Mes lectures

Hérétiques, un beau roman de Leonardo Padura

          En 1939, le S.S. Saint-Louis, transportant quelque 900 Juifs qui avaient réussi à fuir l’Allemagne, resta plusieurs jours ancré au large du port de La Havane à attendre l’autorisation de débarquer ses passagers. Daniel attend sur le quai, l’arrivée de ses parents et de sa sœur. Ils ne débarqueront jamais.

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          Ce livre m’avait été vivement conseillé par mon libraire. A première vue, il en impose. Plus de 600 pages en très grand format (pas du tout pratique dans le sac à main). Sans compter que l’histoire n’est pas des plus joyeuses. On s’attend à quelque chose d’un peu lourd quand même. Je me suis quand même lancée. Dès les premières pages, j’ai bien aimé ce roman. L’écriture est assez agréable et l’histoire prenante. L’aspect historique est vraiment passionnant et très poignant. L’histoire est un peu compliquée (même si à la lecture, ça passe bien) et un peu difficile à résumer. La première partie se passe à Cuba. Un homme part à la recherche d’un tableau de Rembrandt qui a appartenu à sa famille et revient ainsi sur les traces parfois tragiques du passé des siens. Dans la seconde partie, c’est l’histoire de la création de ce tableau qu’on découvre. Enfin, la dernière partie revient à Cuba.

          Ce roman mélange pas mal les genres, entre roman historique et policier, ce que j’ai beaucoup apprécié. J’ai particulièrement aimé la partie sur la naissance du tableau. Une incursion à Amsterdam auprès de Rembrandt que j’ai adorée. J’ai appris beaucoup, beaucoup de choses dans ce roman ! En revanche, je me suis demandé si l’auteur ne se dispersait pas un peu trop. Même si on a comme fil conducteur le tableau et à travers lui l’histoire de la persécution des juifs, ça fait beaucoup de strates et d’informations à assimiler. Vient un moment où c’est presque trop. C’est surtout dans la troisième partie que j’ai ressenti cet espèce de trop plein et que j’ai trouvé le rapprochement entre les différents aspects du livre peut-être un peu artificiel. En voulant à la fois parler de l’histoire juive et du présent de Cuba, l’auteur perd parfois un peu de vue l’essentiel.

          Malgré tout, la fluidité de l’écriture et l’intérêt de l’histoire rendent la lecture agréable même si un peu plus de simplicité n’aurait sans doute pas été de trop. Surtout sur la fin où je commençais à saturer avec encore une nouvelle histoire et de nouvelles informations à assimiler. Mais je chipote un peu, car dans l’ensemble, ce roman est de très bonne qualité et il n’y a pas grand chose à y redire. Le personnage principal est attachant et ça m’a donné envie de lire ses autres enquêtes. J’ai beaucoup aimé découvrir Cuba à travers ses yeux. Un roman riche et complexe (un peu trop ?) qui est passionnant par bien des aspects et souvent émouvant. Il se lit avec grand plaisir. Une bonne initiation à la littérature cubaine. A découvrir.

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Si depuis l’enfance, certaines histoires de la relation de Dieu avec son peuple élu lui avait semblé excessive, à partir de ce moment-là, il osa se demander de façon obsessionnelle pourquoi le fait de croire en un Dieu et de suivre ses commandements de ne pas tuer, ni voler, ni convoiter, pouvait faire de l’histoire des juifs un enchaînement de martyrs.

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Un pays sans putes, c’était comme un chien sans puces : tout ce qu’il y a de plus chiant au monde.

