Cinéma

Cannes 2012, le palmarès

          En ce 65° festival de Cannes, le jury présidé par Nanni Moretti a récompensé un cinéma plutôt classique et visiblement assez austère. Un retour à une certaine sobriété que pour ma part j’apprécie après l’originalité débordante des années précédentes. Extrait des récompenses :

  • Palme d’Or

    AMOUR réalisé par Michael HANEKE

  • Grand Prix

    REALITY réalisé par Matteo GARRONE

  • Prix de la mise en scène

    Carlos REYGADAS pour POST TENEBRAS LUX

  • Prix du scénario

    Cristian MUNGIU pour DUPÃ DEALURI (AU-DELA DES COLLINES)

  • Prix d’interprétation féminine

    Cristina FLUTUR dans DUPÃ DEALURI (AU-DELA DES COLLINES) réalisé par Cristian MUNGIUCosmina STRATAN dans DUPÃ DEALURI (AU-DELA DES COLLINES) réalisé parCristian MUNGIU

  • Prix d’interprétation masculine

    Mads MIKKELSEN dans JAGTEN (LA CHASSE) réalisé par Thomas VINTERBERG

  • Prix du Jury

    THE ANGELS’ SHARE (LA PART DES ANGES) réalisé par Ken LOACH

          La plupart de ces films me tentent, vous les retrouverez donc surement bientôt sur ce blog. Et tpour le reste du palmarès, c’est par là.

Actualité

Actualité de la semaine, 18/05/2012

Alors, quoi de neuf cette semaine ?

– La semaine dernière, nous avions un nouveau président, cette semaine, c’est le nouveau gouvernement qui fait son entrée. Pour la première fois, il est parfaitement paritaire (mesure sur laquelle je suis d’ailleurs assez mitigée). Je vais vous épargner la liste complète des membres de notre gouvernement mais voici quelques postes-clef. Jean-Marc Ayrault, premier ministre ; Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères ; Pierre Moscovici, ministre de l’économie ; Manuel Vals, ministre de l’intérieur ; Christiane Taubira, ministre de la justice ; Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense ; Aurélie Filippetti, ministre de la culture.

Ratko Mladic, dit « le Boucher des Balkans », comparaît pour crime contre l’humanité à La Haye. L’ancien chef des militaires serbes de Bosnie est accusé d’épuration ethnique envers les bosniaques, notamment musulmans. Son procès vient d’être reporté. Il est à l’origine du siège de Sarajevo et du massacre de Srebrenica, qui ont fait respectivement 10 000 et 8 000 victimes.

Ca va toujours mal en Grèce. La crise bat son plein, les mesures d’austérités restent de rigueur. A la suite des élections législatives, aucun accord n’a été trouvé pour former un gouvernement. Les grecs revoteront en juin afin d’essayer de régler cette situation épineuse. Dans le cas contraire, l’absence de gouvernement pourrait amener à la sortie de l’Euro faute de meilleure solution.

– Plus léger, notre Johnny national a entamé cette semaine sa 181° tournée. Un record de longévité !

– Culture toujours, la 65° édition du festival de Cannes s’est ouvert ce mercredi. Le jury est présidé par Nanni Moretti, Bérénice Béjo est la maîtresse de cérémonie (que j’ai trouvé par ailleurs extrêmement peu convaincante lors de l’ouverture). La sélection officielle comporte 22 films dont certains me semblent très prometteurs.

– Cela nous amène aux sorties de la semaine. Parmi la sélection cannoise, De rouille et d’os, le nouveau Jacques Audiard avec Marion Cotillard, en lice pour la Palme d’or ; Moonrise Kingdom, de Wes Anderson avec Bruce Willis, le film qui a ouvert le festival ; Matins calmes à Séoul, Hong Sang-soo avec Yu Junsang, les retrouvailles d’un homme avec son ancienne maîtresse.

– Le mot de la semaine, « abstrus » : difficile à comprendre. Un mot que je n’avais plus croisé depuis fort longtemps et que j’ai été heureuse de redécouvrir.

 A la semaine prochaine ! 

Cinéma

Les amours imaginaires, de Xavier DOLAN

Comédie dramatique québécoise de et avec Xavier Dolan, avec Monia ChoKri et Niels Schneider.

          Francis et Marie sont amis et colocataires. Lors d’une soirée, ils rencontrent Nicolas, dont ils vont tomber tous les deux follement amoureux. Une situation avec laquelle va jouer le jeune, entraînant le trio dans une relation toujours plus malsaine.

          Un film pour le moins surprenant ! Il a d’ailleurs été sélectionné à Cannes dans la catégorie « Un certain regard » en 2010. Tenues, déco, coiffures, musiques, on est propulsé dans les années 60. Ca frise parfois le ridicule, les couleurs ultra saturées surprennent, on est un peu perdus dans le décor. Côté histoire, on alterne celle de ce trio assez hérissant et des témoignages face à la caméra de jeunes sur leurs propres histoires d’amour foireuses. Ca semble partir un peu dans tous les sens et pourtant, petit à petit, on s’habitue à cet étrange mélange (et à l’accent, aussi).

