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Esther, Olivier Bruneau

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          Anton et Maxine forment un couple sans histoires, doucement consumé par la routine. Une nuit, en rentrant d’un dîner, ils découvrent par hasard une lovebot, poupée sexuelle animée et douée d’intelligence artificielle, abandonnée aux ordures. L’irruption dans leurs vies de ce corps, programmé pour le plaisir mais martyrisé dans sa chair synthétique, va bien vite bousculer leur intimité.

          J’avais adoré le premier roman de cet auteur, sorti il y a 2 ou 3 ans. Dirty Sexy Valley est un roman délirant, assez trash, digne de la meilleure série Z. On voit le film se dérouler sous nos yeux au fil de la lecture. Absolument jouissif. J’avais donc hâte de découvrir ce second roman, sur un thème bien différent. Ici il est question d’un monde futuriste avec des robots plus vrais que nature. Seul point commun avec le premier roman de l’auteur, l’aspect sexuel et la place des fantasmes mais traités de manières bien différente cette fois.

Couverture du roman Esther, Le tripode

          Je dois avouer avoir eu un peu de mal à rentrer dans ce texte. J’ai trouvé ça assez dense et pas toujours évident à lire. C’est plutôt bien écrit mais pas toujours très fluide. Quant aux personnages, ils ne sont pas particulièrement attachants, ce qui sert très bien l’histoire qui arrive finalement à « monsieur et madame tout le monde ». Toutefois la thématique est intéressante et je souhaitais savoir comment le sujet allait être exploité. Si c’est parfois un peu maladroit dans la démonstration, la réflexion sur l’essence de l’humanité est pertinente. Une question riche et passionnante au centre de cette œuvre qui offre quelques pistes de réflexion.

          Si le côté déjanté du précédent roman de l’auteur m’a manqué, j’ai trouvé audacieux ce total changement de cap, il explore d’autres univers avec un certain succès. Dommage que le texte souffre de quelques longueurs et d’un style qui manque parfois de fluidité. La deuxième partie est mieux rythmée, avec des enjeux plus important qui donnent un second souffle à l’histoire et a su réveiller mon intérêt. Malgré ses défauts, j’ai aimé l’originalité de ce texte. Un roman ambitieux et singulier sur ce qui définit l’humanité.

Portrait d'Olivier Bruneau, auteur

La fille n’était plus un vulgaire robot, elle était devenue… autre chose.

Contes de fesses

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          J’ai toujours aimé les contes de fées – j’ai même voulu les étudier à la fac (à la place je me suis retrouvée dans un cours sur la Bible, faute de place) – et par la même occasion leurs réécritures. Certaines sont inventives, drôles, touchantes. J’aime retrouver ces histoires qui ont marqué mon enfance de manière décalée.

Benjamin Chaud

          C’est donc comme ça que pour mon anniversaire je me suis retrouvée avec un exemplaire de ces contes de fesses, qui s’étaient glissés par mégarde dans les rayonnages d’une amie libraire jeunesse. Chaque conte classique est représenté par une illustration, dans un style assez naïf qui laisserait penser à un livre jeunesse, mais avec des sujets franchement grivois.

Benjamin Chaud

          J’ai beaucoup ri avec ce petit livre irrévérencieux souvent très bien senti. Bon, l’a propos ne m’a pas toujours sauté aux yeux, d’autant plus que je connais assez mal certains contes, mais la plupart sont franchement bien vus. Benjamin Chaud, qui a revu son nom pour l’occasion, nous livre des illustrations pleines d’humour. Une revisite pour adultes des classiques de la jeunesse qui ne manque pas de piquant.

Benjamin Chaud

Night Nurse : le crime de la rue Quincampoix

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          Un policier mène l’enquête autour du cadavre d’un scientifique retrouvé dans les toilettes du Night Nurse, club libertin. Qui est le mystérieux assassin qui sème des petits mots partout, épingle des charades ici et là et semble connaître ce petit monde comme sa poche ? Le dénouement est un feu d’artifice de chaises musicales : on rebat les cartes sentimentales et sexuelles. 

Couverture de Night Nurse de Gala Fur

          On m’a offert ce roman il y a peu. En effet, il m’arrive de traîner dans les nombreux bars de la rue Quincampoix et ce roman qui s’y déroule (dans un club échangiste, autre spécialité du quartier, quoique fort discrète) était donc un clin d’œil à un de mes quartiers de prédilection. Même si l’univers en est bien éloigné ! Je dois avouer que je lis peu de littérature érotique (pas du tout en fait) et je ne savais donc pas à quoi m’attendre. Mais c’est aussi un polar et là de suite, c’est plus dans mes cordes. Si j’ai attendu un peu avant d’entamer cette lecture, j’étais toutefois ravie de sortir un peu de ma zone de confort et de découvrir de nouveaux horizons littéraires. Bon, j’avoue être restée un peu perplexe. Dans la première moitié, j’ai trouvé que l’enquête policière prenait largement le pas sur le côté « monde de la nuit » qui demeure en toile de fond. A vrai dire, ça m’allait plutôt bien, même si du coup j’aurais presque trouvé qu’il y avait tromperie sur la marchandise. Du côté du style, c’est pas mal non plus. L’écriture est assez recherchée même si j’ai trouvé qu’il y avait un certain nombre d’expressions un peu bizarres qui manquaient de naturel, mais bon, pourquoi pas après tout, au moins ça a le mérite de sortir du lot.

          Si au début je plaçais beaucoup d’espoirs dans l’enquête policière, j’ai fini par trouver que ça patinait un peu. L’enquêteur ne m’a pas été hyper sympathique et il y a peu d’indices pour guider le lecteur, je trouve toujours ça un peu dommage. L’intérêt du polar c’est de se sentir investit, si on reste spectateur ça fonctionne toujours un peu moins bien. J’avoue que le milieu sado-masochiste ne me parle pas le moins du monde, cet aspect-là m’a donc laissée grandement indifférente même si curieuse comme je suis, je suis toujours ravie de découvrir des univers que je ne connais pas (mais sérieusement, passer ses soirée à servir de table basse ?!).  La deuxième partie du roman m’a moins convaincue. L’enquête tourne un peu en rond, les personnages semblent aussi perdu que le lecteur et dans leur vie ça devient un peu n’importe quoi. Cela dit, c’est plutôt rigolo. Même si c’est bien écrit, j’ai trouvé que ce roman n’était pas particulièrement facile à lire, je crois que j’aurais bien aimé quelque chose d’un peu plus léger, voire d’encore plus fou, ça m’aurait sans doute aidée à entrer dans cet univers. Mais bon, même si cet univers ne m’a guère emballée, je n’ai pas trouvé cette lecture désagréable et elle aura au moins eu le mérite de changer de mes lectures habituelles.

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