Série tv

Weeds

          A la mort de son mari, Nancy Botwin, doit subvenir seule aux besoins de ses deux enfants. Cette jeune mère au foyer d’une banlieue calme de San Francisco bien sous tous rapports va quitter ses habits de petites bourgeoise pour se lancer dans le trafic de marijuana. Un changement d’activité qui amènera son lot de conséquences, souvent inattendues. 

          L’idée de départ est plutôt originale, cette jeune mère de famille respectable qui ne sait rien faire de ses 10 doigts et cherche de l’argent facile n’est pas dénuée de charme. Evidemment, elle va de catastrophes en déconvenues. Le gros atout de cette série, c’est le panel de personnages, plus barrés les uns que les autres. Nancy, mère poule hystérique, peut se montrer à la fois agaçante et hyper attachante (j’adore cette actrice, juste géniale, ici comme ailleurs) ; Andy, son beau-frère est un grand ado amoureux d’elle qui la suit dans tous ses projets foireux et ne l’aide pas franchement ; son fils aîné, Silas, est un ado à belle gueule pas toujours très vif mais plutôt équilibré (c’est bien le seul) ; Sean, son second fils a franchement un grain, ce qui va empirer avec l’âge pour en faire un psychopathe violent ; enfin, les voisins et amis représentent à eux seuls un panel de névroses assez impressionnant. Comme dans d’autres séries américaines, la classe moyenne avec ses jolies pavillons de banlieue et son apparence lisse en prend un sacré coup…

          Si les premières saisons sont axées sur ce changement de vie improbable, le commerce finit par se rôder et on pourrait craindre l’ennui. Heureusement, les scénaristes ont de l’imagination à revendre et parviennent à relancer sans cesse la série par de nouveaux rebondissements toujours plus improbables. Sans compter bien sûr le suspens autour de l’éternel risque de se faire prendre quand on est englué dans le mensonge. J’ai trouvé que sur la fin l’histoire commençait à aller un peu trop loin. Pour ne pas tourner en rond, les réalisateurs ont dû y aller fort sur les évènements qui finissent par perdre en crédibilité. Ceci dit, on continue à vouloir connaître la suite, ce qui est après tout l’essentiel. 8 saisons survoltées et pleines d’humour. Une série totalement addictive. 

Cinéma

Du vent dans mes mollets

              Comédie française de Carine Tardieu Agnès Jaoui, Denis Podalydès, Isabelle Carré.

          Rachel a 9 ans et n’est pas très populaire dans son école. Et puis elle va rencontrer Valérie, une petite fille extravertie qui va devenir sa meilleure amie et changer le cours de sa vie. Ensemble, elles feront les 400 coups et multiplieront les fous rires. Que serait l’enfance sans une bonne copine ?

          La bande-annonce de ce film adapté d’un roman du même nom, très fraîche, m’avait séduite, ainsi que le casting des plus tentants. Cette comédie s’annonçait légère, intelligente et teintée d’un brin de nostalgie. Avec juste le recul et la tendresse nécessaire pour en faire autre chose qu’une carte postale superficielle et nous livrer un film à la fois drôle et intelligent. Bon, visiblement, je me suis emballée pour rien. Ce film est d’un ennui mortel. Honnêtement, j’ai à peine souri face à cette comédie tristement banale.

          Certes, les acteurs font de leur mieux pour sauver ce film de la catastrophe. Ils le tiennent tant bien que mal à bout de bras et si les adultes ne s’en sortent pas trop mal, les fillettes livrent quant à elles une prestation médiocre. Le scénario aurait pu être intéressant mais aurait mérité d’être un peu plus creusé. On reste à la surface des choses et finalement, même si tout ça est bien mignon, c’est surtout du réchauffé. Le décor début des années 80 et les couleurs légèrement sépias ne suffisent pas à donner du charme. Tout comme un sourire d’enfant et quelques étourderies de petite fille ne peuvent à eux seuls faire une bonne comédie. Une bonne idée, mais un film qui parvient à en faire à la fois trop et pas assez pour un résultat bien fade et convenu.

           Première le dit mieux que moi, je me permets donc de reprendre leur critique : « C’est au tour de la malheureuse Carine Tardieu de nous horripiler avec sa comédie émotionnelle saturée de chichis visuels et musicaux, de compositions esthétisantes calculées jusqu’à la névrose et de péripéties où l’humour sonne aussi faux que le drame. » Et pour faire bonne mesure, reprenons le bon mot du Parisien : « Il y a des histoires qui font sans doute d’excellents livres mais qui, une fois portées à l’écran, peuvent provoquer de l’urticaire (…) ce film, comme son final, nous a donné froid aux mollets. »

Cinéma

Magic Mike

Comédie dramatique américaine de Steven Soderbergh avec Channing Tatum, Alex Pettyfer, Matthew McConaughey.

          Mike rêve de créer sa société de meubles design. Pour y arriver, il cumule les petits boulots : il gère une société d’accessoires automobiles, est couvreur la journée, mais surtout passe ses nuits comme strip teaser dans un bar. Il devient alors Magic Mike, la vedette du show. Lorsqu’il croise Adam, il va de suite déceler son potentiel et l’intégrer à la troupe. Mais pourra-t-il aider le jeune homme à échapper aux affres de la vie nocturne ?

          Autant le dire de suite : ce film ne me tentait pas des masses. L’affiche est moche, le titre pas très engageant et le synopsis pas du meilleur augure. Mais une fois de plus, le hasard des horaires m’a amenée à entrer dans la seule salle qui passait quelque chose à l’heure qui m’arrangeait. Un peu à reculons, je suis donc allée voir ce que Soderbergh nous réservait. Très vite, mes craintes se sont dissipée. La première chose qui m’a frappée, c’est l’incroyable maîtrise technique mise en oeuvre. Il y a dans ce film des plans de toute beauté (et d’une originalité certaine) et un incroyable travail sur la lumière. Une esthétique qui m’a époustouflée et conquise.

