Cinéma

Alabama Monroe

Drame belge de Felix Van Groeningen avec Johan Heldenbergh, Veerle Baetens, Nell Cattrysse

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         Elle travaille dans un salon de tatouage, il joue du banjo dans un groupe de country ; entre eux c’est de suite le coup de foudre, une passion dévorante qui rien ne semble pouvoir arrêter. La musique rythme leur vie et elle rejoint rapidement le groupe comme chanteuse en plus de son travail. Très vite, une petite fille viendra par surprise parfaire leur bonheur ; ils l’appelleront Maybelle.

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          Ceux qui me suivent le savent sans doute, en ce moment, non seulement j’ai tendance à voir les films assez longtemps après leur sortie mais en plus, ayant du retard dans mes articles, je traîne pour vous en parler. Ce film-ci est sorti il y a plusieurs semaines déjà et je n’avais pas encore réussi à le voir mais bien qu’ayant encore deux articles ciné en attente, j’ai décidé de vous en parler le plus rapidement possible, avant qu’il ne disparaisse totalement des écrans. En effet, ç’a été pour moi un véritable coup de foudre et j’ai eu envie de le partager avec vous tant que quelques salles le passaient encore. Le synopsis est très mystérieux et il est difficile d’en dire plus sur ce film sans en dévoiler certaines ambiguïtés qui en font aussi le charme. Toutefois, pas de demi-mesure possible, soit on reste dans le flou le plus total, soit on dévoile tout le ressort de l’histoire. Aucun suspens d’ailleurs, tout est dit dès les premières images mais comme le titre, l’affiche et le résumé jouent le mystère, que ceux qui préfèrent ne pas en savoir plus sur le contenu de l’histoire sautent le prochain paragraphe et nous retrouvent au suivant.

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          Le film est construit de manière un peu décousue, par flash-backs ; des allers-retours continuels entre différentes époques de leur vie de couple, qui sont parfois un peu déroutants. A 6 ans, Maybelle tombe malade, une leucémie. Elle va devoir commencer une chimiothérapie et son état se dégrade. Ses parents vont tout faire l’aider à affronter ça et à garder malgré tout la joie de vivre. Quant à eux, ils vont devoir apprendre à reconstruire leur couple autour de la maladie. Après un si grand bonheur, le malheur éloigne-t-il ou rapproche-t-il encore plus ? Comment le couple survit-il face à la maladie se son enfant ? Bien sûr, ce n’est pas la première fois que le cinéma aborde le sujet, mais c’est ici fait avec beaucoup de finesse et d’originalité à la fois, un mélange de fraîcheur et de gravité qui m’a un peu prise de court et m’a très agréablement surprise. En allant voir ce film, je ne savais pas à quoi m’attendre. J’avais vu l’affiche, très belle et mystérieuse, le titre qui l’est tout autant et lu le synopsis qui ne nous apprend pas grand chose. La curiosité et les critiques élogieuses me poussaient à aller voir de quoi il s’agissait.

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          La réalisation m’a réellement étonnée, et m’a un peu perdue aussi parfois, bien que cela ait finalement assez peu d’importance. Un grand soin est apporté aux images avec des plans splendides. Les personnages – une tatoueuse et un joueur de banjo – sortent de l’ordinaire et fascinent. Je suis tout particulièrement tombée sous le charme de l’actrice principale, simplement exceptionnelle. Le film est rythmé par le son de la country, des airs tantôt endiablés, tantôt mélancoliques, qui en valeur, souvent par des jeux de contrastes, cette histoire entre peine et bonheur. Jamais on ne sombre dans le pathos, la délicatesse est de mise, avec une belle réflexion sur le couple, la douleur et les croyances intimes de chacun. J’ajouterai même qu’on y trouve un pointe d’engagement pour le plus grand plaisir des spectateurs pointilleux dans mon genre.

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          Comme souvent face à un coup de cœur, difficile d’en parler sans avoir l’impression de trahir ce qu’on a ressenti, et surtout, vient la crainte de créer un attente trop grande chez le lecteur et une inévitable déception. Car on aime des choses simples, et ce sont de celles-là qu’il est le plus difficile de parler. J’espère donc vous avoir donné envie d’aller découvrir Alabama Monroe, et que ceux qui le verront l’apprécieront autant que moi car ce fut pour moi un grand moment de cinéma. Un de ces films trop rares qui font passer par un large panel d’émotions et dont l’univers nous poursuit longtemps après être sorti de la salle. Une construction un peu décousue mais des images magnifiques, une musique entraînante et une histoire à fendre le cœur pour ce film splendide qui aura réussi à me faire verser plus d’une larme.

Cinéma

Météora

Romance grecque de Spiros Stathoulopoulos avec Theo Alexander, Tamila Koulieva-Karantinaki

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          En Grèce, dans les Météores, deux monastères perchés sur des pitons rocheux se font face. Theodoros et Urania consacrent leur vie à Dieu dans ces lieux entre ciel et terre mais peu à peu une certaine complicité naît entre eux qui va les pousser à choisir entre amour terrestres et divines.

