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Prague, jour 3

          Avec un peu de retard pour cause de coucher tardif, voici la suite de mon voyage. Journée un peu mitigée. Je suis sortie le matin, le cœur léger en me disant qu’enfin, la pluie avait cessé. 5 minutes plus tard, rectificatif. Non seulement il y a du brouillard mais il bruine (fort même), il fait froid et il y a du vent. La totale en somme. J’avais résolu d’aller visiter le château, j’ai donc poursuivi sur ma lancée. A peine à mi-chemin, je suis entrée dans une des deux tours qui encadrent le pont afin de me réchauffer un peu. Le prix d’entrée est assez élevé pour le coin. Environ le prix de 3 pintes – oui, je convertis tout en pinte de bière puisque c’est le prix qu’on voit le plus souvent affiché ici. D’ailleurs, je vous conseille de visiter cette tour avant la première pinte de la journée car les escaliers sont très raides. En haut, magnifique point de vue sur la ville pour les plus chanceux, sur brouillard pour les autres. Idéal pour photographier les toits de Prague.

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          Après cet arrêt improvisé, je me dirige donc vers le château. Sortant de la rue principale, j’y suis arrivée par un long, long, looooong escalier. En haut, un magnifique point de vue sur… le brouillard. Ben oui, forcément. L’entrée dans le château m’a un peu déçue. Il ressemble assez à une caserne militaire. Heureusement qu’il y a un peu de couleur sur les façades sinon il serait bien morne. L’entrée n’est pas donnée mais je me suis malgré tout payé un audio-guide. Ici, ils sont très bien faits et surtout très complets – un peu trop même, il faudrait y passer la journée pour tout écouter. La cathédrale Saint-Guy est de toute beauté ! Ses vitraux art Nouveau sont vraiment splendides (Gwendo si tu me lis, celui sur la photo de droite a été dessiné par Mucha). Magique.

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          Le reste de la visite est moins intéressant. Dans l’ancien palais royal, l’architecture des voûtes surprend et il y a une salle ornées de blasons qui est très surprenante. On découvre ensuite une jolie église romane derrière une façade baroque. Enfin, la célèbre ruelle d’or, certes charmante, m’a un peu fait l’effet d’un piège à touristes avec ses nombreuses boutiques. J’ai trouvé dommage qu’aucun billet ne propose l’accès à toutes les parties du château. Je n’ai donc pas vu la galerie des peintures qui semble contenir de très belles pièces. Mes pieds se sont refusés à l’ajouter à la visite. Si pour faire le tour de la cathédrale et de l’église, il faut payer, l’entrée en elle-même est gratuite et permet déjà de se faire une très bonne idée de ce qu’il y a à voir. Le billet étant tout de même à 14€ (là on est à 10 pintes ou deux repas), c’est bon à savoir. A savoir aussi, éviter à tout prix le restaurant dans l’enceinte du château, hors de prix et dégueulasse.

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          Après ce mauvais repas et un nombre de pas bien trop grand pour une demi-journée, j’ai décidé d’aller m’installer quelque part devant un chocolat chaud. Eviter les endroits pour touristes fut une mission des plus périlleuses mais j’ai finalement atterrit dans une minuscule taverne avec beaucoup de charme. Point de chocolat ici mais un cappuccino, c’est bien aussi. J’ai ensuite pris le chemin du retour bien qu’on soit à peine en milieu d’après-midi. J’ai flâné dans de très jolies boutiques en rentrant mais n’ai encore rien acheté n’arrivant pas à faire mon choix. Vers l’hôtel, je me suis arrêtée pour goûter dans le café d’un petit théâtre. Le lieu avait beaucoup de charme mais leurs donuts n’étaient vraiment pas terribles (quand j’ai vu le monsieur après moi revenir du comptoir avec une forêt noire, grande fut ma frustration…) et je n’ai toujours pas eu mon chocolat, la dame ne comprenant goutte à ce que je lui racontais.

