Archives de Tag: biopic

Les figures de l’ombre

Par défaut

Drame, biopic de Theodore Melfi avec Taraji P. Henson, Octavia Spencer, Janelle Monáe
Le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn.
Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités, leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran.

affiche

          Je n’avais pas entendu dire grand bien de ce film dont la bande-annonce m’avait donné envie. J’ai pourtant fini par me décider à aller le voir, après tout, on n’est pas à l’abri d’une bonne surprise ! Eh bien, ce fut plutôt le cas. J’aime généralement ce type de films, avec des personnages forts, basés sur des faits réels, je suis assez bon public. Même si je crois que je peux comprendre d’où sont venues les critiques. Je m’attendais à un film fort et engagé et c’est au final plutôt du genre coloré et léger. Par chance, c’est exactement ce qu’il me fallait ! Un sujet pas trop con et un peu de bonne humeur, je n’en demandais pas plus. La mise en scène est plutôt classique mais la photo assez soignée, ce qui n’est pas pour me déplaire. Dans l’ensemble j’ai également aimé la musique, qui donne pas mal de rythme à l’ensemble. Rien à redire non plus sur l’interprétation.

film

          Bon, même si j’ai beaucoup aimé, je ne dirais pas pour autant que c’est un grand film. Les personnages sont sont très sympathiques mais un peu trop lisses, il n’aurait pas été inutile d’accéder un peu plus à leurs sentiments, de voir leurs faiblesses. Si leur énergie et leur détermination forcent le respect, j’aurais également aimé voir les moments de doute qui sont passés sous silence. Ca manque un peu de relief. On ne voit que la force et la bonne humeur de ces femmes, certes communicatives mais qui ne mettent pas en valeur leur humanité. J’ai trouvé ça un peu dommage, les personnages auraient gagné à être plus fouillés. Mais bon, après tout, elles étaient peut-être réellement trop occupées à trimer à la Nasa pour se lamenter sur leur sort.

film

          Pour le reste, cette histoire est quand même comme on les aime : des personnages forts, un peu de spectacle, une pointe de suspense (pas très réussie en l’occurrence) et une jolie fin. Un feel good movie à l’américaine. Mais bien sûr, même si les personnages font preuve d’une détermination sans faille, racisme et sexisme sont omniprésents. Avec quelques touches d’humanité tout de même, il semblerait qu’il n’y ait pas que des abrutis à la Nasa. Il y a quelques moments plutôt drôles, un peu d’émotion tout de même (léger) et on a envie de voir ses femmes écraser le reste du monde. Bon, le film ne va peut-être pas assez loin qu’il le devrait, on ne peut pas dire qu’il soit très véhément, mais il est sympathique et a l’avantage d’être grand public. Un film sympathique qui met en avant trois femmes extraordinaires.

Enregistrer

Lion, cinéma émotion

Par défaut

Biopic, drame américain de Garth Davis avec Dev Patel, Rooney Mara, Nicole Kidman
A 5 ans, Saroo se retrouve seul dans un train traversant l’Inde qui l’emmène à des milliers de kilomètres de sa famille. Perdu, le petit garçon doit apprendre à survivre seul à Calcutta. Après des mois d’errance, il est recueilli dans un orphelinat et adopté par un couple d’Australiens. 25 ans plus tard, avec ses bribes de souvenirs, il part à la recherche de sa famille.

affiche

Encore une critique de film, j’ai l’impression de les enchaîner en ce moment. Je ne sais pas si c’est parce que je vais vaguement plus au cinéma ou – plus probablement – parce que je lis moins, ce qui fait augmenter les proportions. Peu importe. J’avais pas mal entendu parler de ce film au moment de sa sortie. J’avoue que je n’étais pas très sure d’aller le voir. C’était vendu comme une histoire vraie teeeellement émouvante, j’avais peur que ce soit trop pour moi. Et puis l’occasion s’est présentée, j’en ai donc profité. Rien que l’affiche vendait ça comme le tire-larmes de l’année, j’étais donc circonspecte, même si l’histoire semblait avoir un fort potentiel. Alors ? combien de paquets de kleenex prévoir ?

