Mes lectures

Romans : les sorties de l’automne

On continue avec les nouveautés littéraires qui auront décidément été à l’honneur sur le blog cette année. Je vous propose six romans sortis cet automne. Essentiellement de thriller et polar. Une sélection bien sombre mais qui m’aura réservé quelques jolies surprises.

Si la lune éclaire nos pas, de Nadia Hashimi

 

Kaboul est entre les mains des talibans. Depuis que son mari a été assassiné, Fereiba est livrée à elle-même. Si elle ne veut pas connaître le même sort, elle doit fuir. Elle entreprend un voyage périlleux avec ses trois enfants. Comme des milliers d’autres, elle traverse l’Iran, la Turquie, la Grèce, l’Italie et la France. Hélas, les routes de l’exil sont semées d’embûches : que devra-t-elle sacrifier pour de meilleurs lendemains ?

Si la lune éclaire nos pas, couvertureLe titre de ce roman ne laissait pas vraiment supposer une histoire qui allait m’emballer outre mesure. Je me méfie des titres très poétiques, ça sent toujours un peu le romantisme outrancier, mais en même temps, ça m’attire toujours au fond, parce qu’une belle histoire qui marche, c’est rare mais ça fait du bien. Bref, je me suis donc retrouvée avec ce livre entre les mains sans bien savoir pourquoi ni même de quoi ça parlait. Finalement, ç’a été une bonne surprise. J’avais lu en début d’année le témoignage d’un jeune garçon qui avait fui l’Afghanistan pour l’Angleterre. Cette version romancée d’une histoire similaire m’a beaucoup touchée. On suit la jeune femme qui est au cœur du récit bien avant qu’elle ne songe à quitter son pays. On apprend ainsi à la connaître, à se familiariser avec sa culture, à comprendre les raisons profondes de ce choix. C’est un peu mélo comme histoire, cette pauvre fille enchaîne sacrément les galères. Pourtant, étrangement, on y croit et ça fonctionne plutôt bien. L’écriture est agréable et on se prend d’affection pour cette famille au destin tragique. Un joli texte, sans doute un peu trop mélo parfois mais émouvant. Une belle surprise.

Peut-être qu’il vaut mieux mourir sur sa propre terre, plutôt qu’être chassé comme un chien errant partout où on passe.

Cognitum, de Stefan Palk

 

Dans un appartement parisien, un jeu sexuel en ligne tourne mal ; au fond d’une forêt africaine, une section de paras est anéantie sauvagement ; dans un réduit djihadiste de Syrie, on teste des produits redoutables. Yann Braque, lieutenant à la PJ, et Maxime Barelli, une capitaine des forces spéciales, vont se retrouver côte à côte face à une terrible épidémie technologique : Cognitum.

Cognitum, couvertureLe reste de mon automne aura été très noir. Et ça a commencé avec Cognitum. Un roman dystopique assez flippant. J’avoue ne pas trop savoir par quel bout prendre les choses pour en parler. On est dans un futur proche (très proche même je dirais) où la nanotechnologie infiltre le corps pour « l’améliorer ». Évidemment, ça ne se passe pas aussi bien qu’on pourrait s’y attendre, il y a des accident, des abus, des morts. Le sujet est pour le moins porteur, et plutôt d’actualité. La mise en œuvre m’a un peu moins convaincue, même s’il y a pas mal de bonnes choses dans ce roman. On alterne entre plusieurs personnages. En soi c’est un procédé que j’ai tendance à apprécier, malheureusement là les chapitres sont très courts (ce qui est également appréciable généralement) et c’est difficile de s’attacher aux personnages en passant aussi vite de l’un à l’autre. D’autant plus que l’histoire est quand même très compliquée. J’ai trouvé qu’il y avait trop de choses, trop de ramifications pas toujours parfaitement maîtrisées pour que l’histoire reste percutante. Malgré certaines faiblesses dans la construction du récit, le sujet traité est intéressant et l’enquête policière plutôt prenante. Une lecture singulière.

