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Culture occitane : Eric Fraj

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          Après quelques présentations avec les grands moments qui ont marqué la culture occitane et les grands noms qui ont fait sa littérature, changement total de registre avec un artiste contemporain qui chante en occitan bien sûr, mais aussi en catalan et en espagnol. 

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          On ne le sait pas forcément quand on ne fréquente pas ce milieu là mais la culture occitane vit encore, notamment à travers sa musique. De nombreux groupes souvent méconnus chantent encore en langue d’oc. Certains rencontrent un joli succès, auprès d’un public de tous âges et parviennent à vivre de leur musique. En effet, beaucoup de jeunes souhaitent revenir vers leurs racines et sont souvent les plus fervents défenseurs de cette culture vivante. Eric Fraj fait partie de ces chanteurs qui contribuent à faire vivre la langue et la culture à travers la musique. Si sa musique peut plutôt être qualifiée de « traditionnelle », son répertoire est varié et il met souvent en musique des texte célèbres comme ceux des troubadours, de Joan Bodon ou d’un auteur contemporain, Claude Marti.

          Si je ne m’abuse, Eric Fraj est habituellement accompagné de trois musiciens : un pianiste, un batteur et un saxophoniste qui joue  l’occasion d’autres instruments à vent. Lui-même joue de la guitare ce qui permet d’avoir accès à un assez large panel de la chanson. Son répertoire s’inspire des deux rive de la méditerranée et sent bon le soleil. On y trouve aussi bien des inspirations espagnoles, occitanes, catalanes ou arabes. Un mélange des cultures que j’aime bien. S’il y a bien sûr des choses que j’aime moins que d’autres dans ce que fait Eric Fraj, j’aime beaucoup la variété de son répertoire et l’énergie de certaines de ses musiques. J’aime aussi énormément la poésie de certains de des textes en occitans qu’il a mis en musique et que je ne me lasse pas d’écouter ! L’un des chanteurs occitans que j’écoute avec le plus de plaisir grâce à la beauté des textes qu’il choisit et la diversité de ses mélodies.

Le lapin agile

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          Le Lapin Agile est le plus vieux des cabarets artistiques de Paris encore en activité. Un lieu mythique montmartrois qui découvre de nouveaux talents depuis le milieu du XIX° siècle. Chanteurs, humoristes et auteurs-compositeurs se succèdent  et font chanter le public accompagnés du piano ou d’une guitare. Bonne humeur garantie !

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          Au début du XX° siècle, de nombreux artistes se sont retrouvés au cabaret du Lapin Agile, pour s’y produire où y passer de bons moments. Poètes, peintres, musiciens : Picasso, Braque, Utrillo, Modigliani ou Apollinaire en ont usé les bancs sombres. Aristide Bruant est même allé jusqu’à racheter le cabaret pour éviter qu’il ne disparaisse avant de le revendre en 1922 au fils de son unique élève. Le lieu va alors prendre son essor et de nombreux poètes et musiciens y feront leurs débuts. Parmi eux, Pierre Brasseur, Georges Brassens ou Claude Nougaro.

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          Le cabaret est installé dans une petite maison en face des vignes de Montmartre, un lieu assez magique et hors du temps. Depuis la rue pavée, lorsqu’on s’approche de la façade rose à la tombée de la nuit, des notes de piano nous accueillent accompagnées de sons de voix. On pousse la petite porte et on a l’impression de se retrouver dans une veillée en famille. Le patron nous accueille et vient nous placer entre deux chansons autour d’une des grandes tables avec un verre de cerises à l’eau de vie. L’ambiance et chaleureuse et tout le monde chante de bon coeur des classiques de la chanson française : Brel, Piaf, Brassens, mais aussi des créations plus récentes et les inévitables chansons à boire. On s’égosille pendant des heures et on ne voit pas le temps passer. Ce n’est qu’à regret qu’on quitte ce lieu où on se sent comme chez soi, avec qu’une envie, y retourner au plus vite !

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Le Lapin Agile

22, rue des Saules

75018 Paris

Tous les soirs sauf le lundi de 21h à 1h

24€

Sète

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          Pour prolonger l’article d’hier (le talent en moins), quelques photos de Sète et un peu de poésie.

Le cimetière marin

Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommencée
O récompense après une pensée
Qu’un long regard sur le calme des dieux!

Quel pur travail de fins éclairs consume
Maint diamant d’imperceptible écume,
Et quelle paix semble se concevoir!
Quand sur l’abîme un soleil se repose,
Ouvrages purs d’une éternelle cause,
Le temps scintille et le songe est savoir.

Stable trésor, temple simple à Minerve,
Masse de calme, et visible réserve,
Eau sourcilleuse, Oeil qui gardes en toi
Tant de sommeil sous une voile de flamme,
O mon silence! . . . Édifice dans l’âme,
Mais comble d’or aux mille tuiles, Toit!

Temple du Temps, qu’un seul soupir résume,
À ce point pur je monte et m’accoutume,
Tout entouré de mon regard marin;
Et comme aux dieux mon offrande suprême,
La scintillation sereine sème
Sur l’altitude un dédain souverain.

Comme le fruit se fond en jouissance,
Comme en délice il change son absence
Dans une bouche où sa forme se meurt,
Je hume ici ma future fumée,
Et le ciel chante à l’âme consumée
Le changement des rives en rumeur.

Beau ciel, vrai ciel, regarde-moi qui change!
Après tant d’orgueil, après tant d’étrange
Oisiveté, mais pleine de pouvoir,
Je m’abandonne à ce brillant espace,
Sur les maisons des morts mon ombre passe
Qui m’apprivoise à son frêle mouvoir.

