Mes lectures

Les vieux fourneaux, le BD qui réconcilie avec la vieillesse

          Pierrot, Mimile et Antoine sont trois amis d’enfance septuagénaires qui ne comptent pas laisser la mort les rattraper tout de suite. Un peu nostalgiques du passé, ils ne se laissent pas abattre pour autant et sont toujours aussi engagés dans la lutte sociale qu’à l’aube de leurs 20 ans. 

Les vieux fourneaux, couvertures

          J’avais beaucoup entendu parler de cette BD de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet – dans la presse, sur les réseaux sociaux, à travers la pub – sans vraiment savoir de quoi il retournait. Vu de loin, ça ne m’inspirait pas tant que ça. Une histoire de vieux, bon voilà quoi, pas de quoi m’enthousiasmer outre mesure (c’est de la discrimination, je sais). Quand j’ai vu que la bibliothèque d’amis comportait les 3 tomes publiés, j’en ai profité. Il pleuvait, je n’avais rien de mieux à faire avec ma jambe foireuse, c’était le moment où jamais de partir à la découverte de cette BD dont tout le monde parle (ou a parlé vu mon train de retard, peu importe).

Les vieux fourneaux, extrait

          Assez vite j’ai plutôt accroché avec le style : tant du point de vue de l’écriture que du visuel. Par contre, je n’étais pas très convaincue par cette bande de vieux qui se retrouvent à un enterrement. Pas sure de me sentir beaucoup d’affinités avec eux. Pourtant, passées les premières pages, mes réserves se sont peu à peu envolées. Il faut dire qu’ils sont quand même sacrément drôles les papys ! Ah ça, la joyeuse troupe ne manque ni d’humour ni de mauvais esprit ! Tout pour me plaire en somme. Et une fois n’est pas coutume, j’ai trouvé le tome 2 encore meilleur que le 1°, plus incisif encore et décalé. Le 3° reste d’ailleurs dans la même lignée.

Les vieux fourneaux, extrait

          Sous ses airs légers, cette BD aborde tout de même quelques thèmes plus graves, avec bien évidemment en toile de fond la place des personnes âgées dans la société, leur infantilisation notamment, mais aussi des sujets de société comme l’écologie ou l’engagement politique. De ce point de vue-là, j’ai d’ailleurs trouvé qu’il y avait quelques idées absolument géniales ! Et le ton irrévérencieux n’est pas pour me déplaire. Ces retraités anars m’auront en tout cas bien fait rire. J’ai lu les 3 tomes d’une traite et j’espère avoir l’occasion de les ajouter bientôt à ma bibliothèque pour les partager autour de moi. Une BD diablement intelligente et sacrément drôle qui donnerait presque envie de vieillir.

Les vieux fourneaux

– Tu comptes faire chier le monde encore longtemps?
– Le plus longtemps possible, oui. Qu’est ce que tu veux faire d’autre? A nos âges, il n’y a plus guère que le système qu’on peut encore besogner. Du coup, ma libido s’est reportée sur la subversion. C’est ça ou moisir du bulbe.

Mes lectures

La meilleure d’entre nous, plongez au coeur d’un concours de pâtisserie

          En Angleterre, le concours pour devenir la nouvelle Kathleen Eaden est lancé. Cinq candidats s’affrontent pour ce titre prestigieux. Cinq personnalités ben différentes qui ont comme point commun leur passion pour la pâtisserie. Mais derrière les façades souriantes se cachent bien des failles. 

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          Je dois bien avouer que quand l’éditeur m’a envoyé ce livre j’étais un peu septique. La quatrième de couverture me laissait présumer du pire. L’histoire me rappelait étrangement celle de L’école des saveurslivre qui m’étais tombé des mains dès les premières pages tant il dégoulinait de mièvrerie et de bons sentiments. J’ai quand même décidé de m’y atteler par acquis de conscience, parce que je ne croule pas sous les services de presse et que j’essaie de lire tous les livres qu’on m’envoie. J’étais persuadée de le refermer au bout de quelques pages, la conscience tranquille, me disant que je ne ferais probablement même pas d’article dessus vu le retard que j’ai pris pour le blog (plus de 40 articles qui attendent d’être écrits, c’est une catastrophe !). Eh bien, j’avais tort ! Ce n’est franchement pas si mal. L’écriture n’est pas exceptionnelle mais elle est agréable et l’histoire s’avère finalement assez prenante avec des personnages un brin caricaturaux mais attachants. Ca se lit tout seul et non sans plaisir.