Évanouies, de Megan Miranda

 

Nicolette s’était pourtant juré de ne jamais remettre les pieds à Cooley Ridge, sa ville natale. Dix ans plus tôt, sa meilleure amie Corinne a disparu, et son corps n’a jamais été retrouvé. Aujourd’hui, Nic doit rentrer chez elle pour s’occuper de son père. Mais Nic n’a pas sitôt posé le pied à Cooley Ridge qu’une nouvelle jeune femme disparaît. Le piège se referme.

Evanouies, couvertureBon, ma mémoire me joue des tours. Je me souviens de la couverture, du nom de l’auteur, très vaguement d’une disparition, d’avoir bien aimé ce livre mais… mais… de rien d’autre, aucun détail. Il va falloir que j’aille faire un sérieux tour dans mes notes. C’est rare que j’oublie un roman que j’ai bien aimé mais que voulez-vous, ma mémoire n’est plus ce qu’elle était. La trame n’est pas particulièrement originale : une jeune fille qui disparaît sans laisser de traces, sa meilleure amie qui revient chez elle 10 ans après encore hantée par le drame, rien de bien exceptionnel jusque-là. En revanche, la construction elle n’est pas banale. En effet, on commence 15 jours après le retour de la jeune femme dans la ville de son enfance et on remonte le temps jusqu’à son arrivée. J’ai bien aimé l’idée qui crée une tension intéressante. C’est assez étrange pour le lecteur d’avoir de plus en plus d’informations au fil de la lecture alors que le personnage lui en a de moins en moins. Je me suis parfois demandé si à la relecture je ne trouverais pas des failles dans cette chronologie inversée, j’ai eu par moments l’impression de l’auteur s’y perdait un peu. Malgré quelques faiblesses, ce roman fonctionne plutôt bien et parvient à mettre en place un beau suspens. Pas parfait mais assez prenant tout de même.

Ma mère n’est pas morte chez elle. Elle en avait l’intention mais je crois qu’à un moment donné elle avait aussi eu l’intention de vivre. C’est bien beau, une intention, mais ça repose parfois davantage sur l’espoir que sur la réalité.

On se souvient du nom des assassins, de Dominique Maisons

 

1909. Paris, est à cette époque le centre du monde culturel et politique et repousse la misère au-delà de ses murs. Paris regarde vers le ciel et se passionne pour les dirigeables et invente le divertissement de masse. Mais aussi inventer le crime moderne et sa médiatisation. La foule va prendre gout au sang, aux aventures immorales, au frisson bon marché.

On se souvient du nom des assassins, couvertureVoilà un roman assez surprenant. A la fac j’avais un cour (où j’ai été assez peu assidue, avouons-le) sur le roman populaire : on est en plein dedans. On croirait à s’y méprendre un roman du début du XX° s. Le style est enlevé et très agréable. Ajoutez à ça une bonne vieille enquête policière dans les rues de Paris avec un auteur de romans-feuilleton comme héros et vous aurez un mélange détonnant. Bien que j’aie beaucoup apprécié cette lecture, je n’ai pas avancé très vite, ce qui m’a un peu empêché de rester dans la dynamique nécessaire pour l’apprécier pleinement. L’enquête est pleine de rebondissements, plus ou moins farfelus mais qui dans l’ensemble ne fonctionnent pas si mal. Ca traîne peut-être un peu en longueur mais les personnages sont attachants et le style enlevé ne manque pas de charme. Dommage que la résolution de l’enquête aille chercher une explication tarabiscotée qui aurait sans doute être pu mieux amener, on peine un peu à y croire. Un roman rocambolesque qui en fait parfois trop mais reste sympathique.

Sacrifice, de Joyce Carol Oates

 

1987, dans un quartier noir délabré d’une ville du New Jersey, une mère cherche partout sa fille, Sybilla, disparue depuis trois jours. L’adolescente sera retrouvée, ligotée, le corps barbouillé d’excréments et d’injures racistes, dans les sous-sols d’une vieille usine abandonnée. Emmenée aux urgences, elle accuse des « flics blancs » de l’avoir enlevée, battue et violée.

