Mes lectures

Op oloop – Juan Filloy

          Optimus Oloop est statisticien finnois qui vit dans le Buenos Aires des années 30. Il ordonne son quotidien avec une rigueur mathématique mais le jour de ses fiançailles, cette belle mécanique se grippe. Ce roman retrace tel un journal de bord 19h et 25min de sa vie en plein dérèglement.

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          J’avais acheté ce livre car il était mis en avant dans une librairie qui le désignait comme coup de coeur et j’avais trouvé sa couverture tellement belle qu’il fallait absolument qu’elle rejoigne ma bibliothèque. Je dois admettre que la quatrième de couverture m’inspirait moyennement, 19h de la vie d’un homme psychorigide, ce n’est a priori pas trop mon type de littérature. Mais bon, c’était aussi l’occasion de découvrir autre chose, je me suis donc lancée. Grande fut ma surprise en découvrant la qualité de l’écriture ! Un vrai régal ! Je m’attendais à quelques chose d’un peu austère et j’ai été très étonnée de trouver un style léger, plein d’un humour pince-sans rire et surtout, d’une incroyable maîtrise. Une écriture flamboyante comme on en croise trop peu !

          L’histoire sort également de l’ordinaire. Le personnage principal est assez antipathique mais le voir prendre pied peu à peu entraîne des situations cocasses et quelques réflexions assez drôles. J’ai beaucoup aimé toute la première partie sur la vie d’Op Oloop qui se dérègle peu à peu et l’ai littéralement dévorée. Malheureusement, vers le milieu, le livre s’essouffle un peu. La deuxième partie est essentiellement composée du compte rendu d’un repas qui est tout simplement interminable. L’occasion pour l’auteur d’aborder d’autre sujets, notamment politiques et sociaux, mais le stratagème manque de finesse et le résultat est d’un ennui mortel. On se désintéresse peu à peu de cette histoire qui s’enlise. Au final un roman qui s’avère inégal mais marque par son originalité et la qualité de son écriture, dommage qu’il ne parvienne pas à nous tenir en haleine jusqu’au bout.

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Il est indispensable que chacun apprenne à bien gérer sa haine ! La mienne est répartie de façon équitable entre ceux qui sont congelés dans le passé et ceux qui transpirent dans le présent. Car les uns souffrent de constipation cérébrale et les autres d’hémoroïdes de la sensibilité. De sorte que chacun à sa façon trahit la loi vitale qui exige d’évacuer ponctuellement les immondices telles que les mirages anciens ou lâchetés du temps présent

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La routine est tenace comme les morpions. Elle s’accroche à vous et se reproduit dans chaque geste comme le pou dans chaque poil. Seules la folie et la fièvre parviennent à l’extirper.

Mes lectures

Le Maître et Marguerite – Mikhaïl Boulgakov

          Que dire de ce livre ? Je regarde mon écran désespérément en tentant de trouver ce que je vais bien pouvoir raconter. Le maître et Marguerite, c’est un incontournable de la littérature russe du XX° siècle, un livre qui est devenu un classique à une vitesse époustouflante. Une très belle histoire d’amour aussi, paraît-il. Vous connaissez peut-être mon amour pour la littérature russe (bien que je lui consacre bien trop peu de temps), de Bougakov, j’avais adoré la biographie de Molière, tout le monde me disait le plus grand bien de son chef-d’oeuvre. Bref, un livre que je voulais depuis de nombreuses années et qui m’avait conquise avant même que j’en ai lu une seule ligne.

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          Dès les premières lignes, ce roman m’a extrêmement surprise, et pas vraiment dans le bon sens du terme…Grosso modo, je m’attendais à une histoire d’amour et voilà que nous commençons avec deux amis qui rencontrent un personnage des plus mystérieux, qui s’avérera finalement être le diable en personne. Autant vous dire que j’étais sidérée ! Le diable, rien que ça ! On nage en plein fantastique et c’est bien la dernière chose que j’aurais imaginée. Je ne suis pas une grande adepte du genre et le côté foisonnant de ce roman plein de péripéties toujours plus folles m’a clairement gênée. Toutefois, l’histoire est loin d’être dénuée de sens.

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          L’auteur l’a écrite en URSS, où la liberté d’expression était pour le moins limitée, le diable n’est ainsi qu’un stratagème pour dénoncer les agissement de Staline. Malheureusement, même en ayant conscience de ce contexte extrêmement difficile, j’ai tout de même peiné à apprécier la profondeur que cette double lecture donne à l’ouvrage. Peut-être que j’ai manqué de références pour bien appréhender les enjeux du texte, ou peut-être le premier sens de lecture était-il simplement trop éloigné de mes goûts pour que je m’intéresse vraiment au second, un peu des deux sans doute. Toujours est-il que je n’ai absolument pas accroché avec ce roman dont j’attendais temps. J’ai trouvé chaque nouveau rebondissement plus improbable que le précédent et à aucun moment je ne me suis intéressée à ce qu’il se passait. J’ai fini par abandonner, déçue d’être passée totalement à côté de ce livre. 

Mes lectures

Le Premier Homme – Albert Camus

          Jacques se souvient de son enfance à Alger, dans une famille pauvre mais aimante, à sa façon. Une vie simple et dure où l’amitié et les petits plaisirs prennent toute la place. Des jeunes années difficiles qui vont forger la personnalité du jeune Jacques et le marquer durablement. 

