec quelques pièces impressionnantes. Le thème me tentait beaucoup mais cette exposition ne m’a malheureusement qu’à demi séduite.

aventuriers-des-mers

Aventuriers des mers

Institut du Monde Arabe
1 Rue des Fossés Saint-Bernard
75005 Paris

Du mardi au vendredi de 10h à 18h
Samedi, dimanche et jours fériés de 10h à 19h

Plein tarif, 12€

Théâtre

Amargi, anti-tragédie de la dette

          Bon soyons honnêtes, le sujet de cette pièce ne me tentait pas du tout. J’y suis allée parce que mon copain avait adoré la précédente pièce de l’auteur – Judith Bernard – et que pour une fois que c’est lui qui voulait me traîner au théâtre je ne pouvais décemment pas refuser. Sans être totalement nulle en économie, on ne peut pas dire que je maîtrise le sujet ou que je m’y intéresse outre mesure. Je m’y intéresse juste assez pour trouver le monde de la finance abject et avoir envie de m’enfouir sous ma couette, mais je ne suis clairement pas assez calée pour envisager une issue optimiste. Le sujet est ardu et franchement obscur pour le néophyte. La seule pièce que j’aie vu qui traitait plus ou moins d’économie, c’était La septième vague que j’avais détesté. Je n’y allais donc pas avec un enthousiasme débordant cette fois. Direction la Manufacture des Abbesses pour la dernière représentation.

Amargi, affiche

          Certes, le sujet n’est très drôle mais il y a finalement pas mal d’humour dans la manière dont c’est traité et c’est fait de manière très pédagogique. C’est clair, complet (enfin, autant que ça peut l’être en 1h30 bien sûr) et bien expliqué. On comprend tout, ce qui est déjà énorme. C’est même intéressant. J’ai eu un peu de mal à rentrer dedans au début. On commence par le fonctionnement des prêts et des banques, ce qui n’est pas la partie la plus palpitante – ni la plus simple ! Ensuite on passe à l’histoire de la dette, et là, ça devient passionnant. J’avoue que je n’y connaissais rien en histoire de la dette, quand c’était né, comment, comment ça avait évolué : autant de questions que je ne m’étais jamais posées ou très vaguement. Le nom de la pièce vient de là. Amargi c’est l’annulation de la dette en Mésopotamie. De toutes les dettes, pour éviter les révoltes. Il semblerait que depuis le système ait été légèrement perverti.

Amargi, photo de Vincent Blanqui
Amargi, photo de Vincent Blanqui

          La mise en scène manque malheureusement de moyens mais est très inventive et permet de visualiser assez bien des problèmes somme toute plutôt abstraits. C’est d’ailleurs ce qui fait que la partie historique fonctionne mieux, il y avait encore un aspect un minimum concret et logique à la chose. Il y a un musicien qui joue essentiellement des percutions (mais pas que), ce qui ajoute de la profondeur au texte en en soulignant le rythme. J’ai également été assez convaincue par la performance des cinq acteurs qui parviennent à nous embarquer dans cet univers difficile. Si j’ai trouvé que la partie historique était la plus intéressante, j’ai également bien aimé qu’une solution pour sortir de l’impasse dans laquelle nous semblons être soit apportée, même si elle semble forcément un peu utopiste. Inutile de dire que cette pièce au sujet ardu est très engagée et je l’ai finalement beaucoup appréciée. On en ressort moins bête et plus optimiste, c’est assez rare pour être souligné.

Expositions

Machines à dessiner aux Arts et Métiers

Machines à dessiner, une exposition exceptionnelle, fruit d’une collaboration avec François Schuiten et Benoît Peeters, auteurs des Cités obscures et de Revoir Paris. Pivot de l’exposition, le dessin s’y dévoile comme une activité à la fois technique et poétique, entre précision et imagination.

Machines à dessiner, affiche

          Voilà pour le pitch officiel (que je vous ressors parce que je ne l’aurais pas mieux dit). Je dois avouer que je ne connaissais pas les deux commissaires d’expo mais bon, ma culture BD n’est pas très étendue. En revanche, j’avais déjà eu l’occasion d’aller aux Arts et Métiers et j’avais a-do-ré. J’avais hâte d’y revenir. Le sujet de l’exposition me tentait bien m’étant un peu intéressée au dessin plus jeune. En plus, les visites guidées sont gratuites, rien de tel pour découvrir ! Ca fait une éternité que je n’avais plus vu d’expositions, plus d’un an et demi je crois. Moi qui adore ça, ça me manquait terriblement. Malheureusement je ne peux plus rester debout très longtemps donc c’est un peu compliqué mais en évitant les heures de pointe et en se jetant sur le premier espace libre pour s’asseoir, ça ne se passe pas si mal.

