Mes lectures

Isadora Duncan – Josépha MOUGENOT et Jules STROMBONI

          Isadora Duncan, une femme indépendante qui semble habitée depuis sa plus tendre enfance par une vision intuitive et naturelle de la danse qu’elle n’aura de cesse de développer toute sa vie durant. Une femme hors du commun devenue un véritable mythe.

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          Cette BD sur cette femme exceptionnelle me tentait beaucoup, j’ai toujours admiré le parcours d’Isadora Duncan, si fascinant, et j’étais contente de pouvoir en apprendre un peu plus à travers cette BD qui retrace sa vie.  J’ai beaucoup aimé les dessins, un trait assez léger et plein de poésie qui m’a semblé assez bien retranscrire son univers. Il y a assez peu de texte et l’histoire est retracée à travers les épisodes les plus marquants de la vie de la danseuse. Un découpage en chapitre, comme autant de tranches de vie. J’aurais parfois aimé que ce soit un peu plus développé, en apprendre plus, avoir des détails, pour donner plus d’épaisseur à cette grande dame dont le portrait n’est ici qu’esquissé. Mais pourtant, les grands moments y sont, on la découvre un peu à travers peu de mot et on referme ce livre avec l’envie d’en apprendre un peu plus. Une BD très agréable dont j’ai beaucoup apprécié la lecture et dont l’univers visuel plein de poésie m’a fait voyager.

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Isadora Duncan

De Jules Stromboni et Josepha Mougenot

Editions Naïve

104 pages

23 €

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Et pour découvrir l’univers de l’artiste, c’est par !

Mes lectures

Le Nao de Brown – Glyn DILLON

          Nao, jeune anglo-japonaise, souffre de TOC, des obsessions violentes et morbides qui la forcent à accomplir d’étranges rituels mentaux pour se contrôler. Entre son travail dans un magasin de jouet et sa carrière d’illustratrice qui peine à décoller, elle est aussi à la recherche du grand amour. Quand elle va le rencontrer, celui-ci va s’avérer des plus bizarres.

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          Cette BD a reçu la Prix spécial du jury à Angoulême cette année. Je l’ai reçue dans le cadre de l’opération « Priceminister, la BD fait son festival ». Une chronique qui a pris un peu de retard étant donné l’arrivée tardive du colis mais ça, y est, je l’ai enfin lue ! Je viens de finir ce roman graphique de tout de même 200 pages et je dois admettre avoir bien du mal à voir un avis se dégager… Pour commencer, le dessin est absolument magnifique ! Un univers très particulier, plein de poésie, avec un trait tout en finesse. Des aquarelles qui a elles seules méritent amplement le détour !

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          Quant à l’histoire, c’est un peu plus compliqué. Tout n’étant pas simple dans la tête de cette jeune fille (qui pourtant à première vue à l’air saine d’esprit), les digressions sont nombreuses et parfois troublantes… J’ai par moments eu un peu de mal à me faire à ces changements de cap constants. Heureusement, il y a tout de même une trame assez solide à laquelle se raccrocher, et elle s’avère assez prenante pour ne pas nous perdre en route.

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          Je reprocherais peut-être à cette histoire de se perdre un peu parfois dans des détails sur des choses qui apparaissent comme secondaires, alourdissant un peu la lecture. Toutefois, on ne peut que reconnaître la grande originalité de cet univers si particulier. Les troubles mentaux y sont abordés avec humour et poésie, un traitement intéressant qui parviens à faire entrer le lecteur dans le monde déroutant de Nao. Au final une BD qui malgré quelques longueurs sort très clairement du lot avec un graphisme exceptionnel et une histoire hors-normes. Une lecture agréable et enrichissante.

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Ah la difficulté de noter un texte pareil ! Mais puisque l’opération Priceminister l’exige… Je lui mettrai 18/20 avec mention spéciale pour son originalité : des univers comme celui-là, on n’en croise pas tous les jours !