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Prague, jour 5

          Cinquième et dernier jour à Prague. J’avais peur que 5 jours seule dans un pays où je ne parle pas la langue s’avère un peu long. Finalement, je serais bien restée quelque jours de plus. Il y a encore teeeeellement de choses que je voudrais voir ! Ce dernier matin a été un peu difficile, je n’étais pas très en forme et j’ai senti que la journée allait être longue. J’avais prévu d’aller visiter un monastère un peu éloigné du centre, j’ai donc revu mes plans pour rester près de l’hôtel en cas de gros coup de fatigue. J’ai commencé par visiter la chapelle Bethléem. Elle avait été détruite et a été reconstruite à la fin des années 50 sur le modèle original. A l’intérieur, elle est grande et presque carrée, c’est assez surprenant. N’étant pas très inspirée, j’ai continué montant en haut de la tour qui héberge l’horloge astronomique. C’est assez cher pour pas grand chose mais ça fait toujours de belles photos. A l’intérieur, l’histoire de l’horloge est expliqué ; c’est intéressant même si je n’ai pas tout compris, mon niveau d’anglais restant modeste. Par contre je n’ai pas été déçue, Prague vue d’en haut, c’est magnifique !

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          Après ça, je me suis mise en quête de souvenirs pour ma famille. La tâche s’est avérée plus ardue que prévu. Je voulais éviter la camelote pour touristes et ramener des choses assez typiques. Malheureusement, tout ce qui me plaisait était soit trop cher, soit trop fragile ou encombrant (voire les 3 à la fois). J’ai par exemple vu les verres de mes rêves que j’aurais bien ramenés pour mes parents mais où est-ce que j’aurais mis 6 verres en cristal ? Quant aux œufs peints pour décorer le sapin de Noël, ils n’auraient jamais survécu en soute. Un vrai casse-tête donc qui m’a finalement occupée une bonne partie de la journée. D’ailleurs, j’ai fini par acheter quand même quelques bricoles bon marché parce que côté budget/temps pour chercher, ça devenait difficile. Si je m’étais écoutée, j’aurais ramené tellement plus de choses ! A midi, j’ai décidé de manger dans un bon restaurant repéré la veille pour un éventuel goûter : le Café de Paris. Très chic, déco Art Nouveau. J’ai pris un goulash revisité de manière très élégante et vraiment à tomber. Pas de dessert parce que plus faim mais leurs gâteaux ont l’air. Côté prix, c’est cher pour Prague mais raisonnable si on se base sur des prix parisiens.

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          Après manger, fin de mes achats et je me dirige vers le Klementium, que je veut visiter depuis le début de la semaine pour sa bibliothèque baroque. La 1° fois, je n’avais pas trouvé l’entrée, je comprends mieux. Une est masquée par des travaux, une seconde est cachée après par une vente de billets pour des concerts est la 3° est une entrée de parking. J’avais du passer 10 fois devant sans comprendre par où on entrait… Dans le bâtiment, uniquement des visites guidées, en anglais. Malgré mon niveau plus que passable, j’ai réussi à presque tout comprendre. C’est vraiment pensé pour un public international. Nous étions très peu nombreux et la guide parlait d’autres langues. La visite était passionnante et notre guide très prévenante, j’ai regretté de ne pas pouvoir discuter plus avec faute d’oser me lancer avec mon anglais boiteux. La chapelle Miroir, très réputée, est un peu chargée à mon goût; avec des tons roses en prime. On traverse ensuite des bâtiments genre administration des années 60 pour arriver à la bibliothèque baroque. C’est à couper le souffle ! Et encore, il manquait beaucoup de livres, envoyés en Allemagne pour étude et restauration si j’ai bien compris. Les photos sont interdites, celle que je vous mets vient donc de l’office du tourisme. La tour, qui servait d’observatoire astronomique, offre une magnifique vue sur Prague. Si j’avais su, j’aurais fait autre chose le matin…

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          Après ça, je songeais un peu retourner au couvent Sainte-Agnès pour voir le cloître mais j’avais peur de manquer un peu de temps, le départ approchant à grands pas. J’ai donc plutôt cherché un endroit où boire un thé. Pas facile dans le centre touristique mais finalement, tout près du pont Charles, je suis tombée sur une espèce de cantine/épicerie très bobo. J’y ai bu un thé avec un cheesecake pistache-chocolat délicieux. Ca doit être quelque chose comme le meilleur cheesecake que j’aie jamais mangé. Le resto juste à côté, qui marche avec, a l’air vraiment très bien aussi. C’est donc sur cette note positive que j’ai fini ma semaine pragoise, un peu déçue de ne pas avoir vu plus de choses. Qui sait, ça me donnera peut-être l’envie de revenir ?

