Cinéma·Musique

Killing Bono, de Nick HAMM

           Comédie britannique de Nick Hamm avec Ben Barnes, Robert Sheehan, Pete Postlethwaite.

          Neil a l’étoffe d’une rock star, il le sait. Il ne doute pas de rencontrer le succès avec Shook Up, le groupe qu’il a monté avec son frère, Ivan. Ce n’est qu’une question de temps. D’ailleurs, quand Paul, leur copain de lycée, veut prendre Ivan dans le groupe qu’il a lui-même créé, Neil n’hésite pas à refuser pour lui, certain de leur voler la vedette. Qui pourrait bien prendre au sérieux un groupe nommé U2 et dont le chanteur se fait appeler Bono ?

          Au cas où quelqu’un ici aurait raté l’intégralité des 30 dernières années, U2 est un groupe de rock irlandais, formé à la fin des années 70 par des lycéens absolument pas musiciens – selon la coutume de l’époque – et qui a dès le début des années 80 connu un succès planétaire. Depuis 30 ans, ils vendent des millions d’albums (170 000 en 2009) et réunissent des milliers de fans hystériques à chacune de leurs sorties. Leur chanteur, Bono, est connu (outre ses lunettes) pour son engagement politique et humanitaire. Le groupe est considéré (par le magazine Rolling Stone, véritable parole d’évangile en la matière) comme l’un des plus marquants de tous les temps. Oui oui, rien que ça.

          Juste pour le plaisir, une vidéo d’un de leurs premier gros tubes, Sunday Bloody Sunday, version d’époque (parce que les coiffures des années 80 sont irremplaçables…). Comme vous pourrez le constater, 7 ans après la naissance du groupe, U2 connaît alors un succès retentissant.

         Ce film me tentait énormément, en partie en raison de son sujet, assez loufoque, en partie pour la présence de l’excellent Robert Sheehan découvert dans la non moins génialissime série Misfits. Et puis j’avais encore en tête le fabuleux Good Morning England, film jouissif sur le rock anglais à la fin des années 60. Très vite, les critiques m’ont fait déchanter. Je n’en ai entendu dire que du mal, que ce soit dans la presse ou par des amis : plat, surjoué, manque d’énergie, et dans le meilleur des cas, « bof ». Après une hésitation, j’ai quand même pris mon courage à deux mains et suis allée évaluer l’ampleur des dégâts.

          Je partais donc un peu inquiète. Finalement j’ai plutôt aimé ce film. Après tant de remarques négatives, je m’attendais à un véritable désastre. Certes il y a des faiblesses dans la construction, la musique aurait pu être plus présente, ça manque un brin d’entrain – sauf du côté des acteurs où il y en a trop. Pour résumer, la maturité lui fait quelque peu défaut. Cependant, l’histoire est en or, trop belle pour être vraie ; sauf que justement elle l’est. Un tel personnage de looser, qui pendant 10 ans a raté chaque occasion de connaître son heure de gloire, qui a su à ce point être de tous les mauvais coups et louper tous les coches, ça me laisse admirative. Il y a ceux qui ont du nez, et ceux qui n’en ont pas, ceux à qui la chance sourit et les autres…

          Un personnage comique malgré lui donc, comme je les aime. Un peu de musique en fond sonore quand même. Une histoire de galères pleine de rebondissements. Des acteurs pas parfaits mais enthousiastes. Le tout donne un film assez frais et agréable à regarder. Pas le meilleur du genre, mais on passe un bon moment tout de même.

Cinéma

Tous les soleils, de Philippe CLAUDEL

          Comédie française de Philippe Claudel avec Stefano Accorsi, Clothilde Courau, Neri Marcoré.

          Alessandro est italien, il est professeur de musique baroque à l’université de Strasbourg. Veuf depuis des années, il vit avec sa fille de 15 ans et son frère, un anarchiste qui fuit l’Italie de Berlusconi. Entre sa vie de famille et sa bande de copains, il n’a jamais reconstruit sa vie amoureuse. Pourtant, il va rencontrer une femme qui va l’aider à faire son deuil.

          Un film intelligent, d’une rare bonne humeur. Une vraie bonne comédie à l’italienne. Les personnages sont savoureux, les dialogues enlevés, l’histoire touchante. La BO est à elle seule un concentré de bonne humeur. On se délecte des engueulades en italien. Ce papa poule lui-même plus gamin que sa propre fille est attachant. Les personnages sont très réussis, y compris les personnages secondaires (dont une factrice particulièrement drôle) et les acteurs excellents. 