Sacrifice, couvertureJ’ai découvert Joyce Carol Oates il y a peu (oui, je ne suis pas en avance sur ce coup-là) et j’ai de suite beaucoup aimé sa plume précise et les thèmes très sombres qu’elle aborde. Après avoir lu d’elle un roman sur une disparition pour un autre sur un enlèvement et un viol d’enfant, on reste dans la même veine avec cette fois une jeune fille qui accuse des policiers blancs de kidnapping et de viol. L’écriture est très dure, imitant l’accent rocailleux de la rue. C’est très très sombre. Certains passages sont un peu difficiles à encaisser et l’évolution de l’histoire ne redonne pas exactement foi en l’espèce humaine. Mais l’auteur a le mérite dans ce roman de taper à la fois sur le racisme, la religion, l’administration et ceux qui exploitent les faibles qu’elle qu’en soit la manière. Elle n’est franchement pas tendre avec ses concitoyens mais ça sonne terriblement juste. Le récit s’inspire d’ailleurs de faits réels. C’est d’une violence inouïe mais je dois avouer avoir été totalement fascinée par ce roman que j’ai dévoré. Un roman engagé et fort qui ne laisse pas indifférent.

La victime d’un traumatisme ressemble à un animal blessé. En cherchant à l’aider, on risque d’exacerber sa souffrance.

Que le bête s’échappe, de Jesse et Jonathan Kellerman

 

Traumatisé par ses exploits récents, l’inspecteur Jacob Lev s’est remis à boire et passe ses journées à réviser des dossiers de cold cases dans un entrepôt désaffecté de Los Angeles. Un double meurtre non résolu retient son attention et l’amène à enquêter à Paris sur un cas similaire : les corps d’une mère et de son fils, retrouvés dans le Bois de Boulogne.

Que la bête s'échappe, couvertureQuand j’ai reçu ce livre, rien qu’à la couverture, je n’étais pas très inspirée. Quand j’ai commencé ma lecture, mes craintes se sont en partie trouvées fondées. Ça joue beaucoup sur le fantastique et je n’aime pas franchement les romans qui y ont recours. Je suis assez terre à terre et je n’aime pas trop qu’on mêle le monde « réel » et des éléments surnaturels. Je trouve que fonctionne rarement. Je préfère à la limite un univers créé de toutes pièces, mes attentes en matière de réalisme ne sont pas les mêmes. Pourtant, contre toute attente, je n’ai pas détesté ce roman et honnêtement, je me demande bien pourquoi. Il y a des rebondissements improbables, c’est tiré par les cheveux au possible et pourtant j’ai trouvé que ça se laissait lire. Je suppose que c’est dû à l’écriture, qui est agréable et dynamique, on est pris dans l’enquête et on ne nous laisse pas trop le temps de nous poser des questions sur sa crédibilité. C’est une suite mais on peut la lire sans problème sans avoir lu le premier volet. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai vraiment aimé, trop de thèmes abordé qui me laissent de marbre, trop tarabiscoté, mais ça reste étrangement une lecture plutôt plaisante. Le genre de roman où on trouve un plaisir un peu coupable.

Un mois d’horreur, sur la totalité d’une existence… ce n’est rien. Un simple hoquet.

Cinéma

Lost River, le premier film prometteur de Ryan Gosling

Drame, thriller américain de Ryan Gosling avec Christina Hendricks, Saoirse Ronan, Iain de Caestecker

          Dans une ville qui se meurt, Billy, mère célibataire de deux enfants, est entraînée peu à peu dans les bas-fonds d’un monde sombre et macabre, pendant que Bones, son fils aîné, découvre une route secrète menant à une cité engloutie. Billy et son fils devront aller jusqu’au bout pour que leur famille s’en sorte.