film

Eh bien on va encore dire que je suis sans cœur mais je n’ai pas pleuré – et pourtant j’ai plutôt la larme facile au cinéma. Bon, d’accord, sur la fin, c’était limite, c’est quand même touchant, mais j’ai tenu bon. C’est plutôt une bonne nouvelle donc, bien que l’histoire s’y prête assez, ce n’est pas si larmoyant que ça même s’il y a quelques passages (assez rares il faut l’admettre) un peu riches en violons. Pourtant, bien que ce soit plus sobre que ce que je craignais, je n’ai pas accroché tant que ça. La mise en scène est très classique et j’ai trouvé que ça manquait un peu de rythme. D’habitude ça ne me dérange pas plus que ça que les choses soient présentées dans l’ordre chronologique et avec sobriété mais là je trouvais que ça aurait mérité un peu plus.

film

Bon, et sinon, à part le fait que je sois sans cœur, est-ce que c’est bien ? Ben… Pas si mal. J’ai trouvé que le petit garçon était super bien choisi. Il est trop mignon. Mais pas mignon genre poupon, mignon du style : il a l’air tellement intelligent que je voudrais le même. Et en plus il joue bien. Franchement, des fois tout ce qu’il lui arrive donne vraiment l’impression que c’est trop mais c’est filmé avec suffisamment de pudeur pour ne pas faire misérabiliste. Presque pas assez, j’ai eu du mal à compatir par moments. Adulte, on ne peut pas dire qu’il soit particulièrement sympathique, ce qui étrangement est un plus, ça évite de faire sombrer ce film dans le pathos. Même si pour ma part je n’ai pas été submergée par l’émotion (les parents d’adoptions sont super flippants), il faut reconnaître que cette histoire est absolument incroyable et force l’admiration. Un film que je n’ai pas trouvé exceptionnel qui ne manque pas de qualités pour autant.

Enregistrer

The Birth of a Nation

Par défaut

Biopic, film historique, drame américain de et avec Nate Parker avec Armie Hammer, Aja Naomi King, Penelope Ann Miller.
Trente ans avant la guerre de Sécession, Nat Turner est un esclave cultivé et un prédicateur très écouté. Son propriétaire, Samuel Turner, connaît des difficultés financières et accepte une offre visant à utiliser les talents de prêcheur de Nat pour assujettir des esclaves indisciplinés. Après avoir été témoin des atrocités commises à l’encontre de ses camarades opprimés, Nat conçoit un plan qui peut conduire son peuple vers la liberté…

The Birth of a Nation, affiche

          Bien que je sois très loin de maîtriser le sujet, je m’intéresse aux films (et livres) sur l’esclavage. En grande partie par besoin de « comprendre » je crois. Besoin de comprendre les causes, les conséquences et de me rappeler à quel point c’est proche de nous finalement. Pourtant, si dans la littérature il y a quelques réussites sur le sujet – notamment l’excellent No home sorti en cette rentrée de janvier et dont je vous parlerai bientôt – au cinéma je suis souvent bien plus mitigée. On peine encore à trouver le bon équilibre, le sujet est encore trop brûlant pour être traité avec le recul nécessaire. J’avais bien aimé Twelve years a slave sans y voir le chef d’œuvre attendu malgré d’indéniables qualités. Je ne désespère tout de même pas de trouver la perle rare. Je suis donc allée voir ce film pour voir de quoi il retournait.

The Birth of a Nation

          Je ne connaissais pas du tout l’histoire de cet homme qui a décidé de se rebeller contre la profonde injustice du système et j’ai trouvé le personnage passionnant, il n’a pas été sans me rappeler Spartacus (esclave, révolte, je ne suis pas allée chercher la référence très loin). On suit son évolution et on voit la naissance de la rébellion. C’est qui plus est plutôt bien interprété. Ce personnage assez atypique et méconnu – me concernant du moins – est le point fort de ce film. Il y a également une certaine attention portée à l’esthétique. Il faut admettre que c’est assez beau, il y a quelques jolis plans durant lesquels on se surprend à trouver de la poésie dans les champs de coton, ce qui s’avère plus dérangeant qu’autre chose. De bonnes bases tout de même avec un personnage intéressant, de bons acteurs et une photo léchée. Malheureusement le film n’est pas pour autant exempt de défauts, loin s’en faut.