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Prague, jour 4

          Un peu de mal à me motiver le matin, je ne suis donc sortie qu’assez tard et avant d’aller manger, j’ai uniquement visité des églises : l’église Saint-Gilles, qui ne paie pas de mine de dehors mais s’avère très surprenant avec son plafond superbement peint ; Notre-Dame-de-Tyn, la cathédrale dont le clocher domine la ville mais que j’ai trouvé moyennement belle, d’une simplicité relative comparé à ce que j’avais vu avant ; et une autre petite église dont je n’ai pas retenu le nom, derrière la Maison Municipale, qui est un peu dans l’esprit de la précédente, en plus petit. J’ai ensuite mangé dans un très bon resto italien où j’ai mangé des spaghetti bolognaise à tomber avec une limonade maison extra. De quoi bien commencer la journée. Etrangement, je n’ai quasiment pas pris de photos. Très étrange venant de moi, je me suis même demandée un moment si je n’étais pas malade…

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          L’après-midi, je me suis rendue au musée Mucha. Un lieu incontournable pour les amateurs d’Art Nouveau. Le musée est petit mais intéressant. La vie et l’oeuvre de l’artiste y sont très bien expliquées. Il y a bien sûr beaucoup d’affiches, mais également quelques tableaux, sculptures ou objets. J’ai particulièrement aimé une grande peinture à l’huile et j’ai regretté qu’il n’y en ait pas plus car c’est un aspect de son oeuvre que je connais très peu. A la fin du parcours, une vidéo reprend l’évolution du travail de l’artiste et permet d’approfondir un peu la visite. La boutique propose dans souvenirs parfois un peu chers pour Prague mais qui sont dans l’ensemble très jolis et semblent de qualité. Après ça, il était encore tôt, je suis donc allée faire les boutiques à la recherche de choses à ramener à ma famille et mes amis. Le centre commercial s’est avéré décevant de ce point de vue-là, étant très international. Ainsi, le super pull que j’avais repéré le premier jour était un bête C&A. Grande fut ma déception. Côté typique on repassera. Je me suis ensuite dirigée vers le couvent Sainte-Agnès. Malheureusement, on ne pouvait pas visiter le cloître ce jour-là, mais à l’étage sont exposées les collections médiévales de la Galerie Nationale. Je dois avouer que l’art médiéval n’est pas ce qui m’attire le plus mais puisque j’étais là… Eh bien, une fois de plus, j’ai été frappée par la richesse du Moyen-Age : qu’est-ce que c’est beau ! Le musée est vaste et les œuvres sont très bien mises en valeur. On en prend plein les yeux. Un véritable coup de foudre !

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          Après tant d’émotion, comme il était encore relativement tôt, j’ai hésité à aller aux musées de Arts Décoratifs, qui était sur mon chemin. J’ai finalement été raisonnable et ai épargné mes pieds, qui pour la 1° fois depuis le début du séjour, se portaient relativement bien. Je suis donc plutôt partie en quête d’un salon de thé parce qu’il faisait faim ! En me promenant du côté du pont Charles, je suis passée devant une petite boutique de pain d’épice trop mignonne (je n’ai même pas pensé à prendre une photo, pfff…). Ils proposent du pain d’épice de toutes les formes avec des glaçages juste magnifiques. Le tout fait de façon très artisanale sur place. Si je m’étais écoutée, j’aurais tout ramené avec moi ! Pour le thé finalement, j’ai opté pour le café Slavia. Il est le plus connu de Prague, fréquenté par les plus grands intellectuels du pas. Vaclav Havel y avait ses habitudes. Le lieu est très vaste et une fois encore, je trouve les grandes salles trop froides, ça fait un peu hall de gare, même quand c’est bien décoré, ça manque de chaleur. Il y a un espace qui semble un peu plus intime sur le côté, ça m’aurait sans doute mieux convenu si je l’avais vu avant. En revanche, avec ses grandes baies vitrées, il offre une vue imprenable sur la ville. Et le pianiste qui joue une ballade en bruit de fond pendant qu’on déguste une pâtisserie, c’est classe ! Les pâtisseries justement, sont assez moyennes. Pas mauvaises mais elles manquent un peu de finesse.

