Ceux qui me suivent depuis mes début ou presque – et vous êtes quelque-uns ! – savent que ce blog a avec le temps un peu changé. Les 4 premières années, je publiais tous les jours ou presque, avec une régularité effrayante. Même si bien sûr je trichais parfois avec quelques articles « bouche-trou ». J’écrivais tous les jours, en rentrant du travail, pendant ma pause, 5 minutes le matin si par miracle j’étais en avance et même bien souvent en rentrant de soirée, quelque soit l’heure et le nombre de verres que j’avais bus : je ne finissais jamais la journée sans avoir écrit. Si j’avais prévu de publier un article, je le faisais quoi qu’il m’en coûte, et vous savez quoi ? j’adorais ça. Cette urgence à écrire, ce rendez-vous quotidien avec moi-même. Une vraie drogue. Quand je savais que je ne pourrais pas écrire pendant quelques jours, je prenais de l’avance pour que mon rythme de publication ne s’en ressente pas trop. Je m’accordais 2 exceptions par semaine (au début, c’était plus fluctuant, il m’a fallu un peu de temps pour m’accorder avec moi-même sur ce chiffre-là) parce que bon, les imprévus, ça arrive aussi, il faut bien leur laisser une petite place.
Étrangement, malgré cette frénésie, je sortais beaucoup, je faisais du sport, je voyais des gens et je n’ai jamais refusé une invitation sous peine d’un article à écrire. Non, je trouvais simplement le temps, en regardant peu la télé, en profitant de mes pauses, le prenant parfois sur mes heures de lectures – ou plus rarement de sommeil. Ca ne m’a jamais pesé. Il faut dire aussi que sortant d’une formation universitaire et travaillant dans l’édition je rédigeais plus vite que mon ombre. Une critique de livre me prenait une heure montre en main, mise en page et intégration d’images comprises. Parfois même moins. Un tout petit peu plus pour le cinéma et les expositions (à cause du nombre d’images), quasiment rien pour les autres types d’articles (cuisine et bonnes adresses notamment, disparus depuis). Chez moi, tout a toujours été du premier jet, j’écris vite, parfois bien, parfois beaucoup moins. C’était finalement plus un moment de détente, une manière aussi de poser mes idées à plat, qu’une réelle contrainte.

Et puis les problèmes sont arrivés. Ma santé a commencé à faire des siennes. Au début, je publiais toujours autant mais très vite c’est devenu compliqué, ne serait-ce que parce que je ne sortais plus autant et il faut bien trouver de la matière. Ensuite sont venus les problèmes de concentration, de mémoire, écrire est devenu un vrai casse-tête, une torture même. C’était la page blanche, l’incapacité totale à aligner 3 mots. Un véritable drame pour moi (mon article sur le sujet ici). Mais j’ai refusé de lâcher. Je suis têtue comme fille, ce n’est pas un pauvre traitement qui bousille le cerveau qui allait avoir ma peau et celle de mon blog ! L’acharnement n’est pas toujours une qualité, je sais… J’ai commencé à publier beaucoup moins, à faire des articles groupés faute d’arriver à développer un sujet, j’écrivais moins bien, le ton a changé, moins incisif, bref, je n’étais plus que l’ombre de moi-même. Et en plus je m’apitoie sur mon sort, ce qui n’a jamais été super sexy. Merci à ceux qui sont restés malgré tout, vous m’avez aidé à garder un but, et ça, ce n’est pas rien, croyez-moi.
Aujourd’hui, ça commence à aller mieux. Ma tête me joue (un peu) moins de tours. Je recommence à publier de manière régulière, même si ce n’est « que » 2 ou 3 articles par semaine. Je dois avouer que j’y prends quand même moins de plaisir qu’avant. Si certains articles coulent tout seuls, pour d’autres c’est encore laborieux. Quant aux visites, elles n’ont rien de bien motivant. Ce qui est une journée exceptionnelle sur le blog aujourd’hui en aurait été une catastrophique il y a 3 ans (à vrai dire, une journée catastrophique de l’époque, représentait au moins deux fois une bonne journée ces temps-ci^^). J’ai beau essayer de me détacher des statistiques mais des visites divisées par 5, ça chagrine un peu quand même. Mon orgueil en prend un coup. Mais surtout qui dit moins de visites, dit moins de commentaires, moins de retours, moins d’échanges et ça me manque !

Je me suis donc dit qu’il fallait que ce blog trouve un nouveau souffle. Pas tellement pour les visites, ça me peine toujours mais j’ai un peu lâché l’affaire, pas envie de me prendre la tête avec ça ou de me convertir à la vidéo pour attirer le chaland. Non, simplement, trouver un moyen de relancer les échanges. Pour commencer, retrouver un réel plaisir d’écrire. Et un rythme régulier. J’essaie donc d’écrire tous les jours, même si ce n’est qu’un petit bout d’article, un billet d’humeur ou 2 lignes même pas rédigées sur mes 1° impressions après une lecture. Peu importe le temps que j’y passe et si c’est publiable ou non : TOUS LES JOURS. Bon, il y aura surement des exceptions, je suis bien plus coulante avec moi-même qu’avant, mais vous avez saisi l’idée. Parce que l’écriture c’est aussi un exercice, une habitude, l’esprit c’est comme le corps, ça s’entretient.
Ensuite, recommencer à lire plus les blogs des copains/copines. Parce qu’avec le temps je les ai parfois délaissés. Je vois des titres d’articles passer sur Twitter, je me contente souvent de la version résumée, je clique parfois sur le lien mais je commente rarement. Ce n’est pas bien. La flemme, c’est moche. Bon, même si j’ai quelques circonstances atténuantes, je peux bien lire un article par jour et laisser 3 mots en commentaire (sauf quand internet me prend pour un robot, mais c’est une autre histoire). Parce que si j’ai gardé ce blog tout ce temps, c’est aussi parce que j’aime lire ceux des autres et que ça crée plein de chouettes liens. C’est ça quand on se fait vieux (oui, 7 ans, ça commence à faire un vieux blog quand même), s’il n’y a pas de nouvelle dynamique on s’encroûte. Bon, à défaut de trouver réellement une nouvelle dynamique – j’ai pensé un temps à partager cet espace avec amis pour qu’ils y abordent des sujets que je délaisse – au moins retrouver l’ancienne, ce serait déjà pas mal. Je sais, ce n’est pas la révolution, mais c’est comme pour un vieux couple, des fois il faut revenir à la base. On verra dans quelques semaines où ça en est. En attendant, je vous laisse, j’ai encore une grosse pile de romans de la rentrée qui m’attend.






