Mes lectures

Petit traité sur l’immensité du monde, Sylvain TESSON

          Traité à l’usage du voyageur, essai sur les manières de parcourir le monde, en essayant de dompter le temps et cette perpétuelle envie de renouveau. Sylvain Tesson a durant ces dernières années parcouru l’Eurasie en long en large et en travers, par tous les moyens possibles : à pied, à cheval, à moto, en train, en vélo… Mais toutes les manières de voyager ne se valent pas. L’auteur dresse ici un condensé de son expérience, un précis de vagabondage.

          Bon, vous le savez, grand est mon amour pour Sylvain Tesson. Sa vie me fascine, son esprit m’éblouit, sa culture m’enchante. Bref, je suis sous le charme. Mais là, malgré toute la mauvaise foi dont je suis capable et un a priori des plus positifs, eh bien je me suis ennuyée ferme. Voilà pourquoi : ce que j’aime chez les écrivains voyageurs, c’est le voyage (aucune originalité, je sais). L’aventure, les expériences uniques, les rencontres, le vent de liberté, les anecdotes de la vie sur les grands chemins. La part de rêve quoi. Ici, comme le titre le suggérait d’ailleurs, c’est bien à un essai que nous avons affaire. En matière d’essai, je suis difficile. Je n’aime que : ceux écrits comme des romans (du style enquête à la Aubenas), l’ethnologie/anthropologie/sociologie (à faible dose) ou la littérature (assez peu, j’en ai assez mangé pendant mes études)/métiers du livre (seul domaine qui me passionne vraiment). Celui-ci avait une chance de se trouver dans la première catégorie : suspens…

          Non, rien à faire, les essais me font bailler. Qui dit essai dit généralités et j’aime justement le particulier (en matière d’aventures en tout cas). Aussi bien je ne compte pas partir avec mon sac à dos demain matin, il m’importe assez peu de connaître les différents types de voyageurs ou de savoir quel moyen de transport facilite le plus la méditation (réponse évidente de plus : la marche à pied, pour la contemplation, plutôt le cheval). Je me suis donc très peu intéressée à ces réflexions par lesquelles je ne me suis à aucun moment sentie concernée. Et qui m’ont un brin agacée en prime. Après tout, chacun voyage à sa guise, pourquoi vouloir hiérarchiser les raisons et manières de le faire ? Petite déception donc que ce livre que j’ai trouvé un peu  suffisant. J’aurais préféré moins de palabres et plus d’action et de rêve. Je m’en veux terriblement de faillir ainsi à mon amour inconditionnel pour l’écrivain-voyageur. Promis, je me rattraperai avec le prochain.

Mes lectures

Beignets de tomates vertes, de Fannie FLAGG

          En 1986, Evelyn, une femme d’une cinquantaine d’année, rencontre en rendant visite à sa belle-mère une vieille femme avec qui elle va nouer une belle amitié. Celle-ci va lui raconter son histoire, qui court tout au long du siècle, dans une famille nombreuse du coeur des Etats-Unis. L’histoire surtout d’un café au bord de la voie ferrée où se concentrait la vie du hameau.

          La narration oscille entre la maison de retraite, une gazette tenue par une habitante du village au coeur de l’histoire et le présent des personnages eux-mêmes. Ce va et vient m’a par moment un peu gênée. L’histoire en elle-même est plutôt intéressante, la plupart des personnages sont attachants. Je n’ai pas trop aimé les passages qui se déroulent en 1986, la partie dans les années 30 à 60 m’aurait suffit. L’écriture est assez simple, j’aurais apprécié un texte plus travaillé.

          Il y a un côté un peu naïf dans ce texte qui m’a parfois exaspérée. On est en pleine apartheid et les gens semblent à peine s’en rendre compte. Sans parler des deux personnages principaux : deux jeunes femmes homosexuelles à qui personne ne semble chercher des noises. Etrange… Enfin, si le côté historique m’a semblé faiblard, la romance est belle et on prend plaisir à cette lecture. J’aurais apprécié un peu plus de consistance mais j’ai tout de même passé un bon moment avec ce livre entre les mains. Les évènements se succèdent rapidement, empêchant le lecteur de trouver le temps de s’ennuyer. La diversité des personnages et de leurs caractères est un peu  difficle à suivre parfois mais donne à ce livre une fraîcheur et un dynamisme qui en font oublier les faiblesses. Un bon divertissement.

J’ai lu ce livre dans le cadre d’une lecture commune avec Gwendo, vous pouvez voir son avis ici.

