Mes lectures

Annie SAUMONT, Moi les enfants j’aime pas tellement

          Dans ce recueil de nouvelles, Annie Saumont brosse un portrait tendre de l’enfance. Une succession de portraits d’enfants (ou de plus grands à vrai dire, ce qui contredit l’idée d’unité entre les textes…), plus ou moins sages, plus ou moins attachants. Autant d’histoires dans lesquelles chacun peut se reconnaître.

          Que dire de ce livre ? A vrai dire, je n’ai pas tellement aimé. Les nouvelles se veulent écrites avec un regard d’enfant. En ressort une écriture bancale qui m’a prodigieusement agacée, je n’ai pas bien compris le besoin de martyriser ainsi la langue française, pas compris ce que ça apportait au texte en dehors d’une lourdeur indigeste. Les histoires m’ont assez peu intéressée. Je n’ai pas eu l’envie d’aller lire toutes les nouvelles et me suis arrêtée à mi-chemin. Un recueil qui présente un concept original, dont le titre annonçait un humour féroce et qui finalement, ne tient pas ses promesses.

Trop petit pour se pencher au-dessus de la rampe il recule. Il met une main contre son ventre. Puis les deux mains. Et encore redit pour personne, René lui il a un vélo.

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Le grand il était pas paralysé des bras. On se tenait vraiment tout près.

Il avait plus qu’à lever la main.

Mes lectures

Katrina KALDA, Un roman estonien

          J’ai le plaisir de vous présenter le roman aux côtés duquel j’ai clôturé 2010 et entamé 2011. Un roman estonien, premier roman de Karina Kalda, paru chez Gallimard en septembre (oui, en 2011, je fais l’effort de coder mes titres pour qu’ils apparaissent en italique et je cite les éditeurs)

          Ce roman pour le moins original, a pour narrateur un personnage de feuilleton qui raconte alternativement son histoire et celle de son créateur. A la fois l’histoire d’une création, une histoire d’amour mais aussi une part de l’histoire de l’Estonie en toile de fond.

  

          Avec ce 1° roman, la jeune auteur impressionne ! C’est un roman complexe, très bien construit, original, intelligent, souvent drôle. L’histoire est parfois un peu confuse car très complexe. J’ai par moments eu du mal à suivre les déboires d’August et Charlotte, de Théodore et Carlotta, du mal a distinguer l’histoire de l’auteur de celle de son personnage (sachant que c’est le personnage qui est le narrateur, ce qui complique encore les choses)… Cette richesse du texte surprend, déroute, égare. C’est à la fois ce qui le rend si intéressant et ce qui en limite l’accès.

          On n’a guère l’habitude d’être confronté à des textes de cette richesse. On se trouve immergé dans l’Estonie des années 90, juste après la chute de l’URSS. L’auteur vit depuis longtemps en France (elle a d’ailleurs écrit ce texte en français) et cela se sent dans son regard distancié à l’égard de son pays (auquel elle porte par ailleurs une grande tendresse). Je reprocherais peut-être à ce texte son manque de simplicité. S’il y a énormément de bonnes choses dans ce roman, il est par moment un peu trop foisonnant à mon goût. Un léger bémol qui ne m’a nullement empêché d’apprécier ce texte. J’ai du mal à imaginer comment aussi jeune on peut déjà écrire quelque chose d’aussi imposant. Cela laisse présager d’une suite pour le moins intéressante. Un excellent premier roman, réservé toutefois à des lecteurs aguerris.

Carlotta ne devait pas être au courant de l’essentiel, à savoir que dans ce monde à la limite du cercle polaire, il faut savoir se prémunir contre l’hiver et le noir, que la nuit et le jour sont des draps qu’on tire à soi, de sorte que nous qui dormons au bord du lit, au-delç de sept monts et cent rivières, nous sommes découverts pendant l’été, où le soleil qui ne se couche plus nous empêche de dormir, et étouffés pendant l’hiver, lorsque le drap ressemble à une couette rembourrée d’où l’on ne croit pas ressortir vivants. Les légendes sur le soleil qui disparaît deviennent de nouveau vraies et les ciseaux, dans un tiroir de la cuisine, prennent une expression luisante, rusée, qui donne envie de grimper jusqu’au toit pour percer la couette épaisse du ciel. mais lorsqu’on enfonce  les lames pointues dans le duvet, les plumes de volatile qui le farcissaient s’échappent, et les enfants, qui ont le nez collé aux vitres, crient d’un étage à l’autre : « Il neige ! Il neige ! »

Pour plus d’information sur le livre et l’auteur, 2 articles sont parus dans l’Express :

Le roman estonien  de Katrina Kalda et Katrina Kalda en 4 questions.

Divers

Aaaaaah !!!!!!!! (cri d’ado hystérique, pour ceux qui n’auraient pas compris)

          Je me promenais gentiment sur la blogosphère cet après-midi. Et tout à coup, une couverture sur un blog littéraire attira mon attention. Je m’approchai prudemment et là, un choc extrême m’attendait : le dernier livre d’Andréï Makine ! Mais comment est-ce possible ? où étais-je ces dernières semaines pour ignorer cette sortie ? Je n’en reviens pas, je manque à tous mes devoirs. Cet ouvrage fait partie des nombreuses nouveautés de la rentrée littéraire de janvier, il est sorti le 5. Déjà 3 jours donc qu’il est disponible et il n’est toujours pas dans ma bibliothèque !!! J’avais prévu de faire un bel article cet après-midi mais j’espère que vous comprendrez que mon programme a nécessité un aménagement d’urgence et que je vais me jeter immédiatement sur la première librairie venue pour réparer cette terrible erreur ! Inutile de vous dire que vous retrouverez très prochainement ce livre sur le blog. Et merci à Anne pour l’info, vous trouverez tous les détails ici. Inutile de vous dire que le titre m’inspire particulièrement. Ca va être un stress terrible de commencer cette lecture, ne vais-je pas être déçue par le seul auteur contemporain que je vénère ? La suite au prochain épisode…