Cinéma·Mes lectures·Théâtre

Théâtre, littérature, cinéma : autour de la Shoah

          Les romans, essais, films ou même pièces de théâtre qui traitent de la Shoah sont légion. Il m’arrive donc de temps à autre de me pencher sur le sujet, d’autant plus qu’il exerce sur moi une certaine fascination. Un besoin de comprendre qui ne peut être assouvi. Comment peut-on en arriver là ? Pourquoi a-t-on laissé faire ? Comment aurions nous réagi dans telle ou telle situation ? J’ai beau connaître les raisons historiques et idéologiques du massacre, il y a tant de choses que ça n’explique pas. Que ça ne pourra jamais expliquer. Je ne me fait guère d’illusions quant à la nature humaine, il y a eu des horreurs commises avant et il y en aura encore. Je ne me fais guère d’illusions sur moi-même non plus, je ne sais pas si j’aurais été du « bon » côté. Si j’aurais su faire preuve de courage, de révolte, d’humanité, dans des temps qui en étaient dépourvus. Ces réponses nous ne les aurons jamais, ce n’est pas une raison pour arrêter de se les poser.

Nécessaire et urgent, d’Annie Zadek

Texte d’Annie Zadek, mise en scène et scénographie Hubert Colas avec Bénédicte Le Lamer, Thierry Raynaud.
Des questions qu’Annie Zadek n’a pas posées aux siens, Juifs polonais et communistes, immigrés moins pour fuir les nazis que pour échapper à une condition sans avenir. Ils voulaient vivre leur jeunesse, leur engagement politique et intellectuel ; leur exil était aussi fait d’élan et de ferveur. À leurs enfants, devenus français, ils n’ont jamais parlé de ce qu’ils avaient laissé derrière eux.

Nécessaire et urgent
Photo ©Hervé Bellamy

Voici une pièce vue il y a quelques mois et dont je ne vous ai pas parlé de suite, attendant de me décider à rédiger cet article, qui traîne dans mes brouillons depuis une éternité. Je ne me voyais pas lui consacrer un article entier vu ce que j’avais à en dire de toute façon, ça pouvait bien attendre. Le topo me plaisait bien : Annie Zadek pose une longue série de questions aux siens, qui ont immigré en 1937 et n’ont jamais parlé de leur passé. 524 questions qui ne trouveront plus de réponse. Une interrogation sur les origines qui aurait pu s’avérer très intéressante. A la place, l’ennui est écrasant. J’ai été au bord du fou rire avec des questions de type : avais-tu un chien ? un chat ? un cochon d’Inde ? un canari ? Eh bien… on s’en fout. La mise en scène exploite un clair-obscur pas inintéressant mais est par moment douteuse, avec une espèce de chambre à gaz que j’ai trouvée plutôt choquante personnellement. Pour le reste, c’est assez mal joué : voix monocorde, posture figée, aucune émotion. Pour la défense des acteurs, il doivent s’ennuyer autant que nous avec ce texte. Une pièce très courte mais d’un ennui mortel. Ma plus grosse déception théâtrale de l’année.

Si c’est une femme : Vie et mort à Ravensbrück, de Sarah Helm

De 1939 à 1945, au camp de Ravensbrück, 132 000 femmes et enfants furent les victimes silencieuses des nazis. Fruit d’un travail d’enquête minutieux à travers le monde à la rencontre des dernières rescapées et des familles des déportées, ce livre exceptionnel redonne la parole à ces femmes, vibrantes héroïnes d’une histoire restée trop longtemps marginale.

