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Maria Vittoria, Elise Valmorbida

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          1923, dans un hameau perdu au cœur des Dolomites. Maria Vittoria est une jeune femme belle et discrète. Quand son père désigne pour elle son futur époux, Maria s’incline, et bientôt le couple fonde un foyer et ouvre un magasin. Or l’ombre du fascisme et la menace de la guerre pourraient bien rompre l’équilibre et séparer les familles.
Entre amour et haine, jalousie et générosité, foi et raison, Maria devra choisir son destin. Au prix, parfois, d’immenses sacrifices…

          Je ne l’ai que trop répété, cette rentrée littéraire a été bien pauvre en bonnes surprises. Mais je me suis accrochée tant bien que mal, venant péniblement à bout du moindre titre, j’enchaînais pourtant avec le suivant, la mort dans l’âme. Eh bien sachez que j’ai bien fait ! Parce que ô miracle, voici 3 romans d’affilée qui m’ont bien plu. Je n’y croyais plus ! Le premier de cette jolie série (que j’espère bien voir ce prolonger jusqu’à épuisement des stocks des romans de l’automne) est Maria Vittoria, un roman qui débute en Italie après la Première Guerre Mondiale et dont l’histoire se prolonge sur plusieurs décennies.

Couverture de Maria Vittoria

          J’ai de suite beaucoup aimé le style de ce roman. C’est assez rude mais j’ai trouvé ça beau. Je ne sais pas, ça m’a immédiatement donné envie de rentrer dans cet univers. Peut-être aussi parce que je retrouve dans la dure vie de la campagne italienne au début du siècle dernier un peu de mes montagnes natales et de la vie que me racontaient mes aïeules. Véritable coup de cœur pour le style comme pour l’univers qu’il dépeint en tout cas. Au début, le personnage m’était fort sympathique. Forcément, c’est l’héroïne, on se reconnaît un peu dans ses espoirs, on a envie de vivre une grande aventure avec elle. Une fille simple et solide qui aspire à une vie meilleure et à sa part de bonheur avec un bon mari, une famille et même un lointain rêve d’Amérique.

          La suite m’a assez étonnée. Même si elle est pourtant on ne peut plus réaliste. Au début tout semble plutôt bien se passer, puis petit à petit, la médiocrité du quotidien la rattrape, rien de bien surprenant je suppose. Je ne vais pas vous en dévoiler plus mais peu à peu ma sympathie pour le personnage a commencé à s’effriter, pour disparaître tout à fait. C’est bizarrement ce que j’ai aimé dans ce roman, mon changement de sentiments pour le personnage principal et le pourquoi de cette métamorphose. Les tourments de la vie, le poids des conventions. J’ai trouvé ce roman très juste et réaliste. Il raconte la guerre et les privations sans tomber dans le pathos, il raconte l’Italie et son histoire aussi, à travers cette famille comme les autres. Un très joli texte, sans chichis, un peu âpre, mais bien plus profond qu’il n’y paraît. Un très beau premier roman.

Portrait d'Elise Valmorbida

Tu peux me croire : je sais ce que les hommes ont dans le crâne et comment ils se comportent, ils te disent ce que tu as envie d’entendre pour parvenir à leurs fins. Si tu crois que c’est de l’amour, tu te trompes : c’est de la bestialité. Ensuite, ils ne te respectent plus, ils te traitent en pays conquis, comme une moins que rien. Pire qu’une esclave.

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Elle n’a versé que quelques larmes pour les deux bébés qu’elle a perdus. Elle n’avait pas le temps, trop de travail.

Mary Shelley et Frankenstein

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Mary Shelley

          Drame historique britannique de Haifaa Al Mansour avec Elle Fanning, Douglas Booth, Tom Sturridge

          En 1814, Mary Wollstonecraft Godwin entame une relation passionnée et scandaleuse avec le poète Percy Shelley et s’enfuit avec lui. Elle a 16 ans. Condamné par les bienpensants, leur amour tumultueux se nourrit de leurs idées progressistes. En 1816, le couple est invité à passer l’été à Genève, au bord du lac Léman, dans la demeure de Lord Byron. Lors d’une nuit d’orage, à la faveur d’un pari, Mary a l’idée du personnage de Frankenstein. Dans une société qui ne laissait aucune place aux femmes de lettres, Mary Shelley, 18 ans à peine, allait révolutionner la littérature et marquer la culture populaire à tout jamais.