          Le petit fond politique ne gâche bien sûr rien à l’affaire. Seul petit bémol, une dernière scène qui tombe un peu dans la facilité mais devant une partition aussi impeccable, on en oublie ce léger contretemps. Une très bon film. Les rapports humains y sont décrits avec une grande justesse. On rit beaucoup, on est un peu émus, aussi. Un véritable rayon de soleil. À voir absolument !

Cinéma

Very bad trip 2, de Todd PHILLIPS

Comédie de Todd Phillips avec Bradley Cooper, Ed Helms, Zach Galifianakis.

          Dans le 1, Stu s’apprêtait à se marier et avait enterré sa vie de garçon à Las Vegas. Une fête qui avait mal tourné et avait entraîné l’annulation de son mariage. Cette fois c’est en Thaïlande qu’il décide de se marier. La veille, il se contentera d’un brunch avec ses amis, ni drogues, ni alcool, c’est plus sûr. Evidemment, tout ne va pas se passer comme prévu…

           L e principe est le même que pour le 1. Mais si le premier épisode fonctionnait plutôt bien, celui-ci tombe totalement à plat. Les situations les plus improbables s’enchaînent, à la fois totalement tirées par les cheveux et prévisibles, ce qui tient tout de même de l’exploit. Côté humour, ce ne sont même plus des gros sabots mais des pattes d’éléphant atteint de phlébite. Je n’ai pas ri une seule fois, tout juste souri, et encore, de dépit.

          Je ne m’attendais certes pas à un grand film mais j’espérais au moins retrouver la fraîcheur du 1°. Résultat, un film sans le moindre intérêt, qui m’a ennuyée au possible. Ne vous déplacez pas.

Cinéma

Ma part du gâteau, de Cédric KLAPISCH

          Comédie dramatique de Cédric Kaplisch avec Gilles Lellouche, Karin Viard, Audrey Lamy.

          France est ouvrière à Dunkerque. Quand son usine ferme, elle décide de devenir femme de ménage à Paris. Elle trouvera un emploi chez Steve, trader, qui gagne donc sa vie sur le dos des usines qui ferment. Chacun va se trouver confronté à un univers qu’il ignore et changer peu à peu.

          L’idée était certes un peu déjà vue, un peu dégoulinente de bons sentiments aussi mais pas foncièrement mauvaise. Le film lui par contre, l’est (foncièrement mauvais s’entend). Les 20 premières minutes sont un supplice : les clichés s’enchaînent à un rythme d’enfer, les dialogues sont d’une platitude sans nom, on atteint des sommets de nullité. Ensuite, ça s’arrange un peu. On s’habituerait presque aux personnages et même si le tout reste maladroit, on se surprend même à sourire par moments. Et puis la fin arrive. Et là… là ! eh bien on reste sans voix devant tant de médiocrité ! On retombe une fois de plus dans les clichés (gentils ouvrier/méchant trader) et l’histoire prend un tour des plus improbables avant de finir en queue de poisson. Les cahiers du cinéma l’ont dit avec justesse : « D’un réalisateur qui veut nous faire partager sa conscience de gauche, nous ne voyons que l’inconsciente gaucherie de son écriture. ». A éviter absolument.

Théâtre

La nuit sera chaude

           Comédie de, avec et mise en scène par Josiane Balasko.

         C’est l’histoire d’une femme qui couche avec un homme marié et chez qui débarque un jour la femme de ménage de celui-ci afin de le faire chanter. Malgré son physique ingrat, elle possède un charme irrésistible qui va créer des situations rocambolesques.

          Parlons peu mais parlons bien. Vous aimez les vaudevilles à la Feydeau ? fuyez, on ‘y est pas du tout. Vous aimez les Bronzés ? A côté de cette pièce, le crapaud dans la bouteille de gnôle était le comble de la finesse. Pas de réelle trame ici, pas de fond solide, de scénario qui tienne la route. Les sketchs sont vus et revus même si on rit parfois. Très vite, ça dégénère et perd tout semblant de vraisemblance. Heureusement que les acteurs (et l’incroyable énergie de Balasko) remonte un peu le tout. Ca arrive à rendre la pièce supportable mais ça ne vaut malgré tout pas le déplacement.

La nuit sera chaude

Du 25 janvier au 28 mai au Théâtre de la Renaissance

20, boulevard Saint Martin, Paris 10°