Théâtre

Le prix Martin

          Ferdinand Martin et Agénor Montgommier sont deux vieux amis qui ont pour habitude de se retrouver pour jouer au bésigue. Quand Ferdinand apprend que sa femme le trompe avec Agénor, il voit rouge et ne pense qu’à se venger. Son cousin venu d’Amérique du Sud va l’y aider, ensemble ils vont imaginer bien des stratagèmes mais le lâche Ferdinand ira-t-il jusqu’au bout ?

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          J’avais envie d’un peu de légèreté et cette pièce Labiche me semblait idéale, d’autant que j’avais très envie de revoir Jacques Weber sur scène. Malheureusement, je n’ai pas vraiment accroché avec cette pièce. Le jeu manque de conviction, on aimerait plus d’énergie. Du coup, ça ne prend pas, on peine à s’intéresser à l’histoire évidemment farfelue et les blagues tombent un peu à plat. Si ce n’est pas franchement mauvais, je me suis toutefois vaguement ennuyée. A tel point que je suis partie à l’entracte, tant la suite m’intéressait peu. Le décor est classique et assez réussi, malheureusement, les acteurs en font trop ou pas assez mais ont rarement la présence et la vitalité que demande le théâtre de boulevard. Je n’ai pas ri une seule fois, pas même esquissé un sourire ! Une pièce qui se laisse regarder mais ne parviens pas à nous embarquer dans l’univers loufoque de Labiche. 

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Le Prix Martin d’Eugène Labiche

Théâtre de l’Odéon

Mise en scène de Peter Stein

Avec Jean-Damien Barbin, Rosa Bursztein, Julien Campani, Pedro Casablanc, Christine Citti, Manon Combes, Dimitri Radochevitch, Laurent Stocker, Jacques Weber

Mes lectures

Op oloop – Juan Filloy

          Optimus Oloop est statisticien finnois qui vit dans le Buenos Aires des années 30. Il ordonne son quotidien avec une rigueur mathématique mais le jour de ses fiançailles, cette belle mécanique se grippe. Ce roman retrace tel un journal de bord 19h et 25min de sa vie en plein dérèglement.

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          J’avais acheté ce livre car il était mis en avant dans une librairie qui le désignait comme coup de coeur et j’avais trouvé sa couverture tellement belle qu’il fallait absolument qu’elle rejoigne ma bibliothèque. Je dois admettre que la quatrième de couverture m’inspirait moyennement, 19h de la vie d’un homme psychorigide, ce n’est a priori pas trop mon type de littérature. Mais bon, c’était aussi l’occasion de découvrir autre chose, je me suis donc lancée. Grande fut ma surprise en découvrant la qualité de l’écriture ! Un vrai régal ! Je m’attendais à quelques chose d’un peu austère et j’ai été très étonnée de trouver un style léger, plein d’un humour pince-sans rire et surtout, d’une incroyable maîtrise. Une écriture flamboyante comme on en croise trop peu !

          L’histoire sort également de l’ordinaire. Le personnage principal est assez antipathique mais le voir prendre pied peu à peu entraîne des situations cocasses et quelques réflexions assez drôles. J’ai beaucoup aimé toute la première partie sur la vie d’Op Oloop qui se dérègle peu à peu et l’ai littéralement dévorée. Malheureusement, vers le milieu, le livre s’essouffle un peu. La deuxième partie est essentiellement composée du compte rendu d’un repas qui est tout simplement interminable. L’occasion pour l’auteur d’aborder d’autre sujets, notamment politiques et sociaux, mais le stratagème manque de finesse et le résultat est d’un ennui mortel. On se désintéresse peu à peu de cette histoire qui s’enlise. Au final un roman qui s’avère inégal mais marque par son originalité et la qualité de son écriture, dommage qu’il ne parvienne pas à nous tenir en haleine jusqu’au bout.

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Il est indispensable que chacun apprenne à bien gérer sa haine ! La mienne est répartie de façon équitable entre ceux qui sont congelés dans le passé et ceux qui transpirent dans le présent. Car les uns souffrent de constipation cérébrale et les autres d’hémoroïdes de la sensibilité. De sorte que chacun à sa façon trahit la loi vitale qui exige d’évacuer ponctuellement les immondices telles que les mirages anciens ou lâchetés du temps présent

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La routine est tenace comme les morpions. Elle s’accroche à vous et se reproduit dans chaque geste comme le pou dans chaque poil. Seules la folie et la fièvre parviennent à l’extirper.

Cinéma

Les gamins

Comédie française d’Anthony Marciano avec Alain Chabat, Max Boublil, Sandrine Kiberlain, Mélanie Bernier

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          Thomas vient de se fiancer à Lola quand elle lui présente ses parents. Le jeune homme va devenir très proche de son beau-père, Gilbert, désabusé et au bord de la dépression, qui va tout faire pour le convaincre de ne pas se marier. Ensemble, ils vont faire les quatre cents coups, une vie de gamins exaltante mais qui risque de ne pas être sans conséquences.

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          Je suis allée voir ce film avec plaisir en étant (presque) sure de passer un bon moment. Une envie de film détente et un choix qui s’est avéré très judicieux. Je m’attendais à une comédie un peu creuse sur le fond et sans doute un peu lourde sur la forme, rien de bien exceptionnel, juste de quoi se changer les idées le temps de la séance. Mais finalement, j’ai été très agréablement surprise. Ce n’est certes pas un chef-d’oeuvre mais ça fonctionne rudement bien ! J’ai ri du début à la fin et je ne suis pas la seule. La salle a été prise d’un fou rire quasi-ininterrompu et franchement contagieux. Je ne suis pas toujours très bon public pour les comédies mais celle-ci a réussi à m’embarquer dans son univers tendre et loufoque ; une véritable plongée en enfance, aussi régressive que délectable.