          Ensuite l’histoire. Eh bien c’est qu’elle n’est pas si mal ! Elle est même franchement intéressante. Le personnage est loin des stéréotypes, à la fois complexe et torturé. Si à de nombreuses reprises le réalisateur aurait pu choisir la facilité et se vautrer dans le cliché, il traite au contraire le sujet avec une grande finesse. N’étant pas le moins du monde attirée par le monde du strip tease, j’ai quand même presque réussi à comprendre ce qu’on pouvait y trouver (que les amatrices de testostérones se jettent quant à elles littéralement sur ce film qui devrait les ravir). Un éveil de ma curiosité qui en soi constitue déjà un exploit. Malgré sa profondeur, ce film ne sombre pas dans la noirceur et reste divertissant, avec un subtil dosage entre drame et humour. Un histoire habilement menée, servi par un casting impeccable et une réalisation magistrale. Un divertissement intelligent comme on en voit trop peu. Du grand cinéma hollywoodien.

Cinéma

Starbuck

          Comédie de Ken Scott avec Patrick Huard, Julie Le Breton, Antoine Bertrand.

         David est un grand ado qui a la quarantaine. Endetté jusqu’au cou, il fait pousser du cannabis dans son garage pour arrondir les fins de mois. Il travaille aussi comme livreur dans la boucherie de son père. Alors que sa copine qu’il délaisse lui apprend qu’elle est enceinte, il découvre que suite à des dons de sperme, il est le géniteur de 533 enfants dont 142 sont déterminés à le retrouver.

         J’étais un peu sceptique en allant voir ce film. Comme chacun sait (enfin ceux qui me connaissent ou me suivent régulièrement via ce blog), je ne suis pas très bon public pour les comédies. D’autant que l’humour québécois me laisse souvent perplexe. Ajoutez à ça un sujet improbable (et prêtant à un humour bien gras), je m’attendais au pire… Mais comme j’en avais entendu le plus grand bien, je me suis dit que ça méritait quand même d’aller voir cette drôle de chose.

         Grand bien m’en a pris ! Cette comédie est pleine de qualités. Dans le désordre : les personnages sont très attachants, les situations vraiment cocasses, il y a une histoire qui se tient, l’humour n’est si lourd qu’on l’aurait pu craindre. Qu’on aime ou non, on doit bien admettre que ça sort du lot ! Bon certes, il y a quelques blagues vaseuses mais le tout est bien plus subtil qu’il n’y paraît. Cette situation folle est aussi l’occasion d’une petite réflexion sur la famille, l’amitié, la morale… La vie sous son aspect relations humaines de manière générale.

          Et c’est plutôt réussi. J’ai franchement ri. Le film joue sur plusieurs types d’humour, ce qui est souvent un bon pari. Contre toute attente l’histoire se tient et n’est que le prétexte à aborder des sujets plus sérieux. La loufoquerie cache ici une certaine profondeur. Il y a sans doutes quelques longueurs et maladresses mais elles sont largement excusées par l’inventivité déployée. Peut-être pas un chef-d’oeuvre mais un film qui mérite tout de même largement le détour.

Cinéma

Moonrise Kingdom, de Wes ANDERSON

          Comédie-dramatique américaine de Wes Anderson avec Bruce Willis, Edward Norton, Bill Murray

          Suzy et Sam sont amoureux et décide en cet été 1965 de s’enfuir ensemble pour vivre leur amour. Suzy est une jeune fille de bonne famille pour le moins torturée, pouvant se montrer violente sous le coup de la colère, Sam est un jeune scout orphelin hai de tous. Pourtant, il va bien falloir partir à leur recherche. La tempete qui approche va encore compliquer la tache à leurs poursuivants.

          J’avais entendu des avis très mitigés sur ce film : un public assez réceptif qui semblait apprécier un peu de légèreté dans une sélection cannoise pour le moins sérieuse (et un peu tristounette) et une critique plus réticente, paraissant trouver que le tout manquait quand meme un peu de consistance. Une fois n’est pas coutume, je suis plutot de l’avis général et populaire et ai apprécié ce film qui n’avait pourtant a priori pas grand chose pour m’enchanter. Une histoire d’amour chez les scouts, je dois admettre que ça m’inspirait assez moyennement. Je suis quand meme allée voir par curiosité. Je n’ai pas été déçue du voyage ! Les scènes cocasses s’enchainent à un rythme effréné et on se régale de cet humour tendre et décalé.

          Cette histoire est filmée avec une incroyable tendresse pour l’Amérique des années 60. Les couleurs un peu jaunies, la musique d’époque, le vent de folie qui semble souffler sur chaque scène : ce film est un concentré de bonne humeur et de fraicheur enfantine. Les critiques qui lui sont faites sont pourtant justifiées. On pourrait attendre plus de profondeur, quelque chose d’un peu moins conventionnel. Si on est face à un bon film, ce n’est pas un grand film, nuance qui en a déçu certains. Pour ma part, j’ai juste regardé ça les yeux écarquillés, suivant les péripéties avec enthousiasme. J’aurais sans doute préféré une fin plus originale mais j’ai pris un réel plaisir à suivre cette histoire, aussi prévisible soit-elle. Pour une fois, l’absence de surprise ne m’a pas dérangée tant la forme m’a emballée. Les personnages sont attachants et la brochette d’acteurs franchement convaincante. Il y a un rythme intéressant dans ce film, un humour touchant et une esthétique un peu rétro très réussie. En un mot, une très bonne comédie familiale comme on aimerait en voir plus souvent.