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          Après une sieste bien méritée, je suis ressortie en me disant que pour être sure de bien manger, j’allais suivre les conseil du guide que j’ai amené avec moi. Grave erreur. Le lieu était certes typique : une grande taverne voûtée, enfumée et bruyante où jouait un accordéoniste – mais le service était des plus  expéditif, les portions bien chiches et surtout, c’était mauvais. Vraiment. La bière était infecte et la viande couverte de chantilly. Beurk ! En sortant, j’ai voulu me remonter le moral avec un Trdelnik. J’avais repéré une petite boulangerie qui en proposait, je m’y suis donc rendue. C’était froid et pas assez cuit, encore raté. Malgré tout, j’ai décidé de tenter une cave qui propose du jazz pour finir sur une touche positive. Ce n’était pas encore ouvert à mon arrivée, je me suis donc installée dans le bar qui la surplombe en attendant pour boire un cidre qui avait un goût intéressant de bière à la pomme. Je ne vous dirai pas comment était le concert, je n’y suis jamais arrivée. Des musiciens m’ont invitée à leur table et avant la fin de la soirée, j’avais parlé à à peu près tous les habitués, dans toutes les langues. Je sais maintenant qu’en tchèque, bière ne se dit pas pareil en fonction de si on en a bu plus ou moins de quatre. Une fin de soirée qui redonne sacrément le sourire en tout cas !

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Prague, jour 2

          Aujourd’hui à Prague, il pleuvait à seaux. J’ai donc eu un peu de mal à émerger de mon lit et à me motiver pour sortir. J’ai finalement mis le nez dehors avec l’intention de me diriger vers le château mais une fois dans la rue, le temps m’a tellement refroidie que je me suis arrêtée dans le premier café venu. Un double cappuccino (à 2,70€, juste histoire de dégoûter les parisiens) plus tard dans un bar enfumé, j’étais de nouveau d’attaque et décidais de me diriger vers le Klementinum, bâtiment qui semble superbe. Je me suis trompée d’adresse et suis rentrée dans le bâtiment juste en face d’une des entrées. Je me suis dit que le hasard ferait peut-être bien les choses et me suis lancée dans la visite.

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          Au programme du Colloredo Mansfeld, deux expositions d’art contemporain dans un palais quelque peu désaffecté. Baroque, puis rococo, puis utilisé après la seconde guerre mondiale par l’académie des sciences et sensiblement détérioré. On retrouve aujourd’hui un lieu décrépi mais authentique (et en cours de rénovation) qui réserve une belle surprise avec sa somptueuse salle de bal. Côté accrochages, l’art conceptuel d’Oldřich Tichý – qui, s’il remplit les salles vides, ne m’a guère inspirée – et, dans un bel espace d’exposition bien aménagé, Adam Vačkář avec quelques très belles toiles dont une ou deux que j’aurais bien embarquées.

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          J’ai ensuite longuement erré dans les rues pluvieuses – et pleines de touristes, fait un peu de shopping (hop, de nouvelles chaussures) et me suis finalement installée dans une taverne pour manger, reposer mes pauvres pieds et me réchauffer. En sortant, je me suis aperçu que j’étais pile en face de l’entrée du musée juif. Hop, ma visite de l’après-midi était décidée. Les photos y sont interdites, sauf dans le cimetière, les images sont donc celles du site du musée juif. De suite en entrant, immense moment d’émotion face aux milliers de noms qui couvrent les murs. Ce sont ceux des juifs tchèques déportés sous le nazisme et qui ne sont jamais revenus. Ils sont près de 80 000. Je crois bien n’avoir jamais été bouleversée à ce point par un lieu, j’ai été dans un état second durant tout le reste de la visite. A l’étage, ce sont des dessins d’enfants déportés qui sont exposés.