Si c'est une femme, couvertureJe lis très peu d’essais et je ne sais plus comment j’ai décidé de me procurer celui-ci. Pour son titre je pense, j’ai évidemment pensé à Si c’est un homme, que j’avais adoré. Je m’attendais plutôt à un témoignage qu’à un essai d’ailleurs. Et surtout je ne m’attendais pas à ce que ça fasse près de 1000 pages ! Le sujet est forcément très pesant, c’est long, il y a beaucoup de choses évoquées. Mais c’est bien écrit et très bien documenté. J’avais déjà lu quelques témoignages sur les camps, j’avais donc quelques notions sur les horreurs qui y ont été perpétrées. Enfin, c’est ce que je croyais, tant ça dépasse ce qu’on peut imaginer. On semble oublier, faute de pouvoir le comprendre ou même ne serait-ce que l’envisager. Je ne connaissais pas l’existence de camps de femmes. Les atrocités qui y ont été commises sont innombrables. L’auteur se concentre sur un camp et essaie de toutes les lister. De parler de tout et de toutes. Difficile parfois de s’y retrouver tant les femmes qui hantent ces pages sont nombreuses, tant il y a de choses à ingurgiter. C’est décourageant par moments, d’autant que c’est un sacré pavé ! D’un autre côté, si ça nuit à la clarté, le fait de refuser de laisser quelque détail que ce soit permet d’offrir une place, si minime soit-elle, à chaque femme dont elle a retrouvé la trace. C’est leur offrir une reconnaissance et un petit bout d’éternité. Un essai passionnant mais trop foisonnant pour se faire une idée d’ensemble claire. Il est toutefois très émouvant et met en avant un pan méconnu de l’histoire.

Je comprenais maintenant ce que le livre devait être : une biographie de Ravensbrück commençant par le commencement pour finir par la fin, où je ferais mon possible pour redonner sa cohérence à une histoire brisée.

Vera Kaplan, de Laurent Sagalovitsch

Après la mort de sa mère, un homme reçoit à Tel Aviv une lettre en provenance d’Allemagne adressée à la défunte. L’expéditeur, un notaire, se réjouit d’avoir retrouvé la fille de sa cliente, Vera Kaplan. Il joint au courrier son testament et un récit de guerre, qui décrit sans complaisance cette femme, juive berlinoise prête à tout pour rester en vie. Inspiré de l’histoire de Stella Goldschlag.

Vera Kaplan, couvertureUn de mes gros coups de cœur de l’automne, conseillé par ma libraire (celle qui n’a pas du tout les mêmes goûts que moi, j’étais donc méfiante). Je m’attendais à un livre sur la Shoa relativement classique, une histoire de déportation, de peur, de survie. Pas du tout. C’est une histoire de collabo. De collabo juive. Sujet rarement traité je trouve. L’auteur lui donne la parole, tente d’expliquer le pourquoi. Et c’est diablement intéressant. Au début, cette jeune fille à la vie plutôt rangée nous est assez sympathique. C’est avant la guerre, un temps de paix où il n’y a pas de raison de s’inquiéter. Et puis tout tourne mal. La guerre, les persécutions, les choix à faire. L’envie de sauver ses parents. Ce qui ressort de ce roman, c’est la colère de cette jeune fille face à la résignation des siens, son envie de résister par tous les moyens, de vivre quoi qu’il arrive, même si cela doit passer pour elle par la collaboration avec l’ennemi, par la trahison. Ca paraît tellement paradoxal et tellement humain à la fois. Si on ne peut pas franchement se mettre à sa place, on n’arrive pas totalement à la condamner non plus. L’auteur de ne le fait pas non plus d’ailleurs, il se contente de lui donner la parole. C’est le tour de force de ce roman : son absence de jugement. Seule la toute fin est sans doute de trop, et certains passages au contraire auraient peut-être mérité un traitement plus approfondi. Dans l’ensemble, un roman bien construit, très bien écrit et extrêmement prenant sur un sujet délicat. Un très beau texte.

Et cette passivité me rendait folle.
Et cette soumission, je ne l’admettais pas.
Et devant ce spectacle, j’écumais de rage.

          Si je n’ai pas vu de films récemment sur le sujet au cinéma, en voici quelques-uns qui sont relativement récents et que j’ai rattrapés lors de leur passage sur petit écran.

Crosswind, la croisée des vents, de Martti Helde

Drame historique estonien de Martti Helde vec Laura Peterson, Ingrid Isotamm, Mirt Preegel
Le 14 juin 1941, les familles estoniennes sont chassées de leurs foyers, sur ordre de Staline. Erna, une jeune mère de famille, est envoyée en Sibérie avec sa petite fille, loin de son mari. Durant 15 ans, elle lui écrira pour lui raconter la peur, la faim, la solitude, sans jamais perdre l’espoir de le retrouver.

