Actualité·Culture en vrac

Rentrée littéraire, suite

          Comme vous le savez sans doute, on est en pleine rentrée littéraire. Je vous en ai déjà un peu parlé ici ou et c’est LE sujet du moment dans tout les blogs littéraires, les émissions culturelles, les sites spécialisés et les journaux pourvus d’une rubrique dédiée au livres. Une période de grande effervescence qui en agace certains et réjouit les autres. Pour ma part, si je suis toujours plus ou moins les nouveautés de septembre, je n’en lis pas toujours beaucoup faute de temps, de motivation ou de moyens (eh oui, les grands formats, c’est une rente !). Mais cette année, les conditions étaient réunies pour que je me laisse tenter par ce bouillonnement de début d’année. 

          J’avais fait quelques repérages via les sites littéraires et pas mal de romans me tentaient bien, avec notamment les nouveautés de quelques auteurs que j’aime. Comme je viens de déménager, j’en profite aussi pour tester les librairies du quartier et demander conseil aux libraires : librairie en face, bof, adeptes des romans légers mais accueil sympathique ; librairie à droite, libraires prévenants, passionnés, qui semblent apprécier les écritures exigeantes. Je ne sais pas si la rentrée littéraire me réservera de bonne surprises mais en tout cas, elle m’aura permis de trouver ma librairie ; un luxe que j’apprécie particulièrement. C’est donc décidé, en septembre, je ne lis que des nouveautés. Cinq ont déjà rejoint ma bibliothèque : Un repas en hiver d’Hubert Mingarelli, L’amour sans le faire de Serge Joncour, Peste & Coléra de Patrick Deville, Pour seul cortège de Laurent Gaudé et Rue des voleurs de Mathias Enard. A retrouver donc très prochainement sur le blog, ainsi que les autres romans qui vendront les rejoindre. Et vous, où en êtes-vous avec cette rentrée ?

Mes lectures

L’urgence et la patience

          Dans ce court essai, Jean-Philippe Toussaint, dissèque les mécanismes de l’écriture. On apprend ainsi à connaître cet auteur : ce qui l’a poussé à se lancer dans l’écriture, la manière dont il rédige ses textes, les auteurs qui l’ont inspiré. Selon lui, le processus de l’écriture peut se résumer en deux mots : l’urgence et la patience. Deux états antagonistes qui président l’écriture et dont le dosage détermine le style de chacun.

          J’ai beaucoup aimé cet essai. Tout d’abord, cette idée d’équilibre entre l’urgence (l’envie de voir naître un texte) et la patience (la construction, la recherche, le travail d’écriture) est absolument passionnante et, je trouve, très juste. Ensuite, cet ouvrage permet de découvrir un autre aspect de Jean-Philippe Toussaint, « l’envers du décor » si l’on peut dire. Ca donne d’autant plus envie de s’immerger dans son oeuvre. Enfin, le style est brillant sans jamais se prendre au sérieux. Un subtil mélange d’érudition et d’humour et un très bon livre sur l’écriture et un portrait d’écrivain passionnant.

Dès lors, je n’ai plus travaillé que porté par un élan, pendant des sessions d’écriture limitées dans le temps, de quinze jours à trois mois maximum, entrecoupées de longues périodes où je faisais autre chose, où je n’écrivais pas, où je vivais – ce qui peut également être utile.

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Un livre doit apparaître comme une évidence au lecteur, et non comme quelque chose de prémédité ou de construit. Mais cette évidence, l’écrivain, lui, doit la construire.

Mes lectures

Les rêves de mon père – Barack OBAMA

          L’histoire d’un héritage en noir et blanc. Le sous-titre annonce la couleur. Barack Obama livre dans ce récit la difficulté de se construire entre deux cultures, dans une Amérique où le racisme règne toujours, aussi bien chez les blancs que chez les noirs. Une enfance avec un père absent mais une mère et des grands-parents aimants, des études faites sans grande conviction, un travail auprès des communautés noires, la découverte de sa famille kényane… Barack Obama revient sur son parcours. Voyage à la découverte d’un homme plein de doutes et d’espoirs.

