Cinéma·Mes lectures

Deux histoire d’amours impossibles

La couleur de l’eau, de Kerry Hudson

 

          Sous le charme, Dave, vigile dans un luxueux magasin londonien, laisse, partir une jeune voleuse qu’il venait de surprendre. Sa journée terminée, il la découvre dehors, à l’attendre. C’est le début d’une relation complexe, entre deux êtres abîmés, chacun dissimulant un lourd passé. 

          Je dois avouer que quand j’ai reçu ce premier livre de la rentrée littéraire, je n’étais pas très enthousiaste. J’ai pourtant été agréablement surprise. Bien que je ne sois pas une grande adepte des histoires d’amour (je sais, j’en lis pourtant beaucoup, mais ce n’est pas de ma faute si c’est le sujet préféré de la littérature) celle-ci m’a plutôt séduite. Le style est assez simple mais fonctionne bien. Il y a une certaine douceur dans ces lignes, j’ai bien aimé ces personnages qu’on sent écorchés et qui sont décrits avec beaucoup de tendresse. D’un côté, un vigile dans un magasin de luxe, de l’autre, une petite voleuse à la tire. Leur rencontre aurait dû être furtive, s’il n’était tombé immédiatement amoureux de la belle. Il leur faudra du temps pour s’apprivoiser. Ce sont ces tâtonnements qui font le charme de ce roman.On découvre peu à peu les secrets de l’un et de l’autre, leurs peurs, leurs failles. Pour une fois, tout ne va pas se passer pour le mieux. Ou pas toujours en tout cas. Même si le texte n’est pas exempt de défauts – un côté un peu mièvre parfois (c’est un peu le genre qui veut ça) – il est agréable à lire. Les personnages sont assez attachants. Leurs petits défauts m’ont parfois agacée mais c’est aussi ce qui les rend humains. L’histoire traîne un peu en longueur vers le milieu et la fin est – relativement – prévisible mais malgré tout, l’histoire fonctionne plutôt bien. Une lecture qui m’a agréablement surprise et m’a fait passer un bon moment.

La couleur de l'eau

La face cachée de Margo, de Jake Schreier

 

          L’histoire de Quentin et Margo, sa voisine énigmatique, qui aimait tant les mystères qu’elle en est devenue un. Après l’avoir entraîné avec elle toute la nuit dans une expédition vengeresse à travers leur ville, Margo disparaît subitement – laissant derrière elle des indices qu’il devra déchiffrer. Pour trouver Margo, Quentin va devoir découvrir le vrai sens de l’amitié… et de l’amour.

          Quand Nos étoiles contraires était sorti, je m’étais méfié d’une histoire qui me semblait bien sirupeuse. Je l’avais finalement vu quelques semaines après sa sortie et je dois avouer que j’avais été agréablement surprise. Certes c’est tout plein d’amour et il y a un peu trop de bons sentiments à mon goût mais ce n’est pas si mal. Voire même plutôt bien. Quand j’ai vu qu’une nouvelle adaptation d’un des livres de l’auteur qui avait signé cette histoire était sortie au cinéma, j’ai donc décidé d’aller voir ce que ça donnait (et puis j’avais envie de me faire une petite romance pour changer). Même si je n’en attendais pas grand chose et que le film est dans l’ensemble agréable, j’ai été assez déçue. Je me suis un peu ennuyée tout le long, j’ai eu du mal à m’intéresser aux aventures sentimentales de notre « héros ». Difficile de dire pourquoi. Je dois être trop vieille sans doute. Toutefois, si je n’ai que peu compatis aux malheurs du personnage principal, j’ai trouvé son road trip pour aller retrouver sa belle sympathique. L’idée d’un jeu de piste amoureux était plutôt bonne même si elle ne fonctionne à mon sens qu’à moitié. Je n’ai pas ressenti le suspens qu’elle aurait dû susciter mais ça m’a toutefois divertie. La vraie bonne surprise vient surtout de la fin de se film jusque-là un peu trop sage. Je m’attendais à une fin très mièvre mais sans vous la dévoiler, elle est bien plus subtile que je ne l’aurais cru. Un film un peu fade mais pas si mauvais et dont le message est moins niais que ce qu’on aurait pu attendre. Le tout est s’avère plutôt mignon. 