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          L’affiche de ce film, aperçue dans le métro, m’avait beaucoup intriguée, inspirée des icônes orthodoxes, elle était pourtant originale et attirait l’œil, je l’avais trouvée très belle. Si bien que j’étais allée chercher sur internet le synopsis du film qui n’avait fait qu’accroître ma curiosité et mon envie d’aller le voir !  Après avoir eu quelques difficultés à trouver une séance qui me convenait, j’ai enfin réussi, à aller voir de quoi il retournait. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ce film a été à la hauteur de mes espérances ! Il mêle une manière de  filmer classique – voire austère – avec de l’animation qui prend comme base de dessin l’iconographie orthodoxe. Un mélange aussi original que réussi qui crée un rythme à part et insuffle de la vie dans ce qui aurait pu être un film d’autre, certes beau mais non moins austère.

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          La première force du film, c’est son décor. Comment ne pas avoir le souffle coupé à la vue de ces monastères trônant sur d’immenses colonnes de grès dressées vers le ciel ? Un paysage qui semble irréel tant il est vertigineux, une beauté qui m’a laissée sans voix. L’histoire est simple et filmée de manière très sobre. Il y a peu de dialogues, la communication entre les deux amoureux passant surtout au début par de brefs échanges de politesses et de regards. C’est là que l’animation amène du mouvement, de la couleur, de la poésie. Le passage de l’un à l’autre est toujours subtil, habilement réalisé, l’animation se mêle donc au film tout en douceur et se fond presque dans la réalité, lui apportant une dimension supplémentaire, bien plus chatoyante.

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          La bande-son est également une réussite, avec des chants religieux très bien choisis, souvent assez enlevés, qui viennent accentuer la profondeur de l’histoire. Je regrette de ne pas avoir pu voir ce film une deuxième fois en salles et attends impatiemment sa sortie en DVD. Il donne même envie d’aller de suite découvrir les merveilles des Météores (eh oui, les monastères perchés existent vraiment !). Ce film aurait pu être d’un ennui mortel, pourtant il est d’une incroyable richesse et tout en légèreté à la fois. J’ai été éblouie par l’inventivité dans l’animation, subjuguée par de tels paysages, émue par la simplicité de l’histoire, frappée par la nudité de la mise en scène et j’ai trouvé le résultat tout simplement magique ; tout en restant d’une étrange sobriété, l’un des films les plus originaux et les plus réussis que j’aie vus depuis bien longtemps. Un petit bijou du 7° art.

Cinéma

Jeune et jolie

Drame français de François Ozon avec Marine Vacth, Géraldine Pailhas, Frédéric Pierrot

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          Isabelle a 17 ans, elle est jeune et jolie et vit l’âge des premiers amours dans une famille qui l’aime. Mais alors que tout semble aller pour le mieux dans sa vie, elle sombre dans la prostitution ; son portrait en 4 saisons et autant de chansons.

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          Je ne suis pas une toujours inconditionnelle du cinéma de François Ozon, que je trouve un peu inégal, et qui parfois m’exaspère. Mais je reconnais à ce réalisateur un talent certain et de l’inventivité. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il se renouvelle. Quel rapport en effet entre 5 x 2 et Potiche, Le temps qui reste et Dans la maison ? Il n’a pas peur de casser son image et de s’essayer à de nouveaux genres. Je vais généralement voir ses films, d’autant plus que le sujet de celui-ci me tentait bien. Je craignais un peu que ce film ne vire au vulgaire, mais ce n’est jamais le cas, bien que les scènes de sexe soient nombreuses et filmées de manière directe ; une certaine esthétique permet que ça ne vire au glauque sans pour autant en jouer démesurément. J’ai par moments trouvé quelques faiblesses au scénario mais les acteurs s’en sortent suffisamment bien pour nous les faire vite oublier.

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          J’ai été assez surprise par la façon dont la question de la prostitution est abordée dans le film . Je m’attendais à une manière plus brutale de traiter de le sujet. En effet, si c’est filmé de manière crue et que les passes de la jeune Isabelle avec des hommes trois fois plus vieux qu’elle ne nous sont guère épargnées, en revanche on en sait finalement très peu sur les états d’âmes de la jeune fille. J’ai trouvé ça un peu dommage. Le sujet se prêtait à un personnage torturé et finalement le personnage est assez lisse. On ne sait même pas au juste comment elle en arrive là, à part par curiosité peut-être.

