Qu’est-il arrivé à Ethan Frome pour que cet homme d’une petite ville du Massachusetts pour qu’il se soit à ce point renfermé ? Quel a été ce grave accident qui l’a lourdement handicapé ? Un nouvel arrivant dans la ville va tenter de percer les mystères de cet homme.
D’Edith Wharton, je n’avais lu que Le vice de la lecture, un petit texte avec lequel je n’avais pas du tout accroché. J’avais trouvé le style très vieilli et l’argumentation faiblarde. Quand on m’a offert ce roman, je ne me suis donc pas précipité pour le lire, bien que la libraire à qui je fais relativement confiance ait assuré que ce soit un chef-d’oeuvre. Toutefois, cette année, j’ai décidé de le mettre dans la liste des romans à sortir de ma bibliothèque avant le 31 décembre. Je me suis rapidement attelée à la tâche (moins rapidement à vous en parler, comme vous pouvez le constater…) et je dois bien avouer que j’ai été très agréablement surprise. L’écriture est classique mais je l’ai beaucoup appréciée. Assez sobre, avec une retenue plutôt touchante qui donne une note particulière à ce texte. On met un peu de temps à s’attacher aux personnages – par ailleurs assez énigmatiques – mais on finit par s’habituer à leur présence et par vouloir en savoir plus sur leur histoire.
On se laisse bercer par le rythme très particulier de ce roman. Ethan Frome est un personnage énigmatique alors que sa protégée s’avère pour le moins lumineuse. Le contraste entre leurs deux personnalités donne à ce texte une relief particulier. J’ai beaucoup de mal à expliquer pourquoi j’ai tant aimé ce roman. Ca tient à la fois de ses personnages un peu « abîmés » dont le portrait est si bien dressé qu’on brûle de découvrir leur passé, ce qui a pu les façonner de la sorte. Le style simple en apparence nous coule dans un rythme qui m’a quelque peu bercée. Il y a à la fois de la douceur, de la retenue et un fond de douleur dans l’écriture que j’ai trouvé extrêmement touchant. On apprend à connaître les personnages peu à peu sans à proprement parler de suspens, on sent au fil des pages arriver le drame. Une belle écriture et une histoire bouleversante, un très grand roman.
Il avait toujours été plus sensible que les gens de son entourage aux beautés de la nature ; ses études, malgré leur interruption prématurée, avaient donné une forme à cette sensibilité, et, même aux heures les plus malheureuses de son existence, les champs et le ciel lui avaient toujours parlé d’une voix souveraine et profonde.
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Ces sautes d’humeur faisaient le désespoir et la joie d’Ethan Frome. Le tour que prenaient les pensées de Mattie était aussi imprévisible que les allers et retours d’un oiseau entre deux branches.
Science fiction, drame américain de Christopher Nolan avec Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Michael Caine
Le film raconte les aventures d’un groupe d’explorateurs qui utilisent une faille récemment découverte dans l’espace-temps afin de repousser les limites humaines et partir à la conquête des distances astronomiques dans un voyage interstellaire.
Trois mois après tout le monde, je vous parle du film que tout le monde a adoré film 2014. On aura entendu des tonnes de louanges sur ce film de science-fiction, un biopic profondément humain et écolo qui dépoussière le genre. Ce genre de commentaire dont je ne sais jamais s’ils doivent me pousser à aller voir un film ou finir de m’en dissuader. Il faut dire que je ne suis pas une grande amatrice de science-fiction et que pour d’obscures raisons je n’apprécie pas particulièrement les films qui se passent dans l’espace – enfin, sauf ceux qui sont tirés d’histoires vraies, auquel ça bizarrement ça me fascine. Parce que, n’en déplaise aux mauvaises langues, ce n’est pas que le sujet ne m’intéresse pas où que je n’y comprenne goutte, simplement, science-fiction et espace ça fait souvent trop dans un même film. J’ai d’abord été tentée de voir ce film parce que Matthew McConaughey est le meilleur argument de vente qu’il soit. Après j’ai vu une super interview du réalisateur et des acteurs. Puis les commentaires unanimement élogieux m’ont fait douter : trop de bonne presse, c’est louche. Enfin, j’ai craqué parce que je n’en pouvais plus de ne pas suivre les conversations sur ce film dont tout le monde parlait (oui, j’ai été faible, je l’admets, mais la carte illimitée est faite pour ça).
