Archives de Tag: François Ozon

Frantz, un Ozon en demie-teinte

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Drame franco-allemand de François Ozon avec Pierre Niney, Paula Beer, Ernst Stötzner
Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Un jour, elle y rencontre un jeune Français, Adrien, venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles.

Frantz, affiche

          Voilà bien longtemps que je ne vous avais pas parlé cinéma, pour la simple et bonne raison que je n’y vais presque plus depuis plusieurs mois (au moins pour une fois je suis à peu près à jour dans mes chroniques comme ça). Fort heureusement, je reprends peu à peu du service en cette rentrée et je commence avec le dernier François Ozon. Comme certains ici le savent déjà, il fait partie des réalisateurs que j’apprécie et dont je rate rarement les films. D’autant plus que j’entends dire le plus grand bien de celui-là depuis déjà des semaines (ah ces blogueurs ciné qui pérorent à la sortie des projections presse !). Bref, j’avais donc hâte, d’autant plus que le choix du noir et blanc m’intriguait. Et je fus cruellement déçue.

Frantz, François Ozon

          Je l’ai dit et redis à maintes reprises, je n’ai pas la fibre romantique pour deux sous. Il faut vraiment une histoire exceptionnelle et une mise en scène impeccable pour que ça marche. Ca arrive, je me laisse parfois attendrir tout de même, il ne faut pas croire, mais ce n’est pas non plus si fréquent. Je pensais sincèrement François Ozon capable de ce miracle. J’ai pourtant eu le plus grand mal à rentrer dans ce film. C’est bien filmé, la reconstitution est minutieuse, l’image est léchée mais j’ai trouvé qu’il se dégageait d’une tout une grande froideur. L’esthétique impeccable et hyper travaillée est peut-être un peu trop figée pour susciter l’émotion. Les personnages ne m’ont pas été particulièrement sympathiques, malgré une très belle interprétation de Paula Beer qui a été pour moi la véritable bonne surprise de ce film.

Frantz, François Ozon

          L’histoire ne m’a guère plus convaincue. Il y avait pourtant là un beau potentiel mais un excès de mièvrerie et une accumulation de clichés comme j’en ai rarement vue m’ont laissée sur ma faim. Par sa manière de filmer assez suggestive (bien que parfois tellement appuyée que c’en devient franchement ridicule, ce qui m’aura d’ailleurs valu un beau fou rire en plein film, au milieu d’une séquence émotion), le réalisateur tente de nous mettre sur une fausse piste. Ce qui ne fonctionne qu’à moitié puisque sur mes deux hypothèses sur le déroulement des événements, il y en avait quand même une qui était bonne – je ne vous dirai pas laquelle, pas la peine de gâcher le plaisir des autres non plus. La grosse révélation n’a donc pas eu exactement l’effet escompté.

Frantz, François Ozon

          Une fois n’est pas coutume chez Ozon, j’ai trouvé ça très lourd et d’un parfait manque de délicatesse. Il m’a semblé qu’on le voyait arriver d’assez loin avec ses gros sabots et qu’il tirait les ficelles de manière bien peu délicate. Mais peut-être aussi que je n’étais pas assez prise dans l’histoire pour passer outre, tout simplement. Je n’ai pas réussi une seconde à croire à cette histoire très très romantique et les réactions des personnages m’ont parfois laissée perplexe, même si dans l’ensemble elles sonnent rarement faux. Je crois que je n’ai tout bêtement pas la sensibilité requise pour profiter d’un tel film. Je suis passée totalement à côté. Ca ne m’empêche pas de lui reconnaître certaines qualités, notamment du point de vue de l’interprétation et de l’esthétique, tous deux impeccables. Un film assez lisse et froid, qui manque de subtilité et dégouline de romantisme à l’allemande. Malgré d’indéniables qualités, très peu pour moi.

Une nouvelle amie, quand François Ozon offre son plus grand rôle à Romain Duris

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Drame français de François Ozon avec Romain Duris, Anaïs Demoustier, Raphaël Personnaz

           A la mort de Laura, tout le monde est bouleversé, notamment sa meilleure amie, Claire, et son mari, David. Un jour, Claire découvre un lourd secret concernant celui-ci. Ils vont alors établir une relation privilégiée.

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           Pour je ne sais quelle raison, j’ai toujours eu un petit faible pour les films qui parlent d’homosexualité ou de transsexualité (ah, Almodovar !). Comme généralement j’aime bien les films de François Ozon, ça me faisait deux bonnes raisons d’aller voir celui-ci. Et puis Romain Duris en femme, je ne pouvais pas rater ça ! J’ai bien aimé ce film et pourtant je ne sais trop qu’en dire. Sur le moment, j’étais très enthousiaste, et puis, avec le temps, les petits défauts me sont apparus et j’ai du mal à les laisser de côté. C’est ça de faire ses chroniques toujours très tard : parfois, des films qu’on n’a pas trop aimés nous marquent plus qu’on ne le pensait, et d’autres qu’on a adoré laissent finalement une impression moins durable. Difficile alors de remettre ses idées dans l’ordre pour se construire un avis.

