Mes lectures

Et quelquefois j’ai comme une grande idée – Ken Kesey

Attention chef-d’œuvre !

          La grève fait rage à Wakonda, tous les bûcherons font front mais une famille résiste face au syndicat. Les Stamper, seuls contre tous, s’attirent les foudres de la population. Mais le retour à la maison du petit dernier après des années d’absence pourrait bien ébranler la résistance. En effet, si Lee revient, en apparence fragile, ce n’est pas pour aider son frère mais pour s’en venger et anéantir coûte que coûte l’inébranlable Hank Stamper.

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          La quatrième de couverture y va fort dans la comparaison élogieuse : « C’est Faulkner. C’est Dos Passos. C’est Truman Capote et Tom Wolfe. C’est un chef-d’œuvre. » Eh bien je ne l’aurais pas mieux dit ! Ce livre est foisonnant, inclassable, difficile aussi : il fait partie de ces rares lectures qui marquent profondément un lecteur, bouleversent ses habitudes. Un grand roman comme un n’en lit qu’une poignée dans une vie. Une lecture pour moi comparable au choc du Seigneur des anneaux au début de mon adolescence, à ma découverte de Racine à 15 ans ou à celle de Dostoïevski à mon entrée en fac. Dans les contemporains, seul Somoza je crois m’a fait un effet comparable, avec une écriture difficile et un univers incomparable. On a ici de la légèreté dans l’écriture mais une telle complexité dans la forme que plus d’un s’y perdront mais quelle récompense à la clef pour ceux qui en viendront à bout ! Vous l’aurez compris, ce texte est à placer pour moi parmi les très grands. Ce texte de 1964 vient juste d’être publié en français. Merci à Monsieur Toussaint Louverture de nous avoir livré cette traduction magnifique et indispensable.

          Étrangement, je trouve qu’il est assez difficile e parler de ce roman. Il est tellement inclassable, surprenant et riche que toute tentative de description semble réductrice. Bien que le ton soit plutôt léger et plein d’humour, l’écriture est extrêmement complexe. Le point de vue de cesse de varier, avec différents narrateurs rarement identifiés de manière explicite. On peut entendre les pensées d’un personnage pendant qu’un autre est en train de lui parler, ce qui est particulièrement déroutant. On pourrait craindre la plus grand confusion avec ces changements constants mais il n’en est rien, chaque personnage a une identification tellement forte qu’on reconnaît sa voix parmi les autres à sa manière de s’exprimer ou à un détail habilement disposé. Si cette polyphonie (certains diraient cacophonie tant ça se coupe la parole dans tous les sens) ralentit la lecture et rend aussi ce texte incroyablement vivant. J’ai rarement vu personnages aussi réalistes et hauts en couleurs, on est embarqué dans leur univers, on peut presque entendre leurs cris qui résonnent dans la maison. Une vitalité qui m’a totalement séduite.

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          Quant à l’histoire, là encore ça fourmille dans tous les sens. L’histoire de jalousie entre les deux frères n’en finit plus de rebondir et de créer quiproquos et situations improbables. Une relation toxique qui crée un réel suspens, on se demande à chaque page s’ils vont finir par se réconcilier ou s’entre-tuer. Pour assaisonner le tout (il ne faudrait pas qu’on s’ennuie non plus), nos deux frères ennemis sont au cœur d’une vraie guerre qui les oppose aux bûcherons grévistes et, par extension, à toute la ville. Ils doivent batailler avec les éléments entre le travail en forêt et leur maison construite contre toute logique tout près lit de la rivière et menacée à chaque intempérie. Et puis il y a Viv, la femme de Hank, si douce qu’elle en attendrit Lee, ce qui ne va pas arranger les relations des deux frères. Autant dire que ce n’est pas l’action qui manque !