Crosswind, afficheQuand ce film est sorti, il me tentait beaucoup mais je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de le voir en salles. J’en avais entendu dire beaucoup de bien et l’esthétique semblait tellement belle, un peu du genre d’Ida. Dès qu’il est passé sur Canal+, je me suis donc empressée de le regarder. Et… comment dire ? Impossible de m’y intéresser, je me suis terriblement ennuyée. Du coup je n’ai rien à vous en dire, je n’ai rien suivi. Oui, c’est beau mais alors qu’est-ce que c’est chiant ! J’ai rarement autant décroché d’un film ! Je devrais peut-être lui redonner une chance à l’occasion. Grosse déception donc. Je ne peux même pas vous dire si le film est bien ou pas tellement je suis partie loin, loin, loin…

Phoenix, de Christian Petzold

Drame allemand de Christian Petzold avec Nina Hoss, Ronald Zehrfeld, Nina Kunzendorf
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Nelly, une survivante de l’Holocauste revient chez elle sous une nouvelle identité. Elle découvre que son mari l’a trahie…

Phoenix, afficheDes trois films sur la guerre vus récemment, j’ai finalement trouvé que celui-ci était le plus intéressant. Je m’attendais à quelque chose d’assez romantique mais pas vraiment (voire pas du tout). Difficile de vous en parler sans dévoiler l’intrigue, ce qui serait dommage, d’autant plus qu’elle est quand même assez riche en rebondissements. Mais ce que je peux vous dire en revanche c’est que c’est quand même bien malsain comme ambiance. Il y a un questionnement très intéressant sur le retour à une vie « normale », l’impossibilité à dire l’horreur, et le peu d’envie des autres de l’entendre. Si le point de départ semble peut-être un peu tiré par les cheveux et que la première moitié manque d’émotion, un film qui pose des questions intéressante et dérange. Une belle surprise.

          Je n’ai pas eu le courage pour Le fils de Saul. J’ai commencé à le regarder mais je n’aime pas trop les formats carrés et encore moins les cadrages serrés, j’ai cru que j’allais étouffer. J’ai reporté à plus tard. Pour aller plus loin sur le sujet vous pouvez aussi aller voir mes articles sur Le labyrinthe du silence (article groupé avec un roman et un livre jeunesse), Le médecin de famille ou Si c’est un homme.

Théâtre

Beyond au Théâtre du Rond Point

          Je vois peu de spectacles depuis la fin de la saison dernière, n’ayant pas repris d’abonnement cette année. J’évite même de regarder les programmes. Je suis trop fauchée pour sortir, éviter la tentation me semble donc plus sage. Toutefois, j’ai été faible et je me suis retrouvée à prendre une place pour le Cirque Invisible. Ce faisant, j’ai vu la présentation de Beyond, qui m’a de suite tentée. J’ai voulu résister mais le premier spectacle m’ayant franchement convaincue, j’ai voulu renouveler l’expérience. En me faisant inviter cette fois, il est vrai. Je peine beaucoup à me passer de théâtre, cirque et danse. Chaque fois que je délaisse les salles de spectacle, c’est la même révélation quand j’y reviens : décidément, j’aime beaucoup trop ça pour me priver bien longtemps !

©Beyond, crédit photo : Andy Phillipson
©Beyond, crédit photo : Andy Phillipson

          Beyond donc, toujours dans la très belle salle du Théâtre du Rond Point. Si le spectacle, qui semblait très acrobatique, me tentait beaucoup, j’avais quand même un peu peur que ce ne soit un peu trop barré. Il est axé autour des frontières entre l’humain et l’animal, entre l’équilibre et la folie. Thèmes légèrement angoissants je trouve mais qui sont traités ici avec brio, même si forcément, certains passages mettent un peu mal à l’aise. Côté cirque, c’est de l’acrobatie de haut vol avec notamment des numéros de main à main assez exceptionnels – c’est de loin là que j’ai trouvé qu’ils se démarquaient le plus de ce que je connaissais – et un joli numéro de mat. Il y a à la fois beaucoup de technique et d’inventivité dans ce spectacle très bien pensé. On en ressort des étoiles plein les yeux, à la fois admiratifs et un peu tristes de se sentir si gauche en comparaison.

