Culture en vrac

La boîte à énigme littéraires

          L’été arrive, les vacances, le camping, les longues soirées d’orage… Que faire pour s’occuper en famille ou entre amis une fois la nuit tombée. Vous en avez assez du Monopoli et Le trivial poursuit vous donne mal à la tête, voici la boîte à énigmes littéraires. Des questions sur l’histoire de la littérature pour vous instruire tout en vous amusant et briller dans les soirées à votre retour de vacances.

           Les questions sont réparties en 6 catégories : rébus, que suis-je, énigmes, charades, jeux de lettres et abracadabra. Un jeu pour tous les amoureux des lettres.

Mes lectures

Fred VARGAS, L’armée furieuse

          Dans cette nouvelle aventure, le commissaire Ademsberg et son équipe partent sur les traces des légendes normandes et essaient d’arrêter l’Armée furieuse qui terrorise le village depuis des siècles. Il va également devoir prouver l’innocence de Momo-mèche-courte, un petit voyou accusé de meurtre. Mais il trouvera tout de même le temps de sauver un pigeon, avec l’aide de son fils.

          Je n’avais pas spécialement aimé le dernier Vargas, qui sombrait un peu dans la facilité en sombrant dans le fantastique. Les deux d’avant m’avaient plu mais je leur reprochais d’être plutôt destinés au lecteur averti : les intrigues jouaient beaucoup sur l’histoire des personnages, difficile à suivre donc si on n’a pas lu toute la série, alors qu’en théorie, si les personnages évoluent au fil des romans, les enquêtes demeurent tout de même indépendantes. Je craignais donc un peu cette nouvelle histoire, d’autant plus que je n’en avais pas entendu dire que du bien.

          Finalement, j’ai été agréablement surprise. C’est un Vargas bon cru. On y retrouve son univers si particulier et attachant. Elle renoue avec succès avec ses thèmes de prédilections : les croyances populaires. Quand l’historienne ressort, le lecteur est en joie (ben oui, si on peut se cultiver un peu en lisant, c’est quand même mieux, polar ou pas). Les personnages sont toujours décalés et sympathiques. L’histoire (enfin, les histoires entrecroisées) marche bien même si le dénouement est un rien prévisible. Ce roman policier atypique m’a fait passé un très bon moment de lecture.

Il n’arrivait pas à faire coïncider ce nom réputé, en bien ou en mal, avec un homme aussi petit et d’aspect si modeste qui, depuis son visage brun jusqu’à ses vêtements noirs, lui paraissait disloqué, inclassable ou du moins inconforme.

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Ademsberg n’était jamais incommodé par les silences en groupe et il n’éprouvait pas l’instinct compulsif de remplir les blancs coûte que coûte. Les anges, disait-on, pouvaient passer et repasser ses qu’il s’en soucie.

Club lecture·Mes lectures

Club lecture 7°, juin : Nathacha APPANAH, La noce d’Anna

          Anna se marie, avec un homme bien sous tous rapports. Le jour du mariage, sa mère, Sonia, réfléchit à sa vie. Elle si éprise de liberté, regrette que sa fille soit si sage, si conformiste. Elle aurait voulu la voir faire des folies : partir au bout du monde avec un étranger, se marier pieds nus dans une robe rouge, en un mot, qu’elle échappa aux conventions. 

         Ce livre nous a quelque peu divisés. D’un côté, quelqu’un qui l’a aimé de manière inconditionnelle : écriture, histoire, personnages… De l’autre, ceux qui n’ont que moyennement apprécié (voire pas du tout pour certains il semblerait). Là encore deux raisons  : le personnage principal n’a pas inspiré tout le monde, beaucoup ne l’ont pas apprécié, étant donné que tout le récit tourne autour, cela est forcément gênant. Pour ma part, je me suis assez identifiée à Sonia, un personnage dans lequel je me suis reconnue par bien des aspects. Cependant, je n’ai pas trop accroché avec l’écriture, un peu trop dépouillée, un récit trop intimiste. Ca m’a laissée froide.

          Cette lecture aura eu le mérite d’amener un débat plus général sur les convictions de chacun : qui est conformiste, qui ne l’est pas, le mariage, la vie, tout ça. Dans l’ensemble, même si on n’a pas tous aimé le résultat, on a trouvé l’idée de départ intéressante. Une lecture intéressante donc.