Mes lectures

L’amour entre les rayonnages

La bibliothèque des cœurs cabossés, de Katarine Bivald

 

          Sara est une jeune femme timide qui vient de perdre son travail de libraire en Suède. Amy est une vieille dame cultivée qui vit au fin fond de l’Iowa. Elles correspondent toutes deux depuis longtemps autour des livres et Sara décide d’aller lui rendre visite pour l’été mais les choses vont prendre une bien drôle de tournure.

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          C’est LE livre dont toute la blogosphère a parlé en début d’année. Genre « un chef-d’oeuvre », « tellement émouvant » et j’en passe. Je me suis alors retrouvée face à un terrible dilemme : que faire d’un livre contenant à la fois un de mes mots préférés et un de ceux qui me rebutent le plus – je vous laisse deviner lequel est quoi. Sans compter que généralement les grands succès et moi ne sommes pas très copains (il en faut toujours une qui n’aime pas, le fameux esprit de contradiction). Je me suis quand même lancée, histoire de mourir moins bête (ou pas).
Sans grande surprise, je suis ressortie de cette lecture assez mitigée. Il faut bien l’admettre, ça aurait pu être pire, je n’ai pas franchement détesté – loin s’en faut, j’ai même pris plaisir à cette lecture – mais il y avait clairement une erreur de casting. On est face à une histoire d’amour pour midinettes alors que je ne les aime (presque) que tragiques. L’histoire est rafraîchissante et plutôt sympa sur une grosse première partie, ensuite ça devient beaucoup plus prévisible et les bons sentiments deviennent plus pesants. J’ai eu l’impression qu’après un début plutôt réussi, la fin avait été un peu bâclée. Les personnages manquent un peu de caractère et de profondeur à mon goût, ils auraient mérité d’être plus contrastés. Certains éléments de l’histoire peuvent sembler quelque peu improbables mais je me suis laissée porter par le déroulé des événements. L’écriture quant à elle est assez « neutre » : pas exceptionnelle mais plutôt agréable. Une lecture un peu légère à mon goût mais qui ravira sans doute les plus romantiques d’entre vous.

Quelle terrible prise de conscience : savoir qu’il y avait tant de livres qu’elle ne toucherait jamais, tant d’histoires qui se poursuivraient sans elle, tant d’auteurs anciens qu’elle n’aurait pas le temps de découvrir !

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Tu sens? L’odeur des livres neufs. Des aventures pas encore lues. Des amis dont on n’a pas encore fait la connaissance, des heures d’escapade hors de la réalité qui attendent.

Le cœur entre les pages, de Shelly King

 

          Maggie a 34 ans et vient d’être licenciée d’une start up de la Silicon Valley. Depuis, elle passe ses journées à traîner au Dragonfly, une petite librairie de livres d’occasion. En cherchant un livre pour un club de lecture, elle va tomber sur une étrange correspondance amoureuse dans L’amant de Lady Chatterley qui va devenir une véritable obsession.

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          Je n’avais visiblement pas ma dose de romance puisque j’ai enchaîné avec ce roman que m’a envoyé l’éditeur. Je m’attendais à y trouver à peu près la même chose que dans le précédent et ç’a été plus ou moins le cas. On y trouve en tout cas des livres et une histoire d’amour. Mais j’ai peut-être trouvé ce roman un peu plus abouti. L’histoire est relativement originale tout en restant plausible. J’ai bien aimé les personnages atypique, tous plus ou moins asociaux et décalés, ce qui crée une drôle d’ambiance que j’ai bien aimée. En dehors du décor, rien de très original mais j’ai bien aimé cette histoire. J’ai trouvé que ça traînait un peu en longueur sur la fin avec quelques passages un peu mièvre (c’est un roman d’amour, je saiiis) mais heureusement ça n’a pas trop duré. Si c’est un roman d’amour, c’est d’ailleurs plutôt une déclaration d’amour aux livres – avec quelques maladresses, il faut bien l’admettre – qu’une romance à proprement parler. Le style manque sans doute un peu de finesse, restant très simple. Finalement, même si ce n’est pas franchement mon style de littérature, j’ai bien aimé cette lecture légère et agréable.

