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Kupka au Grand Palais

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          Artiste d’origine Tchèque peu connu du grand public français, Kupka est l’un des pionniers de l’art abstrait.
          300 peintures, dessins, gravures, livres et documents redonnent vie à l’artiste et dévoilent sa personnalité engagée et singulière.

Affiche de l'exposition Kupka pionnier de l'abstraction

          A l’occasion de la fête des mères, nous sommes allées découvrir l’exposition Kupka au Grand Palais. Moi qui ai toujours adoré les expositions, je n’en vois quasiment plus. Je peine un peu à rester longtemps debout quasi-immobile et faire marcher mes jambes et mon cerveau simultanément reste difficile. Je ne connaissais absolument pas Kupka et l’art moderne m’inspire généralement assez peu mais j’étais tout de même curieuse d’en savoir plus (bon d’accord, l’emplacement n’y est pas pour rien non plus, ça s’avérait pratique à caser dans notre programme).

Autoportrait de Kupka

Autoportrait

          Je dois avouer que j’ai été très agréablement surprise. La première partie est figurative et j’ai trouvé que c’était franchement beau. A ses débuts, Kupka a également beaucoup travaillé pour la presse. Avec le temps, le peintre se tourne vers des choses plus abstraites, inspirées toutefois de manière générale par des formes ou des couleurs.

          Etrangement, j’ai trouvé que bien souvent son idée transparaissait de manière nette dans sa peinture. Plusieurs fois je me suis exclamée « oh un vitrail » ou « ce ne serait pas une sorte d’escalier ? » pour constater que justement c’était exactement ça. Même si pour de vrai ça ne ressemble pas franchement, je ne sais pas, il se passe un truc.

Je peins, oui, mais seulement des conceptions […] des synthèses, des accords.

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          Il y a plusieurs phases dans son art. Il s’éloigne du réel, puis y revient un peu, avec des périodes plus ou moins géométriques : il y en a un peu pour tous les goûts (notez toute la finesse de mon analyse déployée ici…). La peinture de Kupka est très travaillée, très conceptualisée, il y a d’ailleurs dans l’exposition pas mal d’essais mis en vis-à-vis avec la version finale, j’ai trouvé que c’était très intéressant de tenter de suivre son cheminement de pensée.

          Si certaines de ses œuvres m’ont laissée de marbre, force m’est de constater que beaucoup m’ont touchée, ce qui est fort inhabituel chez moi concernant l’abstraction. Il y en a 2 ou 3 que j’aurais même accrochées avec plaisir dans mon salon. Au final, gros coup de cœur pour cet exposition qui m’aura fait découvrir un artiste au parcours intéressant.

Kupka, pionnier de l’abstraction

Du 21 mars au 30 juillet 2018

Ouvert tlj sauf le mardi de 10h à 20h, fermeture à 22h le mercredi
Plein tarif 14€, tarif réduit 10€

 

Georges Braque est pour quelques jours encore au Grand Palais

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          Georges Braque fut l’une des grandes figures de l’avant-garde du début du XX° s. : l’initiateur du cubisme et l’inventeur des papiers collés. Le Grand Palais propose la première grande rétrospective consacrée à l’artiste depuis plus de 40 ans. Elle propose un regard nouveau sur son œuvre, en la mettant en perspective avec le travail d’autres grands artistes de son temps dans différents domaines.

affiche_expobraque          Voilà déjà plusieurs semaines que j’ai vu cette exposition. J’ai posé plusieurs fois les mains sur mon clavier pour tenter de vous en parler mais rien à faire, les mots ne viennent pas. Toutefois, elle ferme bientôt et il est donc temps de d’écrire quelque chose, inspiration ou pas. Si c’est si difficile pour moi de trouver que vous dire sur cette exposition c’est qu’elle m’a laissé une impression plus que mitigée. Mon problème est simple : je n’aime pas l’œuvre de Georges Braque. Tout comme je n’aime pas celle de Pablo Picasso. Des artiste trop modernes pour moi, qui heurtent mon amour pour une certaine harmonie. Toutefois, je reconnais leur génie, tout comme leur importance dans l’histoire de la peinture, et il arrive même au détour d’une salle qu’une de leurs toiles me touche. Je me laisse donc parfois entraîner dans une exposition qui leur est consacrée, par curiosité ou pour élargir ma culture, même si je sais que ce ne sera sans nul doute pas mon coup de cœur de l’année.