Affiche du film Mary Shelley

          Je suis assez mitigée sur ce film et ne sais pas trop que penser. J’étais curieuse de le découvrir, ayant lu Frankenstein adolescente et ignorant à peu près tout de son autrice. J’aime généralement les biopics d’auteurs, j’étais donc très curieuse. Je dois avouer que j’ai été assez impressionnée dans l’ensemble par les choix de vie de Mary Shelley, fort peu conventionnels. Et encore le mot est faible, ils étaient tout bonnement scandaleux pour l’époque ! Cela m’a donné envie d’en savoir plus sur elle, elle semblait assez peu soucieuse des convenances, ce qui attire toujours ma sympathie et m’impressionne assez fortement.

Image extraite du film Mary Shelley

          Malheureusement j’ai eu l’impression que le film fournissait une version de sa vie très partiale. Il semblerait que sa relation avec Shelley ait été certes tumultueuse mais surtout assez libre. Dans le film, elle est présentée comme subissant constamment cette relation et comme particulièrement malheureuse du comportement de son amant. Je soupçonne vaguement que la réalité a dû être plus nuancée et plus complexe. L’image de cruche pétrie de romantisme me semble assez mal coller avec les faits, d’où une impression très bizarre durant tout le film d’un personnage dont la psychologie ne collerait jamais avec les actes. On espère un personnage féminin fort et indépendant – ce qu’était a priori Mary Shelley – et on se retrouve dans le schéma de la fille délaissée qui chouine pour obtenir des miettes de l’attention de son amant. Cette vision simpliste des choses m’a révoltée. Ne peut-on pas imaginer que si elle a choisi de s’enfuir en dépit des convenances, de parcourir l’Europe avec son amant et de traîner ses guêtres avec des esprits aussi libres que le fût Lord Byron, malgré les difficultés que cela a pu comporter, elle y trouvait un minimum son compte, au moins d’un point de vue intellectuel ?

Image du film Mary Shelley

          C’était pour l’aspect purement historique et psychologique (un petit tour sur internet m’aura appris par la suite qu’en effet, de nombreuses libertés ont été prises avec la vérité et qu’il y a beaucoup de raccourcis dans cette histoire – probablement beaucoup trop même pour se faire une idée de l’incroyable personnalité de la jeune femme). Malheureusement, la réalisation n’arrange pas les choses. C’est terriblement convenu ! C’est assez plat et très très classique. Ce que j’ai trouvé dommage pour parler de gens au mode de vie si débridé. Ca ne leur rend vraiment pas hommage. Que ce soit sur la forme où sur le fond, le film ne parvient pas à se dépêtrer des codes qu’il devrait pourtant briser. En bref, on s’ennuie un peu. La musique ne m’a guère convaincue (comme toujours me direz-vous), quant aux acteurs, je reste là aussi assez dubitative. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’ils sont mauvais mais la nuance n’est pas forcément au rendez-vous. M. Shelley semble incapable de montrer le moindre sentiment quand Mme semble incapable de la moindre fougue.

Image extraite du film Mary Shelley

          Malgré un nombre de défauts assez incroyables pour ce film, il n’est pas aussi soporifique qu’on pourrait le craindre. Bien qu’édulcorée, l’histoire n’en demeure pas moins intéressante et pleine de rebondissements. Si les personnages ont été revus pour coller mieux à l’inconscient collectif pour une raison qui continue à m’échapper (monsieur est un connard, madame une pauvre fille qui s’est fait avoir), ils n’en demeurent pas moins assez intéressants si on essaie de combler les lacunes béantes laissées par l’écriture. L’aspect féministe dont on parlait tant au sujet de ce film m’a échappé. L’idée est bien présente au début dans le ton larmoyant brouille franchement les pistes. Bien que la notion de féminisme soit sans cesse soulignée avec un total manque de subtilité, je n’ai pas vraiment trouvé qu’elle soit particulièrement mise en avant dans l’écriture.