The Birth of a Nation

          La réalisation reste très classique, voire franchement convenue, tous les efforts de Nate Parker ne parviennent qu’à un formalisme désespérant. Sans surprise, c’est violent, même si la violence est plus psychologique que physique dans l’ensemble mais ce n’en est pas particulièrement plus facile à regarder. Histoire d’en rajouter une couche, la musique en fait des tonnes avec force violons tire-larmes, particulièrement dans la seconde moitié où c’est à la limite du supportable. Sur le fond, je suis plus mitigée. Je suis toujours fascinée par les grandes figures de la révolte mais j’avoue que le côté religieux m’a parfois mise profondément mal à l’aise, bien que certains passages possèdent une beauté particulière. En revanche l’insertion de rêves mystiques m’a laissée perplexe. Ce film en fait souvent trop : trop scolaire, trop complaisant, trop trop quoi. Au final, malgré de bonnes intentions et un sujet en or, un résultat en demi-teinte, même si je serai un peu plus indulgente que l’Express selon qui « The Birth of a Nation est une défaite paradoxale de la pensée et du cinéma : nécessaire et raté, volontaire et déprimant. »

Snowden

Par défaut

Biopic américain d’Oliver Stone avec Joseph Gordon-Levitt, Shailene Woodley, Melissa Leo
Patriote idéaliste et enthousiaste, le jeune Edward Snowden semble réaliser son rêve quand il rejoint les équipes de la CIA puis de la NSA. Il découvre alors l’ampleur insoupçonnée de la cyber-surveillance. Choqué par cette intrusion systématique dans nos vies privées, Snowden décide de rassembler des preuves et de tout divulguer. Devenu lanceur d’alerte, il sacrifiera sa liberté et sa vie privée.

Snowden, affiche

          Il y a deux ans, j’étais allée voir le documentaire sur Edward Snowden, Citizenfour. Et ç’avait été une grosse claque. Je n’avais pas suivi l’affaire de très près. J’en avais bien sûr entendu parler et je connaissais le gros de l’affaire mais j’étais bien loin d’en maîtriser les détails. Il faut dire que c’est un gros morceau et que mes compétences techniques sont plus que limitées donc bon, pas toujours simple de s’y retrouver. Enfin grosso modo j’avais résumé ça en : tout le monde est écouté, tout le temps, partout, le mec qui a averti la planète entière est considéré comme un traitre et coincé en Russie et grosso modo on s’en contre-fout. Ca aurait dû faire sauter le système une info pareille, les médias auraient dû nous matraquer jusqu’à ce qu’on comprenne l’ampleur de problème et qu’on se révolte. Au lieu de ça, il ne s’est pas passé grand chose. Le documentaire a le mérite de mettre tout ça au clair. Les détails de l’affaire et comment Snowden a fait pour alerter les médias sans se faire pincer. Du grand art. La parano de ce mec lui a rendu un sacré service ! C’est un peu ardu des fois, surtout au début mais au moins on arrive à se faire une idée de l’ampleur du scandale.

Snowden, Oliver Stone

          Quand le film est sorti, j’étais donc curieuse de savoir comment il allait aborder le sujet et ce qu’il allait apporter par rapport au documentaire. J’avoue que je n’étais pas contre l’idée de quelques chose d’un peu plus grand public histoire de ressortir en ayant l’impression d’avoir tout bien compris cette fois. Très vite je me suis rendu compte que le parti pris était assez différent, même si sur le coup je n’ai pas été sure d’apprécier la tournure que prenait l’histoire. On commence par le jeune Edward voulant s’engager dans les forces spéciales. Patriote à mort. On ne peut pas dire que cette partie là m’ait beaucoup réjouie. Mais bon, laissons le temps à l’histoire. Finalement, ce n’est pas si inintéressant que ça. Le film se concentre sur le parcours de Snowden, sur la manière dont il est arrivé là, ce qui a fait de lui un lanceur d’alerte. On suit sa carrière assez chaotique (mais c’est très loin d’être un petit analyste comme l’ont parfois présenté les médias, ce mec est un pur génie, ce qui semble quand même vachement mieux coller avec les infos qu’il a sorties), sa vie de couple (bon, ça perso ça ne m’a pas passionnée), ses découvertes et la naissance de ses doutes. C’est plutôt intéressant de découvrir l’homme derrière tout ça, même si ça suppose qu’il m’ait été assez antipathique pendant les 2/3 du film.