g_GrandPalais13GeorgesBraque03B          Je savais donc en passant les portes du Grand Palais que ce serait pour moi un moment un peu difficile. Et ce fut le cas. On a parfois des bonnes surprises, des révélations. Les œuvres de jeunesses au moins sont souvent plus accessibles que les autres et nous réconcilient quelque peu avec un artiste. Mais là, il n’en fut rien. J’ai trouvé une certaine unité au travail de George Braque, même s’il évolue clairement au fil du temps, ce qui ne m’a guère aidé à y trouver une porte d’entrée. Pourtant, on ne peut le nier, cette exposition est magnifique. Elle présente de manière très claire le travail de Georges Braque et met en avant sa place de choix dans l’histoire de la peinture, comparant son travail à celui d’autres artistes de son temps que ce soit dans le même domaine ou dans d’autres, complémentaires comme la littérature ou la musique. Cela permet de mieux comprendre l’artiste, sa manière de penser et son besoin de toujours innover, d’aller toujours plus loin dans la nouveauté.

braque130919s          Si cette puissance créatrice et ce génie créateur font avancer l’art, ses techniques et sa théorie, j’avoue préférer une approche plus sensible des choses, comme je vous le disais dans mon article sur Félix Vallotton, touche à tout qui ne paraît avoir eu pour objectif que le plaisir de peindre et dont les toiles (plus ou moins réussies) m’ont profondément touchée. Georges Braque est au contraire un visionnaire, il m’a semblé en voyant ses toiles qu’une ligne directrice assez nette se détachait de son œuvre. Je crois bien qu’en plus d’avoir des goûts classiques en matière de peinture j’apprécie bien plus la poésie des tâtonnements. Toutefois, non seulement l’exposition aide à comprendre le travail de l’artiste mais elle le met largement en avant avec un incroyable nombre d’œuvres exposées (plus de 200 sont réunies pour l’occasion !), représentant toutes les périodes de sa peinture : impressionnant !

dsc08544          Certains tableaux sont assez spectaculaires et bien sûr, les plus célèbres sont de la partie (on en a même un sur l’affiche). N’aimant pas particulièrement l’artiste, j’ai trouvé l’exposition – quoique passionnante – très très longue, et j’ai un peu décroché sur la fin. Toutefois, même dans la période cubiste que je goûte pourtant fort peu, certaine toiles sortent du lot par une délicatesse et un équilibre assez remarquable (il faut bien le reconnaître). Je n’ai pas noté les noms mais je me souviens notamment de natures mortes avec des jeux de cartes et des bouteilles de rhum dans des tons bruns qui m’auraient presque réconciliée avec le genre. Les oiseaux passent toujours bien aussi bien sûr même si je ne suis pas une inconditionnelle. L’utilisation de verre pilé dans certaines toiles vient leur donner du relief, ainsi, un très beau vase semble lancer des reflets dorés de toute beauté.Mais, les toiles qui m’ont éblouie sont peu nombreuses et rassemblées tout à la fin de l’exposition. Ce sont parmi les dernières peintes par l’artiste. Des paysage dans de petits formats tout en longueur mais qui tous dégagent une grande force. Ils illustrent bien cette phrase de leur auteur « L’art est une blessure qui devient lumière ». J’avoue être restée un long moment sans voix dans cette petite salle. Une exposition bien conçue, intéressante et riche qui ravira sans doute les amoureux de cet artiste et devrait aider les plus réticents à s’initier à cette œuvre très dense.

braqueGeorges Braque

Galeries Nationales du Grand Palais

Place Clémenceau – 75008 Paris

Du 18 septembre 2013 au 06 janvier 2014

Entrée 12€, tarifs réduit 8€

Félix Vallotton : Le feu sous la glace

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          Félix Vallotton est un peintre de la fin du XIX° – début XX° s. proche des nabis. Son oeuvre est moderne et son style très personnel, inclassable. Parmi ses travaux, des huiles, des gravures mais aussi des sculptures, des critiques d’art et même des romans. Il a peint aussi bien des portrait que des paysages, des nus que des natures mortes. Un artiste prolifique et surprenant à découvrir en ce moment au Grand Palais.