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          Dehors, on pénètre dans le cimetière juif où s’amoncellent des milliers de tombes. 12 000 pierres tombales se chevauchent, chaque tombe contenant plusieurs corps, dans une si petite surface les chiffres donnent le tournis. Etrangement, ce lieu est plutôt paisible et plein de charme même si la pluie le rend forcément un peu lugubre. La synagogue Klausen m’a moins marquée et je ne me suis guère attardée à la salle des cérémonies, bien qu’elle soit assez mignonne et intéressante. En revanche, nouveau choc à la synagogue espagnole, d’une beauté à couper le souffle. Sur les photos, je voyais quelque chose de très lumineux. En réalité, elle est extrêmement sombre et ornée de toute part dans des bordeaux, vert et noir rehaussés de dorures. Splendide. Des lieux de mémoire à visiter absolument si vous passez à Prague.

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          Après ça, je suis allée réserver des places de spectacle pour un ballet et un concert. J’ai ensuite mangé une délicieuse forêt noire au café de la Maison Municipale. J’ai été un peu déçue par la salle, pourtant réputée pour sa déco Art Nouveau mais que j’ai trouvée trop grande et trop vide (elle est en revanche assaillie après les concerts). Le soir donc, ce fut Vivaldi – à la Maison Municipale toujours. Avant le concert, j’ai bu un cocktail à l’American bar, au sous-sol. C’est beau, et c’est bon ! Les photos de la salle et du bar ne sont pas de moi, j’avais oublié de remettre la carte SD dans mon appareil… La salle de spectacle est belle mais vue d’en bas, bien que superbement décorée, elle fait un peu hall de gare (c’est le sol plat qui me perturbe), d’autant plus qu’elle était quasi-vide, les pragois préférant visiblement venir plus tôt. D’ailleurs, quand on dit qu’ils s’habillent pour sortir, c’est smoking et robes de soirées. Le concert était court mais de qualité et je suis rentrée dans le brouillard, m’achetant au passage un Trdelnik, sorte de brioche feuilletée cuite à la broche, absolument délicieuse ! J’ai repéré quelques bars au passage, au cas où. La suite demain…

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Prague, jour 1

          Cette année, je profite de mes vacances pour découvrir Prague. N’ayant personne pour m’accompagner, je pars seule parce qu’après tout, on est mieux seul que mal accompagné, dit le proverbe. Je voulais une ville enneigée, pas de chance, l’été s’est prolongé pour finalement laisser place à un épais brouillard et des températures assez clémentes en cette mi-novembre. Qu’à cela ne tienne, je ne vais pas me laisser abattre pour autant. Je regrette simplement un peu que la première neige, tombée la veille de mon départ n’ait pas tenu jusqu’à mon arrivée, mais qui sait, peut-être que d’ici la fin de la semaine… Pour ne pas m’ennuyer le soir, j’ai pris mon ordinateur avec moi. Je vais donc essayer de mettre les articles en ligne au jour le jour avec quelques photos.

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          Je n’étais pas partie pour faire beaucoup de photos en ce premier jour. Je suis arrivée vers midi et le ciel était désespérément gris, avec une luminosité quasi nulle. Objectif : errer sans but dans les rues histoire de me repérer un peu. Premier constat : mon hôtel est super bien placé, à 5 min de l’horloge astronomique. Même si j’ai mangé sur le chemin entre les deux et que j’ai fait un peu de lèche vitrine (tombant au passage amoureuse de magnifiques verres colorés en cristal de Bohème…), il ne m’aura donc pas fallu bien longtemps pour revoir mes intentions et sortir mon appareil photo. Le résultat est, comme on pouvait s’y attendre, des plus ternes. De nuit en revanche, et malgré la pluie, c’est de toute beauté !