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          Après cette pause sucrée, direction le théâtre Hybernia pour le Lac des Cygnes. J’adore ce ballet et comme je le vois à Paris dans peu de temps, je me suis dit que j’aurais un bon point de comparaison. Comme un peu plus tôt dans la semaine, j’ai été étonnée de voir une salle quasi-vide. Mais il paraît que ces horaires-là sont surtout fréquentés par les touristes, très peu nombreux au mois de novembre. La première partie frôlait parfois le ridicule tant la mise en scène est vieillotte. Toutefois, elle joue sur l’humour, ce qui aide à ce que ça passe un peu mieux. Les décors sont très beaux. Dommage que les changements supposent pas mal de temps entre les tableaux mais bon, on ne peut pas tout avoir ! Un des danseurs avait une détente impressionnante. J’avais rarement vu une telle amplitude dans les sauts. La seconde partie s’est avérée bien meilleure.

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          En sortant, j’ai cherché une taverne dans laquelle me sustenter et suis tombée sur un très bel endroit, dans le style Art Nouveau (eh oui, encore et toujours !), et surtout où je n’ai très bien mangé. Je n’aime généralement pas trop le chou mais leur chou fermenté au miel était un délice ! En sortant, j’ai pris un Trdelnik comme dessert. Il était froid mais le petit goût de fleur d’oranger était pas mal du tout. Et le vendeur était tellement beau… Je me suis ensuite dirigée vers le même bar que la vieille pour y retrouver les musiciens que j’y avais rencontrés. La communication n’est pas toujours simple quand on parle un anglais plus que médiocre mais tomber nez à nez avec un beau baryton en train de faire ses vocalises au toilettes, ça met de suite de l’ambiance… Un endroit fréquenté uniquement d’habitués et vraiment sympa. J’avais peur que 5 jours seule ce soit trop mais je n’ai aucune envie de repartir alors qu’il me reste tellement de choses à voir.

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Prague, jour 3

          Avec un peu de retard pour cause de coucher tardif, voici la suite de mon voyage. Journée un peu mitigée. Je suis sortie le matin, le cœur léger en me disant qu’enfin, la pluie avait cessé. 5 minutes plus tard, rectificatif. Non seulement il y a du brouillard mais il bruine (fort même), il fait froid et il y a du vent. La totale en somme. J’avais résolu d’aller visiter le château, j’ai donc poursuivi sur ma lancée. A peine à mi-chemin, je suis entrée dans une des deux tours qui encadrent le pont afin de me réchauffer un peu. Le prix d’entrée est assez élevé pour le coin. Environ le prix de 3 pintes – oui, je convertis tout en pinte de bière puisque c’est le prix qu’on voit le plus souvent affiché ici. D’ailleurs, je vous conseille de visiter cette tour avant la première pinte de la journée car les escaliers sont très raides. En haut, magnifique point de vue sur la ville pour les plus chanceux, sur brouillard pour les autres. Idéal pour photographier les toits de Prague.

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          Après cet arrêt improvisé, je me dirige donc vers le château. Sortant de la rue principale, j’y suis arrivée par un long, long, looooong escalier. En haut, un magnifique point de vue sur… le brouillard. Ben oui, forcément. L’entrée dans le château m’a un peu déçue. Il ressemble assez à une caserne militaire. Heureusement qu’il y a un peu de couleur sur les façades sinon il serait bien morne. L’entrée n’est pas donnée mais je me suis malgré tout payé un audio-guide. Ici, ils sont très bien faits et surtout très complets – un peu trop même, il faudrait y passer la journée pour tout écouter. La cathédrale Saint-Guy est de toute beauté ! Ses vitraux art Nouveau sont vraiment splendides (Gwendo si tu me lis, celui sur la photo de droite a été dessiné par Mucha). Magique.

