Mes lectures

Après l’équateur, le premier roman prometteur de Baptiste Fillon

          Un marin à l’orée de la retraite part pour un dernier voyage. Il est partagée entre deux familles, celle qu’il a fondé il y a des années à Marseille avec une femme qu’il n’est plus sûr d’aimer et deux grandes filles qu’il ne voit jamais, l’autre au Brésil où l’attendent pour quelques jours de bonheur chaque année une jeune femme qu’il connaît à peine et l’enfant qu’elle lui a donné. L’heure du choix approche et va s’avérer difficile. 

Tranches

          On m’a offert ce roman pour mon anniversaire et à vrai dire, la quatrième de couverture me tentait assez. J’ai d’ailleurs été assez agréablement surprise par les premières pages. L’écriture est assez forte : le mélange entre un style plutôt soutenu et la vie rude de marins crée un étrange décalage que j’ai bien aimé. Bien que je sois une montagnarde et n’y connaisse strictement rien pour tout ce qui touche aux affaires maritimes, j’ai toujours beaucoup aimé les récits qui traitent de la mer. Je suppose que c’est en partie parce qu’ignorant tout de ce domaine, je trouve cela totalement dépaysant. Et puis il y a eu ma rencontre avec Jack London aussi qui y a forcément été pour beaucoup ! J’ai donc été ravie de retrouver cet univers. Sachant qu’il s’agissait d’un premier roman, j’ai tout d’abord été étonnée par la qualité du style et la maturité dont faisait preuve ce jeune auteur.

          Au fil des pages, je lui ai toutefois trouvé quelques défauts (il faut bien, l’inverse aurait été inquiétant !). Le style justement, qui au premier abord m’a marquée par son côté assez soutenu, manque un peu de naturel sur la longueur. Les marins ne sont généralement pas des tendres et j’ai trouvé que les dialogues manquaient de saveur. J’ai parfois eu l’impression que l’auteur voulait en faire trop et avait essayé caser le plus de connaissances possibles dans ce roman, au détriment du réalisme parfois. Cela peut se comprendre aisément, je suppose qu’on veut que son premier roman soit parfait, bien écrit et érudit, rien de plus naturel. Mais le mieux est l’ennemi du bien, on ne le répétera jamais assez ! Il est louable de faire la part belle à la culture et à la langue mais un peu de sobriété est parfois bienvenue. Sur son site, l’auteur dit avoir « voulu recréer une langue à la fois mélodieuse et heurtée, qui rappelle la rugosité du parler des gens de mer ». C’est exactement cela dans les sonorités, la musique de la langue, qui a une grande importance dans ce roman. En revanche, dans le vocabulaire, il y a un léger déséquilibre, la rugosité se ressent un peu moins.

          Du côté de l’histoire, j’avoue que l’amour et les atermoiements sur le sujets ne sont pas trop mon fort… J’ai malgré tout trouvé que les sentiments étaient traités avec beaucoup de justesse. Les relations entre les personnages sont assez fines et très riches. Le personnage principal est intéressant, il gagne en profondeur de page en page et acquiert une identité forte que j’ai beaucoup aimée. Même si l’aspect sentimental n’avait pas grand chose pour me plaire, il est indéniablement un des points forts de ce roman. On ne tombe jamais dans la mièvrerie ou la facilité, ce qui est aussi rare qu’appréciable. Même si j’aurais aimé un plus grand contraste dans le style, j’ai apprécié la qualité de la langue et la mélodie qui s’échappe de ces phrases. Un roman bien mené qui laisse présager d’un avenir prometteur pour son jeune auteur.

 

Copyright : Catherine Hélie - Gallimard - 2014
Copyright : Catherine Hélie – Gallimard – 2014

L’horizon montait, descendait. Ça finissait par faire une musique. Les mêmes intervalles, un battement mou. La proue s’élevait contre le ciel blanc. Une fois arrivée à son plus haut point, un craquement ébranlait la carcasse du bateau, et la proue retombait dans la mer. La coque entrait dans l’eau. Une glissade de quelques secondes où tout tenait en place, le temps que l’Atlantique nous renvoie vers le ciel. Une attente fébrile, toujours trop vite soulagée.

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Rien ne la prenait en défaut. Ni la magie ni les transes. Revenue des mystères, des sortilèges et des malédictions, elle ne percevait plus les signes du destin. Les présages s’étaient effacés, et elle ne craignait plus la mort.

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Chez Fanny, c’était le même emportement, quoique plus tendre, et pas tout à fait convaincu de la nécessité de la lutte.

Et pour en savoir plus sur Batiste Fillon et son premier roman, c’est par ici.

Cinéma

Black Coal, un polar chinois aussi beau que déroutant

Drame policier chinois de Yi’nan Diao avec Fan Liao, Lun-mei Gwei, Xue-bing Wang

          En 1999, un corps est retrouvé dispersé dans des tas de charbon. Quand cinq ans plus tard deux hommes liés à la femme de la première victime sont assassinés, l’inspecteur Zhang, qui s’était occupé du premier meurtre avant de quitter la police, décide reprendre du service. 