          J’ai suivi ce concours de pâtisserie avec une certaine curiosité, un peu comme je le fais pour ceux que je regarde à la télé. Bizarrement je n’ai pas vraiment eu l’impression d’un suspens autour du résultat ou d’une tension grandissante au fur et à mesure des semaines. On s’attache aux personnages peu à peu, ils dévoilent leurs failles et deviennent plus intéressants même si certains sont un peu stéréotypés. Leur psychologie est clairement le point de ce roman. On peut peut-être regretter qu’il n’y ait pas un seul célibataire sans enfants dans le tas, comme si seuls les chargés de familles étaient incollables en douceurs en tous genres. Bien sûr, je suis sans doute un peu plus indulgente face à ce roman parce que le sujet me parle et que les gâteaux m’évoquent de suite des choses agréables. Toutefois, même s’il n’y a là rien d’exceptionnel et qu’il n’est pas exempt de défauts, ce roman m’a assez plu. Un livre léger et agréable qui donne envie de se mettre aux fourneaux.

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Il existe de nombreuses raisons de cuisiner : pour nourrir, pour inventer, pour impressionner, pour atteindre une forme de perfection… Mais aussi pour répondre à une simple faim : celle d’aimer et d’être aimé.

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L’épouse parfaite, l’enfant parfait, la mère parfaite ? Aucune de nous ne peut être cela. Ce sont de purs fantasmes.

Mes lectures

La théorie de la tartine, une bonne surprise signée Titiou Lecoq

          En 2006, lorsque Marianne découvre sur le net une sextape postée par son ex, elle ne trouve pour l’aider qu’un hacker immature et un journaliste visionnaire qui croit qu’Internet va transformer le monde. Dix ans et les chocs de la jeunesse (enfants, travail, amours) plus tard, que deviennent notre ex-étudiante blogueuse, le jeune pirate et l’homme de presse idéaliste ? Internet a tout bousculé…

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          Quand l’éditeur (ou son attachée de presse plutôt) m’a envoyé ce livre, je dois admettre que je n’étais pas particulièrement emballée. Le titre me laissait un peu perplexe. Comme c’étaient des épreuves, je disposais en plus d’informations très limitées. Je ne savais pas grand chose du contenu et j’avoue que les titres précédents de l’auteur, que je ne connaissais pas, ne me tentaient absolument pas. L’auteur est blogueuse et je me méfie toujours un peu des blogueuses qui écrivent des livres, il y a souvent un ton particulier à ce genre d’ouvrages, assez léger – ou faussement léger, qui ne m’enchante pas vraiment. Comme je reçois très peu de livres en service de presse, j’ai quand même fait l’effort de me lancer dans cette lecture. Grand bien m’en a pris parce que contre toute attente, j’ai de suite accroché ! Les personnages sont assez sympathiques et le sujet m’a pas mal intéressé. L’auteur revient sur les débuts d’internet et les premières désillusions qui s’en sont suivies. C’est assez marrant de se rappeler de ce temps pas si lointain où tout semblait possible sur la toile et de la vitesse à laquelle les choses nous ont échappées.

          L’écriture est agréable et ce livre se lit vraiment tout seul, c’est un plaisir. L’histoire est plutôt bien construite même si elle est parfois improbable. J’ai trouvé la fin un peu faible mais pas non plus au point de gâcher l’ensemble. Il y a une certaine fraîcheur dans ce livre qui ne va pas jusqu’à la niaiserie. Bien sûr, l’auteur n’échappe pas à quelques clichés sur ses personnages mais l’ensemble reste intelligent et agréable. Au fond, ce livre a surtout un gros capital sympathie que je ne saurais pas vraiment expliquer et que ses petites faiblesses n’entament pas vraiment. Objectivement (enfin je crois), j’ai quand même l’impression qu’il s’agit d’un livre générationnel qui plaira surtout aux trentenaires désabusés un peu nostalgiques des débuts d’internet (ou pas). Ce sont en tout cas sans doute eux qui se sentiront le plus concernés par cette histoire. Le ton un peu aigre-doux assez typique du temps. Un roman assez réussi et franchement agréable largement ancré dans son époque. Une heureuse surprise.