          Vous l’aurez compris, je ne trouve rien à reprocher à ce livre qui est un véritable monument. Pourtant, malgré mon enthousiasme certain, j’ai peiné à en venir à bout ! J’avais beau adorer le style et être totalement accrochée à l’histoire, cette lecture m’a pris beaucoup, beaucoup de temps (il faut dire aussi que c’est un sacré pavé !). En effet, la construction est tellement dense qu’on avance un peu à tâtons, j’ai eu l’impression de défricher au fur et à mesure de mon avancée, avec quelques retours en arrière pour essayer de ne pas rater trop de nuances en route ; il y a tellement de détails dans tous les sens ! Pourtant, quand je suis arrivée à la fin, j’ai réussi à me faire surprendre par des choses qu’on savait depuis le début mais que j’avais totalement oubliées, noyée sous le flot d’informations. Quelque chose me dit que ce n’est pas un hasard, mais une volonté de l’auteur de se jouer de son lecteur, le faisant quelque peu tourner en bourrique : un tour de force qui m’a assez impressionnée. Beaucoup de thèmes majeurs sont abordés – le travail, la famille, l’amour, la société… – avec un humour qui ma ravie ! C’est grinçant à souhait, tout comme j’aime. Malgré ses innombrables qualités, ce roman reste difficile, à la fois par sa narration originale, son univers particulier (les amoureux de littérature américaine seront aux anges) et son incroyable densité. Une lecture savoureuse et surtout un très grand moment de littérature.

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Dans le temps, j’accusais toujours le gamin de faire semblant d’être faible. Mais pour faire semblant d’être faible, il faut l’être. Car si on est fort, on n’a pas la faiblesse de simuler. Non personne ne peut jamais faire semblant d’être faible. Tu peux seulement faire semblant d’être fort…

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J’arrête pas de me dire qu’il faudrait que j’aille lui serrer la main et lui dire comme ça me fait plaisir qu’il soit là, mais je me rends compte que c’est un truc impossible pour moi. Je serais incapable de faire ça, pas plus que je pourrais embrasser la joue poilue du paternel et lui dire combien ça me fait de la peine de le voir dans cet état. Ou pas plus que le paternel pourrait me complimenter et me dire beau boulot fiston depuis que je me suis cassé la gueule et que t’as abattu de l’ouvrage pour deux. C’est pas notre genre, c’est tout.

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– Docteur…çà y est, je deviens fou, je disjoncte dans les grandes largeurs, çà me tombe dessus !  […]
– Non, Leland, pas vous. Vous, ainsi que beaucoup d’autres de votre génération, vous trouvez en quelque sorte exclu de ce refuge-là. Il vous est désormais impossible de « devenir fou » dans le sens classique de l’expression. Il fut un temps où les gens « devenaient fous » fort à propos, et disparaissaient de la circulation. Comme des personnages de fiction à l’époque romantique. Mais de nos jours… », et là je crois qu’il s’était même payé le luxe de bailler, « …vous êtes trop bien informés sur vous-mêmes et votre psychisme. Vous connaissez trop intimement un trop grand nombre de symptômes de la maladie mentale pour vous laisser prendre par surprise. Et autre chose encore: tous autant que vous êtes, vous avez le don de vous libérer de votre frustration par le biais de fantasmes trop malins pour être honnêtes. Et vous, Leland, vous êtes le pire de la bande de ce point de vue. Alors…vous serez peut-être névrosé jusqu’à la moelle pour le restant de vos jours, et malheureusement aussi vous serez peut-être bon pour un petit séjour à Bellevue et vous allez sans aucun doute en prendre pour 5 années supplémentaires de séances payantes avec moi – mais j’ai bien peur que vous ne soyez jamais complètement dingue.
Et il s’était renversé dans son élégant fauteuil club avant d’ajouter : – Désolé de vous décevoir, mais le meilleur diagnostic que je puisse vous offrir, c’est une bonne vieille schizophrénie à tendance paranoïaque.

          Une adaptation cinématographie a été fait au cinéma en 1971est sortie dans les salles en 1971 sous le titre Le clan des irréductibles avec Paul Newman et Henry Fonda. Maintenant que j’ai découvert son existence, il faut que je le voie d’urgence !

Cinéma

Les Garçons et Guillaume, à table !

Comédie française de et avec Guillaume Gallienne avec André Marcon, Françoise Fabian et Nanou Garcia

20529833_20131017171932686.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx          Guillaume est très proche de sa mère, il l’admire tellement et voudrait être comme elle. En revanche, ses rapports avec son père ses deux frères sont plus compliqués. Quand elle appelle ses enfants, sa mère dit souvent « les garçons et Garçons et Guillaume, à table ! », et quand elle l’a au téléphone, il lui arrive de l’appeler « ma chérie ». Difficile avec tout ça d’y voir clair dans son identité.

