Archives de Tag: handicap

Short story, le film d’ouverture d’Extravagant India

Par défaut

          Il y a quelques semaines, j’ai été invitée à l’ouverture du festival du film indien : Extravagant India. L’année prochaine, promis, je vous en parlerai en temps et en heure pour que vous puissiez en profiter (c’est au mois de mars, notez-le dans vos agendas). Je ne connais absolument pas le cinéma indien, même pas les films Bollywood, et j’étais très curieuse de le découvrir en commençant par des films indépendants. Ce soir-là était présenté le film Short Story. Je comptais en parler bien avant mais j’avoue que je ne savais pas trop par quel bout prendre les choses tant ce film est surprenant. Le sujet est un peu particulier et m’a franchement déroutée. Des nains, un cirque, un deuil, ça fait un sacré mélange. Moi qui voulait être surprise, j’ai été servie ! J’ai beau me creuser les méninges pour trouver un angle par lequel attaquer cet article, la perplexité domine toujours. Je crois bien que je n’ai jamais autant peiné à trouver ce que j’allais bien pouvoir raconter (je n’en ai toujours pas la moindre idée soit dit en passant…).

chotoderchobi

          Malgré la lecture de quelques romans indiens, je ne connaissais à peu près rien de la culture qui transparaît à travers cette histoire. Le deuil permet de montrer des rituels auxquels on est finalement relativement peu souvent confrontés. Beaucoup de questions sont posées dans ce film sur la tradition, la famille, mais aussi et surtout bien sûr le handicap. Le regard porté par les autres sur les nains mais également celui qu’ils portent sur eux-mêmes est au centre du film. J’ai été plus d’une fois déroutée par ce film qui prend des chemins surprenants sans pourtant jamais manquer de réalisme. Au contexte particulier vient se superposer une débauche de couleurs qui contraste fortement avec les aspects très sombres de l’histoires. Bien que j’aie la forte impression de ne pas posséder la grille de lecture adéquate pour parler de ce film de manière « sérieuse », j’y ai trouvé ce que je recherchais : une ouverture sur une autre culture, un sujet original, un traitement surprenant. Un film déroutant mais souvent touchant que j’ai apprécié même s’il m’a laissée un peu perplexe.

ei

Les toiles enchantées

Par défaut

          En ce début d’année, PriceMinister lance une grande opération se soutien aux Toiles enchantées. Elle se nomme 1blog1séance. Le principe est simple : du 3 au 28 février, un article publié sur votre blog ou site internet se transforme en 15€ de don aux Toiles Enchantées, soit la possibilité pour 3 enfants handicapés de profiter d’une séance de cinéma. Pour cela, il suffit de répondre à 4 petites questions.

LesToilesEnchanteesV3

  • Quel est votre premier souvenir du cinéma ?

          Chérie, j’ai agrandi le bébé. Eh oui, je n’ai pas toujours aimé le cinéma exigent, il fut un temps où les plus piètres comédies pouvaient trouver grâce à mes yeux… Ma toute première séance était en réalité Babar, aux dires de ma maman, j’avais 3 ans et j’avais eu très peur ! Chérie, j’ai agrandi le bébé étant sorti 3 ans plus tard, j’ai dû voir un certain nombre de dessins animés entre temps. Mais voilà, à 6 ans, ce film-là était mon premier « vrai » film, je me suis sentie tellement grande ce jour-là ! J’avais été fortement impressionnée par certaines scènes mais j’avais essayé de rester stoïque, quand on est grand, on n’a pas peur ! Un souvenir vraiment impérissable. Depuis, mes goûts ce sont quelques peu affinés mais je crois bien que ma fascination pour les salles obscures s’est confirmée ce jour-là.

          Après quelques recherches, La Belle et la Bête est sorti en 1991 et je me souviens parfaitement de l’avoir vu au cinéma, j’aurais été incapable de le dater ! Je pense aussi avoir vu Bernard et Bianca sorti l’année précédente (en tout cas, je l’ai beaucoup vu par la suite). J’ai même vu 2 fois Aladin en 1992 ! La mémoire est décidément une drôle de chose, j’aurais été incapable de remettre ces moments pourtant magiques dans le bon ordre. Mais que voulez-vous, on ne détrône pas un premier film de grands !

