Mes lectures

Jean GIONO, Le noyau d’abricot

          Quatre nouvelles inédites de Jean Giono. Des textes de jeunesse qui s’inscrive dans la tradition des contes orientaux et persans : un ancien amant changé en noyaux d’abricot, l’origine des oliviers, comment lutter contre l’ennui avec un brin de raisin ou encore le destin qui se venge d’un prince. Un programme appétissant !

          On sent à la lecture que ces textes ne sont pas aboutis. Ca manque un peu de maturité (ou de maturation ?). On y retrouve un peu l’esprit des premiers textes de Giono, Colline, Regain ou Le serpent d’étoiles. Des grandes envolées lyriques que j’apprécie assez peu. Le meilleur de l’auteur n’est donc pas là, mais c’est quand même toujours le même plaisir de retrouver un peu par hasard un auteur qu’on aime et qu’on avait un peu délaissé. Ces textes ont le charme des retrouvailles qu’ont toujours les inédits.

         Pour ceux qui ne connaîtraient pas Giono et voudraient le découvrir, 3 grands textes : Le hussard sur le toit, évidemment ! on ne le présente plus, Un roi sans divertissement, plus sombre, près du polar, et mon préféré, Deux cavaliers de l’orage, un texte magnifique sur la rivalité entre frères.

La princesse ayant envie…

La Princesse ayant envie de goûter aux bergerades, avait mis une jupe de fausse futaine et chaussé de mignons sabots tournés dans un billot de cèdre saint que ses vaisseaux avaient pris aux lointaines îles.

Elle possédait une ferme dans l’enceinte de son parc, car ce besoin bucolique la poignait assez souvent, et ce jour-là – un jour qui palpitait à la limite de l’automne – elle vint sous la treille déguster les lourdes panses de ses raisins muscat.

Mes lectures

Dai SIJIE, L’acrobatie aérienne de Confucius

          En 1521, la Chine est dirigée par un empeureur extravagant qui se cache au milieu de quatre parfaits sosies. Des parties de chasse géantes, des aventures amoureuses incroyables. La Quinte Souveraine ne cesse de surprendre.

           Que dire de ce livre ? Eh bien pour commencer, c’est dur à lire. Le style varie sans cesse, c’est foisonnant, on a du mal à suivre. Ensuite, je n’ai pas réellement réussi à me m’intéresser à l’histoire. Le personnage principal n’est pas un mais 5, ce qui n’aide pas tellement à s’y identifier. Impossible de rentrer un tant soit peu dans l’intimité des personnages qui semblent dépourvus de toute psychologie. Un roman surprenant qui me laisse totalement perplexe. Malgré une histoire qui semblait passionnante (celle d’un fou de plus), je n’ai pas du tout accroché. Dommage…

Le jour où mes sosies parviendront à contrefaire ma pensée, demanda un jour l’Empeureur à un devin, pourrai-je enfin connaître la paix ?

Le devin :

– Majestée, je ne le crois pas. ce jour-là vous deviendrez un sosie de vos sosies.

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Moi, je veux être vénéré de mon vivant, ne serait-ce que par des prostituées, comme le dieu protecteur de leur profession, et que mon culte se perpétue après ma mort.

Club lecture·Mes lectures

Club lecture 6°, mai : Atiq RAHIMI, Terres et cendres

          Au mois de mai, nous nous sommes retrouvés autour de Terres et cendres d’Atiq Rahimi. L’histoire se passe en Afghanistan, un vieil homme dont le village a été détruit et la famille tuée part avec son petit-fils annoncer la triste nouvelle à son fils, qui travaille à la mine. Une épreuve qui s’annonce difficile, tant physiquement que moralement.

          Nous avons été plus ou moins d’accord sur cette lecture. Nous avons tous plutôt aimé. Le texte est très court, bien écrit et facile à lire. L’histoire, est intéressante. Cependant cette lecture ne m’a pas enchantée. Aussitôt lu, aussitôt oublié. J’aurais aimé y trouver plus de profondeur. J’apprécie les romans plus développés (je ne suis pas une adepte non plus du style haché) et aurait aimé apprendre des choses sur la culture du pays et sa situation. Les rêves du personnage m’ont paru inutiles et m’ont gênée. J’aurais également aimé que les mythes persans dont il est question dans l’histoire soient mieux expliqués dans les notes de bas de page. Dans la même veine, nous avons nettement préféré L’attentat de Yasmina Khadra.