L’âme exposée aux torches du solstice,
Je te soutiens, admirable justice
De la lumière aux armes sans pitié!
Je te tends pure à ta place première,
Regarde-toi! . . . Mais rendre la lumière
Suppose d’ombre une morne moitié.

O pour moi seul, à moi seul, en moi-même,
Auprès d’un coeur, aux sources du poème,
Entre le vide et l’événement pur,
J’attends l’écho de ma grandeur interne,
Amère, sombre, et sonore citerne,
Sonnant dans l’âme un creux toujours futur!

Sais-tu, fausse captive des feuillages,
Golfe mangeur de ces maigres grillages,
Sur mes yeux clos, secrets éblouissants,
Quel corps me traîne à sa fin paresseuse,
Quel front l’attire à cette terre osseuse?
Une étincelle y pense à mes absents.

Fermé, sacré, plein d’un feu sans matière,
Fragment terrestre offert à la lumière,
Ce lieu me plaît, dominé de flambeaux,
Composé d’or, de pierre et d’arbres sombres,
Où tant de marbre est tremblant sur tant d’ombres;
La mer fidèle y dort sur mes tombeaux!

Chienne splendide, écarte l’idolâtre!
Quand solitaire au sourire de pâtre,
Je pais longtemps, moutons mystérieux,
Le blanc troupeau de mes tranquilles tombes,
Éloignes-en les prudentes colombes,
Les songes vains, les anges curieux!

Ici venu, l’avenir est paresse.
L’insecte net gratte la sécheresse;
Tout est brûlé, défait, reçu dans l’air
A je ne sais quelle sévère essence . . .
La vie est vaste, étant ivre d’absence,
Et l’amertume est douce, et l’esprit clair.

Les morts cachés sont bien dans cette terre
Qui les réchauffe et sèche leur mystère.
Midi là-haut, Midi sans mouvement
En soi se pense et convient à soi-même
Tête complète et parfait diadème,
Je suis en toi le secret changement.

Tu n’as que moi pour contenir tes craintes!
Mes repentirs, mes doutes, mes contraintes
Sont le défaut de ton grand diamant! . . .
Mais dans leur nuit toute lourde de marbres,
Un peuple vague aux racines des arbres
A pris déjà ton parti lentement.

Ils ont fondu dans une absence épaisse,
L’argile rouge a bu la blanche espèce,
Le don de vivre a passé dans les fleurs!
Où sont des morts les phrases familières,
L’art personnel, les âmes singulières?
La larve file où se formaient les pleurs.

Les cris aigus des filles chatouillées,
Les yeux, les dents, les paupières mouillées,
Le sein charmant qui joue avec le feu,
Le sang qui brille aux lèvres qui se rendent,
Les derniers dons, les doigts qui les défendent,
Tout va sous terre et rentre dans le jeu!

Et vous, grande âme, espérez-vous un songe
Qui n’aura plus ces couleurs de mensonge
Qu’aux yeux de chair l’onde et l’or font ici?
Chanterez-vous quand serez vaporeuse?
Allez! Tout fuit! Ma présence est poreuse,
La sainte impatience meurt aussi!

Maigre immortalité noire et dorée,
Consolatrice affreusement laurée,
Qui de la mort fais un sein maternel,
Le beau mensonge et la pieuse ruse!
Qui ne connaît, et qui ne les refuse,
Ce crâne vide et ce rire éternel!

Pères profonds, têtes inhabitées,
Qui sous le poids de tant de pelletées,
Êtes la terre et confondez nos pas,
Le vrai rongeur, le ver irréfutable
N’est point pour vous qui dormez sous la table,
Il vit de vie, il ne me quitte pas!

Amour, peut-être, ou de moi-même haine?
Sa dent secrète est de moi si prochaine
Que tous les noms lui peuvent convenir!
Qu’importe! Il voit, il veut, il songe, il touche!
Ma chair lui plaît, et jusque sur ma couche,
À ce vivant je vis d’appartenir!

Zénon! Cruel Zénon! Zénon d’Êlée!
M’as-tu percé de cette flèche ailée
Qui vibre, vole, et qui ne vole pas!
Le son m’enfante et la flèche me tue!
Ah! le soleil . . . Quelle ombre de tortue
Pour l’âme, Achille immobile à grands pas!

Non, non! . . . Debout! Dans l’ère successive!
Brisez, mon corps, cette forme pensive!
Buvez, mon sein, la naissance du vent!
Une fraîcheur, de la mer exhalée,
Me rend mon âme . . . O puissance salée!
Courons à l’onde en rejaillir vivant.

Oui! grande mer de délires douée,
Peau de panthère et chlamyde trouée,
De mille et mille idoles du soleil,
Hydre absolue, ivre de ta chair bleue,
Qui te remords l’étincelante queue
Dans un tumulte au silence pareil

Le vent se lève! . . . il faut tenter de vivre!
L’air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs!
Envolez-vous, pages tout éblouies!
Rompez, vagues! Rompez d’eaux réjouies
Ce toit tranquille où picoraient des focs!

Paul Valéry

 

Les amis de Georges

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          Au coeur de Sète, un restaurant sympathique à l’ambiance chaleureuse, un lieu incontournable si vous êtes de passage en ville. Côté cuisine, des plats simples et un peu chers mais ce n’est pas pour bien manger qu’on vient ici. On vient avant tout pour Georges Brassens, bien sûr ! Pendant le repas, la musique de Brel, Ferré, Aznavour ou Bobby Lapointe nous accompagne. Ensuite, le patron monte sur scène pour nous chanter du Brassens, et quelques autres classiques de la chanson française. La salle est particulièrement adaptée à l’accueil des groupes, idéal pour chanter entre copains toute la soirée.

38, rue Maurice Clavel

34 200 SETE

http://www.resto-brassens.com/