Je sais que je ne vais pas me faire des amis mais, si j’ai bien aimé ce film, je ne partage pas la liesse générale. Il va être franchement difficile d’expliquer pourquoi sans révéler les 3/4 de l’intrigue. Ce n’est sans doute pas si grave puisqu’à peu près tout le monde l’a vu mais je vais tenter de ne pas trop en dévoiler au cas où certains attendraient la sortie en DVD. Je vais tout de même essayer d’argumenter sans spoiler tout ce qui est intéressant. Déjà, pour commencer, on n’est pas devant un nanar, ce film est loin d’être dépourvu de qualités. Le grand spectacle est assuré, Matthew McConaughey est génial, comme à son habitude (oui, c’est mon chouchou du moment^^) et il y a une réelle volonté de sortir du blockbuster classique, ce qui est tout à fait louable. malheureusement, à mes yeux ça ne fonctionne qu’à moitié. Pas facile de savoir par où commencer tant il y a de choses à dire sur ce film très riche (et très long aussi). Je vais essayer de faire au mieux pour ne pas trop me disperser dans tous les sens et ne pas vous assommer outre mesure avec mes réticences.
Si j’ai bien tout suivi, le réalisateur a voulu des personnages plus « humains » que dans les blockbusters habituels. C’est une demie-réussite. C’est vrai que les sentiments des personnages principaux ont une grande place dans ce film, ce qui est assez inhabituel pour le genre, plutôt porté sur le héros sans peurs. Malheureusement, malgré des efforts visibles pour les mettre au cœur du film, leur psychologie reste assez sommaire et ils restent très stéréotypés. Quant à celle des personnages secondaire, elle est juste inexistante. Du coup ils sont moyennement attachants (voire franchement agaçants parfois). Mais bon, on suit quand même leurs aventures avec plaisir. Le film avance et j’ai trouvé les rebondissements assez convenus, on peut les voir venir à des kilomètres. L’histoire est complexe et j’ai trouvé dommage qu’elle retombe pourtant dans un schéma hyper classique où toutes les scènes attendues sont présentes. Le sujet porte grosso modo sur la relativité du temps, ce qui donne une certaine latitude au scénario pour nous offrir des choses un peu surprenantes. Pourtant, il n’y parvient jamais vraiment et frôle même parfois le ridicule. Sans compter nombre d’incohérences. J’ai envie de dire qu’elles sont plus ou moins l’apanage du genre, ce n’est donc pas hyper gênant de voir qu’un avion met 5 minutes là où à pieds il en fallait 2, c’est une histoire de suspens et tout ça, mais vu la volonté affichée de sortir des sentiers battus, on ne peut s’empêcher de tiquer un peu. Un peu dommage donc que le réalisateur n’est pas totalement réussi à se dépêtrer du « moule blockbuster ».
Jusque-là, je suis toujours quand même plutôt enthousiaste et je trouve le film assez sympa, sans trop de longueurs (enfin quelques unes quand même, avouons-le). Et puis arrive la dernière partie, celle où le héros est sensé sauver le monde. Bon, je ne vais pas vous révéler la fin mais franchement là j’ai décroché. Pas parce que je n’ai rien compris comme le suggèrent les plus fervents défenseurs du film, mais parce que j’ai trouvé le dénouement complètement con. Voilà, c’est dit. Je trouve l’idée juste aberrante, même pas d’un point de vue scientifique – même si je suis perplexe, je ne suis pas en mesure de trancher sur la question – mais du point de vue du scénario c’est genre méga rebondissement, suspens et scène pour te tirer une petite larme le tout bien mixé. Trop de trop quoi. La fin quant à elle arrive à être à la fois convenue et larmoyante. Le pire moment du film. Heureusement, c’est court. Je l’avais vue venir dès le début mais sans y croire parce que tout le monde m’avait dit que ce film était imprévisible et je voulais être surprise moi aussi. En même temps j’arrive à m’auto-spoiler Games of throne alors mon cas est peut-être désespéré. Quant au sujet de départ, qui laissait espérer un propos vaguement écologique, il est vaguement esquissé puis totalement laissé à l’abandon. Dit comme ça, j’ai bien conscience de donner l’impression de n’avoir rien aimé dans ce film. Ce n’est pas le cas. Je l’ai trouvé pas mal du tout, mais vu que la terre entière l’a trouvé génial, je me sens obligée d’insister sur ses points faibles, ses qualités ayant déjà été vantées par toute la blogosphère.
Ce qui m’a gênée finalement au fond, c’est que ce que j’aime dans un blockbuster, c’est poser mon cerveau pendant 2h et voir les scènes d’action s’enchaîner. Ici il y a une volonté de le rendre intelligent très présente mais qui donne de médiocres résultats. Ce qui fait que mon plaisir de regarder un film débile a été gâché mais n’a pas été remplacé par celui de regarder un film profond. Tout le paradoxe est là. Ce film est soit trop bien, soit pas assez mais il ne va pas jusqu’au bout de la démarche. Je me suis sentie dans un entre-deux assez inconfortable. Ce film est plein de bonnes idées et réserve parfois d’agréables surprises mais j’ai eu l’impression que chaque fois que quelque chose d’un peu nouveau et inhabituel entrait en jeu et me donnait l’impression de voir quelque chose de vraiment nouveau, un truc complètement convenu et lourdaud venait le plomber. Une alternance qui a fini par me fatiguer un peu pour tout vous dire. Finalement, pas si simple de sortir des schémas conventionnels. D’un point de vue formel, tout est impeccable. Rien à redire là-dessus. Une bonne idée de départ mais une réalisation qui peine à trouver ses marques. Le film alterne entre désir d’innovation et rebondissements très conventionnels pour un résultat qui m’a fait osciller constamment entre enthousiasme et déception. Pas mal du tout mais frustrant.