            Barack Obama a écrit ce livre sur la demande d’un éditeur à sa sortie de Havard où il a été le premier noir à diriger la revue de l’université. Nous avons donc affaire à un document rare : un président qui écrit ses « mémoires » lui-même avant d’avoir quoi que ce soit à cacher. Le style n’est franchement pas terrible et je dois admettre avoir trouvé cette lecture franchement fastidieuse. De plus, l’histoire n’a pas grand chose pour impressionner. C’est celle d’un enfant métisse des classes moyennes élevé par sa mère et qui peine à trouver sa place dans une société où le communautarisme est très fort. Mais c’est justement ce destin en apparence ordinaire (à quelques détails près) qui fait tout l’intérêt de ce livre. On peine à voir sous le jeune homme naïf celui qui deviendra 20 ans plus tard le premier président noir des Etats-Unis. Ce portrait sincère et sans concessions est extrêmement touchant et pousse à se poser des questions sur les choix de vie de chacun. Il donne un éclairage nouveau sur cet homme d’exception qui n’était absolument pas voué à de grandes chose mais c’est forgé un destin hors du commun, non pas ambition personnelle mais pour défendre ses conviction. Un livre pour le moins instructif qui redonne un peu de foi en l’animal politique.

L’astuce c’est de ne pas faire attention quand ça fait mal.

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C’est là-dessus qu’est bâtie la civilisation, la culpabilité. C’est une émotion sous-estimée.

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– Je n’aime pas trop la politique.

– Pourquoi ?

– Je ne sais pas. Les gens finissent toujours par être déçus.

Actualité·Culture en vrac

Rentrée littéraire 2012

          La rentrée littéraire, c’est parti ! Toutes les grandes maisons d’édition ressortent leurs auteurs les plus célèbres. Chacun vise les meilleures ventes et surtout prépare la saison des prix littéraires qui suit de près. Comme chaque année, on retrouve de grands classiques : Christina Angot, Amélie Nothomb, Olivier Adam… Des auteurs un peu plus rares aussi comme Philippe Delerm ou Serge Joncour. Et bien sûr nous ne manquerons pas de découvrir un ou deux jeunes talents prometteurs.

           Pour ma part, c’est une période que j’aime bien, avec son foisonnement de nouveautés et cette effervescence autour du livre. Certains diront que c’est trop, que c’est parisien, que c’est commercial. Qu’importe ? Des livre, des livres et encore des livres, que demander de mieux ? Je vous présentais il y a 15 jours 10 livres que j’attends en cette rentrée (ici), parmi eux, il me tarde particulièrement de lire le Joncour, le Mingarelli et le dernier Enard. Un programme pour le moins alléchant ! Et vous,vous attendez cette rentrée avec impatience ou cela vous laisse-t-il de marbre ? Il y a des livres que vous attendez particulièrement ? Bonne lecture à tous !

Mes lectures

Balades indiennes

          Balades indiennes, ce sont quatre portraits de femmes. Jeunes ou plus âgées, vivant en Inde ou aux Etats-Unis. Quatre femmes qui se posent les mêmes questions sur leur place dans la société et affrontent les mêmes doutes. Mais peut-on vraiment échapper au poids de la tradition ?

          Ces histoires, pourtant différentes par leur contexte et les personnalités de leurs personnages, parlent toutes d’une même histoire : la place de la femme dans la société indienne, y compris pour celles qui sont expatriées. En effet, la société indienne est très codifiée. Si cette culture bien ancrée permet de se forger une identité forte, elle est aussi un carcan dont il est difficile de se détacher. Chacune de ces femmes va a un moment de sa vie se rendre compte du poids des conventions pesant sur sa vie et va devoir choisir entre tradition et modernité. Si j’ai aimé certaines nouvelles plus que d’autres, j’ai trouvé ce thème très intéressant. Concilier le respect des traditions et une envie d’indépendance et de modernité n’est pas facile. Le regard des autres pèse et on ne sait parfois pas soi-même quelle voie on souhaite prendre. Ces tâtonnements sont très bien rendus et la question de l’identité est abordée avec délicatesse. Un très beau recueil.

J’avais été trop bien entraînée, toute ma vie, à garder pour moi la colère et les peines de coeur.

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Elle avait découvert depuis longtemps qu’on réservait aux femmes qui avaient des opinions le même sort qu’aux mauvaises odeurs. On les fuyait.