21053874_20131030102745287.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx          Certains parlaient de ce film comme de la comédie de l’année et je dois admettre que j’avais hâte de la voir. Finalement, s’il y a certes bien des passages qui prêtent à sourire, j’ai été assez surprise de constater qu’elle étaient bien plus douce-amère que je ne m’y attendais. En effet, Guillaume Gallienne ne se contente pas de nous faire rire avec les petits travers de sa famille mais permet de faire naître une réelle réflexion sur les rapports familiaux et la recherche d’identité notamment. On l’entend d’ailleurs en voix-off se parler à lui-même et auto-commenter sa propre vie, comme pour nous faire partager les bénéfices de sa psychanalyse (qui visiblement n’était pas de trop quand même). Bien que le personnage soit haut en couleurs et qu’il y ait peu de chances pour que le spectateur se retrouve en lui – pour la très grande majorité en tout cas – je pense que les rapports à cette mère aimante mais très possessive en toucheront plus d’un. Je les ai pour ma part trouvé très justes. J’aimerais être capable de dire déceler de la sorte ce qui pêche, sans pour autant sombrer dans l’amertume. En effet, il le fait avec une tendresse, voire une vénération, que j’ai trouvé émouvante et qui est pour moi sans nul doute un des gros point forts du film.

21047258_20131007143654613.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx          Les autres principaux atouts de ce film, ce sont sa mise en scène et l’incroyable prestation de son acteur principal. La mise en scène est particulièrement déroutante. Avant d’en faire un long métrage, Guillaume Gallienne avait fait de ses relations familiales une pièce de théâtre. Il la reprend habilement ici, dans une sorte de mise en abîme constante : il se filme sur scène et pendant qu’il nous parle, on semble plonger dans ses souvenirs. Mais le Guillaume d’aujourd’hui est adulte, ainsi, dans les scènes où il a 12 ans, on se retrouve avec un grand dadais de 40 pour jouer son rôle. Déroutant je vous dit. Terriblement original, jouissif pour les amoureux de théâtre et absolument génial. Quand à Guillaume Gallienne, non seulement il joue son propre rôle – à tous les âges donc – mais aussi celui de sa mère avec un naturel assez troublant. Une performance assez stupéfiante qui est pour beaucoup dans la réussite de cette OVNI cinématographique. J’ai ri parfois devant ce film, souri souvent, été émue par certaines réflexions qui me touchent. J’ai adoré la mise en scène et admiré la performance de Guillaume Gallienne qui pour son premier film met la barre haut. En sortant de la salle, je ne savais pas trop à quel point j’avais aimé tant j’étais déstabilisée dans mes attentes mais il y avait une chose dont j’étais sure : ce film-là, il ne fallait pas le rater.

Mes lectures

Sexy sexa – Victor Zarca

          Victor Zarca jongle avec les mots non sans un certain humour. Et quand il les récite, il préfère les slamer et les faire vivre sur scène pour les partager avec de plus jeunes que lui. Un univers pour le moins surprenant.

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          On ne m’avait pas franchement dit du bien de ce texte qu’on m’avait présenté comme « un vieux pervers qui slame et ne parle que de sexe tout le temps ». Suivi de : « Je n’ai pas pu le finir, veux-tu y jeter un œil pour le blog ? » euh… Non merci. Et puis, finalement, lors d’une visite à l’amie en question, elle m’en a reparlé, elle m’a dit mais si, il faut absolument que tu le lises, c’est drôle quand même, je suis sure que tu vas bien aimer, et j’ai fini par céder à ses avances. J’ai finalement plutôt bien fait tant ces textes sont surprenants. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai apprécié mais j’ai attrapé un réel fou rire, comme rarement avec un livre. Tant et si bien que j’ai même fini par faire une lecture à voix haute des textes pendant une bonne partie de la soirée déclenchant l’hilarité générale.

          Malgré la bonne humeur certaine qui a accompagné cette lecture, je ne peux pas dire l’avoir trouvée de grande qualité. Les jeux de mots s’enchaînent, pas toujours très fins, et on se demande s’il s’agit d’humour ou simplement de mauvais goût. Si on rit, c’est un peu de dépit bien souvent. Mais si certains textes ne sont pas terribles, et d’autres un peu gras à mon goût, il y a quand même quelques mots qui m’ont fait sourire de bon cœur et je dois admettre qu’en vidéo, la conviction que met l’auteur dans sa mise en scène donne au tout bien plus de charme. Un style parfois un peu faible et un humour particulier qui ne fait pas toujours mouche mais que je ne suis sans doute pas prête d’oublier.

Quand je fais l’amour à Assentione

Pas question de pénétratione

A sa vertu elle se cramponne

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Est-ce PAIN PERDU de te dire que je suis toujours MERINGUE de toi ?