  • Quel est selon vous le meilleur film pour enfants de tous les temps ?

          Très difficile de répondre à cette question, d’autant plus que vous l’aurez compris, j’ai toujours été attirée par les films pour plus grands que mon âge. Très vite, j’ai délaissé les films destinés aux enfants et à 10 ans, je ne voyais quasiment plus que des films pour adultes (je ne vous raconte pas le traumatisme d’Harry, un ami qui vous veut du bien, j’en ai encore froid dans le dos !). Fréquentant en plus les salles d’art et d’essai, je suis plus calée en cinéma roumain ou coréen qu’en jeunesse… J’y reviens depuis peu mais souvent, même si je trouve des qualités à ces films que je vous avec plaisir, je me demande si je les aurais apprécié à 6 ans. Il me semble qu’ayant été une petite fille peureuse, la plupart des dessins animés actuels m’auraient terrifiée !

          J’avais adoré Aladin. Que voulez-vous, j’ai toujours eu un faible pour les mauvais garçons ! Le Roi lion et La Belle et la Bête m’avaient aussi marqué et je pense que je les reverrais avec plus de plaisir aujourd’hui (Ce rêve bleu ne passe plus, c’est quasi-rédhibitoire). J’ai aussi tellement aimé Bernard et Bianca étant enfant. Moins connu peut-être, j’ai un excellent souvenir du Cygne et la Princesse qui m’avait fait pleurer. Aujourd’hui, j’aime particulièrement l’humour qui vient s’immiscer dans les dessins animés avec par exemple Shreck, L’âge de glace ou Moi, moche et méchant. Vu un peu plus tard, Le Roi et l’oiseau a énormément nourri mon imaginaire. Comment choisir ? S’il ne fallait en citer qu’un, ce serait je crois un dessin animé que je n’ai pourtant jamais particulièrement apprécié : Bambi. Pourquoi ? Sans doute parce que j’ai l’impression que c’est réellement celui que tout le monde a vu et qui a fait pleurer des générations d’enfants, une longévité qui doit bien être signe de qualité non ? Mais je crois que les meilleurs films sont forcément ceux qui ont bercé notre enfance et nous évoquent tant de bons souvenirs, chaque génération à les siens, la mienne retiendra sans hésiter Le Roi Lion comme film emblématique mais chaque film vu enfant me rappelle sont lot d’émotions et reste magique à les yeux.

  • Une machine à voyager dans les films vient d’être inventée. Vous avez la possibilité de vivre les aventures d’un de vos héros cinématographiques d’enfance, dites nous qui ?

          Enfant, je voulais être Pocahontas. Elle est tellement belle ! Elle a l’air libre à courir comme ça dans les feuilles qui volent. Et puis elle a Grand Mère Feuillage et parler à un vieil arbre sage c’est trop classe. Bon, aujourd’hui, je ne rêve plus de John Smith, alors je ferai peut-être un autre choix… Quoi que sa chevelure soyeuse, sa peau bronzée et les paysages dans lesquels elle évolue me fassent de l’œil quand même. Sinon j’ai toujours trouvé que Mooglie avait l’air de bien s’amuser dans la jungle. Il a de chouette copains, ils chantent, il danse et il peut parler avec les animaux. Ca me plairait bien je crois. Je me rends compte que j’ai toujours été très « vie sauvage » dans mon idéal, moi qui vit au cœur de Paris et travaille à La Défense, mais ce n’est sans doute pas là la moindre de mes contradictions.

  • Dites nous en une phrase pourquoi vous aimez les Toiles Enchantées !