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          D’un côté cette banalité est intéressante, elle offre un regard nouveau sur la prostitution, qui est ici surtout un prétexte à l’étude des relations familiales. Finalement, ce n’est presque qu’un secret de famille parmi d’autres, une erreur de jeunesse comme on en fait tous, et c’est la manière de gérer cette crise qui est au cœur de l’histoire. Etant férue de films engagés, bien que trouvant cette sorte de détachement osée, je n’ai pu m’empêcher de regretter que la psychologie du personnage ne soit pas plus fouillée et qu’il n’y ait pas une esquisse de réflexion sur la prostitution volontaire. Mais que voulez-vous, on ne se refait pas ! Un film réussi dont le sujet délicat est traité avec habileté ; il manque un peu d’épaisseur pour réellement marquer durablement mais on passe un bon moment.

Cinéma

Fedora

Drame franco-allemand de Billy Wilder avec Marthe Keller, William Holden, Hildegard Knef – 1978

          Fedora est une actrice à la beauté légendaire qui depuis longtemps ne tourne plus et vit retirée loin des regard. Un producteur qui l’a connue dans sa jeunesse souhaite la rencontrer pour la voir jouer dans son prochain film et la remettre sur le devant de la scène. Mais bien des mystères entourent cette femme dont la beauté semble éternelle.

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          Je dois admettre que si je vais souvent au cinéma, je connais assez mal mes classiques et si j’en ai vu quelques uns au gré de leurs passages sur leur petit écran, j’ai de sérieuses lacune en la matière que je ne me suis jamais franchement préoccupée de combler. Quand j’ai vu que ce film-là ressortait en version restaurait, je ne sais pourquoi, il m’a de suite tentée et j’ai finalement dérogé à mon habitude de n’aller voir que des films contemporains pour aller découvrir celui-ci. J’aurais bien eu tort ! En effet, si l’histoire est peut-être un peu longue à commencer, un suspens se crée peu à peu, on se laisse totalement prendre au jeu et on ne peut qu’être étonné par le dénouement imprévu.

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          A la fois histoire d’amour et thriller, on ne s’ennuie pas un instant dans ce film où on sent à tout instant que le drame va arriver sans bien savoir quelle au juste en sera la cause. Fedora semble au bord de la folie mais affirme qu’elle est séquestrée et droguée par les amis chez qui elle loge. Eux-même bien sûr, ont une tout autre version des choses. Difficile alors de démêler de vrai du faux et de savoir qui dit la vérité et qui est à craindre. Une ambiance de plus en plus malsaine et un suspens grandissant qui ne laissent pourtant rien présager de l’incroyable révélation finale. Le sujet de film, la peur de vieillir et la quête de la jeunesse éternelle, n’a pas pris une ride. Une histoire très prenante et un sujet aujourd’hui encore d’actualité pour un film qui a très bien vieilli et est un plaisir à regarder.

Cinéma

Keep Smiling

Comédie dramatique géorgienne de Rusudan Chkonia avec Ia Sukhitashvili, Gia Roinishvili, Olga Babluani

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          Dix jeunes femmes participent au concours de la meilleure mère géorgienne. Elles s’affrontent dans différentes épreuves pour démontrer leur talent avec à la clef un appartement de 4 pièces et 25 000 €. Elles sont prêtes à tout pour avoir une chance d’accéder à une vie meilleure. Tous les coups sont permis, une seule règle : garder le sourire.

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         Un film on ne peut plus d’actualité puisqu’il s’attaque à la question de la télé-réalité et ses dérives. On suit à la fois ces dix femmes dans le concours et dans leur vie de famille, qui souvent est bien loin d’être rose. Les situations de ces mères sont diverses, certaines sont mariées, d’autres célibataire, l’une est veuve, l’une n’est même pas mère d’ailleurs. La plupart ont des problèmes d’argent et rêvent d’un logement plus grand pour leurs enfants, mais à toutes, mêmes à celles qui sont plus aisées, il semble manquer quelque chose et elles ont en commun un fond de tristesse. On assiste aux répétitions pour les émissions, on voit tout des coulisses, des amitiés et rivalités qui se nouent, des chamailleries inévitables quand on rassemble dix femmes ensemble pendant trop longtemps. Comme dans tout bon concours qui se respecte, le suspens est ménagé jusqu’à la fin sur l’identité de l’heureuse gagnante.

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          Je craignais un peu que le film ne soit qu’une succession de coups bas entre ses femmes rivales et de crises de nerfs mais fort heureusement, il est plus subtil que ça et si la jalousie crée bien des tensions, les relations sont souvent bien plus complexes que ça, et derrière les engueulades incessantes se cache parfois une amitié profonde. J’ai trouvé cette manière de traiter les relations entre les personnages intéressante. En revanche, les personnages en-eux mêmes sont un peu effacés et auraient peut-être mérité d’être un peu plus mis en avant individuellement. Seule une des candidates au très fort caractère se détache fortement du groupe et apporte de la vie. Quant au concours, il est aussi un prétexte pour dénoncer certains travers de la société géorgienne et les coulisses, la réalisation mais aussi et surtout le résultat réservent bien des surprises ! Un joli film qui malgré quelque inégalités m’a agréablement surprise, aussi bien par la qualité de son contenu que de sa réalisation. A découvrir.