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          Le reste de la visite est moins intéressant. Dans l’ancien palais royal, l’architecture des voûtes surprend et il y a une salle ornées de blasons qui est très surprenante. On découvre ensuite une jolie église romane derrière une façade baroque. Enfin, la célèbre ruelle d’or, certes charmante, m’a un peu fait l’effet d’un piège à touristes avec ses nombreuses boutiques. J’ai trouvé dommage qu’aucun billet ne propose l’accès à toutes les parties du château. Je n’ai donc pas vu la galerie des peintures qui semble contenir de très belles pièces. Mes pieds se sont refusés à l’ajouter à la visite. Si pour faire le tour de la cathédrale et de l’église, il faut payer, l’entrée en elle-même est gratuite et permet déjà de se faire une très bonne idée de ce qu’il y a à voir. Le billet étant tout de même à 14€ (là on est à 10 pintes ou deux repas), c’est bon à savoir. A savoir aussi, éviter à tout prix le restaurant dans l’enceinte du château, hors de prix et dégueulasse.

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          Après ce mauvais repas et un nombre de pas bien trop grand pour une demi-journée, j’ai décidé d’aller m’installer quelque part devant un chocolat chaud. Eviter les endroits pour touristes fut une mission des plus périlleuses mais j’ai finalement atterrit dans une minuscule taverne avec beaucoup de charme. Point de chocolat ici mais un cappuccino, c’est bien aussi. J’ai ensuite pris le chemin du retour bien qu’on soit à peine en milieu d’après-midi. J’ai flâné dans de très jolies boutiques en rentrant mais n’ai encore rien acheté n’arrivant pas à faire mon choix. Vers l’hôtel, je me suis arrêtée pour goûter dans le café d’un petit théâtre. Le lieu avait beaucoup de charme mais leurs donuts n’étaient vraiment pas terribles (quand j’ai vu le monsieur après moi revenir du comptoir avec une forêt noire, grande fut ma frustration…) et je n’ai toujours pas eu mon chocolat, la dame ne comprenant goutte à ce que je lui racontais.

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          Après une sieste bien méritée, je suis ressortie en me disant que pour être sure de bien manger, j’allais suivre les conseil du guide que j’ai amené avec moi. Grave erreur. Le lieu était certes typique : une grande taverne voûtée, enfumée et bruyante où jouait un accordéoniste – mais le service était des plus  expéditif, les portions bien chiches et surtout, c’était mauvais. Vraiment. La bière était infecte et la viande couverte de chantilly. Beurk ! En sortant, j’ai voulu me remonter le moral avec un Trdelnik. J’avais repéré une petite boulangerie qui en proposait, je m’y suis donc rendue. C’était froid et pas assez cuit, encore raté. Malgré tout, j’ai décidé de tenter une cave qui propose du jazz pour finir sur une touche positive. Ce n’était pas encore ouvert à mon arrivée, je me suis donc installée dans le bar qui la surplombe en attendant pour boire un cidre qui avait un goût intéressant de bière à la pomme. Je ne vous dirai pas comment était le concert, je n’y suis jamais arrivée. Des musiciens m’ont invitée à leur table et avant la fin de la soirée, j’avais parlé à à peu près tous les habitués, dans toutes les langues. Je sais maintenant qu’en tchèque, bière ne se dit pas pareil en fonction de si on en a bu plus ou moins de quatre. Une fin de soirée qui redonne sacrément le sourire en tout cas !

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Prague, jour 2

          Aujourd’hui à Prague, il pleuvait à seaux. J’ai donc eu un peu de mal à émerger de mon lit et à me motiver pour sortir. J’ai finalement mis le nez dehors avec l’intention de me diriger vers le château mais une fois dans la rue, le temps m’a tellement refroidie que je me suis arrêtée dans le premier café venu. Un double cappuccino (à 2,70€, juste histoire de dégoûter les parisiens) plus tard dans un bar enfumé, j’étais de nouveau d’attaque et décidais de me diriger vers le Klementinum, bâtiment qui semble superbe. Je me suis trompée d’adresse et suis rentrée dans le bâtiment juste en face d’une des entrées. Je me suis dit que le hasard ferait peut-être bien les choses et me suis lancée dans la visite.