©Beyond, crédit photo : Andy Phillipson
©Beyond, crédit photo : Andy Phillipson

          La mise en scène est travaillée avec à la fois des numéros très chorégraphiés, une lumière impeccable et un choix de musique convaincant. Tout était parfait quoi. Avec en plus une belle touche d’originalité avec le côté animal qui est très bien exploité. Si les grands trouveront le thème de la folie osé et bien dosé, les enfants rient aux éclats. J’ai trouvé que c’était un beau tour de force d’arriver à la fois à faire rire les enfants et mettre les adultes mal à l’aise : les niveaux de lecture d’un même numéro différent selon l’âge et tout le monde semble y trouver son compte. C’est donc beau, impressionnant, intelligent et ça fonctionne pour tous les âges. Mais que demander de plus ?! Ca n’a pas été sans me rappeler mes deux coups de cœur de l’année dernière : Un peu avant minuit et Traces. La compagnie australienne Circa signe ici un très beau spectacle. Excellence et grain de folie au rendez-vous : on en redemande.

©Beyond, crédit illustration : Stéphane Trapier
©Beyond, crédit illustration : Stéphane Trapier
Théâtre

Le cirque invisible

          L’année dernière, j’ai découvert James Thierrée dans Chocolat et j’avoue avoir été assez impressionnée par le personnage. Quand j’ai vu le nom de Thierrée à l’affiche au théâtre du Rond Point, j’ai donc sauté sur l’occasion. Bon, finalement, ce n’était pas lui mais ses parents qui occupaient la scène : Jean-Baptiste Thierrée et Victoria Chaplin (oui, oui, la fille de Charlie). Petite déception au moment de cette découverte mais j’étais tout de même très curieuse de découvrir leur univers qui d’après les quelques images que j’en avais vue me semblait très (trop ?) particulier. J’avais peur que ce ne soit trop intello et assez obscur.

Le cirque invisible
©Brigitte Enguerand

          J’avoue avoir eu quelques craintes au début du spectacle qui débute par un numéro d’illusion assez loufoque (qui ne m’a par ailleurs pas marqué). Il se trouve que je ne suis pas particulièrement une adepte de l’illusion et côté humour, sorti du cynisme, il n’y a pas grand chose qui me fait rire. Honnêtement, j’ai vu le moment où j’allais trouver le temps long, très long… Finalement, même si je ne sais pas trop par quel miracle, la magie a opéré. Et je suis totalement rentrée dans leur univers loufoque et décalé. A tel point qu’au bout de 2h de spectacle, j’en aurais bien repris une tranche moi ! On est loin du cirque traditionnel, c’est totalement hors normes.

Le cirque invisible
©Brigitte Enguerand

          Difficile de décrire le monde de ces deux là tant il est à part. C’est poétique, déjanté et très inventif. Lui, ce sont des tenues improbables, un air lunaire et un humour enfantin, le tout arrosé de quelques illusions. Elle, contorsionniste, costumière de génie et inventrice à la créativité débridée. A eux deux, ils créent un monde totalement à part qui nous émerveille un peu plus à chaque numéro. Ils ne se prennent pas au sérieux et c’est cette auto-dérision qui m’a conquise. J’ai ri de bout en bout devant ce spectacle bourré de petites ou de grandes) trouvailles. Un univers riche et créatif qui nous ramène tout droit en enfance. Absolument magique. 

Série tv

This Is Us

          Série dramatique américaine de Dan Fogelman avec Milo Ventimiglia, Mandy Moore, Sterling K. Brown. En production, 1 saison de 18 épisodes (42 min) en cours de diffusion sur Canal+.

          Selon Wikipédia, en moyenne 18 millions d’êtres humains partagent le même jour d’anniversaire à travers le monde. Mais il existe une famille, dispatchée entre New York et Los Angeles, dont quatre des membres sont nés le même jour ! Voici leur histoire drôle et émouvante…

This is us, affiche saison 1

          Bien que j’en regarde beaucoup, je parle finalement très peu de séries sur le blog. Sans doute parce que je les regarde souvent assez en retard et que je trouve parfois difficile de résumer plusieurs saisons qui peuvent réunir des réalités très variées (et les articles épisode par épisode, très peu pour moi). Mais là pour une fois, je suis dans les temps et on est sur une première saison (qui n’est d’ailleurs pas encore finie, je n’en ai à ce jour vu que le premier tiers, la suite n’ayant pas encore été diffusée), ce qui me facilite quand même sacrément la tâche. Et puis surtout c’est un énoooorme coup de coeur ! This Is Us, c’est l’histoire d’une famille. Un couple, qu’on suit alors qu’ils sont tous les deux encore jeunes et amoureux, puis parents. Et leurs enfants, à l’âge adulte. Des triplés : un beau gosse célèbre, égocentrique et peu sûr de ses capacités ; une obèse marrante et sensible qui vit dans l’ombre de son frère ; et un noir adopté, brillant, obsédé par la perfection et un peu à l’écart de la fratrie.