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          Le premier homme est le manuscrit sur lequel travaillait Albert Camus au moment de sa mort. Il reste inachevé et les nombreuses notes de bas de page sont autant de témoignages de l’écriture en cours, avec ses hésitations. L’écriture est très agréable, même si on sent par moments que le texte n’est pas fini. Il y a parfois des longueurs et quelques passages mériteraient d’être retravaillés, pourtant, quand on lit ce texte, on est avant tout marqué par la maîtrise et la qualité du style. On n’en est que plus frustré de le savoir inachevé, et on pense au chef-d’oeuvre qu’il se serait sans doute devenu.

          Si l’écriture d’une grande qualité, l’histoire n’est pas en reste. Ce roman est largement autobiographique et cela se ressent dans la force des souvenirs évoqués. Il y a beaucoup de tendresse dans ces lignes, malgré la rudesse de la vie qu’elles décrivent. C’est simple et dur, grillé par le soleil, où jamais rien n’est superflu, et où se cache pourtant une certaine beauté. Plus encore que la beauté de l’écriture, j’ai apprécié l’univers qu’elle esquisse, sec et intransigeant. Certains des souvenirs d’enfance de l’auteur sont particulièrement forts et émouvants, et on ne peut qu’admirer son incroyable parcours. Un très beau livre dont on ne peut que regretter qu’il n’ait pu être fini.

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La mémoire des pauvres est déjà moins nourrie que celle des riches, elle a moins de repères dans l’espace puisqu’ils quittent rarement le lieu où ils vivent, moins de repères aussi dans le temps d’une vie uniforme et grise.

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Une défiance résignée à l’égard de la vie, qu’ils aimaient animalement mais dont ils savaient par expérience qu’elle accouche régulièrement du malheur sans même avoir donné de signes qu’elle le portait.

Mes lectures

Isaac le pirate, les Amériques

           Isaac rêve de gagner sa  vie en vendant ses toiles. Toutefois, son talent de peintre n’est pas reconnu et il vit dans la misère avec sa fiancée. Jusqu’au jour où un homme lui propose de gagner de l’argent rapidement en l’accompagnant pour un petit voyage. Un périple qui va le mener tout droit aux Amériques.

          Isaac le pirate, ce n’est pas récent récent comme BD et c’est avec grand plaisir que je me suis plongée dedans. Je n’aime pas particulièrement les dessins dont je trouve le trait un peu grossier. En revanche, on rentre très facilement dans l’histoire de ce peintre raté qui va devenir pirate malgré lui. Il y a beaucoup d’humour dans le texte et l’aventure est au rendez-vous. On s’amuse aux dépends de ce pauvre Isaac et on ne voit pas le temps passer tandis qu’il s’embourbe dans une situation des plus improbables et que diminuent les chances de le voir retrouver sa fiancée. Si on n’est pas face à une grande BD, ce premier tome donne toutefois envie de lire la suite. Une BD agréable et légère qui fait passer un bon moment.

Jeunesse·Mes lectures

Le pacte de Minuit, t2, Les secrets du monde perdu – David WHITLEY

          A la fin du tome 1, on avait laissé Marc et Lili aux portes de la ville, face à l’inconnu. Ils doivent à présent se débrouiller seuls dans un territoire hostile dont ils ignorent tout. Nombreuses sont les aventures qui les attendent pour accomplir leur destin.

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          J’avais absolument adoré le tome 1 de cette série pour adolescents. Une véritable révélation. Je dois admettre que j’avais toutefois largement oublié les détails de l’histoire en me lançant dans la lecture de ce deuxième volet. Cela n’a pas tellement gêné ma lecture. En effet, nos deux jeunes héros se retrouvant dans un univers totalement différent, on arrive à suivre sans trop de problèmes l’avancée des événements, sans compter que les grandes lignes sont rappelées quand le besoin s’en fait sentir. En revanche, je ne sais pas si c’est ma mémoire qui me joue des tours mais j’ai trouvé ce tome moins travaillé que le précédent. J’avais aimé l’univers très fouillé, qu’on retrouve un peu moins ici, et également le style de très bon niveau, qui m’a semblé un rien en dessous. Mais peut-être en attendais-je un peu trop.

          On sort donc de la cité d’Agora dans ce tome, pour aller explorer les forêts mystérieuses. Un monde qui m’a un peu moins inspirée, étant sans doute un peu moins surprenant. Toutefois, cela permet à l’histoire de se renouveler en prenant un tour totalement différent, ce qui n’est pas dénué d’intérêt. Nos deux jeunes héros ont grandi et ne sont plus vraiment des enfants. Ils vont être confrontés à une culture différente de la leur, devoir s’y adapter, et faire des choix difficiles. Les manoeuvres politiques et autres magouilles en tous genres sont moins présentes dans ce tome, ce qui m’a un peu manqué. Toutefois, on retrouve les personnages avec grand plaisir et on se délecte de leurs nouvelles aventures. Un livre qui se dévore et qu’on ne referme qu’à regret. Vivement la suite !

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Car telle était la vraie raison d’être du pouvoir, songea-t-il. Savoir quand intervenir et quand laisser les autres agir pour vous.