Drame français de Jean-Paul Civeyrac avec Guslagie Malanda, Pierre Andrau, Nadia Moussa
Victoria une petite fille d’un milieu modeste. Une nuit, elle dort chez Thomas. Elle est impressionnée par le luxe qui règne chez lui. Quand elle le retrouve des années plus tard, elle a une aventure avec lui de laquelle naîtra Marie. Elle lui dévoile l’existence de cet enfant 7 ans plus tard. L’arrivé dans la famille ne sera pas sans conséquences.
Le synopsis de ce film me tentait assez. L’histoire me semblait pouvoir être intéressante, j’en avais entendu dire beaucoup de bien, j’étais enthousiaste à l’idée de voir de quoi il retournait. Dès le début j’ai senti que ça n’allait pas être le petit bijou dont dont tout le monde parlait. Les voix off et moi sommes assez fâchées, je trouve ça horripilant. On y a droit ici tout le long du film et je l’ai trouvée particulièrement pesante. Partant de là, il y avait peu de chances que j’accroche outre mesure. Quant à l’histoire, elle s’est avérée pour le moins décevante. Je m’attendais à un drame social, il s’agit d’un destin tristement banal qui ne nous épargne guère les clichés les plus rebattus. Le film est tourné dans mon quartier et j’ai passé mon temps à essayer de repérer à quel endroit exactement avait été tournée telle ou telle scène, dans quel café, quel coin de rue. Passionnant n’est-ce pas ?
Toutefois, il faut souligner que le casting relève le niveau. Les petites filles sont assez géniales et l’ensemble des prestations est tout à fait honorable. Malheureusement, ça ne parvient pas à combler une impression de vide persistante. Dans l’ensemble, j’ai trouvé ça assez inconsistant. Il faut dire aussi que les films sur l’intime ne sont pas particulièrement ma tasse de thé et que là on n’y va pas de main morte sur le pathos pour une histoire somme toute assez banale. Je vous passe le côté mélo qui est aussi inutile que ridicule et finit de décrédibiliser ce film qui n’avait clairement pas besoin de ça. L’ensemble s’avère assez lent et franchement moyen. Pas exactement mauvais, juste terriblement maladroit. Une preuve supplémentaire si besoin était que les bons sentiments ne font pas les bons films.
Drame musical américain de Damien Chazelle avec Milles Teller, J. K. Simmons, Paul Reiser
Andrew a 19 ans et fait de la batterie, il rêve de devenir l’un des meilleurs. Pour atteindre son objectif, il veut intégrer l’orchestre du grand Terence Fletcher. Sous la direction de cet homme intraitable, il se lance dans la quête de la perfection.
Avec 3 bonnes semaines de retard, je vous présente mon gros coup de cœur de cette fin d’année 2014. Le synopsis me tentait bien – j’aime souvent beaucoup les films autour de la musique – et j’en avais entendu beaucoup de bien sur les quelques blogs qui en avaient parlé avant sa sortie. Je suis donc allée le voir dès que j’ai pu, même s’il m’aura fallu un peu de temps pour vous en parler (au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, j’ai un retard dingue dans mes articles et comme j’en mets moins souvent que d’habitude, ça ne va pas en s’arrangeant). J’y suis allée avec mes parents et si on n’est pas toujours d’accord sur les films, on a tous les 3 adoré celui-là ! On en est ressortis franchement ravis et notre enthousiasme n’a pas faibli depuis. Je l’ai même classé sans hésiter en bonne parmi mes films préférés de 2014 (la liste complète à découvrir ici).
Bizarrement, j’ai un peu de mal à écrire sur ce film (oui bon, à écrire tout court, je l’admets). Il faut dire que j’ai tout aimé dans ce film, ce qui n’est pas idéal pour un long argumentaire. Ce n’est pas bon pour la critique de tout aimer, ça me donne toujours moins avis de me justifier que quand je ne pense que du bien de quelque chose. C’est sans doute un peu dommage mais on ne se refait pas. Je vais donc au moins tenter d’énumérer les nombreux points positifs de ce très bon film. Déjà, le sujet ! Je ne suis pas une grande fan de jazz mais franchement, entendre de la bonne musique de bout en bout plutôt que les violons sirupeux que nous sert trop souvent Hollywood, j’adore ça ! J’ai également trouvé que c’était extrêmement bien filmé même si certains diront que la mise en scène est un peu maniérée. Je trouve que c’est assez difficile de filmer la musique, là les instruments sont cadrés de très près, ça m’a donné l’impression de presque pouvoir les entendre vibrer. Vraiment très fort !