Mes lectures

Pablo, T2 : Apollinaire – Clément OUBRERIE et Julie BIRMANT

          Dans le 2° tome de cette BD retraçant la vie de Pablo Picasso, le peintre croise la route du poète Guillaume Apollinaire. Avec toujours Max Jacob à ses côté, il continue sa découverte de la vie parisienne auprès de Fernande et fait la rencontre des premiers collectionneurs à s’intéresser à ses toiles.

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          J’ai reçu cette BD dans le cadre de « La BD fait son Festival », partenariat organisé par Price Minister. Le principe est simple, une BD issue de la sélection 2013 du festival d’Angoulême en échange d’une critique. Je me suis bien sûr empressée de postuler et ai jeté mon dévolu sur cette BD qui me semblait passionnante ; avec toutefois le vague regret que ce ne soit là que le tome 2… J’aurais voulu lire le tome 1 avant mais malheureusement, ma librairie ne l’a pas reçu aussi vite que je l’aurais souhaité et je ne voulais pas trop différer cette lecture (d’autant que j’en ai pas mal qui m’attendent…). Une fois n’est pas coutume, vous aurez donc la chronique du tome 2 avant celle du tome 1 !

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          J’avais un a priori très positif sur cette BD. Je ne suis pas une inconditionnelle de Pablo Picasso (loin s’en faut !) mais sa vie fut palpitante et ses rencontres aussi variées qu’enrichissantes. Sans compter que l’époque fait tout de même rêver d’un point de vue artistique ! Si j’ai regretté de ne pouvoir la commencer par le début, cette histoire peut toutefois se prendre en route, chaque tome étant construit autour d’une rencontre particulière. Toutefois, je vous recommande de ne pas suivre mon exemple et de commencer par le commencement ; les titres suivent un ordre chronologique et il est donc beaucoup plus simple de les lire dans l’ordre pour s’y retrouver ! Ce deuxième opus a donc pour sous titre « Apollinaire » mais si le poète fait bien des apparitions fréquentes dans ces pages, le choix du titre m’a paru quelque peu racoleur, en effet, c’est plutôt Fernande qui est au centre de l’histoire. Un titre un peu traître donc mais assez malin : en effet, quoi de plus vendeur que de mettre côté à côte deux noms si prestigieux ?

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          Passons à présent aux choses concrètes. Le type de dessin me touche moyennement, un rien trop « brouillon » à mon goût, j’ai tendance à préférer les traits plus francs (mon amour du classicisme, toujours). Toutefois il s’en dégage une énergie certaine et il traduit bien l’esprit bohème qui règne dans le milieu artistique de l’époque. Sans compter que l’aspect moderne du trait colle bien avec l’univers de Picasso, qui est alors en pleine recherche de son style. Un choix judicieux donc, qui retranscrit bien l’ambiance qui pouvait régner dans l’atelier du peintre. En revanche, le choix des la police texte m’a laissée perplexe. Elle reprend un style manuscrit en mode pattes de mouches qui est parfois à la limite du lisible. Ca a certes son charme, le côté spontané, tout çaaaaa, mais ça a  quand même légèrement gâché mon plaisir. Si les éditeurs pouvaient calmer cette mode du « écrit main » pour quelque de plus sobre, ce serait pas mal. Un texte clair c’est bien aussi !

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          Si cet aspect pas tout à fait assez carré m’a un peu gênée pendant les premières pages, je m’y suis peu à peu habituée (bien obligée si je voulais continuer ma lecture) et surtout, je me suis vite laisser prendre par l’histoire, oubliant un peu les légers désagréments dus à la mise en forme. En effet, l’histoire reste forcément intéressante ! On découvre l’univers de Picasso dans ses jeunes années, alors qu’il était encore inconnu et fraîchement débarqué à Paris. On peut y déceler les prémices de sa personnalité qui se fera de plus en plus excentrique. Un univers vraiment prenant dans lequel on prend plaisir à déambuler. Le troisième et dernier tome sortira le 26 avril. L’histoire reste donc concentrée sur jeunes années du peintre, ce qui permet de se concentrer sur les contradictions de l’homme plus que sur sa vision artistique. C’est ce qui fait d’ailleurs tout le charme de cette série ! Une BD très intéressante qui prend le temps pour poser ses personnages pour nous dévoiler un Picasso méconnu, loin des idées reçues. J’ai hâte de lire la suite !