© agence Anne et Arnaud
© agence Anne et Arnaud

Nous ne voulons pas d’un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui.

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La réunion de prérentrée de l’établissement scolaire secondaire ne servait pas à mettre au point des détails pratiques afin que l’école soit en état d’accueillir de nouveaux élèves, elle avait pour fonction essentielle de permettre au personnel de faire le deuil psychologique des vacances.

Série tv

Hello Ladies, la série qui dépote !

          Stuart cherche la femme de sa vie à Los Angeles. Elle sera forcément grande, belle et si possible célèbre. Malheureusement, rencontrer un mannequin n’est pas une mince affaire. Mais il en faut plus arrêter notre prince (presque) charmant.

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          J’ai commencé l’année en découvrant cette série humoristique. Je l’ai regardée un peu par hasard le 1° janvier et j’ai de suite adoré cet humour décalé. Je l’ai finie à une vitesse assez hallucinante. Et encore, je me suis raisonnée, je pense que sinon je l’aurais regardée dans la journée ! Il faut dire que les épisodes sont assez courts (26 minutes) et au nombre de huit seulement, ce qui est un crève-cœur, la fin arrivant forcément trop vite ! Je ne suis pas toujours très réceptive aux séries humoristiques même si quelques une font exception comme How I met your mother (enfin le début, d’ailleurs je n’ai pas vu les dernières saisons) ou The Big-bang theory. Je sais , je sais, pas très original mais bon, on fait ce qu’on peut. J’ai trouvé qu’il y avait d’ailleurs dans le personnage principal quelque chose qui rappelait Sheldon dans The Big-bang. Pas que les deux se ressemblent mais ils font partie de ces personnages assez antipathiques au premier abord aux dépends de qui on rit et qui deviennent finalement d’une certaine manière assez touchants.

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          Stuart peut s’avérer horripilant. Il ne possède à peu près aucun savoir vivre et nombre de situations m’ont mises franchement mal à l’aise. Pourtant, j’ai trouvé ça très, très drôle. En grande partie grâce à l’excellente performance de Stephen Merchant que j’avais déjà croisé dans des seconds rôles sans grand intérêt dans des films débiles mais dont j’ignorais jusque-là toute l’étendue du talent. On pourrait reprocher à la série de faire passer ses acolytes un peu au second plan mais entre le bon copain trop gentil obsédé par son ex, la coloc qui vit dans un cabanon au fond du jardin et le dragueur invétéré en fauteuil roulant, on ne peut pas leur reprocher de manquer de caractère. Les situations cocasses s’enchaînent non sans une bonne part de vérité qui rend la série si percutante. C’est assez étrange ce mélange d’aversion et de pitié pour ce personnage qui s’avère pourtant profondément comique.

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          Je n’ai pas bien compris pourquoi cette série avait été annulée alors qu’elle est franchement désopilante. Elle aurait mérité de continuer au-delà d’une première saison bien trop courte. J’aurais été curieuse de voir comment Stephen Marchant, également réalisateur, aurait fait évoluer son personnage qui, loin de se contenter de faire rire à ses dépends, gagne en profondeur au fil des épisodes. Un téléfilm a été tourné un peu en catastrophe pour clore la série, je n’ai pas encore eu l’occasion de le voir mais les échos sont mitigés, ça ne peut évidemment pas remplacer les 3 saisons supplémentaires qui étaient initialement prévues. C’est une vraie déception. Non seulement les personnages sont assez géniaux et les répliques franchement croustillantes mais la réalisation est impeccable, avec une bande-son plutôt sympa. J’ai rarement envie de revoir une série mais je pense faire une exception pour celle-ci. Une série drôle et intelligente qui sort des sentiers battus et dont on ne peut que regretter la disparition prématurée. 

Désolée, je ne vous ai pas trouvé de version sous-titrée en français mais voici quand même le trailer de la saison 1.

Mes lectures

Le voleur d’ombres : j’ai lu (et aimé !) mon premier Marc Lévy

          Enfant, il vole les ombres des gens qu’il croise… et chacune de ces ombres lui confie un secret. Malgré lui, il entend les rêves, les espoirs et les chagrins de ceux qu’il aime. Que faire de cet étrange pouvoir…? 