Mes lectures

Katarina MAZETTI, Le mec de la tombe d’à côté

          Désirée et Benny se rendent régulièrement au cimetière, elle va sur la tombe de son mari, si sobre, et lui, c’est le mec de la tombe d’à côté, trop tape-à-l’oeil, celle de ses parents. Elle est bibliothécaire, citadine, vit dans un appartement tout blanc et très bien rangé, c’est une femme beige, sans éclat, presque transparente. Il est agriculteur, vit dans une vieille ferme décorée avec les travaux d’aiguille de sa mère, pas idiot mais un peu rustre. Tout les oppose, et chacun agace prodigieusement l’autre à venir comme ça prendre la moitié du banc face aux deux tombes, banc qu’ils doivent se partager. Et puis un jour, un sourire va tout changer.

           J’avais vu ce livre il y a très longtemps sur les étals des librairies, et son titre m’avait interpellé. Et puis je ne l’avais pas pris. Quand un livre est trop lu et relu, semble avoir été ouvert par la terre entière, j’ai toujours besoin d’un peu de temps pour oublier tous les avis entendus et réentendus avant de le lire. Et puis, après quelques années à l’avoir laissé reposer, je me suis lancée. Je craignais un peu le côté romantique de la chose, eh bien c’était un tort.

          Ce livre se lit tout seul. C’est léger, c’est frais, c’est drôle. On alterne les chapitres du point de vue de Désirée et ceux vus par Benny, ce qui donne à la construction un certain dynamisme. Les personnages sont un brin caricaturaux mais suffisamment attachants pour que ça ne gêne pas vraiment la lecture. L’écriture n’est pas exceptionnelle mais alerte et agréable. Rien de transcendant dans ce petit livre, et pourtant, on se laisse prendre au jeu. Je l’ai littéralement dévoré. Je n’avais qu’une envie, connaître la suite, que je me suis donc empressée d’acheter. Une lecture très agréable et sans prétentions que je vous recommande.

Impossible de décrire ce sourire-là sans plonger dans le monde merveilleux des vieux standards de bal-musette.

Dedans, il y avait du soleil, des fraises des bois, des reflets sur un lac de montagne […]. Il s’est écoulé trois heures, ou trois secondes.

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J’étais tombé amoureux d’elle.

Ce n’était pas exactement un déclic. Plutôt comme quand je touche la clôture électrique sans faire gaffe.

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J’aime le simple, le minimal

les formes strictes, les couleurs discrètes

Un pré fleuri en été

me parâit toujours affligeant.

Mes lectures

Larry McMURTRY, Lonesome dove, tome 1

          Gus et Call sont deux anciens rangers réputés pour avoir débarrassé la frontière entre le Texas et le Mexique des indiens qui y faisaient régner la terreur. Ils tiennent tranquillement un petit ranch depuis des années, quand ils décident tout à coup de rassembler un troupeau et de partir conquérir une terre lointaine : la Montana. Un voyage long et difficile les attend.

          Ce livre est considéré comme LE grand western. Il a été récompensé par le prestigieux prix Pulitzer et semble être un classique de la littérature américaine. Cette réputation est-elle méritée ? Oui oui oui, cent fois ouiiiii !!! C’est bien écrit (quoiqu’un peu sec, mais ça colle avec le paysage), les personnages sont savoureux, c’est drôle (euh, de l’humour de texan hein…). Si c’est peut-être un peu lent au début, le temps de présenter la bande et de la mettre en route, assez vite, l’action arrive ; et quelle action ! Les péripéties s’enchaînent à un rythme de plus en plus soutenu, nous surprenant sans cesse. On attend avec impatience de lire la suite de leurs aventures. Je vous en dirai plus bientôt, après la lecture du 2° tome.

          Cette lecture a été effectuée avec les éditions Gallmeister et Babelio que je remercie.

Les nuages étaient aussi rares que des billets de banque, et Dieu sait si ces derniers étaient rares.

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T’en sais plus long que tu n’en dis, et moi j’en dis plus long que je n’en sais. C’est pour ça qu’on forme un couple parfait tant qu’on reste pas ensemble plus d’une heure d’affilée.

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Le problème avec les hommes qui parlent pas beaucoup, c’est qu’en général ils apprennent pas grand chose non plus.