Machines à dessiner

          J’ai vraiment beaucoup aimé cette exposition originale et très bien mise en scène avec un très gros travail sur les lumières notamment. Il y a des machines surprenantes et variées, qui aident à dessiner ou inspirent le dessin. Elles sont confrontées aux magnifiques dessins François Schuiten dont j’ai adoré le style précis et élaboré : ça m’a donné très très envie de découvrir ses BD (j’en ai ramené une à la maison par la même occasion). La visite guidée était très intéressante et permet de bien comprendre les enjeux de l’exposition, tout en mettant en valeur les pièces phare. Je me suis donc moins intéressée que d’habitude aux panneaux explicatifs qui m’ont toutefois eu l’air bien faits et complètent bien les explications du guide sur les objets qui ne sont pas présentés pendant la visite.

Machines à dessiner

          La visite guidée est en partie ciblée sur l’évolution du dessin technique et les innovations qui en ont résulté. C’est étonnamment passionnant. Bien sûr les grosses machines bizarres ne sont pas non plus en reste et fascinent le visiteur. Les vidéos sur les dessins de François Schuiten et ses méthodes de travail complètent parfaitement le tout. A l’entrée on nous remet un crayon à papier, et à la sortie, se sont les feuilles qui nous attendent avec plein d’objets étranges à dessiner pour nous essayer à ce style assez industriel. Eh bien j’avoue que c’est compliqué. Mais je me suis prise au jeu et ça m’a même donné envie de me remettre au dessin, que j’ai abandonné depuis bien trop longtemps ! J’ai trouvé ça très sympa de se confronter à la difficulté et d’avoir une partie plus manuelle et conviviale, c’est une bonne idée. Une exposition fascinante et originale qui a su me faire rêver.

Machines à dessiner

Machines à dessiner

Musée des Arts et Métiers
60 rue Réaumur
75003 Paris

Du 25 octobre 2016 au 26 mars 2017
Tlj de 10h à 18, 21h30 le jeudi, fermé le lundiPlein tarif 6€ pour l’exposition seule, 9€ avec les collections permanentes
Visite guidée tlj à 15h30 sauf jours fériés

Théâtre

Une chambre en Inde

Il y a deux ans, j’avais adoré Macbeth, la dernière création d’Ariane Mnouchkine au théâtre du Soleil. Figure majeure de la scène contemporaine, il y avait longtemps que j’avais envie de découvrir son travail et je n’avais pas été déçue ! Les lieux d’abord m’avaient enchantée : parés de leurs plus beaux atours pour l’occasion. L’ambiance ensuite. Et enfin l’inventivité et l’intelligence de la mise en scène. Tout était parfait et rappelait avec force à quel point le théâtre peut être beau. Je n’avais donc qu’une hâte, voir sa nouvelle création et nous avons choisi le soir de Noël pour cela (enfin la veille, la représentation de Noël ayant été annulée faute d’intéressés). Cette fois il ne s’agit pas d’un classique mais d’une création originale, un texte écrit par la troupe. Ca se passe en Inde, ça laissait espérer un beau décor et des costumes chatoyants, j’étais confiante.

Déjà, la déco des lieux m’a moyennement emballée. Les murs repeints dans des tons de rose et de vert assortis à néons multicolores font un effet assez étrange je trouve et pas franchement heureux. Je m’attendais à quelque chose de moins kitch. Mais bon, c’est un détail, une petite déception sans grande incidence. Malheureusement, j’ai très vite compris que la pièce allait représenter une déception d’une toute autre ampleur… Dès les premières secondes, j’ai su que ça allait être long et difficile. Déjà, l’intrigue est un peu tarabiscotée. Grosso modo, on parle d’une troupe d’acteurs partis monter un spectacle en Inde, la directrice meurt, une femme la remplace, qui semble fort peu inspirée par la tâche qui lui incombe et part à la recherche d’une « vision ». La pièce s’ouvre sur sa chambre donc et elle commence à se lamenter en en faisant des caisses avec une voix assez horripilante…

J’ai espéré que ça allait s’arranger peu à peu, ou que j’allais m’habituer, mais non, pas du tout. L’histoire part dans tous les sens, l’humour est absurde (très pipi/caca, à prendre au sens propre) et on peine à saisir quelle direction ça va prendre. C’est d’ailleurs tout le problème : ça ne mène nulle part. Beaucoup d’idée sont évoquées, sur la création artistique et sa place dans la société – ce qui semble pertinent vu le sujet de la pièce – mais aussi sur la guerre en Syrie ou l’écologie. Le plus souvent les sujets sont à peine effleurés et ne semblent pas toujours trouver leur place dans l’histoire principale. Ajoutez à ça des scènes de chant interminables. Ca donne une résultat pour le moins brouillon. On a l’impression que chacun a voulu caser son sujet de prédilection, sans soucis de cohérence. Si certaines choses sont intéressantes, il aurait fallu encore un gros travail pour canaliser tout ça et arriver à un résultat construit. Je me suis ennuyée ferme face à cette pièce qui n’arrive pas à trouver sa voie. Grosse déception. Espérons que leur prochaine création sera plus réussie.

Une chambre en Inde

Une chambre en Inde

Théâtre du Soleil
La Cartoucherie – Vincennes
01 43 74 24 08

Jusqu’au 10 février puis du 3 mars au 21 mai et du 16 juin au 19 juillet
Du mercredi au vendredi à 19h30, le samedi à 16h, le dimanche à 13h30
Plein tarif, 40 €