Désirée et Benny se rendent régulièrement au cimetière, elle va sur la tombe de son mari, si sobre, et lui, c’est le mec de la tombe d’à côté, trop tape-à-l’oeil, celle de ses parents. Elle est bibliothécaire, citadine, vit dans un appartement tout blanc et très bien rangé, c’est une femme beige, sans éclat, presque transparente. Il est agriculteur, vit dans une vieille ferme décorée avec les travaux d’aiguille de sa mère, pas idiot mais un peu rustre. Tout les oppose, et chacun agace prodigieusement l’autre à venir comme ça prendre la moitié du banc face aux deux tombes, banc qu’ils doivent se partager. Et puis un jour, un sourire va tout changer.
J’avais vu ce livre il y a très longtemps sur les étals des librairies, et son titre m’avait interpellé. Et puis je ne l’avais pas pris. Quand un livre est trop lu et relu, semble avoir été ouvert par la terre entière, j’ai toujours besoin d’un peu de temps pour oublier tous les avis entendus et réentendus avant de le lire. Et puis, après quelques années à l’avoir laissé reposer, je me suis lancée. Je craignais un peu le côté romantique de la chose, eh bien c’était un tort.
Ce livre se lit tout seul. C’est léger, c’est frais, c’est drôle. On alterne les chapitres du point de vue de Désirée et ceux vus par Benny, ce qui donne à la construction un certain dynamisme. Les personnages sont un brin caricaturaux mais suffisamment attachants pour que ça ne gêne pas vraiment la lecture. L’écriture n’est pas exceptionnelle mais alerte et agréable. Rien de transcendant dans ce petit livre, et pourtant, on se laisse prendre au jeu. Je l’ai littéralement dévoré. Je n’avais qu’une envie, connaître la suite, que je me suis donc empressée d’acheter. Une lecture très agréable et sans prétentions que je vous recommande.
![Le-mec-de-la-tombe-d-a-cote[1]](https://madimado.com/wp-content/uploads/2011/06/le-mec-de-la-tombe-d-a-cote1.jpg?w=189&h=300)
Impossible de décrire ce sourire-là sans plonger dans le monde merveilleux des vieux standards de bal-musette.
Dedans, il y avait du soleil, des fraises des bois, des reflets sur un lac de montagne […]. Il s’est écoulé trois heures, ou trois secondes.
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J’étais tombé amoureux d’elle.
Ce n’était pas exactement un déclic. Plutôt comme quand je touche la clôture électrique sans faire gaffe.
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J’aime le simple, le minimal
les formes strictes, les couleurs discrètes
Un pré fleuri en été
me parâit toujours affligeant.