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          J’avais lu de très bonnes critiques sur ce film. Je dois admettre que je n’étais pas très sure d’avoir envie de le voir, ça me semblait très sombre, mais quand on m’a proposé d’y aller, j’ai accepté. Une décision que je n’ai pas regretté ! Ce film est pour le moins particulier. Il nous sort de nos habitudes et ne ressemble en rien au polar américain auquel on est accoutumé. L’histoire est complexe et peut dérouter. Je dois avouer que pendant un moment, j’ai été un peu larguée dans les méandres de l’enquête mais petit à petit, les choses finissent par se mettre en place et ça fait aussi partie du charme de l’histoire.

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          Mais ce qui est le plus impressionnant dans ce film, c’est son esthétique impeccable. C’est sombre mais incroyablement beau. Il y a des scènes vraiment splendides mais jamais attendues. On ne tombe pas dans la facilité avec les ralentis chers au cinéma asiatique ou les plans serrés interminables, ici la beauté surgit toujours à l’improviste, on est scotchés par la maîtrise de certains plans tout à fait inattendus. J’ai eu l’impression que ce film prenait constamment le spectateur à contre-pied. C’est pour le moins troublant mais également intéressant de se voir ainsi malmené dans ses habitudes.

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          Je ne dirais pas que j’ai adoré ce film, il d’ailleurs fallu un certain temps après l’avoir vu pour me remettre les idées en place et savoir si je l’avais apprécié. La fin, certes impressionnante visuellement, m’a toutefois laissée un peu perplexe, j’ai eu comme l’impression qu’il manquait un petit quelque chose pour clore cette histoire. L’intrigue est originale et bien construite, elle m’a surprise à plus d’une reprise même si je l’ai trouvée assez complexe, au risque de perdre le spectateur (ce qui a bien faille être le cas mais j’ai fini par m’y retrouver). Visuellement, c’est sombre et assez sobre tout en étant étonnamment beau. C’est là sans nul doute le gros point fort de ce film surprenant à plus d’un titre. 

Mes lectures

Et puis, Paulette…

          Ferdinand vit seul dans sa ferme. Même s’il s’occupe à l’occasion de ses petits-enfants, il s’ennui un peu sans compagnie. Quand le toit de sa voisine s’effondre, il lui propose donc de venir s’installer dans cette maison devenue trop grande pour lui. Peu à peu, la vie va revenir dans la maisonnée.

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          J’avais beaucoup entendu parler de ce livre. Je savais que ce n’était le genre de roman qui me passionnent mais je m’attendais à une histoire légère et agréable que je me réservais pour un jour où j’aurais envie de quelque chose de facile à lire. Pourtant, malgré mes attentes très limitées, j’ai trouvé le moyen d’être déçue… Ce que j’aime dans ce genre de livres, c’est leur côté léger : une écriture simple, une histoire efficace, des livres facile d’accès qui, s’ils ne correspondent pas trop à mes goûts, font souvent d’excellentes moments de détente. Pourtant, là, ça n’a pas fonctionné.

          Le problème avec la simplicité, c’est qu’elle est parfois difficile à doser et la limite entre simple et simpliste est mince. Elle est ici largement franchie. Le style est, il faut bien le dire, franchement mauvais. J’ai parfois eu l’impression que c’était digne d’une rédaction de collégien. Ce n’est certes pas très charitable comme description mais ça définit assez bien la richesse du vocabulaire… Passons à l’histoire maintenant. Elle est particulièrement longue à démarrer. Pleine de bons sentiments, on voit venir les rares rebondissements à 2 km, ce qui gâche considérablement le plaisir de la lecture. A aucun moment je n’ai réussi à m’intéresser à ce qui allait se passer et j’ai fini par abandonner faute d’avoir envie d’aller plus loin dans l’histoire et de prendre le moindre plaisir à cette lecture.

          Ce roman avait pourtant une assez bonne critique. Si j’avais parfois lu qu’il était moyen, je n’en avais jamais entendu dire du mal. Je savais qu’aimant quand même la littérature un peu exigeante j’étais loin de ma zone de confort mais même si je lis très peu de littérature « grand public » cela ne m’empêche généralement pas d’y prendre un certain plaisir quand je me penche dessus. Là ce fut très loin d’être le cas. J’ai eu l’impression d’un roman écrit par-dessus la jambe et qui prenait le lecteur pour un imbécile. Je me demande si avec le temps et la multiplication des lectures je ne deviens pas tout simplement plus difficile à satisfaire. Je suis sensible au style mais surtout, j’ai l’impression que plus le temps passe et plus l’histoire est essentielle à mes yeux. J’ai besoin d’être embarquée, surpris, émue. Rien de tout ça ne s’est passé avec ce livre-là. Une écriture incroyablement pauvre et une histoire sans grand intérêt ont eu raison de ma patience. Encore un succès qui m’échappe et me désespère.