Snowden, Oliver Stone

          J’ai trouvé que c’était très bien joué. Dans l’ensemble le casting est assez brillant. Le personnage de Snowden est particulièrement fouillé. Dommage qu’il n’en aille pas de même de sa copine, clairement laissée de côté. On la voit beaucoup mais elle ne sert à peu près à rien (à part à faire la gueule), elle aurait mérité un rôle plus fourni. La réalisation est assez classique mais ça fonctionne et il y a quelques passages visuellement intéressants. Le film manque un peu de rythme par moments, il aurait gagné à être plus nerveux mais on ne s’ennuie pas vraiment pour autant, même dans les passages moins prenants et le tout reste de bonne facture. Ce n’est pas un grand film mais Oliver Stone ne démérite pas. L’histoire se concentre plus sur l’évolution de Snowden et la manière dont il fait sortir les informations que sur le détail de celles-ci, même si c’est introduit au fil du film de manière assez réussie. On découvre un Snowden tout en nuances, brillant, totalement parano, patriote et agaçant parfois mais qui a fait montre d’un rare courage. Finalement, en prenant le parti de nous présenter l’homme plus que ses révélations, ce film complète parfaitement le documentaire. Et cette fois encore, j’en suis ressortie avec la conviction qu’on devrait tous s’intéresser de plus près au cas Snowden.

Genius, à la rencontre de Thomas Wolfe

Par défaut

Biopic, drame britannico-américain de Michael Grandage avec Colin Firth, Jude Law, Nicole Kidman
Écrivain à la personnalité hors du commun, Thomas Wolfe est révélé par le grand éditeur Maxwell Perkins, qui a découvert F. Scott Fitzgerald et Ernest Hemingway. Wolfe ne tarde pas à connaître la célébrité, séduisant les critiques grâce à son talent littéraire fulgurant.
Malgré leurs différences, l’auteur et son éditeur nouent une amitié profonde, complexe et tendre, qui marquera leur vie à jamais.

368568.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Vous l’aurez remarqué, je vais très peu au cinéma depuis le début de l’année. Trop peu. Bien trop peu. Je comptais y remédier mais ça n’en prend pour le moment pas du tout le chemin. Bref, je manque à tous mes devoirs. J’ai quand même réussi à trouver la motivation pour aller voir Genius, qui n’était pourtant pas spécialement prioritaire sur ma liste de films à voir (loin s’en faut). Mais bon, vous savez ce que c’est, j’ai fait des études d’édition, dès que le sujet vient sur le tapis, la curiosité l’emporte ! Je ne savais pas grand chose de ce film avant d’aller le voir, si ce n’est qu’il concernait Thomas Wolfe et son éditeur, écrivain de je n’ai par ailleurs rien lu et qui me semblait assez obscur (sur ce point, je n’avais peut-être pas tort). Autant dire que c’était bien maigre comme informations.

Genius, Jude Law

J’ai été assez surprise de constater que le casting était aux petits oignons : Colin Firth, Jude Law, Nicole Kidman… Quitte à paraître ridicule, je me suis même dit que c’était un peu trop impeccable comme casting, ça sentait presque l’embrouille cette histoire. Kidman est un peu jeune pour le rôle (l’amante de Wolfe est censée être bien plus âgée que lui, ce qui en l’occurrence ne saute pas du tout aux yeux), pour le reste je dois admettre avoir été agréablement surprise. J’avais peur que Jude Law soit un peu fade pour incarner un tel personnage mais j’ai été étonnée de constater qu’il faisait un génie au bord de la folie diablement convaincant ! Quant à Colin Firth, le rôle de cet éditeur paternaliste lui va à merveille. Beau casting donc. C’est d’ailleurs un des points forts de ce film dont je n’attendais pas grand chose.

Genius, Colin Firth

Pour le reste, ça demeure classique. Un biopic assez sage et sans grande surprise. La photo est très soignée avec quelque plans magnifiques, pour qui aime les ambiances très marquées tout du moins (le côté sépia virerait presque ridicule tant il est forcé). L’esthétique, même si elle reste convenue, n’en est pas moins le deuxième gros point fort du film. Malheureusement, ce que certains plans apportent en esthétique, ils l’ôtent en fluidité, la mise en scène aurait mérité d’être un peu plus inspirée, à la hauteur de la folie de son personnage. La musique est quant à elle un peu pesante par moments mais s’avère assez variée pour éviter de trop long moments de malaise. Malgré tout, l’histoire est intéressante – quand on s’intéresse à l’édition du moins – et j’ai trouvé les textes de Wolfe admirablement mis en valeur. Ca m’a donné envie de les lire en version bilingue, moi qui suis nulle en anglais ! La question de la place de l’éditeur dans le processus créatif est évoquée mais aurait sans doute mérité d’être plus centrale. Finalement, malgré un joli casting et quelques très beaux plans, un film un trop convenu pour convaincre vraiment.