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        Avec plusieurs mois de retard – histoire de changer – je vous parle d’un de mes gros coups de cœur de cette année 2015. Je dois avouer que quand j’ai appris que Ryan Gosling sortait son premier long métrage, je ne savais pas trop ce qu’on pouvait en attendre. Je ne suis pas une de ses plus ferventes admiratrices en tant qu’acteur, même si dans l’ensemble aimé les films que j’ai vus avec lui. Je l’associe grosso modo à des films violents à l’esthétique bien léchée. J’étais donc très curieuse de savoir ce qu’il ferait une fois derrière la caméra, d’autant plus que la bande-annonce est assez mystérieuse. L’acteur est encore jeune et les premiers films sont rarement des chefs-d’œuvres. Les critiques mitigées n’ont fait qu’attiser plus encore ma curiosité. J’ai été très agréablement surprise. Un vrai coup de foudre. J’ai été heureuse d’avoir pu le voir au cinéma car il s’agit d’un film d’ambiance qui m’aurait sans doute bien moins convaincue à la télé où vu la taille réduite de mon écran il aurait été difficile d’être aussi immergée.

        Si j’espérais plus ou moins quelque chose de comparable à The place beyond the pines dans le style (bien que j’aie trouvé ce film ultra violent, je ne sais pas pourquoi c’est un peu l’image que j’avais en tête en débarquant dans la salle de cinéma), j’ai été servie. Pas que ce soit exactement le même délire mais dans son genre c’est tout aussi esthétisant et dérangeant. L’histoire est dérangeante et l’univers très noir. J’ai été particulièrement surprise de trouver autant de couleur pour le retranscrire. J’ai adoré cette explosion de couleur continuelle qui donne un côté presque pop à ce film pourtant on ne peut plus sombre. L’histoire est étrange et quelque peu décousue mais un fil la tient en place, évitant de perdre le spectateur (enfin, pas tous). Elle prend souvent des tours surprenants, tantôt burlesques, tantôt macabres. La violence est omniprésente mais portée par une image impeccable qui lui confère une certaine beauté.

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          La photo est clairement le gros point fort de ce film. Chaque image semble pensée pour choquer ou éblouir. Une succession de plans hyper léchés tout à fait fascinante, portée par une musique qui n’est pas en reste. Le casting est également impeccable, avec une Christina Hendricks toujours aussi captivante. Ce premier film est pour le moins surprenant, chaque détail semble penser et repensé pour dérouter le spectateur et le faire plonger dans cet univers à la fois sombre et poétique. C’est foisonnant, étrange et il se dégage de se chaos une surprenante beauté. Un cinéma hyper exigeant qui ne saurait conquérir tout le monde. On aime ou on déteste, il me semble difficile d’y rester indifférent. Si le fond se perd un peu dans une forme tentaculaire, on ne saurait nier que le jeune réalisateur se démarque clairement d’un cinéma américain parfois trop aseptisé. Un premier film pour le moins étonnant et clairement captivant. Une très belle surprise.

Mes lectures

Le voleur d’ombres : j’ai lu (et aimé !) mon premier Marc Lévy

          Enfant, il vole les ombres des gens qu’il croise… et chacune de ces ombres lui confie un secret. Malgré lui, il entend les rêves, les espoirs et les chagrins de ceux qu’il aime. Que faire de cet étrange pouvoir…? 