          L’ambiance que crée le réalisateur est très particulière. L’aspect malsain de cette relation se ressent tout au long du film. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai adoré mais ce film m’a interpellée. C’est surprenant, plein d’idées, dérangeant souvent. Les acteurs aussi sont étonnants. On a parfois l’impression d’un film tourné à la va vite sans moyens et pourtant en y regardant de plus près, le tout reste très construit. Xavier Dolan a sans le moindre doute un immense talent et je suis curieuse de savoir comment va évoluer son cinéma. Au final l’ambiance de ce film m’a séduite et j’y ai repensé longtemps après son visionnage. Un OVNI cinématographique.

Cinéma

Polisse, de MAIWENN

         Drame français de et avec Maïwenn, avec Joey Starr, Karin Viard, Marina Foïs, Nicolas Duvauchelle.

        Une jeune photographe missionnée par le ministère suit pendant plusieurs mois une équipe de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs).  Elle va intégrer leur quotidien et découvrir un univers très différents du sien, avec ses drames mais aussi ses moments de joie.

          On a beaucoup parlé de ce film avec le plus grand bien et étant assez adepte des thématiques policières, j’y allais avec un a priori plutôt positif. Une fois de plus, une désillusion m’attendait. Alors oui, je sais, c’est un film qui traite d’un sujet difficile, inspiré de faits réels et réalisé par une femme en plus, alors ça ne peut être que bien, interdiction d’en dire le moindre mal. Mais je vais cette fois encore mettre les pieds dans le plat et oser ne pas suivre la foule bien pensante.

         Bon, pour commencer, première chose qui m’a agacée dans ce film dès les premières minutes, la présence de Jérémie Elkaim, une fois de plus dans un rôle de petit con pédant qui me sort par les yeux. Bon, certes, c’est un détail mais ça devient physique comme répulsion, à sa vue (et plus encore au son de sa voix), mes muscles se tendent, mes poils se hérissent, mes nerfs sont à vif, autant dire que ça ne me met pas dans de très bonnes conditions pour apprécier un film.

          Ensuite, j’ai trouvé dommage l’absence de trame. Une histoire suivie d’un peu plus près que les autres (celle de la photographe, à tout hasard) aurait donné de la profondeur au film. Il y a beaucoup de choses intéressantes dans ce film, tant dans la vie des policiers que dans les drames qu’ils côtoient, malheureusement, le film s’éparpillent entre beaucoup de faits qui ne seront jamais développés, laissant un petit goût d’inachevé.

          En ce qui concerne les personnages dont on entrevoit les histoires individuelle, mis à part le même problème de développement, j’ai trouvé ça très convenu. On voit tout arriver des lustres à l’avance, la seule vue de la bande-annonce suffit à deviner tout le reste du film. Ce n’est pas très grave en soi étant donné que c’est plutôt bien fait, mais déjà que c’est décousu, ça n’aide pas à capter l’attention. Quant à la scène finale, la seule susceptible de troubler le doux ronronnement du spectateur, elle est filmée de manière tellement ridicule qu’elle en perd toute sa force tragique.

          Alors forcément, dis comme ça, on dirait que j’ai trouvé ce film totalement sans intérêt. Mais pas du tout ! Certes, je n’ai pas adoré, mais j’ai trouvé ça pas mal. Certains acteurs sont plutôt bon, dont Joey Star qui nous livre une interprétation saisissante. L’univers policier semble également assez bien décrit, dans toute sa complexité, en évitant la plupart des clichés habituels. Simplement en voulant trop montrer, la réalisatrice en oublie l’aspect cinématographique, sans pour autant rester dans le documentaire. Un entre deux qui, malgré quelque belles scènes, dessert un film qui avait pourtant un fort potentiel.

Cinéma

L’apollonide – souvenirs de la maison close, de Bertrand BONELLO

         Drame français de Bertrand Bonello avec Hafsia Herzi, Céline Salette, Jasmine Trinca.

          À Paris, au début du XX° siècle, les maisons closes connaissent leurs dernières heures. À L’Apollonide, une prostituée est agressée par un client qui lui dessine un sourire permanent. La vie va changer peu à peu autour de la femme qui rit.

          Je m’attendais à un choc en allant voir ce film, parce que j’avais déjà vu un film de ce réalisateur qui m’avait énormément marqué. Thirésias, passé totalement inaperçu, à la fois dérangeant, choquant, traumatisant mais aussi posant les bonnes questions et terriblement beau. Un vrai ras-de-marée, le film qui a bouleversé ma vision du cinéma (oui oui, rien que ça). J’avais à la fois peur de retrouver cette même intensité mais aussi de justement être déçue par un film plus classique.

          C’est un peu ce qui est arrivée. J’ai à la fois été soulagée de constater que le réalisateur avait sur faire preuve d’une certaine sobriété, et un peu déçue de ne pas me trouver face à un chef-d’oeuvre. Bon, en même temps, on ne peut pas tout avoir. Esthétiquement parlant, rien à y redire. C’est très très beau. Extrêmement bien réalisé, propre, intelligent. Quelques bonnes trouvailles dans le montage (écran divisé ou retours en arrière par exemple). C’est inventif et réussi. Du point de vue de l’histoire, elle aurait sans doute gagné à être plus centrée sur le personnage « principal » qui est finalement assez peu exploité malgré un fort potentiel.

          Il y a quelques longueurs. Le film est un peu lent à démarrer et ça manque d’une histoire forte. On a l’impression d’un instantané de la vie dans une maison close alors qu’on aimerait connaître un peu mieux ces femmes aux destinées si particulières. Quelques scènes déroutantes toutefois et une grande maîtrise technique qui en font malgré tout un très bon film.