          Depuis toute petite, j’ai toujours beaucoup apprécié les salles de cinéma, et ce surement d’autant plus que je n’avais pas la télé à la maison. Les films me faisaient rêver, m’ouvraient d’autres horizons, des vies différentes des miennes. C’est encore le cas aujourd’hui même si avec le temps, les émotions sont surement moins vives. J’ai eu une enfance heureuse et sans problèmes, mais maintenant que ma santé me joue des tours, le cinéma est l’endroit où je ne réfugie quand je le peux. Une sortie pas trop contraignante physiquement, contrairement aux expositions par exemple qui peuvent s’avérer éprouvantes, et qui aide à penser à autre chose pendant 2h. Je trouve ça important que des enfants malades ou handicapés, souvent mis à l’écart par leur état de santé, puissent profiter de ces moments à part. Une très belle initiative.

Faites-un-don

          Les Toiles Enchantées sillonne les routes de France pour offrir gracieusement aux enfants et adolescents hospitalisés ou handicapés des séances de cinéma dans leur établissement, en projetant les films dont tout le monde parle, au moment même leur sortie en salle, voire parfois en avant-première, en présence des comédiens ou des réalisateurs.

          Vous aussi, répondez à ce questionnaire (les modalités ici) ou faites un don et distribuez un peu de bonheur.

De rouille et d’os, de Jacques AUDIARD

Par défaut
          Drame français de Jacques Audiard. Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts, Armand Verdure.

          Ali arrive à Antibes avec son fils de 5 ans. Sans boulot, il s’installe chez sa soeur. Il vit de petits boulots et de combats de boxe. Il rencontre Stéphanie dans une boîte de nuit où il est videur. Elle est dresseuse d’orques et aura un accident quelques jours plus tard. Leur relation va alors prendre une nouvelle tournure. Ensemble ils réapprendront à vivre.

          Bon, soyons honnête, le résumé à lui seul me donne la nausée tant ça dégouline de bons sentiments. Mais, et c’est un gros, un ééééénorme MAIS, c’est Audiard, Audiard est un génie, et il peut faire de n’importe quelle histoire neuneu sur le papier un vrai chef d’oeuvre. C’est du moins ce que je croyais. Je ne sais trop que dire de ce film. J’ai entendu partout des critiques élogieuses : « c’est un chef d’oeuvre », « tellement émouvant », « le meilleur Audiard », j’en passe et des meilleures. Malgré une petite réticence quant au sujet, j’étais donc confiante et ne demandais qu’à me laisser convaincre.

Dès le début j’ai senti que ç’allait être difficile pour moi. J’ai eu beaucoup de mal avec l’univers mis en place par le cinéaste. Il y a trop de tout, on nage dans l’excès. Le personnage principal est trop paumé et trop vulgaire, on frôle la caricature, j’ai peiné à le supporter. Ensuite tout est improbable, que la fille rappelle un parfait inconnu 6 mois après son accident, qu’il rapplique à l’instant, qu’elle retrouve instantanément le sourire, qu’elle accepte les combats de boxe illégaux, et j’en passe… Après une demi-heure où il ne se passe rien, voilà qu’Audiard se précipite, ne prenant pas la peine de poser correctement son sujet et en faisant trop en permanence. Petite note positive tout de même, la prestation de Marion Cotillard dans le film a créé un vif débat ; moi qui ai le plus grand mal à la supporter d’habitude, pour une fois elle ne m’a pas exaspérée malgré un personnage pas facile.

          Le film aurait mérité d’être recentré sur le coeur de l’histoire : la difficulté d’assumer le handicap. Au lieu de ça il se disperse, voulant en montrer trop. Tout ce qui aurait pu susciter un peu d’émotion est escamoté. A la place on enchaîne les péripéties plus douteuses les unes que les autres. Honnêtement, ce film frôle la vulgarité. On dirait qu’Audiard est en démonstration avec ses personnages brisés et leurs histoires improbables. Un peu de décence que diable ! Quel dommage de gâcher son talent en voulant ainsi en faire des tonnes. Un film qui ne trouve pas le ton et m’a laissée de glace. C’est Audiard tout de même, on supporte donc, pensant même par moment trouver enfin cette grâce qu’on recherchait, mais la catastrophe est évitée de peu et si on ne sombre pas dans le mélo, on reste sur sa faim.