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          Au programme du Colloredo Mansfeld, deux expositions d’art contemporain dans un palais quelque peu désaffecté. Baroque, puis rococo, puis utilisé après la seconde guerre mondiale par l’académie des sciences et sensiblement détérioré. On retrouve aujourd’hui un lieu décrépi mais authentique (et en cours de rénovation) qui réserve une belle surprise avec sa somptueuse salle de bal. Côté accrochages, l’art conceptuel d’Oldřich Tichý – qui, s’il remplit les salles vides, ne m’a guère inspirée – et, dans un bel espace d’exposition bien aménagé, Adam Vačkář avec quelques très belles toiles dont une ou deux que j’aurais bien embarquées.

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          J’ai ensuite longuement erré dans les rues pluvieuses – et pleines de touristes, fait un peu de shopping (hop, de nouvelles chaussures) et me suis finalement installée dans une taverne pour manger, reposer mes pauvres pieds et me réchauffer. En sortant, je me suis aperçu que j’étais pile en face de l’entrée du musée juif. Hop, ma visite de l’après-midi était décidée. Les photos y sont interdites, sauf dans le cimetière, les images sont donc celles du site du musée juif. De suite en entrant, immense moment d’émotion face aux milliers de noms qui couvrent les murs. Ce sont ceux des juifs tchèques déportés sous le nazisme et qui ne sont jamais revenus. Ils sont près de 80 000. Je crois bien n’avoir jamais été bouleversée à ce point par un lieu, j’ai été dans un état second durant tout le reste de la visite. A l’étage, ce sont des dessins d’enfants déportés qui sont exposés.

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          Dehors, on pénètre dans le cimetière juif où s’amoncellent des milliers de tombes. 12 000 pierres tombales se chevauchent, chaque tombe contenant plusieurs corps, dans une si petite surface les chiffres donnent le tournis. Etrangement, ce lieu est plutôt paisible et plein de charme même si la pluie le rend forcément un peu lugubre. La synagogue Klausen m’a moins marquée et je ne me suis guère attardée à la salle des cérémonies, bien qu’elle soit assez mignonne et intéressante. En revanche, nouveau choc à la synagogue espagnole, d’une beauté à couper le souffle. Sur les photos, je voyais quelque chose de très lumineux. En réalité, elle est extrêmement sombre et ornée de toute part dans des bordeaux, vert et noir rehaussés de dorures. Splendide. Des lieux de mémoire à visiter absolument si vous passez à Prague.

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          Après ça, je suis allée réserver des places de spectacle pour un ballet et un concert. J’ai ensuite mangé une délicieuse forêt noire au café de la Maison Municipale. J’ai été un peu déçue par la salle, pourtant réputée pour sa déco Art Nouveau mais que j’ai trouvée trop grande et trop vide (elle est en revanche assaillie après les concerts). Le soir donc, ce fut Vivaldi – à la Maison Municipale toujours. Avant le concert, j’ai bu un cocktail à l’American bar, au sous-sol. C’est beau, et c’est bon ! Les photos de la salle et du bar ne sont pas de moi, j’avais oublié de remettre la carte SD dans mon appareil… La salle de spectacle est belle mais vue d’en bas, bien que superbement décorée, elle fait un peu hall de gare (c’est le sol plat qui me perturbe), d’autant plus qu’elle était quasi-vide, les pragois préférant visiblement venir plus tôt. D’ailleurs, quand on dit qu’ils s’habillent pour sortir, c’est smoking et robes de soirées. Le concert était court mais de qualité et je suis rentrée dans le brouillard, m’achetant au passage un Trdelnik, sorte de brioche feuilletée cuite à la broche, absolument délicieuse ! J’ai repéré quelques bars au passage, au cas où. La suite demain…

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