Mes lectures

Pourquoi moi ?

          En cambriolant une petite bijouterie, Dortmunter empoche par hasard le Brasier de Byzance, le plus gros rubis du monde, que les États-Unis devaient remettre à la Turquie. Aussitôt police, FBI, services secrets, truands et mafias de tous les pays se lancent à sa recherche. Il n’a plus alors qu’une seule obsession : rendre la bague et retrouver la tranquillité en faisant oublier le plus gros casse de sa vie. La tache s’annonce difficile.

          L’histoire repose sur un énorme malentendu, dont le personnage (qu’on a déjà pu croiser dans d’autres romans de cet auteur) est un habitué. Ce voleur raté a un don pour se mettre dans des situations improbables qui amusent le lecteur à tous les coups. On retrouve l’humour grinçant de Donald Westlake qui manie avec une grande habileté les situations les plus cocasses. Le style est alerte, enlevé, on ne s’ennuie pas une seconde, allant de péripétie en péripétie, se délectant des malheurs de notre héros. La galerie de personnages est savoureuse et on se demande jusqu’à la fin comment ce sac de noeuds va bien pouvoir finir par se démêler. Un roman noir des plus réussis, on en redemande.

Malcholm Zachary, ça lui plaisait d’être un agent du FBI. Cela conférait à tous ses actes un élément de tension tout à fait fascinant. Quand il descendait de voiture et qu’il claquait la porte, il ne le faisait pas comme n’importe qui, il le faisait comme un agent du FBI : un pas, un quart de tour, une poussée sur la portière, et bing, tous les gestes enchaînés, les muscles souples, solide et déterminé, gracieux tout en restant viril. Malcolm Zachary buvait son café comme un agent du FBI, il écoutait en silence comme un agent du FBI.

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Une fois une gonzesse a été raconter des trucs sur moi, dit Tiny. Je l’ai pendue à une corniche d’immeuble avec son collant. (Il secoua la tête.) Elle n’aurait pas dû acheter des collants de mauvaise qualité.

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Quand la vie devient dure, les durs reprennent vie.

Mes lectures

Pensée magique, Augusten BURROUGH

          Après une enfance mouvementée, Augusten est allé s’installer à New-York où il travaille pour une agence de pub. S’il a réussi à plus ou moins s’intégrer à la société, il reste toutefois quelque peu ravagé, et ce pour notre plus grand bonheur. Nous suivons ici la suite de ses aventures, avec toujours autant de détails croustillants sur sa vie rocambolesque. Tout un programme !

          Je vous avez parlé du jeune Augusten, rencontré dans Courir avec des ciseaux (oui, oui, on est presque des intimes maintenant). J’avais adoré ce livre à l’humour ravageur et au personnage aussi horripilant qu’attachant. J’avais été terriblement déçu que l’histoire s’arrête. Fort heureusement, l’auteur n’écrit qu’autour de sa biographie ce qui offre donc quelques occasions d’en savoir plus. J’ai raté l’épisode de l’entrée dans l’âge adulte – ce que je compte arranger très vite – et me suis directement trouvée propulsée vers la dure trentaine de notre héros.

          Contre toute attente, il s’est trouvé un métier respectable et vit de manière à peu près civilisée à New-York. Il est toujours célibataire et se désespère de son début de calvitie. Ses problèmes psychologiques ne sont pas tout à fait réglés et il lui arrive donc encore de montrer quelques signes de graves névroses… Ajoutez-y une certaine tendance à se mettre dans des situations impossibles et vous aurez un livre décapent ! Ce roman est peut-être un peu moins savoureux que le précédent mais on y retrouve bien le même esprit totalement farfelu. C’est avec délectation que j’ai suivi la suite de ses aventures. Augusten Burrough est décidément un auteur à suivre !

S’il y a une chose à laquelle je ne suis pas, mais alors  absolument pas allergique, c’est bien les produits chimiques. Je tiens à savoir que cet épais liquide bleu que je déverse dans la cuvette des W-C a été testé et testé encore sur des lapins, des singes, et tout ce qu’ils peuvent entasser dans leurs cages de laboratoire.

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Ce qu’il y a de merveilleux chez les enfants, c’est qu’ils ne disposent pas d’émotions complexes. ils ont la dotation de base ; les options, ce sera pour plus tard.

Mes lectures

Un mariage à la mode, Joe KEENAN

          Quand Gilbert assiste au mariage d’un membre de sa belle-famille avec son amie Moïra, leur avenir s’éclaire soudain devant la pile de cadeaux : ils doivent se marier pour empocher le pactole, avant de divorcer quelques mois plus tard. Une idée qui semble aussi simple que géniale. Le problème ? Gilbert préfère les hommes, Moïra est mythomane et la belle-famille s’avère appartenir à la mafia. Leur projet infaillible va peut-être s’avérer plus dur à réaliser que prévu…

          Le « couple » demande l’aide de Philip, le meilleur ami de Gilbert (tout aussi gay que lui), pour les aider à mener à bien leur plan. C’est lui qui nous raconte l’histoire. Pour commencer, il faut trouver le moyen de financer un si grand mariage, traditionnellement payé par la famille de la mariée. Ensuite, il faut également faire croire à la stabilité du couple. Il n’est pas si aisé d’afficher son amour en public pendant les mois que durent les fiançailles ! Et puis il faut se rapprocher de la famille si on veut en tirer de beaux cadeaux. Tout ça sans s’emmêler les pinceaux dans ses mensonges. Le mariage n’est décidément pas une mince affaire !