This is us, saison 1

          On pourrait penser que ça va tomber dans le cliché. Ou que ça ne va pas être crédible. Et pourtant. Pourtant ça fonctionne incroyablement bien. Les personnages ont tous une belle profondeur et leur psychologie est très fouillée. Ils ont tous leurs forces et leurs failles, leur charme aussi, tous sont attachants pour des raisons qui leur sont propres. L’histoire est assez simple. On suit d’une part leur quotidien, leurs joies, leurs doutes, leurs déboires ; et d’autre part celui de leurs parents à différents moments de leurs vies, de la rencontre à la difficulté d’élever trois enfants. On nous montre ce qui fait, dans le passé et le présent, ce qui fait qu’ils ont eux. Et le charme opère. C’est extrêmement sensible et chaque épisode est une vraie perle. Ils m’ont à ce jour tous mis la larme à l’oeil. Cette série est à la fois drôle et diablement émouvante. Ca sonne juste, ça met en avant des personnages hors normes, ça pointe du doigts au passage les travers de la société. C’est terriblement bien joué, classique d’un point de vue visuel, un peu plus complexe dans la construction et un rien mélo. Je ne trouve pas grand chose à y redire, reste à voir si ça tient la distance. La série la plus touchante du moment. 

Théâtre

Valjean à la Folie théâtre

          J’ai un peu honte de le dire mais je n’ai jamais lu Les Misérables. J’ai encore plus honte de l’avouer mais ce pavé en deux énormes tomes me fait quand même un peu peur. J’en connais tout de même les grandes lignes pour en avoir lu des extraits mais surtout pour avoir vu deux adaptations cinématographiques dont celle avec Gérard Depardieu. Le personnage de Jean Valjean m’a toujours fascinée. Un homme bon (ou en tout cas qui essaie de se racheter) et une force de la nature. Un héros comme on les aime. Et puis il se choisit comme nouveau nom Monsieur Madeleine, forcément ça crée des liens.

Valjean, A la folie théâtre, affiche

          Je trouvais que c’était une très bonne idée de centrer une pièce sur ce personnage haut en couleurs et qui a une vie si pleine de rebondissements. Seul en scène, le comédien nous conte l’histoire de ce grand héros littéraire comme il nous raconterait ses mémoires. Nul besoin de connaître l’oeuvre d’Hugo donc pour en profiter pleinement. J’ai trouvé la réécriture très intelligente. Les grands moments du romans sont là et on ne peine pas du tout à s’y retrouver, même si j’ai trouvé que la fin aurait mérité d’être abrégée au profit d’autres passages un peu survolés mais c’est là une simple histoire de goûts, je n’ai guère de penchants pour le sentimentalisme. La mise en scène est simple mais les efforts faits sur les accessoires, les lumières et le son m’ont séduite, ils permettent de se plonger plus encore dans l’ambiance du XIXe.

Valjean, A la folie théâtre

          L’acteur est impressionnant. Non seulement il a le physique de l’emploi mais sa voix est fascinante. C’est un réel bonheur de l’écouter durant 1h15. Il livre une prestation remarquable. Cet homme a une sacrée prestance ! J’ai été totalement emportée par son récit. Valjean nous livre au fil du récit une belle leçon de vie. Un texte intimiste, fort et touchant à la fois. Il y avait longtemps que je n’avais pas vu quelque chose qui m’ait autant convaincue et que j’aie envie de soutenir. De plus, l’acteur est tout à fait abordable et prêt à répondre aux questions après la représentation. Un petit livre est disponible avec le texte, des photos et l’explication des choix de réécriture. Je n’ai malheureusement pas encore eu le temps de le lire mais il semble très bien fait et complète parfaitement la représentation. Une pièce tout en simplicité, intelligente et riche en émotions : à voir absolument !

Valjean

D’après Victor Hugo
Adaptation : Christophe Delessart
Mise en scène : Elsa Saladin
Avec : Christophe Delessart

A la folie théâtre
6, rue de la Folie Méricourt
75011 Paris

Du 15 septembre 2016 au 19 janvier 2017, les jeudis à 19h
Plein tarif 20€
Tarif réduit 15€

A la folie théâtre