Ce best-seller a aussi été adapté au cinéma :

Mes lectures

Les hommes dans la prison, Victor SERGE

          Victor Serge, anarchiste proche de la bande à Bonnot, raconte dans ce livre son passage en prison. De son histoire personnelle, il tire des conclusions plus universelles. Un ouvrage qu’il présente comme un roman, souhaitant s’effacer pour mettre l’univers carcéral au centre de son propos.

         J’ai lu ce livre suite à la découverte de La mémoire des vaincus, du Michel Ragon, que j’ai beaucoup aimé et où Victor Serge tient justement une place importante. J’avais deux de ses ouvrages dans ma bibliothèque, j’ai donc profité de l’occasion pour m’y intéresser de plus près. Une manière de prolonger la lecture et améliorer ma connaissance de cette période.

          Les remarques de l’auteur sur la prison semblent toujours d’actualité, ce qui est assez inquiétant près d’un siècle après les faits. L’écriture, assez dépouillée, est plutôt agréable. Le découpage en courts chapitres thématiques facilite la lecture. Je ne suis pas du tout une spécialiste du milieu pénitentiaire ce qui fait que malgré l’intérêt des remarques, je me suis vite lassée du sujet. On est plus proche de l’essai que du roman et j’ai eu du mal à tenir sur la longueur. Un livre qui reste quand même très intéressant.

Culture en vrac

Salon du livre 2012

          Le salon du livre 2012 se tiendra porte de Versailles du 16 au 19 mars Porte de Versailles. Cette année, il se construit autour de 5 grands axes.

Le Japon est à l’honneur avec une vingtaine d’auteurs nippons présents sur le salon, notamment pour des séances de dédicaces. L’occasion de venir écouter le prix Nobel de littérature, Kenzaburo Oé

– Le concept de la ville invitée a également été reconduit, avec cette année Moscou en première ligne.

– Vous pourrez également retrouver des conférences « Du livre au film » sur l’adaptation de livres au cinéma.

« Le livre dans la cité » nous questionnera sur la place du livre dans la société et nos habitudes de lecteurs.

– En complément de la présentation de la littérature japonaise, « Culture manga » met en valeur ce genre hérité des estampes traditionnelles.


          Parmi les autres moments forts de cette année, un espace dédié aux livres de collection, anciens ou modernes, « Trésors de livres ». Bien sûr vous pourrez aussi retrouver de nombreux exposants, des expositions, des espaces jeunesse et un grand nombre de conférences et dédicaces. Le programme complet est disponible sur le site du salon. L’entrée est gratuite pour les étudiants du moins de 26 ans sur demande préalable ainsi que pour les moins de 18 ans. Bonne visite à tous ! 

Et voici le résultat du concours d’illustration dont je vous avais parlé ici.

Mes lectures

Mélanie FAZI, Serpentine

          Des nouvelles à l’univers sombre et fantastique. L’histoire d’un homme étrange qui hante le métro, celle d’une maison familiale bientôt vendue, ou encore celle d’un homme qui se fait tatouer avec une encre très spéciale. Autant de déclinaisons autour de l’étrange et du malaise.

          J’attaquais ce livre avec un petit a priori négatif. La science-fiction (même si ici on est plutôt du côté du fantastique) est un genre capable du pire comme du meilleur, surtout du pire. J’en lis assez peu et bien que ça me soit sympathique, me rappelant mon adolescence, j’en ressors souvent déçue. Je ne m’attendais donc pas vraiment à quelque chose d’exceptionnel. Finalement, je me suis assez vite laissée prendre dans cet univers particulier. Les nouvelles sont assez inégales, comme souvent. Cependant, un esprit se dégage de chacune de ces histoires qui donne une certaine unité au recueil.

          C’est bien écrit, et si certaines histoires sont meilleures que d’autres, le style reste assez constant. L’auteur sait faire naître le malaise rapidement et construire un univers en peu de mots. Certaines nouvelles sentent le vécu et sont d’ailleurs les plus réussies, la première notamment, sur le tatouage, retranscrit bien les émotions (enfin je suppose), de même pour celle se déroulant dans le métro. J’ai beaucoup aimé également celle sur la maison à vendre, assez touchante. Quelques unes possèdent des fins assez originales et réussies. Ma préférée reste je crois la nouvelle qui prolonge le mythe de Circée et Ulysse. Une idée originale et bien menée. Dans l’ensemble, on évite les clichés du genre. Un beau recueil qui présume bien de l’avenir de cet auteur. A suivre.

Le site internet de l’auteur.

http://www.melaniefazi.net