          J’ai entamé ce livre avec un enthousiasme modéré. Mais faisant confiance au libraire qui me l’a conseillé, je m’y suis attaquée assez vite avant de changer d’avis. Ce n’est pas toujours d’une grande subtilité, le style n’est pas sans rappeler le théâtre de boulevard. Le style est léger et le rythme enlevé. Les péripéties se succèdent aussi vite que les bons mots. Au final, c’est cette incroyable énergie qui tient le tout et finit par convaincre. Un livre qui s’il ne brille pas toujours par sa finesse n’en est pas moins aussi drôle qu’agréable à lire. Une lecture rafraîchissante.

Mes lectures

Beignets de tomates vertes, de Fannie FLAGG

          En 1986, Evelyn, une femme d’une cinquantaine d’année, rencontre en rendant visite à sa belle-mère une vieille femme avec qui elle va nouer une belle amitié. Celle-ci va lui raconter son histoire, qui court tout au long du siècle, dans une famille nombreuse du coeur des Etats-Unis. L’histoire surtout d’un café au bord de la voie ferrée où se concentrait la vie du hameau.

          La narration oscille entre la maison de retraite, une gazette tenue par une habitante du village au coeur de l’histoire et le présent des personnages eux-mêmes. Ce va et vient m’a par moment un peu gênée. L’histoire en elle-même est plutôt intéressante, la plupart des personnages sont attachants. Je n’ai pas trop aimé les passages qui se déroulent en 1986, la partie dans les années 30 à 60 m’aurait suffit. L’écriture est assez simple, j’aurais apprécié un texte plus travaillé.

          Il y a un côté un peu naïf dans ce texte qui m’a parfois exaspérée. On est en pleine apartheid et les gens semblent à peine s’en rendre compte. Sans parler des deux personnages principaux : deux jeunes femmes homosexuelles à qui personne ne semble chercher des noises. Etrange… Enfin, si le côté historique m’a semblé faiblard, la romance est belle et on prend plaisir à cette lecture. J’aurais apprécié un peu plus de consistance mais j’ai tout de même passé un bon moment avec ce livre entre les mains. Les évènements se succèdent rapidement, empêchant le lecteur de trouver le temps de s’ennuyer. La diversité des personnages et de leurs caractères est un peu  difficle à suivre parfois mais donne à ce livre une fraîcheur et un dynamisme qui en font oublier les faiblesses. Un bon divertissement.

J’ai lu ce livre dans le cadre d’une lecture commune avec Gwendo, vous pouvez voir son avis ici.

Ce best-seller a aussi été adapté au cinéma :

Club lecture·Mes lectures

Club-lecture de novembre : les classiques de l’anticipation

          Notre club-lecture s’est réuni mardi soir autour de trois grands classiques de l’anticipation : 1984, Le meilleur des mondes et Fahrenheit 451. Chacun a lu celui qui l’inspirait le plus, plusieurs s’il le souhaitait. Nous avons ensuite rapidement résumé chaque ouvrage et comparé nos avis. Pour la présentation précise des romans, voir les articles que j’ai publiés sur chacun : 1984, Le meilleur des mondes, Fahrenheit 451.

          Dans l’ensemble on a tous plutôt apprécié nos lectures. On a trouvé les thèmes abordés très modernes et tout à fait d’actualité (même si l’écriture d’Orwell a peut-être un peu moins bien vieilli). Ces romans sont également très sombres, 1984 remportant la palme de l’univers le plus noir : aucune trace d’espoir n’y subsiste. Trois textes très forts chacun dans leur genre. 1984 est sans doute le plus marquant, presque oppressant. Le meilleur des mondes le plus cynique, parsemé de touches d’ironie bien placée. Fahrenheit 451 a quand à lui l’écriture la plus poétique. Trois romans proches par les sujets abordés mais avec chacun une identité forte.

          Les avis ont bien sûr divergé quant à l’aspect politique et social des textes. Sont-ils vraiment prophétiques ou pas ? Se dirige-t-on inexorablement vers un monde totalitaire ? La culture va-t-elle à sa perte ? Je laisse chacun libre de se faire une opinion en fonction de sa propre perception du monde qui nous entoure.

          Une fois de plus, ce fut une très bonne soirée. La prochaine fois nous nous réunirons autour d’une pièce de William Shakespeare et d’un repas de Noël.