L’histoire quand à elle a fait débat. J’ai entendu des choses du genre « le prof il est méchant » (bouh, c’est pas bien), « n’importe quoi on n’a pas besoin de souffrir pour être un bon musicien » ou « c’est totalement immoral, j’aime pas ». Bon, autant vous dire que je ne me suis pas fait que des amis en débattant du sujet. Franchement, les héros « gentils » m’ennuient. Je ne suis pas faite pour regarder du Disney à longueur de journée. Je ne pense pas non plus que le cinéma doive être moral. Pour moi, il est plutôt un reflet de la réalité : il fait parfois rêver mais peut aussi être triste ou cruel. C’est bien cette diversité qui fait que j’adore le cinéma. Quant à savoir s’il y a besoin de souffrir pour être le meilleur, dans une certaine mesure je pense que oui. Le talent suffit rarement pour réussir, il faut aussi travailler dur, se dépasser. Évidemment, ça n’a pas besoin d’aller nécessairement aussi loin que dans le cas présent mais je pense que souvent il y a un peu de ça quand même. A mes yeux, le jeu en vaut la chandelle et ceux qui réussissent font oublier le long et dur parcours par lequel ils y sont arrivés.
Je comprends cependant que tout le monde n’ait pas ce point de vue. Mais c’est pour ça, parce que je n’ai pas trouvé ce film si dur (même si le prof est complètement ravagé, j’en conviens). Je l’ai surtout trouvé très beau. J’ai vraiment été en apnée de bout en bout, à me demander si ce gamin allait arriver au bout de son rêve. J’ai apprécié que le film ne tombe pas dans la facilité ou le sentimentalisme. Les deux acteurs principaux sont très bien choisis, ils collent parfaitement à leur rôle et sont franchement excellents. La scène finale est époustouflante. Inutile de dire que le bande-son est juste géniale. Les amateurs de jazz se régaleront, et pour ceux qui sont moins fans, rassurez-vous, ça passe on ne peut mieux quand même. Vous l’aurez compris, j’ai tout aimé dans ce film que certains jugeront un peu lisse dans sa réalisation mais qui est très maîtrisé. Avec Whiplash, Damien Chazelle nous offre une des très bonnes surprise de 2014. Ce film est un vrai régal.
Drame franco-mauritanien de Abderrahmane Sissako avec Ibrahim Ahmed dit Pino, Toulou Kiki, Abel Jafri
Kidane vit dans les dunes avec sa femme et sa fille, près de Tombouctou. La ville est tombée sous le joug des extrémistes et toute vie y semble interdite : plus de chants ou de jeux. Sa famille semble un peu épargnée, vivant loin de tout, mais la violence va bientôt les rattraper.
On a beaucoup entendu parler de ce film qui a connu un joli succès à Cannes à la Quinzaine des réalisateurs. Je l’attendais avec impatience, d’autant plus que c’est le genre de film que j’apprécie. Et en effet, il y a beaucoup de choses que j’ai aimées dans ce film, même si ça n’a peut-être pas été l’enthousiasme sans partage auquel je me serais attendue. Le sujet est intéressant et j’ai beaucoup aimé la manière dont il est traité. Je ne suis pas une spécialiste mais j’ai eu le sentiment que ce film était très réaliste, avec des personnages aux croyances et réactions les plus diverses. Je n’ai pas eu l’impression de me retrouver face aux stéréotypes habituels et c’est très appréciable. En revanche, si j’ai beaucoup apprécié cet aspect presque documentaire, je n’ai pas vraiment été submergée par l’émotion devant ce film.
Difficile d’expliquer parfois pourquoi la magie n’opère pas tout à fait et pourquoi je n’ai pas été aussi touchée qu’on aurait pu s’y attendre. Un mauvais jour peut-être, tout bêtement. Parce que pourtant tout est là. La famille du désert est particulièrement attachante et il y a des scènes que j’ai trouvées splendides, notamment une partie de football mémorable, une scène de coiffage ou encore un chant entre amis. Il y a beaucoup de moments de grâce dans ce film très fort. La violence est bien sûr extrêmement présente, et souvent montrée de manière frontale, mais je ne l’ai pas trouvée gênante dans la mesure où elle n’est jamais gratuite. J’ai aimé cette alternance de moments de violence et de quiétude voire même de gaîté. Ca montre que malgré la peur, la vie continue malgré tout. Il y a souvent une très jolie lumière et dans l’ensemble c’est franchement très beau. Un film empreint de poésie sur un sujet dramatique. Une histoire forte et belle.