Les librairies sont des créatures romantiques. Leurs marchandises vous séduisent et leurs problèmes vous brisent le coeur. Tous les grands lecteurs rêvent d’en avoir une. Ils pensent que passer la journée au milieu de tous ces livres sera le grand accomplissement de leur passion.

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Ce sont nos imperfections qui nous rendent plus dignes d’amour.

Cinéma·Mes lectures

Retour sur quelques ratés…

          Il y a les bonnes surprises, et puis il y a les autres. Même si le début d’année a été plus riche en coups de cœur qu’en loupés, il y a tout de même eu quelques déceptions. En voici trois.

La vieille qui voulait tuer le bon dieu, de Nadine Monfils

          Je dois avouer que je ne m’attendais à rien d’exceptionnel en ouvrant ce livre gagné l’année dernière et qui attendait depuis dans ma bibliothèque. Je l’ai ouvert un jour où j’avais envie de quelque chose de léger en me disant que ça pouvait être drôle. J’ai vite déchanté. L’écriture se veut légère mais je l’ai trouvée « surjouée » si je peux dire, un défaut courant dans ce type de roman qui en fait des caisses pour avoir l’air naturels et enjoués. Ce ton assez typique des romans « humoristiques » a une certaine tendance à me taper sur les nerfs. Je ne suis donc pas très bons public pour les romans qui se veulent drôles, malgré tous mes efforts. Celui-ci ne m’a franchement pas emballée. Le personnage principal m’a semblé à la fois antipathique et peu crédible. Mais il faut dire que ce n’aurait pas été un gros problème si le style ne m’avait pas autant agacée. J’ai eu beau essayer de m’intéresser à l’histoire, rien à faire. J’ai trouvé le trait grossier et je n’ai pas souri une seule fois. Un roman qui m’a semblé sans le moindre intérêt.

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En équilibre, de Denis Dercourt

          Ce film me tentait assez, ne serait-ce que parce qu’il y avait Albert Dupontel à l’affiche, ce qui est généralement un gage de qualité. Une fois n’est pas coutume, celui-ci m’a déçue. Il faut dire que les comédies romantiques et moi ne sommes pas forcément faites pour nous entendre, je ne le apprécie que très modérément et suis assez hermétique au romantisme. J’aurais donc sans doute pu me douter que ça n’allait pas coller mais mon optimisme naturel me poussait à croire le contraire. Finalement, j’ai trouvé cette histoire totalement niaise. Je n’ai même pas trouvé que les acteurs jouaient bien alors que je les apprécie habituellement. Même la passionnée de cheval que je suis est restée perplexe devant l’univers équin. Bref, un raté total. J’ai trouvé qu’il ne se payait même pas le luxe d’être franchement mauvais, juste totalement insignifiant. Je suis ennuyée ferme devant ce film qui m’a semblé plus d’une fois improbable. Une grosse déception.

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Un homme idéal, de Yann Gozlan

          Le synopsis de ce film me semblait très prometteur. Une histoire d’écrivain, de manuscrit volé, de harcèlement, les ingrédients semblaient réunis pour passer un bon moment. Pourtant, rapidement j’ai senti que ça n’allait pas être le bon moment espéré. J’ai trouvé le personnage principal de ce film assez exaspérant (les autres aussi d’ailleurs) et plus on avance plus il perd en crédibilité. L’idée de départ était prometteuse mais le film s’enlise dans un scénario improbable servi par un jeu d’acteurs assez fade. J’ai hésité un bon moment entre ennui profond, perplexité et agacement. Et ça ne va pas en s’arrangeant ! Les critiques n’étaient certes pas très élogieuses sur ce film mais je ne m’attendais pas à pareil désastre. J’ai beau être très bon public pour les thriller, je n’ai pas du tout apprécié celui-ci auquel je n’ai pas cru une seconde. Navrant.

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Mes lectures

Ethan Frome, le chef-d’oeuvre d’Edith Wharton

          Qu’est-il arrivé à Ethan Frome pour que cet homme d’une petite ville du Massachusetts pour qu’il se soit à ce point renfermé ? Quel a été ce grave accident qui l’a lourdement handicapé ? Un nouvel arrivant dans la ville va tenter de percer les mystères de cet homme.