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          Aujourd’hui, 17 novembre, est un jour férié en République Tchèque, le jour de la lutte pour la liberté et la démocratie. Il commémore deux événements survenus à cette date, l’un en 1939, l’autre en 1989. Les deux fois, des rassemblements étudiants ont été sévèrement réprimés. Ce qui marqua en 1989 le début de la Révolution de Velours qui fit sortir le pays du communisme. Pour les 25 ans des événements de 1989, de nombreuses manifestations étaient organisées. Je suis tombée sur certaines un peu par hasard. J’ai tout d’abord croisé dans l’après-midi un défilé des plus surprenants, avec des déguisements de toutes sortes et des slogans variés. Un peu plus tard, je suis passée par l’avenue Nationale (lieu où s’étaient tenus les rassemblements de 1989) et y ai découvert de nombreux stands de bière et de nourriture, des rames de tram transformées en lieu de concert, des scènes ouvertes, des genres de vide-grenier sur le trottoir, bref, un joyeux bordel des plus réjouissants.

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          Après le dîner, j’y suis donc repassée pour profiter un peu l’animation. J’ai entendu la fin d’un très bon groupe de rock. Vu des jeunes déguisés en soldats de l’Armée Rouge. Assisté à une sorte d’appenning qui n’était pas sans rappeler des profs pétant les plombs. J’ai appris grâce à un stand de crêpes (malheureusement bondé) que « caramel » se disait « karamel » et « grog », « grog ». A défaut de parler anglais, je connais donc déjà 2 mots de tchèque tout à fait essentiels, ce qui m’a grandement rassurée quant à la suite de mon séjour. Particulièrement émouvant, beaucoup de ceux qui passent par-là déposent une bougie sur le trottoir ou au milieu de la rue en hommage à ceux qui ont été blessés lors des rassemblements. Le résultat est juste magnifique. La suite au prochain épisode…

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Un automne à Paris

 

 

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Il y a deux semaines, avec ma maman, nous sommes allées faire une balade ensoleillée au Bois de Vincennes en sortant de la Cartoucherie où nous avons vu le merveilleux Macbeth d’Ariane Mouchkine dont je vous parlerai bientôt. L’occasion de profiter des premières couleurs automnales.

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Nous avons fini cette journée par un passage par les quais de Seine et Notre-Dame, que j’apprécie toujours autant, surtout de nuit. Le parvis est généralement très animé et j’aime bien m’y arrêter quand je suis dans les parages.

 

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Magnifique Cordes-sur-Ciel

          La bastide de Cordes-sur-Ciel a été créée en 1222. Elle a connu son âge d’or fin XIII° – début XIV° avant de décliner progressivement. Très bien conservée, elle est aujourd’hui un haut lieu touristique de midi-Pyrénées.

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          Posé sur un promontoire, le village domine la vallée et offre une jolie vue sur la plaine environnante. Nous somme arrivés du mauvais côté pour que je puisse prendre le village en photo de loin mais quand on arrive, la vue de ces ruelles perchées est assez saisissante.

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          Le lieu est extrêmement bien conservé et vraiment magnifique. C’est un régal de se promener dans les rues pavées. On y trouve pas mal de petites boutiques, notamment le chocolatier Yves Thuriès (qui a des boutiques un peu partout en France) qui y a également ouvert son musée de chocolat.

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          Sur la place, un éditeur propose des ouvrages d’art de toute beauté ! Des livres numérotés, extrêmement travaillés, calligraphiés à la main et enluminés. De vraies merveilles. Bien sûr, ce n’est as exactement le prix d’un livre de poche mais quand on aime, on ne compte pas et des paiements échelonnés sont proposés. Vous pouvez même y ajouter un lutrin artisanal.

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          D’ailleurs, si vous voulez vous cotiser pour m’offrir l’Odyssée ou les Cathares… Les étagères en forme de livres me font également rêver et seraient juste parfaites dans mon appart. Si je me marie un jour, pas de doute, c’est chez eux que je déposerai ma liste !

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          Un endroit vraiment magnifique et complètement hors du temps qui a été élu « village préféré des français » en 2014. Si vous passez dans la région, un petit détour s’impose.