Image extraite du film Mary Shelley

          Il y a toutefois une chose que j’ai particulièrement appréciée dans ce film : il m’a donné terriblement envie de relire Frankenstein dont il éclaire l’écriture d’un jour nouveau. La genèse de la création est absolument passionnante. Ca tombe bien, elle est le fil rouge du film ! C’est de très loin l’aspect le plus réussi, même si là encore, après quelques recherches, de grandes libertés ont été prises avec les faits, à la fois pour simplifier et pour plus de drama (comme s’il n’y en avait pas eu assez dans la vue de cette femme !). Le résultat est toutefois là : si j’ai trouvé pas mal de défauts à ce film, très moyen quant à la réalisation et qui m’a laissé de gros doute quant à l’honnêteté intellectuelle du fond, il m’a donné envie de relire Frankenstein et de me pencher de plus près sur la vie de son auteur (avec une vraie biographie bien austère s’il le faut). Il a attisé ma curiosité, et rien que pour ça, ça valait le coup.

Frankenstein ou le Prométhée moderne

          Victor Frankenstein, scientifique genevois, est recueilli sur la banquise par un équipage faisant route vers le Pôle Nord. Très tourmenté, il livre son histoire au capitaine du bateau : quelque temps auparavant, il est parvenu à donner la vie à une créature surhumaine. Mais celle-ci sème bientôt la terreur autour d’elle…

          Et dooooonc… puisque j’en crevais d’envie et que je voyais tout à coup sa création sous un jour nouveau, je me suis empressée de relire Frankenstein. En fouillant ma bibliothèque, je me suis aperçue qu’à 12 ou 13 ans (voire même avant ? impossible de me rappeler !) j’avais lu la version abrégée. Je me suis donc procuré la version « normale » pour cette relecture. J’ai voulu me procurer une version bilingue pour essayer de le lire en anglais mais la mise en page était super mal foutue. De toute façon vu le niveau de langue en français, en anglais je n’aurais pas compris un traître mot ! Pas de regrets donc. Enfin pas trop en tout cas.

Couverture de Frankenstein

          J’avais beaucoup aimé cette lecture étant adolescente, je l’avais trouvé exaltante, j’avais compati à la solitude du monstre autant qu’à la frayeur de son créateur. Après avoir vu le film, je m’attendais à retrouver toutes ces émotions, en ayant en plus les clefs nécessaires pour mieux les analyser, c’était si prometteur. C’est donc le moment de vous dire que j’ai détesté. J’ai trouvé ce bouquin absolument imbuvable de bout en bout. Le point positif ? le style ! Sans hésiter, c’est beau, mais que c’est beau… On ne croise clairement pas une plume pareille tous les jours, stylistiquement, c’est splendide (et pourtant, j’ai quelques doutes sur la qualité de la traduction de l’époque). Le problème ? Tout le reste.

          Les personnages sont caricaturaux. Ils sont tous beaux, brillants et gentils. Sauf le monstre qui devient méchant parce qu’il n’a pas eu d’amour mais il fallait bien un contre exemple sinon il n’y aurait pas d’histoire. Par contre je trouve qu’il apprend foutrement vite. Je n’ai jamais essayé d’assembler des membres privés de vie dans ma chambre pour m’en faire un copain mais quelque chose me dit qu’il y aurait bien peu de chances que ça devienne un esprit aussi brillant – mais aussi torturé, peut-être bien en revanche. Tous les personnages sans exceptions sont imbus d’eux-mêmes, narcissiques à souhaits et ne semblent s’intéresser qu’à leur petite existence et éventuellement celle de leurs proches quand ils lèvent les yeux 2 secondes pour arrêter de se regarder le nombril. Ils passent alors leur temps à se congratuler mutuellement. Charmant tableau.

Frankenstein's_monster_(Boris_Karloff)

          Ca blablate, ça blablate, tout le monde s’entre-félicite et le roman est terriblement long à en venir aux faits. Vraiment très très très long… J’ai continué ma lecture, attendant avec impatience l’incroyable tirade du monstre. Mais bon, finalement il ressemble à son maître : il s’extasie de sa propre intelligence et chouine quand ça ne va pas comme il veut. Certes, lui au moins a de bonnes raisons mais ça ne le rend pas beaucoup plus sympathiques. C’est presque un exploit finalement, j’ai détesté tous les personnages de ce roman. Sauf le bon copain, lui il est potable, juste un peu con et très mal entouré. Je veux bien croire que c’est sa solitude qui a valu à Mary Shelley d’écrire ça mais son entourage d’intellos ravagés par l’alcool a visiblement bien déteint sur les personnages quand même ce qui nuit fortement à la tension dramatique.