417813.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx           Je le répète, sur le moment, j’ai adoré ce film. Je n’aime pas toujours beaucoup Romain Duris qui peut s’avérer excellent mais a tendance quelque soit le rôle à garder son jeu très nerveux et pas toujours très adapté. J’ai vu beaucoup de films avec lui, j’en ai aimé la plupart, mais pour moi, il tient là son premier grand rôle de composition. Jusque-là, je le trouvais bon quand il était naturel, ici il crève l’écran en étant un(e) autre. L’acteur s’efface derrière son personnage et j’ai l’impression de le voir jouer, ou plutôt incarner, pour la première fois. Métamorphosé physiquement, il livre un jeu d’une grande sensibilité. Il prend avec ce rôle une toute autre envergure, celle d’un grand acteur. Le reste du casting est bien également, notamment Anaïs Demoustier, même s’il semble forcément un peu pâle en comparaison. Cette déclaration d’amour à Romain Duris étant faite, parlons un peu du film quand même.

maxresdefault           On suit le parcours de cet homme qui peut à peu décide de se travestir avec plaisir, voire même avec une certaine fascination. Le scénario prend peut-être quelques raccourcis. L’amie qui découvre son secret l’accepte sans doute un peu vite, une scène d’engueulade de plus aurait rendu le tout plus crédible (oui, oui, c’est moi qui dit ça !). D’une manière générale, je trouve que l’entourage ne le prend d’ailleurs pas si mal que ça. Quant au personnage de David, j’aurais apprécié avoir un peu plus accès à ses doutes dès le début. On ne voit ses craintes qu’en réponse aux réactions de son entourage. Je crois que j’aurais préféré le voir un petit peu plus seul avec lui même pour mieux ressentir ses doutes. Mais je chipote, au fond je trouve ce personnage réussi. En revanche, j’ai beaucoup aimé l’évolution du personnage de Claire, qui gagne en complexité tout au long du film. J’ai trouvé la scène dans une boîte de nuit particulièrement émouvante. C’est sans nul doute le moment fort de ce film.

cb4e5030813.png           C’est sur la fin que j’ai été un peu moins convaincue. On tombe un peu dans l’attendu, pour ne pas dire dans le mauvais scénario de série B dans le passage à l’hôpital. Certes, il se passe exactement ce qu’on attend mais justement, les choses auraient mérité d’être un eu moins téléphonées, de prendre des chemins plus détournés. A parti de là, la suite est à l’avenant (on est dans les 10 dernières minutes, donc ça passe encore). La sortie de l’hôpital est trop rapide et surtout la dernière scène un peu utopique. C’est peut-être moi qui suis pessimiste mais je n’ai pas l’impression que la plupart des gens fassent preuve d’une ouverture d’esprit sans borne quand même. Certes, c’est voulu par le réalisateur qui cherchait à faire un film idéaliste mais bon, un peu subtilité n’aurait peut-être pas fait de mal quand même. Ca doit être mon côté rabat-joie qui parle. Je suis trop terre-à-terre pour tous ces débordements d’amour. Malgré quelques légèretés dans le scénario, François Ozon signe un film agréable sur un sujet difficile. Le casting est au top et Romain Duris est bouleversant, il mérite à lui seul le déplacement. Son plus beau rôle.

Jeune et jolie

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Drame français de François Ozon avec Marine Vacth, Géraldine Pailhas, Frédéric Pierrot

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          Isabelle a 17 ans, elle est jeune et jolie et vit l’âge des premiers amours dans une famille qui l’aime. Mais alors que tout semble aller pour le mieux dans sa vie, elle sombre dans la prostitution ; son portrait en 4 saisons et autant de chansons.

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          Je ne suis pas une toujours inconditionnelle du cinéma de François Ozon, que je trouve un peu inégal, et qui parfois m’exaspère. Mais je reconnais à ce réalisateur un talent certain et de l’inventivité. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il se renouvelle. Quel rapport en effet entre 5 x 2 et Potiche, Le temps qui reste et Dans la maison ? Il n’a pas peur de casser son image et de s’essayer à de nouveaux genres. Je vais généralement voir ses films, d’autant plus que le sujet de celui-ci me tentait bien. Je craignais un peu que ce film ne vire au vulgaire, mais ce n’est jamais le cas, bien que les scènes de sexe soient nombreuses et filmées de manière directe ; une certaine esthétique permet que ça ne vire au glauque sans pour autant en jouer démesurément. J’ai par moments trouvé quelques faiblesses au scénario mais les acteurs s’en sortent suffisamment bien pour nous les faire vite oublier.

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          J’ai été assez surprise par la façon dont la question de la prostitution est abordée dans le film . Je m’attendais à une manière plus brutale de traiter de le sujet. En effet, si c’est filmé de manière crue et que les passes de la jeune Isabelle avec des hommes trois fois plus vieux qu’elle ne nous sont guère épargnées, en revanche on en sait finalement très peu sur les états d’âmes de la jeune fille. J’ai trouvé ça un peu dommage. Le sujet se prêtait à un personnage torturé et finalement le personnage est assez lisse. On ne sait même pas au juste comment elle en arrive là, à part par curiosité peut-être.

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          D’un côté cette banalité est intéressante, elle offre un regard nouveau sur la prostitution, qui est ici surtout un prétexte à l’étude des relations familiales. Finalement, ce n’est presque qu’un secret de famille parmi d’autres, une erreur de jeunesse comme on en fait tous, et c’est la manière de gérer cette crise qui est au cœur de l’histoire. Etant férue de films engagés, bien que trouvant cette sorte de détachement osée, je n’ai pu m’empêcher de regretter que la psychologie du personnage ne soit pas plus fouillée et qu’il n’y ait pas une esquisse de réflexion sur la prostitution volontaire. Mais que voulez-vous, on ne se refait pas ! Un film réussi dont le sujet délicat est traité avec habileté ; il manque un peu d’épaisseur pour réellement marquer durablement mais on passe un bon moment.