           Je dois avouer que je n’avais jamais lu de Marc Lévy avant ça et franchement, ça ne me tentait pas des masses. Les grands succès populaires sont une source quasi-inépuisable de déception pour moi, j’ai donc tendance à les fuir. Pas que je me sente à part ou au dessus du lot mais c’est vrai que j’ai toujours aimé une littérature assez exigeante (je n’ai peut-être pas un Bac +5 en la matière pour rien non plus hein) et qui donc peine souvent à rencontrer son public. Plus un roman a de succès, plus il a de chance d’être moyen. Pas mauvais non. Juste fade. Il y a fort heureusement quelques exceptions mais elle sont rares. Et puis c’est vrai que je prends plus de plaisir à découvrir un auteur qui doit avoir à peine 500 lecteurs qu’à passer après 200 000 autres mais ça c’est juste un petit délire personnel. Bref, Marc Lévy n’était donc pas arrivé dans ma bibliothèque jusque-là. Parce qu’on ne peut pas dire du mal d’un auteur avant de l’avoir lu et que des fois c’est très tentant, une année, j’avais décidé de lire un titre des chaque gros vendeur du moment qui étaient grosso modo Lévy, Pancol, Gallay, Pancol et Musso – et Nothomb mais elle je connais déjà. Je me suis arrêtée après le premier titre. Encore une résolution mise au placard, même si je n’ai pas dit mon dernier mot.

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           Mon papa qui est un gros lecteur, aime bien Marc Lévy mais je ne lui en avais jamais emprunté. Il y a peu, je me suis rendue chez une amie prof de lettre sans rien à lire, je lui demande de me prêter quelques chose et pof, elle me sort un Marc Lévy, que voulez-vous, je ne pouvez quand même pas refuser. J’ai été très surprise de constater que le style n’était pas si mauvais. Bon, je n’irais pas jusqu’à dire que c’est bien écrit mais franchement, ça passe tout seul : à aucun moment je ne me suis dit que c’était moyen. Ce n’est pas un style recherché mais c’est simple et efficace et c’est déjà pas mal ! L’histoire est assez sympa. Le petit héros est très attachant. Je dois avouer que j’ai un peu eu l’impression d’être face à un roman jeunesse. Ca n’a rien de péjoratif, simplement, la sobriété du style et le côté un peu fantastique de l’histoire m’ont fait penser aux romans que j’adorais quand j’avais 10 ou 12 ans. Etant donné que, si je ne m’abuse, l’auteur a commencé à écrire pour son fils, ça ne paraît pas totalement illogique non plus. Ce n’est pas dénué de quelques niaiseries mais c’est assez bien amené pour être plus mignon qu’agaçant.

           Bien sûr, je comprends les critiques négatives. On ne va pas parler de grande littérature, il n’aura pas le prix de l’Académie française pour la pureté de sa langue (quoi que quand on voit que Joël Dicker l’a eu avec un style franchement pourri en l’occurrence, tout est possible), il n’entrera probablement pas dans la postérité à part comme plus gros vendeur de ce début de XXI° s. mais honnêteté, c’est loin d’être ce qu’on fait de plus mauvais dans le genre. J’en ai lu des torchons mais là, on a juste affaire à un roman gentillet. Pas de quoi en dire ni du bien ni du mal, sauf si on est agacé par son succès. Si on veut du Balzac, c’est raté mais ça se laisse lire avec un certain plaisir, même pas tellement coupable. Je crois que c’est le genre de livre que je recommanderais typiquement à quelqu’un qui m’aime pas lire : c’est assez facile et court pour ne pas décourager mais c’est écrit dans un français tout à fait acceptable et on prend vraiment plaisir à suivre cette histoire. Franchement, je me suis surprise à vouloir connaître et à le finir très rapidement. Un roman sans grande prétention mais qui ne manque pas d’une certaine poésie et s’avère au final assez efficace. Contre toute attente, un bon moment de lecture.

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C’est drôlement dangereux de s’attacher à quelqu’un, c’est incroyable ce que ça peut faire mal. Rien que la peur de perdre l’autre est douloureuse. Sans nouvelles d’elle ; tout s’écroulait autour de moi. C’est moche de guetter un signe de quelqu’un pour se sentir heureux .

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Il ne faut jamais comparer les gens, chaque personne est différente. L’important est de trouver la différence qui vous convient le mieux.