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Site_mail_femme-nue-assiseSi je connaissais Vallotton de nom, je dois bien admettre que c’est à peu près tout. Je situais vaguement l’époque et le style mais j’aurais été incapable de citer une seule de ses toiles et je ne sais même pas si j’en avais déjà vu une auparavant. Etant assez férue de cette période j’étais curieuse d’en découvrir un peu plus et j’avais donc hâte d’inaugurer ma carte Sésame pour aller voir de plus près de quoi il retournait. Dès les premières salles, j’ai été agréablement surprise. En effet, la diversité des styles est assez incroyable : du portrait le plus classique à des paysages proche de l’impressionnisme ou des scènes d’intérieur qui ne sont pas sans rappeler Hopper ; une grande richesse dans les sujets et les formes d’expression qui m’a ébahie.

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pastoureau-vallottonNé en 1865, l’artiste Suisse a étudié à Paris, à l’Académie Julian où se sont formé de nombreux artistes de l’époque. Il a rapidement acquis une renommée internationale grâce à ses gravures sur bois qui rencontrent un vif succès dans l’avant-garde parisienne et lui permettent d’intégrer le groupe des nabis. A partir de 1899, il préférera la peinture et laissera à sa mort en 1925 plus de 1700 tableaux. Il s’est essayé à tous les genres : portrait, nu, paysage, nature morte, sujet mythologique, peinture d’histoire… Mais s’il a peint des choses très diverses, ses toiles se distinguent toujours par un dessin précis aux formes bien découpées, des tons recherchés et un aspect lisse. Le cadrage et le perspective s’inspirent souvent de l’estampe ou de la photographie dans une réappropriation de différentes techniques qui est intéressante. Une oeuvre qui peut sembler un peu fourre tout et de laquelle se dégage pourtant un semblant d’unité. Le toiles sont réunies autours de 10 thèmes tels que l’esthétique, la politique, le double féminin… Cette exposition est la première d’envergure consacrée au peintre à Paris depuis près de 50 ans.

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felix-vallotton-feu-sous-glace-grand-palais-L-Sa8CLEJe dois avouer que j’ai eu un véritable coup de cœur pour cet artiste. Bien sûr, étant donnée la variété de la production, c’est un peu inégal mais ses nus sont de toute beauté, certains m’ont vraiment sidérée. Il y en a un notamment qui m’a clouée sur place. Je suis restée plusieurs minutes figée à l’admirer. Rien pourtant d’exceptionnel dans ce tableau, pas de débauche de technique : c’est simple et beau. Certains paysages sont également très intéressants, avec de belles lumières et des perspectives inattendues. Comme souvent lors des expositions, j’ai noté les tableaux dont je voulais me souvenir et rarement la liste avait été aussi longue ! J’ai par moment eu peine à croire que c’était le même homme qui avait peint des choses si différentes, et parfois à la même époque, pour revenir ensuite vers ce qu’il faisait avant. Même si en cherchant bien, un petit quelque chose dans le trait demeure toujours, qui n’appartient qu’à lui.

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289111_vallotton-le-feu-sous-la-glace-entree-simple-paris-08J’ai trouvé que ce côté touche à tout correspondait finalement assez à la manière dont j’envisageais les choses, bien plus en tout cas que celle qui consiste à choisir une voie et de la pousser à l’extrême, comme Braque (dont je venais justement d’aller voir l’exposition monumentale juste à côté) ou Picasso, même si c’est cela sans doute qui fait des révolutions artistiques. Malgré quelques ratés – dont les sujets mythologiques, franchement sans intérêt – l’exposition m’a dans l’ensemble séduite. Une débauche de formes, de couleurs, de sujets en tous genres qui m’a laissée sous le charme. Quelques réels moment d’émotion et déjà l’envie de retourner voir si la magie opérera une seconde fois.

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Félix Vallotton : Le feu sous la glace

Galeries Nationales du Grand Palais

Avenue Winston Churchill

75 008 Paris

Du 2 octobre 2013 au 20 janvier 2014

Tlj sauf le mardi de 10h à 20h

12€

A lire pour prolonger le plaisir de la visite :

 – Le catalogue de l’expositionFélix Vallotton, Le feu sous la glace. 250 tableaux assortis d’un texte riche. Le hic, le prix et l’encombrement. Ca reste toutefois un joli cadeau de Noël à offrir ou se faire offrir. RMN, 45€.

