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Voir du pays

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Drame français de Delphine et Muriel Coulin avec Soko, Ariane Labed, Ginger Roman
Deux jeunes militaires, Aurore et Marine, reviennent d’Afghanistan. Avec leur section, elles vont passer trois jours à Chypre, dans un hôtel cinq étoiles, au milieu des touristes en vacances, pour ce que l’armée appelle un sas de décompression, où on va les aider à « oublier la guerre ». Mais on ne se libère pas de la violence si facilement…

Voir du pays, affiche

          Je suis allée voir ce film totalement au hasard, sans avoir la moindre idée de quoi il pouvait bien retourner. C’est sans doute pas plus mal, le sujet m’inspirant assez peu, je doute fort que je me serais déplacée en connaissance de cause, même si le film a tout de même eu le prix Un Certain regard du meilleur scénario à Cannes. C’aurait été dommage car le film est loin d’être inintéressant. J’ai déjà eu l’occasion de voir des reportages sur des centres qui accueillent les militaires à leur retour de mission mais on ne peut pas dire que je suive ça de très près, même si au fond je trouve intéressant de savoir comment ils sont suivis (ou non justement) suite à des traumatisme. Le sujet a donc été plutôt une bonne surprise dans la mesure où je suis assez curieuse mais en même temps je craignais une certaine violence, tant psychologique que physique, dont je n’avais pas nécessairement envie ce soir là.

Voir du pays

          A défaut d’être réellement violent, le film est surtout très anxiogène. Et plus on avance dans l’histoire, pire c’est. Je crois bien que j’ai passé la quasi-totalité du film à me ronger les ongles (mais c’était bien hein). J’ai trouvé le casting irréprochable et j’ai eu l’excellente surprise d’y retrouver Ariane Labed, vue notamment dans Fidelio, l’odyssée d’Alice. Les actrices ont suivi un entraînement militaire pour rentrer dans la peau de leur personnage et certains des acteurs sont des militaires. Je ne connais pas bien le milieu mais ça m’a semblé très réaliste et c’est un des aspects du film que j’ai beaucoup apprécié. Je me suis demandé à quel point les méthodes du film sont bien celles utilisées par l’armée et je ferais bien quelques recherches à ce sujet car j’ai été assez surprise et intriguée par l’emploi de la réalité virtuelle. Le contraste entre le lieu de « décompression » et l’état d’esprit des troupes est saisissant et crée une ambiance très particulière.

Voir du pays

          Sans être spécialement sympathiques, les personnages n’en sont pas moins relativement attachants. D’où une certaine inquiétude quant à leur sort. Evidément, de retour de mission, les traumatismes sont légion et trois jours ne suffisent pas à en venir à bout, d’autant plus que la loi du silence continue de régner. Quant à la place des femmes, elle semble encore bien ténue. Inutile de préciser qu’il y a quelques tensions avec leurs homologues masculins… Je craignais de trouver cette partie là excessive ou au contraire idéalisée mais là encore, ça m’a semblé sonner juste. Certains ont jugé le film maladroit mais je l’ai pour ma part trouvé efficace. La mise en scène est sobre et aurait peut-être mérité un peu plus de profondeur mais cette austérité fonctionne plutôt bien avec le milieu militaire qu’elle dépeint. L’approche qui tend presque au documentaire ne pousse pas à l’émotion mais accentue surement la tension qui naît peu à peu. Un film très sobre qui n’est pas tendre avec l’armée et s’avère extrêmement anxiogène. Malgré tout, une excellente surprise.

Fidelio : l’odyssée d’Alice, un très joli 1° long métrage

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Comédie dramatique de Lucie Borleteau avec Ariane Labed, Melvil Poupaud, Anders Danielsen Lie

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          Alice, 30 ans, est marin. Elle laisse Félix, son homme, sur la terre ferme, et embarque comme mécanicienne sur un vieux cargo, le Fidelio. A bord, elle apprend qu’elle est là pour remplacer un homme qui vient de mourir et découvre que Gaël, son premier grand amour, commande le navire.

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          J’avais bien aimé la bande-annonce de ce film mais je pas très sure pour autan de ce que j’allais voir. J’avais peur que l’histoire amoureuse en huis-clos ne me séduise guère mais ç’a été au final une bonne surprise. Je n’y connais rien en marine marchande mais si j’en crois mes rares lectures sur le sujet, l’ambiance des cargos est très bien restituée. L’histoire a été filmée sur un vrai rafiot et ça se sent ! Le bruit est assourdissant, c’est plein de cambouis, on pourrait presque ressentir les vibrations infernales de la machine et humer les odeurs de fiel. Ce contexte très réaliste qui nous plonge totalement dans cet univers particulier et fait nettement partie des points positifs de ce film. Le sujet comme le contexte ne sont pas sans rappeler le premier roman de Batiste Fillon, Après l’équateur.

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          L’histoire est assez simple : celle d’un trio amoureux.  La bonne surprise vient de son traitement tout en finesse. On ne tombe jamais dans le sentimentalisme et la mièvrerie, ce qui aurait pourtant sans nul doute été la solution de facilité. Les personnages sonnent juste et la complexité de leur relation a quelque chose d’un peu triste qui est aussi réaliste que touchant. Les acteurs sont pour le moins convaincants et Ariane Labed est irrésistible dans ce rôle. Visuellement, il y des choses sympas dans ce film avec souvent une belle lumière. La scène d’ouverture, assez crue, est pour le moins déstabilisante mais la suite est plus sage, sans jamais être fade pour autant. Certains trouveront le film un peu lent, mais ce sont aussi ces non-dits qui font tout son charme. Lucie Borleteau nous livre un premier long-métrage réussi sur les relations amoureuses et ce sort de ce sujet épineux avec beaucoup de délicatesse.