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          D’Edith Wharton, je n’avais lu que Le vice de la lectureun petit texte avec lequel je n’avais pas du tout accroché. J’avais trouvé le style très vieilli et l’argumentation faiblarde. Quand on m’a offert ce roman, je ne me suis donc pas précipité pour le lire, bien que la libraire à qui je fais relativement confiance ait assuré que ce soit un chef-d’oeuvre. Toutefois, cette année, j’ai décidé de le mettre dans la liste des romans à sortir de ma bibliothèque avant le 31 décembre. Je me suis rapidement attelée à la tâche (moins rapidement à vous en parler, comme vous pouvez le constater…) et je dois bien avouer que j’ai été très agréablement surprise. L’écriture est classique mais je l’ai beaucoup appréciée. Assez sobre, avec une retenue plutôt touchante qui donne une note particulière à ce texte. On met un peu de temps à s’attacher aux personnages – par ailleurs assez énigmatiques – mais on finit par s’habituer à leur présence et par vouloir en savoir plus sur leur histoire.

          On se laisse bercer par le rythme très particulier de ce roman. Ethan Frome est un personnage énigmatique alors que sa protégée s’avère pour le moins lumineuse. Le contraste entre leurs deux personnalités donne à ce texte une relief particulier. J’ai beaucoup de mal à expliquer pourquoi j’ai tant aimé ce roman. Ca tient à la fois de ses personnages un peu « abîmés » dont le portrait est si bien dressé qu’on brûle de découvrir leur passé, ce qui a pu les façonner de la sorte. Le style simple en apparence nous coule dans un rythme qui m’a quelque peu bercée. Il y a à la fois de la douceur, de la retenue et un fond de douleur dans l’écriture que j’ai trouvé extrêmement touchant. On apprend à connaître les personnages peu à peu sans à proprement parler de suspens, on sent au fil des pages arriver le drame. Une belle écriture et une histoire bouleversante, un très grand roman.

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Il avait toujours été plus sensible que les gens de son entourage aux beautés de la nature ; ses études, malgré leur interruption prématurée, avaient donné une forme à cette sensibilité, et, même aux heures les plus malheureuses de son existence, les champs et le ciel lui avaient toujours parlé d’une voix souveraine et profonde.

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Ces sautes d’humeur faisaient le désespoir et la joie d’Ethan Frome. Le tour que prenaient les pensées de Mattie était aussi imprévisible que les allers et retours d’un oiseau entre deux branches.

Jeunesse·Mes lectures

T’es plus mon amoureux ?

          Horacio boude ses livres, serait-il malade ? Mais non, il est amoureux ! Il pense jour et nuit à Cassandra, la nouvelle de la classe, mais il ne sait pas comment lui dire. Mais Cassandra aussi aime les livres, peut-être qu’il pourra ainsi l’aborder et qu’il pourront même partager leurs lectures. 

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          Honnêtement, ce qui m’a fait complètement craquer dans cet album, ce sont ses illustrations. A la fois colorées et pleines de poésie, elles donnent envie de se plonger dans l’histoire sans tarder. Ce que j’ai bien sûr fait. Je n’avais pas lu le premier tome des aventures d’Horacio mais ce n’est absolument pas nécessaire pour suivre l’histoire. Cette petite souris amoureuse de livres est attachante et on espère le voir réussir dans son entreprise amoureuse. Comment ne pas se reconnaître dans un petit rat de bibliothèque ?

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          Je dois avouer que j’ai été un peu moins convaincue par l’histoire d’amour en elle-même. J’ai trouvé la petite Cassandra assez insupportable. Elle m’a paru capricieuse et j’ai trouvé que son chantage ne donnait pas une très belle image des femmes et des relations de couple. Ca m’a dérangée même si les enfants n’en ont sans doute pas la même lecture. Ca m’a quand même paru vaguement sexiste. Je suis restée un peu mitigée sur le résultat. Une histoire un peu faible mais des dessins magnifiques pour cet album sympathique. 

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Plus d’info sur la création de cet album sur le site de l’illustratrice. C’est par ici.