          Pas simple d’apprécier ce texte si on n’est pas un fanatique de romantisme débridé, sauf si on est encore jeune et idéaliste puisque ça semblait fonctionner sur moi quand j’étais pré-ado et qu’après avoir mené ma petite enquête, je ne suis pas la seule à avoir ressenti ce texte très différemment à l’âge adulte. Les amateurs de lyrisme pourraient également y trouver leur compte parce que le moins qu’on puisse dire c’est que ça ne fait pas dans la dentelle de ce côté-là (mais bordel que c’est beau – insupportable mais beau). Grosse déception que ce Frankenstein malgré une plume splendide. En revanche, ça ne m’a pas fait passer l’envie de me pencher de plus près sur la vie de Mary Shelley.

Portrait de Mary Shelley

Les travaux des hommes de génie, même poursuivis dans de fausses directions, ne manquent presque jamais de se révéler, en fin de compte, nettement bénéfique au genre humain.

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Si je suis méchant, c’est que je suis malheureux. Ne suis-je pas repoussé et haï par tous les hommes ? Toi, mon créateur, tu voudrais me lacérer et triompher de moi ; souviens-t’en et dis-moi pourquoi il me faudrait avoir davantage pitié de l’homme qu’il n’a pitié de moi ?

Candelaria

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          Comédie dramatique colombiano-cubaine de Jhonny Hendrix Hinestroza avec Veronica Lynn, Alden Knight, Philipp Hochmair
La Havane, 1995. Au plus fort de l’embargo américain, les Cubains traversent une crise économique sans précédent. Parmi eux, Candelaria et Victor Hugo, 150 ans à eux deux, vivent de bric et de broc jusqu’au jour où Candelaria rentre à la maison avec une petite trouvaille qui pourrait bien raviver la passion de leur jeunesse…

Affiche du film Candelaria

          La bonne surprise ciné du mois de juin. J’avais hésité à plusieurs reprises à aller voir ce film mais le sujet me tentait moyennement et j’avais peur que ce ne soit pas trop fait pour me plaire. Et puis, il est passé dans au cinéma itinérant chez mes parents, et c’est ce qui m’a finalement décidée à aller le voir un peu après tout le monde. Je peux vous dire que j’ai bien fait, c’est un des films que j’ai préférés ces dernières semaines !

Image du film Candelaria

          Le sujet de la sexualité des seniors n’est pas forcément des plus facile à aborder sans se montrer indélicat. C’est pourtant un pari plus que réussi. Le film suggère (largement même) sans jamais être choquant ou paraître déplacé. Il traite le sujet avec beaucoup de simplicité et de bienveillance. Les acteurs sont assez exceptionnels et ont la bonne humeur communicative. Malheureusement l’acteur principal est décédé durant le tournage.

Image du film Candelaria

          Le film a également pour fond la société cubaine et les restrictions. Des sujets de société qu’il intègre assez bien dans l’histoire, sans l’alourdir, tout en parvenant à nous faire entrevoir la vie à Cuba. Si j’ai bien trouvé une qualité à ce film c’est sa délicatesse et sa bienveillance. Il est juste et touchant. Je l’ai trouvé à la fois doux et émouvant. Plus d’une fois, il m’aura surprise à sourire face à une histoire que pourtant je redoutais un peu. Si le tout manque un peu d’ampleur, sans être un chef-d’œuvre, Candelaria est un joli film sur un sujet peu exploité.

Plaire, aimer et courir vite

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          Comédie dramatique de Christophe Honoré avec Pierre Deladonchamps, Vincent Lacoste, Denis Podalydès
1990. Arthur a vingt ans et il est étudiant à Rennes. Sa vie bascule le jour où il rencontre Jacques, un écrivain qui habite à Paris avec son jeune fils. Le temps d’un été, Arthur et Jacques vont se plaire et s’aimer. Mais cet amour, Jacques sait qu’il faut le vivre vite.

Affiche de Plaire, aimer et courir vite

          Certains d’entre vous s’en souviennent peut-être, il y a quelques années, j’ai consacré mon mémoire de master à la littérature sur le sida, autour notamment d’Hervé Guibert. J’avais décidé d’élargir le sujet dans ma dernière partie au cinéma. J’ai donc vus quelques films sur ce thème et lorsque quelque chose de nouveau sort sur la période, je suis toujours très curieuse d’aller le découvrir histoire de compléter ma culture autour de ce sujet. Je ne pouvais donc pas rater le dernier film de Christophe Honoré.