          Cependant, certains d’entre nous ont apprécié l’aspect poétique de ce texte et sa sensibilité. Notamment la très jolie fin. Les personnages sont attachants et la simplicité de l’écriture nous permet de nous y identifier facilement. Le fait que le contexte soit très peu décrit rend ce texte plus universel. L’auteur a une écriture maîtrisée et efficace. Dans l’ensemble, nous irons certainement voir ce qu’il a écrit d’autre, en particulier le livre pour lequel il avait obtenu le prix Goncourt, Singue Sabour. Nous serions également curieux de voir l’adaptation cinématographique.

Il faudrait pouvoir dormir comme un enfant, comme Yassin. Comme Yassin ?

Non, pas comme lui ! Comme tout autre enfant excepté Yassin.Yassin gémit et pleure dans son sommeil. Son sommeil n’est guère différent du tien.

Il faudrait pouvoir dormir comme un nouveau-né, sans images, sans souvenirs, sans rêves. Comme un nouveau-né, reprendre la vie au commencement.

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Tu poursuis. Tu parles de Mourad. mourad à quoi tu ne sais comment annoncer la mort de sa mère, de sa femme et de son frère. Shahmard se tait toujours. Que veux-tu qu’il dise ?

Mes lectures

Julien GRACQ, La presqu’île

          Trois nouvelles assez longues et très différentes. La route est la longue description tout en poésie de l’histoire d’une route abandonnée, comment elle s’intègre au paysage, qui la remarque encore. La presqu’île nous fait vivre l’attente d’un homme que la femme qu’il aime vient rejoindre dans le village breton où il a passé ses vacances étant enfant. Le roi Cophétua est l’histoire étrange d’une rencontre entre un homme et la domestique d’un de ses amis, un soir de tempête. Trois récits hors du temps.

           J’avais était éblouie par la beauté d’Un balcon en forêt,  un texte qui pour moi frôle la perfection. J’abordais donc ce texte dans d’excellentes dispositions. J’attendais cette lecture avec impatience. Malheureusement, le miracle ne s’est pas reproduit. L’écriture est belle mais je n’ai pas réussi à me faire à son rythme particulier. La route est un beau texte mais dans lequel on ne trouve que peu de choses auxquelles s’accrocher. Un joli moment de poésie, trop vite oublié. La presqu’île est axé sur le souvenir, sur ce qu’est le désir aussi. Un sujet intéressant et bien traité. Malheureusement ça traîne un peu en longueur. Je me suis vite lassée des vagabondages de cet homme qui attend. Finalement, à peine 10 jours après la fin de ma lecture, j’avais déjà oublié de quoi il retournait. Le roi Cophétua est sans doute des trois la nouvelle que j’ai préférée. Une ambiance très chargée, oppressante et une histoire si ténue qu’elle en paraît fantastique. Un très joli texte. Dans l’ensemble un livre qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.

Des pays qu’elle travrsait, il me reste une image flottante, pareille à celle que pourrait laisser, plutôt qu’une terre ferme, avec tout ce que le mot implique de précis, de mesurable et de délimité, le souvenir par exemple d’un ciel de nuages.

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Peu lui importait de déjeuner mal pourvu qu’il déjeunât devant les arbres d’un parc.

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Nul ne venait. une fois de plus, je me levai de mon fauteuil et je tendis l’oreille ; aucun bruit ne parvenait des fonds de la maison que parfois la chute tintante et claire d’une ardoise.

Mes lectures

Pénélope BAGIEU, Ma vie est tout à fait fascinante

          Pénélope Bagieu croque ici des scènes cocasses de la vie quotidienne. Une BD largement auto-biographique. Les dessins comme les textes sont plein d’humour. Chacune (et chacun ?) s’y retrouve forcément un peu. Cependant, son univers est très féminin. Pour ma part, je me fiche totalement des talons vernis, des sacs à main en peau de léopard retournée, ou je ne sais quelles autres bizarreries typiquement féminines.

          Une bande-dessinée très sympathique et plutôt drôle qui plaira aux « vraies filles ». Je me retrouve assez peu dans la partie la plus intime de ces croquis, n’étant pas très portée mode et maquillage (non, ça ne veut pas dire que je mets le même vieux jean tous les jours, simplement que je ne ressens pas le besoin de m’étendre sur le choix de mes chaussettes le matin). J’ai beaucoup plus accroché avec la partie un peu plus « critique » sur la société. Dans l’ensemble j’ai aimé ce petit livre, idéal pour retrouver le sourire après une journée morose.