– Vallotton, L’expoUne sorte de mini catalogue. 170 œuvres et leur cartel ainsi que les panneaux pédagogiques, soit très exactement le contenu de l’exposition : ni plus, ni moins. RMN, 18€.

 Le petit dictionnaire Vallotton en 21 obsessions : en une centaine de pages et 80 illustrations l’auteur présente l’oeuvre de l’artiste à travers ses complexes, ses désirs, ses névroses. Un livre qui est une bonne introduction à l’univers de ce peintre pour le néophyte et s’avère très agréable à lire comme à feuilleter, selon l’envie du moment. Laurence de Cars, RMN, 12€.

Bohèmes au Grand Palais

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          La vie de bohème s’invite au Grand Palais. La vie de bohème fascine, elle fait rêver autant qu’elle inquiète. La bohème, c’est la vie sur les routes, les diseuses de bonne aventure, un air de fado. Mais c’est aussi le nom qu’on a donné au mode de vie frugal des jeunes artistes parisiens au 19° siècle. Qu’elle soit dans la tradition des gens du voyage ou une mode décadente, elle représente la vie sans contrainte, au jour le jour. Elle a de tous temps inspiré les artistes qui l’ont largement représentée. La bohème ? un petit vent de liberté. 

         Ce thème m’inspirait particulièrement. Il m’évoquait l’ambiance des films de Tony Gatlif, la musique entraînante de Taraf de Haïdouks ou l’univers de Kusturica. Et puis bien sûr, les vêtements chatoyants, les caravanes et l’esprit de clan. Un peu cliché, certes, mais ça vend du rêve. Et puis le Grand Palais est généralement assez doué pour les expositions thématiques. Je garde notamment un excellent souvenir de l’exposition Mélancolie vue il y a quelques années. Je me suis donc rendue sur place avec grand enthousiasme.

          L’exposition est construite en deux temps : la première partie est consacrée aux gens du voyage, la seconde aux artistes. Deux versants de la bohème. La première partie propose des oeuvres très variées, d’artistes connus ou moins connus. Parmi eux : De La Tour, Watteau, Courbet… Les représentations de la bohème sont diverses, elles mettent en avant successivement la couleur, l’occultisme ou la misère. Le lien avec le thème ne saute pas toujours aux yeux mais les panneaux explicatifs, nombreux et assez bien conçus, viennent mettre un semblant d’ordre à tout ça. L’exposition est extrêmement bien fournie et il y a de très belles toiles dans le lot. J’ai apprécié de voir se côtoyer des peintres très différents, sur une période assez vaste, et de trouver parmi eux quelques artistes des pays dont j’ignorais tout. De la musique tsigane accompagne la déambulation. Si le choix des titres n’est pas toujours très heureux, l’idée est toutefois appréciable. Une première partie riche qui réserve quelques belles surprises.

          On passe à l’étage pour la suite, après en avoir déjà pris plein les yeux. L’ambiance musicale change, ce sont Carmen et autres opéras rendant hommage à la bohème qui nous suivent dans cette deuxième partie. L’impression produite par la première salle est saisissante. On entre dans une pièce sombre, une cheminée vide dans un coin, du papier peint arraché aux murs. Nous voilà dans l’atelier miteux d’un artiste sans le sou au 19°. On est immergé dans l’ambiance du moment. Ce sera ensuite un poêle dans un coin qui nous la rappellera ou une installation recréant un bistrot parisien. Si on risquait de se lasser un peu après déjà un parcours un long, voilà que cette mise en scène originale et réussie réveille notre attention. Cette seconde partie sur la bohème comme vie d’artiste est aussi fournie que la première, avec autant de signatures célèbres. Parmi eux, Van Gogh, Picasso, Courbet toujours… Mais aussi un manuscrit de Rimbaud qui fait face à un autographe de Verlaine et m’a emplie de joie. Sans exagérer, j’en aurais pleuré tant je fus émue par cette surprise inattendue.

         Moi qui fais toujours les expositions au pas de charge, n’aimant pas trop m’arrêter longuement devant les toiles (à quelques 2/3 exceptions près), j’ai tout de même passé près d’une heure et demie dans cette exposition, sans avoir pourtant l’impression d’avoir franchement traîné. Prévoyez donc la demi journée si vous souhaitez lire tous les panneaux et profiter pleinement des oeuvres. Une exposition magnifique, très riche, intelligemment construite et pleine de très bonnes surprises. J’en suis ressortie à la fois émerveillée et émue, avec l’envie d’y retourner au plus vite ! 