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          Les situations sont souvent cocasses, voire totalement incongrues. Bien souvent, l’histoire manque parfois de crédibilité mais finalement, quelle importance ? Cela ne dessert pas vraiment le propos (assez simple par ailleurs) et n’est que l’occasion de forcer le trait pour nous faire sourire. On s’amuse à voir ces deux grands gamins faire leur crise d’adolescence à retardement. L’énergie que déploient les comédiens est communicative et tient à elle seule tout le film. Certes, l’humour n’est pas toujours très subtil, on ne nous épargne guère de clichés et certains points du scénario auraient peut-être mérité un peu plus d’attention mais le film ne se prend jamais au sérieux et l’ensemble tient finalement plutôt bien la route, si on part du principe qu’il a pour seule ambition de faire rire. Un pari réussi : on rit franchement et on passe un très bon moment. Une comédie qui ne marquera peut-être pas les esprits mais qui m’aura valu une belle tranche de rire et de bonne humeur. Un peu de légèreté qui fait le plus grand bien !

Mes lectures

Isaac le pirate, les Amériques

           Isaac rêve de gagner sa  vie en vendant ses toiles. Toutefois, son talent de peintre n’est pas reconnu et il vit dans la misère avec sa fiancée. Jusqu’au jour où un homme lui propose de gagner de l’argent rapidement en l’accompagnant pour un petit voyage. Un périple qui va le mener tout droit aux Amériques.

          Isaac le pirate, ce n’est pas récent récent comme BD et c’est avec grand plaisir que je me suis plongée dedans. Je n’aime pas particulièrement les dessins dont je trouve le trait un peu grossier. En revanche, on rentre très facilement dans l’histoire de ce peintre raté qui va devenir pirate malgré lui. Il y a beaucoup d’humour dans le texte et l’aventure est au rendez-vous. On s’amuse aux dépends de ce pauvre Isaac et on ne voit pas le temps passer tandis qu’il s’embourbe dans une situation des plus improbables et que diminuent les chances de le voir retrouver sa fiancée. Si on n’est pas face à une grande BD, ce premier tome donne toutefois envie de lire la suite. Une BD agréable et légère qui fait passer un bon moment.

Cinéma

Les amants passagers

Comédie espagnole de Pedro Almodovar avec Javier Cámara, Carlos Areces, Raúl Arévalo

          Suite à une avarie sur un vol vers le Mexique, équipage et passagers pensent que leur avion va s’écraser. Sous le coup de la panique, chacun va commencer à étaler ses petits secrets et laisser libre cours à ses envies les plus inavouables…

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          J’adore Almodovar et son cinéma à la fois haut en couleurs et torturé. Toutefois, ses dernières réalisations ne m’avaient guère emballée (je n’avais même pas vu son dernier film, c’est dire à quel point il ne m’inspirait pas) et je désespérais un peu de retrouver la fraîcheur de ses débuts. Quand j’ai su qu’il nous revenait cette années avec une comédie, j’étais aux anges. Je l’ai bien sûr classée dans le 10 films de ce début d’année que j’attendais le plus et la bande-annonce laissait présager du meilleur. Malgré des critiques dans la presse assez négatives, c’est donc tout excitée que je me suis dirigée vers le cinéma.

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          J’ai peine à vous le dire mais j’ai bien vite déchanté… Le générique est prometteur mais le film ne continue pas sur cette bonne lancée. Le début, s’il ne pas que moyennement emballée, n’est pas si mal. Les personnages, un rien caricaturaux, sont assez drôles et on rit à leur dépens en découvrant leurs petites manies et leurs travers. Mais une fois passé le plaisir de la découverte, c’est long, mais loooooong… Il ne se passe pas grand chose et les révélations sont plus téléphonées les unes que les autres (vous verre, c’est le cas de la dire). A aucun moment je n’ai réellement réussi à croire au scénario ou à rentrer dans le film. Almodovar ne nous épargne aucun cliché et étant donnée l’épaisseur du scénario, le film semble bien plus creux que léger. Certes, on peut y voir une métaphore de la situation économique et une dénonciation des dérives du système mais bon, ça ne saute pas aux yeux et j’ai tendance à pense que pour qu’une seconde lecture soit valable, il en faut déjà une première qui se tienne à peu près…

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          Bref, c’est un peu la cata ! Le seul moment vraiment très drôle de ce film, où j’ai tout de même été prise d’un beau fou rire, est dans la bande-annonce. La chorégraphie des stewards est irrésistible. A tel point que j’ai  pensé que ce film pourtant franchement raté aurait été absolument génial en comédie musicale ! Malheureusement ça n’en est pas une et si on retrouve ici un peu l’univers des jeunes années du cinéaste, il y manque le côté foisonnant des débuts. Ca manque de rythme et d’énergie et malgré sa courte durée, le film traîne en longueur. Almodovar semblait sérieusement en manque d’inspiration sur ce coup-là… Heureusement, les acteurs, excellents, sauvent un peu les meubles et arrivent à nous éviter de sombrer dans l’ennui (notons au passage que Penelope Cruz et Antonio Banderas ont été embauchés comme figurants^^). On a beau adorer Almodovar et y mettre beaucoup de bonne volonté, non, vraiment, ce n’est pas terrible. Certes, je ne m’attendais pas au film de siècle, par contre je m’attendais à quelques chose de beaucoup plus drôle et déjanté. Ca se laisse regarder, c’est sympathique par moments, mais ça s’arrête là. Pedro, tu nous as habitué à mieux que ça. Allez, vivement le prochain va !