Un grand merci à Price Minister pour cet envoi. Et puisqu’il fallait noter cette lecture, je lui attribuerait la note de 16/20.

Mes lectures

Moi, 20 ans, diplômée, motivée… Exploitée ! – Yatuu

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          Une jeune femme diplômée et super motivée rentre dans le monde du travail par un stage dans une agence de pub. Un salaire de misère, une considération inexistante et des horaires extensibles à l’infini seront à présent son quotidien. La réalité est parfois bien rude !

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          J’avais lu Génération mal-logée et j’avais trouvé cela un peu léger. Je pensais que l’univers des stagiaires me parlerait plus, étant donné que j’y ai moi-même passé un long moment, connaissant quelques déboires… Malheureusement, je ferai pour cette BD-ci sensiblement les mêmes réflexions que pour la première. Si l’idée de départ est bonne et que nombreux sont ceux qui se retrouveront dans les situations évoquées, elles restent très banales. Chaque stagiaire ou presque a connu ça un jour, voir bien pire ! Il m’a semblé à la lecture être face à un journal qui n’a pas vraiment été retravaillé pour le passage en livre (ou pas assez). Ca manque d’un peu de recul pour donner du relief à l’ensemble. Une BD qui se laisse lire mais ne marquera pas franchement les esprits.

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Mes lectures

Green Manor – Fabien VEHLMANN et Denis BODART

          Le Green Manor est un club anglais très select. Les messieurs de la bonne société s’y retrouvent pour parler de l’actualité en sirotant un whisky. Pourtant, derrière les journaux et la fumée de cigares, se cache une bien sombre réalité : au Green Manor Club, de nombreux meurtres ont été commis… Oui, mais toujours avec classe, assassin ou pas, on reste un gentleman avant tout !

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          Ce très bel ouvrage compile l’intégrale de Green Manor, soit 3 tomes. La couverture est particulièrement réussie, avec un petit côté vieillot qui colle parfaitement au sujet : imitation cuir vieilli et papier de qualité se conjuguent en un très bel objet qui sera du plus bel effet dans votre bibliothèque. Mais bien sûr, cela ne saurait suffire. Et le contenu ? me direz-vous. J’y viens justement.  J’ai également beaucoup apprécié le graphisme. J’ai souvent du mal avec les dessins très modernes, ici on reste dans un univers visuel plutôt classique qui retranscrit très bien le côté désuet mais plein de charme des lords anglais : un régal pour les yeux ! Quant aux 16 historiettes, elles sont autant de perles d’humour noir. Les intrigues sont très bien construites et chacune se démarque de ses consœurs, bien qu’elles aient bien sûr le Green Manor Club en partage.

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          J’ai particulièrement apprécié celles où on homme infirme veut se venger de sa femme et de son amant, où un homme enquête sur un meurtre avant de découvrir qu’il en est lui-même le coupable, où des femmes montent un brillant stratagèmes pour cacher à leurs mari le crime de l’une d’entre elles ou encore celle où un homme insignifiant tue sans être inquiété avant de périr à son tour dans des conditions assez comiques. Il y a quelques trouvailles dans ces enquêtes élégantes et quelques jolies références aux classiques de l’énigme. On se délecte de ces histoires un rien macabre au cynisme irrésistible. A la fois un très bel objet et une excellente BD, un réel plaisir pour les yeux comme pour l’esprit !

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Le meurtre n’est rien sans un peu d’élégance.