Bohèmes

Jusqu’au 14 janvier

10h-20h (22h le mercredi), fermé le mardi

12€, 8€ tarif réduit, possibilité de billet couplé avec l’exposition Hopper

Grand Palais, Galeries nationales

Place Clémenceau, 75008 Paris

Edward Hopper au Grand Palais

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         Le Grand Palais propose jusqu’au 28 janvier un rétrospective consacrée à l’oeuvre d’Edward Hopper. Ce célèbre peintre américain est né à Nyach (état de New-York) en 1882. Il s’est très tôt intéressé à l’art et a suivi les cours de Robert Henri à New-York. Il se rend plusieurs fois à Paris où il sera influencé par les impressionnistes. Tardant à rencontrer le succès, il sera contraint pendant près de 20 ans à illustrer des magasines pour gagner sa vie. Mais en 1923, son talent est enfin reconnu et sa renommée va alors grandir rapidement. Son oeuvre dresse un portrait de la classe moyenne américaine et ses huiles sont considérées comme le symbole empreint de nostalgie d’une Amérique passée. 

          L’exposition est conçue de manière chronologique, ce qui permet de découvrir différents aspects de l’oeuvre d’Hopper ainsi que l’évolution de son art. La première partie présente les années de formation. Les réalisations d’Hopper y sont mises en parallèle avec des toiles d’artistes parisiens qui l’ont inspiré lors de ses voyages en France. On y croise notamment Degas ou Van Gogh dont il a admiré le travail. La seconde partie est celle de la maturité, avec les oeuvres qui ont fait son succès et restent emblématiques du style qu’il a peu à peu développé. L’exposition propose un grand nombre de toiles, qui retracent toute la vie d’artiste de l’auteur. Ce large éventail chronologique permet la découverte des différents styles auxquels s’est essayé l’artiste ainsi que d’appréhender son évolution à travers le temps.

          Je ne connaissais pas du tout le travail d’Hopper (mis à part une ou deux toiles aperçues à l’occasion), je me suis donc rendue à cette exposition par curiosité. J’ai beaucoup aimé la première partie. Certaines gravures sont très belles et assez originales. Il y a aussi des encres que j’ai particulièrement aimées, avec un dessin épuré et des couleurs des plus réussies. Viennent ensuite les aquarelles. Sans doute ce que j’ai préféré dans cette longue exposition. Elles ne sont pas très nombreuses mais je les ai trouvées pour la plupart absolument splendides (évidemment, je n’ai pas réussi à vous dégoter un visuel de celle que j’ai préféré…).

          Si j’ai trouvé très intéressant son travail plus tardif, assez mélancolique, il m’a moins touchée visuellement parlant, le tout me paraissant plus « statique » que les réalisations antérieures. Il y a toutefois quelques toiles, notamment un vieux wagon abandonné, que j’ai beaucoup appréciées (là encore, je ne vous la montrerai pas, faute d’avoir pu trouver une photo digne de ce nom). Tout ne m’a pas emballée parmi les oeuvres exposées, la désolation qui se dégage de certaine toiles ne me parlant pas nécessairement beaucoup, un peu trop pessimiste et nostalgique à mon goût sans doute, mais j’ai cependant découvert un artiste complet au projet que j’ai trouvé ambitieux autant que réussi. Notons aussi que j’ai apprécié l’incroyable profusion de femmes à la fenêtre et de liseuses, thèmes que j’aime particulièrement. Une très belle exposition, complète et bien conçue, qui nous plonge dans l’univers d’Edward Hopper et dans l’Amérique du début de siècle dernier. A voir pour découvrir ou redécouvrir. 

Edward Hopper

Grand Palais, Galeries Nationales

10 octobre 2012 – 28 janvier 2013

10h – 20h (22h mercredi et samedi), fermé le mardi sauf pendant les vacances scolaires

3 avenue du Général Eisenhower – 75008 Paris

          Hubert Félix Thiéfaine a rendu hommage à Edward Hopper dans une chanson de son dernier album, Supplément de mensonge. En effet, Compartiment C, voiture 293 est un titre qui fait directement référence à un tableau du peintre portant le même nom. Le Grand Palais a interviewé l’artiste sur ce choix et sur son admiration pour l’artiste. Vous pouvez la découvrir et écouter le titre ici.