           Je dois avouer que je n’avais jamais lu de Marc Lévy avant ça et franchement, ça ne me tentait pas des masses. Les grands succès populaires sont une source quasi-inépuisable de déception pour moi, j’ai donc tendance à les fuir. Pas que je me sente à part ou au dessus du lot mais c’est vrai que j’ai toujours aimé une littérature assez exigeante (je n’ai peut-être pas un Bac +5 en la matière pour rien non plus hein) et qui donc peine souvent à rencontrer son public. Plus un roman a de succès, plus il a de chance d’être moyen. Pas mauvais non. Juste fade. Il y a fort heureusement quelques exceptions mais elle sont rares. Et puis c’est vrai que je prends plus de plaisir à découvrir un auteur qui doit avoir à peine 500 lecteurs qu’à passer après 200 000 autres mais ça c’est juste un petit délire personnel. Bref, Marc Lévy n’était donc pas arrivé dans ma bibliothèque jusque-là. Parce qu’on ne peut pas dire du mal d’un auteur avant de l’avoir lu et que des fois c’est très tentant, une année, j’avais décidé de lire un titre des chaque gros vendeur du moment qui étaient grosso modo Lévy, Pancol, Gallay, Pancol et Musso – et Nothomb mais elle je connais déjà. Je me suis arrêtée après le premier titre. Encore une résolution mise au placard, même si je n’ai pas dit mon dernier mot.

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           Mon papa qui est un gros lecteur, aime bien Marc Lévy mais je ne lui en avais jamais emprunté. Il y a peu, je me suis rendue chez une amie prof de lettre sans rien à lire, je lui demande de me prêter quelques chose et pof, elle me sort un Marc Lévy, que voulez-vous, je ne pouvez quand même pas refuser. J’ai été très surprise de constater que le style n’était pas si mauvais. Bon, je n’irais pas jusqu’à dire que c’est bien écrit mais franchement, ça passe tout seul : à aucun moment je ne me suis dit que c’était moyen. Ce n’est pas un style recherché mais c’est simple et efficace et c’est déjà pas mal ! L’histoire est assez sympa. Le petit héros est très attachant. Je dois avouer que j’ai un peu eu l’impression d’être face à un roman jeunesse. Ca n’a rien de péjoratif, simplement, la sobriété du style et le côté un peu fantastique de l’histoire m’ont fait penser aux romans que j’adorais quand j’avais 10 ou 12 ans. Etant donné que, si je ne m’abuse, l’auteur a commencé à écrire pour son fils, ça ne paraît pas totalement illogique non plus. Ce n’est pas dénué de quelques niaiseries mais c’est assez bien amené pour être plus mignon qu’agaçant.

           Bien sûr, je comprends les critiques négatives. On ne va pas parler de grande littérature, il n’aura pas le prix de l’Académie française pour la pureté de sa langue (quoi que quand on voit que Joël Dicker l’a eu avec un style franchement pourri en l’occurrence, tout est possible), il n’entrera probablement pas dans la postérité à part comme plus gros vendeur de ce début de XXI° s. mais honnêteté, c’est loin d’être ce qu’on fait de plus mauvais dans le genre. J’en ai lu des torchons mais là, on a juste affaire à un roman gentillet. Pas de quoi en dire ni du bien ni du mal, sauf si on est agacé par son succès. Si on veut du Balzac, c’est raté mais ça se laisse lire avec un certain plaisir, même pas tellement coupable. Je crois que c’est le genre de livre que je recommanderais typiquement à quelqu’un qui m’aime pas lire : c’est assez facile et court pour ne pas décourager mais c’est écrit dans un français tout à fait acceptable et on prend vraiment plaisir à suivre cette histoire. Franchement, je me suis surprise à vouloir connaître et à le finir très rapidement. Un roman sans grande prétention mais qui ne manque pas d’une certaine poésie et s’avère au final assez efficace. Contre toute attente, un bon moment de lecture.

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C’est drôlement dangereux de s’attacher à quelqu’un, c’est incroyable ce que ça peut faire mal. Rien que la peur de perdre l’autre est douloureuse. Sans nouvelles d’elle ; tout s’écroulait autour de moi. C’est moche de guetter un signe de quelqu’un pour se sentir heureux .

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Il ne faut jamais comparer les gens, chaque personne est différente. L’important est de trouver la différence qui vous convient le mieux.