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Roland ne va pas très bien, en ce moment. Il n’arrive pas à se remettre de sa séparation d’avec Mireille. Au début, il avait l’air de bien supporter. Il faisait le gars qui prenait les choses avec philosophie. La vie n’est pas un long fleuve tranquille, qu’à cela ne tienne, il apprendrait à pagayer.

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C’était tout simplement triste d’avoir perdu autant de temps. Pour lui, Ferdinand , de se rendre compte seulement maintenant que son fiston n’était pas juste un p’tit con. Et pour Roland, que son père n’était pas qu’un vieux naze.

Cinéma

Tristesse club, une comédie douce-amère qui m’a laissée sur ma faim

Comédie dramatique française de Vincent Mariette avec Ludivine Sagnier, Laurent Lafitte, Vincent Macaigne

          Léon et Bruno sont frères mais ne se parlent plus guère. Ils vont pourtant se retrouver pour l’enterrement de leur père. Là-bas, ils vont découvrir qu’ils ont une demie-sœur et que leur père n’est pas vraiment mort. Ils vont partir ensemble à leur recherche et apprendre à se découvrir ou se redécouvrir. 

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          Si je ne suis pas très férue de comédies, je me suis laissée tenter par celle-là. J’aime généralement bien les comédies douces-amères et elle me semblait tout à fait en faire partie. J’aime beaucoup le trio d’acteurs (surtout Laurent Lafitte, il faut bien l’avouer) et la bande-annonce me semblait plutôt prometteuse. De plus, j’en avais plutôt entendu dire du bien, je n’avais donc aucune raison de ne pas aller voir de quoi il retournait. Pourtant, je dois avouer que j’ai été assez déçue. Je n’ai que très rarement ri (voire pas du tout d’ailleurs) et je me suis ennuyée ferme d’un bout à l’autre…

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          Je n’ai pas cru une seconde en cette histoire ni dans ses personnages que je n’ai d’ailleurs pas trouvés particulièrement bien interprétés. Les blagues sont dans l’ensemble tombées à plat et quelques moments frôlent le grotesque. Pourtant, dans l’ensemble, le film reste assez sensible, jouant sur les failles de personnages qui se cherchent. Malheureusement, je n’ai pas réussi à m’intéresser à leur histoire j’ai trouvé qu’elle peinait à trouver un ton juste. Faute de trouver ce film réellement mauvais, il m’a plutôt semblé fade. Je suis totalement passée à côté.

Mes lectures

Lulu femme nue – Une jolie BD d’Etienne Davodeau

          Lulu cherche un travail. Un jour, après s’être rendue une nouvelle fois à un entretien qui n’a pas fonctionné, elle décide de ne pas rentrer chez elle rejoindre son mari et ses enfants. Quelques jours de liberté durant lesquels elle va faire de belles rencontre et retrouver peu à peu le goût de vivre.

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          J’ai beaucoup entendu parler de cette BD mais ne l’avait toujours pas lue. J’ai également raté le film lors de sa sortie. Ma maman l’avait vu et beaucoup aimé, pour la fête des mères, je lui ai donc acheté la BD, bien qu’elle n’en lise pas habituellement. J’en ai profité pour lui emprunter aussi sec et la lire moi aussi (comment ça ça ne se fait pas de piquer les livres qu’on vient juste d’offrir ?). Je dois avouer que j’ai littéralement dévoré cette BD qui se lit vraiment très bien. Pourtant, j’ai eu une pointe déception au début de ma lecture.

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          Je m’attendais à une histoire très émouvante et j’ai été assez surprise par la sobriété du style. Il y a assez peu de texte et j’ai mis un certain temps à m’habituer aux silences qui prennent une grande place dans l’histoire. Mais peu à peu, ce qui m’a d’abord déroutée est finalement apparu comme un des points forts de cette BD tout en sensibilité. Les choses se mettent en place peu à peu et les sentiments sont évoqués avec pudeur et une économie de mots qui finalement lui donne une teinte peut-être un peu nostalgique que j’ai bien aimée. Le dessin, un peu vaporeux et aux couleurs pastel, renforce cette impression.

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          L’histoire de cette femme effacée qui prend goût à la liberté et se redécouvre est touchante. Il y a des moments tantôt drôles, tantôt tendres et la réaction de la famille, entre inquiétude et compréhension, est très bien construite. J’ai de suite imaginé quel film ça pouvait donner, en remplissant les blancs laissés par le texte, ça m’a donné très envie de voir l’adaptation qui en a été faite et qui doit donner une autre dimension à l’histoire. Une BD tout en retenue mais assez touchante dont l’histoire est je pense assez universelle. Une belle découverte.