Cinéma

Un château en Italie

Comédie dramatique française de et avec Valeria Bruni-Tedeschi, avec Louis Garrel, Filippo Timi, Marisa Borini

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          La famille de Louise ne va pas très bien : il ne reste pas grand chose de leur fortune, ils n’ont plus les moyens d’entretenir le château familial, son frère a le sida et son meilleur ami est alcoolique. Quand elle rencontre Nathan, qui a la moitié de son âge, elle se prend à rêver qu’un avenir meilleur est encore possible. Une histoire se termine et une autre commence.

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          Je ne suis généralement pas friande de ce type de films et je dois admettre ne pas apprécier particulièrement Valeria Bruni-Tedeschi en tant qu’actrice. Autant dire que je n’avais a priori aucune raison de me précipiter dans les salles. Pourtant, lorsque j’ai vu la bande-annonce, quelque chose m’a intriguée dans cette histoire – une certaine fragilité peut-être – et je me suis surprise à avoir envie d’en savoir plus. Tant et si bien qu’un soir où rien d’autre ne me tentait à l’heure qui m’arrangeait, je me suis lancée ! Un peu sur la réserve, je dois l’admettre, pas bien sure de ce que je faisais… Mais j’ai été agréablement surprise et n’ai pas regretté mon choix. J’avais bien aimé la présentation et le film est tout à fait dans le même esprit, je n’ai donc nullement été déçue.

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          Comme toujours dans l’autofiction (comme son nom l’indique, savant dosage d’autobiographie et de fiction), la réalisatrice n’a pas de grandes chose à nous raconter, mais ici au moins elle ne prétend pas le contraire et prend le recul nécessaire pour ne pas rendre pesant cet exercice un rien nombriliste. Elle parvient à faire preuve d’auto-dérision et à créer ainsi une certaine connivence avec le spectateur, riant avec lui de ses propres travers. Elle met se dévoile, met en avant ses fêlures de manière touchante parfois, drôle aussi souvent. On s’y retrouve forcément un peu. Surtout, elle joue remarquablement, tout comme Louis Garrel et la mère. Vous me direz « facile, chacun joue son propre rôle ». Certes, mais tout de même, j’ai connu des films où même en jouant leurs propres rôles les acteurs étaient  mauvais (non, je ne citerai personne…). On ne peut pas parler d’un grand film mais l’image est soignée et la musique très bien choisie, pour un tout très cohérent. Il y a du charme dans cette histoire-là, un brin de folie teinté de mélancolie. On sourit et on s’y reconnaît peut-être un peu sans oser l’avouer. Une jolie réussite.

Jeunesse·Mes lectures

Beauté – I, Désirs exausés – Kerascoët et Yohan Hubert

          Morue n’a pas été gâtée par la nature et rêve de devenir une beauté. Une fée va l’y aider. Elle va devenir l’objet de toutes les convoitises mais susciter aussi bien des rancœurs et va devoir s’échapper au milieu de la nuit pour échapper au courroux de ses consœurs. Sauvée par un seigneur, sa beauté sera-t-elle finalement une chance ou une malédiction ?

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          Voilà une BD qui ne manque pas de mordant ! La quatrième de couverture laissait supposer un humour grinçant et je n’ai pas été déçue. Il y a de l’originalité et de la finesse dans ces pages, même si parfois on en attendrait un peu plus. Un personnage principal un peu plus complexe peut-être, ou des rebondissements moins prévisibles (même si tous ne le sont pas, fort heureusement). On sent qu’il y avait là un très fort potentiel un rien sous exploité.

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          Toutefois, j’ai beaucoup ri en lisant cette BD et j’ai trouvé qu’elle posait quelques questions intéressantes sur le rôle de l’apparence notamment. Elle revisite le conte de fée avec humour et légèreté. Quant au dessin, il est agréable et crée un univers entre enfance et âge adulte assez intéressant. La série se compose de trois tomes qui s’adresse plutôt aux adolescents ou aux grands enfants que nous sommes. Une lecture qui m’a réellement amusée et dont l’humour grinçant m’a ravie. J’ai hâte de lire la suite !

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Pauvre crapaud, toi tu me comprends, laid et difforme comme tu es.
Le monde est cruel pour les gens comme nous. Pauvre, pauvre crapaud.

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– C’est Morue ! Que tu es belle !
– Vraiment ? C’est une fée, elle m’a donné un voeu.
– Tu aurais pu demander la richesse, au moins nous aurions tous profité.