Image de Plaire, aimer et courir vite

          Je dois avouer que face aux sujets qui touchent à l’intime j’ai toujours un peu peur de m’ennuyer. Je suis assez peu portée sur les histoires de cœur au cinéma et je n’aime pas quand la maladie devient un tire-larmes, ce qui malheureusement trop souvent le cas. En la matière, je suis plutôt adepte de sobriété. J’étais donc circonspecte. Et finalement, malgré les défauts du film, j’ai trouvé que c’était une jolie surprise.

Image de Plaire, aimer et courir vite

          Mon coup de cœur va à l’interprétation, d’une incroyable justesse. Les 3 acteurs principaux sont rayonnants. Ce n’est pas forcément une grosse surprise concernant Denis Podalydès et Vincent Lacoste mais je ne connaissais pas l’acteur principal et j’ai été subjuguée (oui, rien que ça). Il mérite à lui seul le détour. On l’avait déjà vu dans l’Inconnu du lac mais j’étais visiblement trop occupée à m’ennuyer pour le repérer. En tout cas, le trio infernal fonctionne et c’est un régal de les suivre.

Image de Plaire, aimer et courir vite

          Comme toujours chez Honoré, la bande-son est également fort bien choisie. L’histoire est jolie et sonne juste, sans larmoiements inutiles, sans forcer l’émotion. Presque pas assez. C’est tellement délicat que même les situations les plus extrêmes ne nous tirent pas une larme, à peine un petit pincement au cœur. D’un côté j’admire ce parti pris de mettre plus en avant la beauté d’une relation nouvelle et la joie qu’elle apporte plutôt que l’échéance imminente de la mort, ça donne au tout une certaine fraîcheur qui contraste avec le sujet. Ca donne un film doux et joyeux, mélancolique parfois, peut-être pas un chef-d’œuvre mais un joli moment.

Les hauts de Hurlevent

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          Lorsque Mr Earnshaw ramène d’un voyage un enfant abandonné, Heathcliff, les réactions de ses enfants évoquent les orages qui s’abattent sur le domaine des Hauts du Hurlevent. Le fils Hindley n’accepte pas cet enfant sombre et lui fait vivre un enfer. La fille, Catherine, se lie très vite à lui, d’un amour insaisissable et fusionnel. Tous trois grandissent, dans cet amas de sentiments aussi forts qu’opposés.

          Si j’ai réduit un peu réduit le rythme dans ma découverte (ou redécouverte pour certains) des classiques de la littérature, je continue tout de même à en intercaler quelques uns dans mes arrivées de romans contemporains. C’est cette fois à la littérature anglaise que je m’attaque avec les célèbres Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë. Je ne savais pas au juste à quoi m’attendre – même si j’avais déjà entendu parler de l’histoire bien sûr, et que j’en avais même lu des extraits il y a fort longtemps.

Couverture des Hauts de Hurlevent

          Je dois avouer avoir été un peu déçue par le style. Je ne sais pas si c’est dû à la traduction mais je l’ai trouvé assez terne. Ca n’a pas très bien vieilli et ça manque un peu de rythme. Mais je m’y suis assez vite habituée. Il faut dire que l’histoire s’avère assez prenante. Les histoires de famille et moi ne sommes pas franchement inséparables mais je dois avouer avoir trouvé dans celle-ci un ton tellement particulier et empreint de désespoir que c’en est tout à fait fascinant. On ne peut s’empêcher de se demander comment les personnages ont bien pu en arriver là.

          Le gros point fort de ce roman, ce sont ses personnages donc, assez atypiques, et surtout qui entretiennent des relations qui le sont encore plus. C’est vraiment un aspect du livre que j’ai adoré et qui est inhabituel pour cette période où tout était quand même assez codifié. Pas étonnant que sur le moment le roman n’est pas rencontré un succès fou. C’est très sombre et dérangeant. S’il y a quelques longueurs – notamment sur la fin – et malgré un style qui manque de fraîcheur, j’ai beaucoup aimé ce roman au thème inhabituel extrêmement bien traité.

Portrait d'Emily Brontë par son frère

Les gens orgueilleux se forgent à eux-mêmes de pénibles tourments.

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Mon amour pour Linton est comme le feuillage dans les bois : le temps le transformera, je le sais bien, comme l’hiver transforme les arbres. Mon amour pour Heathcliff ressemble aux rochers immuables qui sont en dessous : source de peu de joie apparente, mais nécessité.