Mes lectures

38 mini westerns (avec des fantômes)

          De Mathias Malzieu, j’avais beaucoup aimé Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi et Le plus petit baiser jamais recenséIl y a longtemps que ces 38 mini westerns avaient rejoint ma bibliothèque mais je ne les en avais jamais délogés jusque-là. Je m’attendais un peu à un condensé de l’univers si déjanté de l’auteur je crois et en même temps à quelque chose d’un peu différent. Je dois avouer que j’ai été un peu déçue. Les histoires qui se succèdent dans ce petit livre sont très courtes et toujours aussi loufoques. Elles m’ont souvent donné l’impression de n’être que des idées jetées sur le papier en attendant d’être développées ailleurs.

          L’univers de Mathias Malzieu est très riche et je trouve que le roman se prête mieux à ses bizarreries, il laisse le temps de s’immerger dans ce monde où naissent 20 idées à la seconde. La nouvelle ne permet pas de les développer et m’a laissée un peu sur ma faim. Le titre est également un peu trompeur. Il y a quand même quelques bonnes idées et on retrouve sa plume si particulière. Trois ou quatre de ces histoires sortent du lot. Finalement, ça m’a presque plus fait penser à de la poésie. Même si je préfère les romans de l’auteur à ces courts-textes, la lecture est agréable et divertissante. Les fans de la première heure seront sans doute conquis, les autres peut-être un peu moins. 

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C’était la première fois que je faisais un cadeau d’amoureux et dans chaque maillon du bracelet, il y avait un morceau de mon coeur.

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Elle sourit, un sourire à double sens, pile entre « Tu te fous de moi… » et « Tu t’en sors bien ».

Jeunesse·Mes lectures

Coraline – Neil Gaiman

          Coraline et ses parents viennent de déménager. Elle explore les environs et apprivoise peu à peu sa nouvelle maison et ses étranges voisins. Mais ce qui l’intrigue par dessus tout, c’est la porte condamnée dans le salon : derrière un monde magique et effrayant l’attend.

9782290040638FS          Je n’avais jamais rien lu de Neil Gaiman, ce fut donc une découverte. Tous ceux qui avaient lu ce livre m’en avaient dit le plus grand bien. J’ai dans un premier temps été un peu surprise de me trouver face à un roman jeunesse, je ne sais pas pourquoi mais je ne m’y attendais pas vraiment (pourtant l’épaisseur et le sujet auraient pu me guider…). Le style est donc assez simple bien qu’agréable, ce qui m’a un peu prise au dépourvu. Mais finalement, après quelques pages, je suis rentrée dans l’univers de cette petite fille attachante et ce roman m’a rappelé ceux que je dévorais enfant ou même adolescente.

          On se laisse prendre dans l’aventure de Coraline. On a peur avec elle, on vibre à ses aventures. Le personnage est charismatique, on prend cette fillette en affection, on s’imagine comme elle explorer cette maison et son jardin et inventer des vies étranges à ses habitants. Quand on passe de l’autre côté, j’ai trouvé que la peur était bien retranscrite. Peut-être que la façade mielleuse de cet univers sombre et pervers aurait pu mettre un peu plus longtemps à se fissurer pour mieux nous tromper, mais ce n’est là qu’un léger bémol. J’ai beaucoup aimé cette histoire où l’imagination et le courage tiennent une grande place et je sais que je l’aurais plus aimée encore si je l’avais lue à l’âge de Coraline.

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Certains prétendent, déclara-t-il d’un ton onctueux comme de la soie huilée, que cette tendance, chez les chats, à jouer avec leur proie est en réalité une preuve de compassion : après tout, cela permet de temps en temps à notre amusant petit casse-croûte de s’enfuir. Ça t’arrive souvent, toi, que ton dîner s’échappe ?

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S’il te plaît…Comment t’appelles-tu? Moi c’est Coraline. »
Le chat bâilla sans se presser, voire avec application, en dévoilant une bouche et une langue extraordinairement roses. « Un chat, ça n’a pas de nom, répondit-il enfin.
– Ah bon?
– Non. C’est bon pour vous autres, les noms. Parce que vous ne savez pas qui vous êtes. Mais nous, nous le savons; alors nous n’en avons pas besoin. »