Mes lectures

Patrick SUSKIND, Sur l’amour et la mort

           Un très court essai sur l’amour. J’avais beaucoup aimé Le Parfum et j’étais très curieuse de savoir ce que cet auteur avait écrit d’autre. Je m’attendais donc à du très haut niveau. Cruelle déception. Si c’est bien et écrit et pas totalement inintéressant, l’auteur semble aligner lieux communs et lapalissades. Qu’en dire de plus ? Je ne suis pas allée au bout de ce livre sans grand intérêt.

Ce que saint Augustin dit du temps vaut tout aussi bien pour l’amour. moins nous y réfléchissons, plus il nous paraît se comprendre tout seul ; mais si nous commençons à nous creuser la tête à son propos, nous n’en sortons plus.

Mes lectures

Thomas BERNHARD, Les Mange-pas-cher

          L’histoire ? Euh… jetez un oeil au texte et si vous comprenez de quoi il retourne, n’hésitez pas à venir m’expliquer…

          Il paraît que ce texte est un des plus beau de Thomas Bernhard. On est en droit de se demander à quoi doivent ressembler les autres… Si le style est assez brillant, il est aussi imbuvable. Un bel exercice de style qui m’a ennuyée à périr. Absolument aucun intérêt sauf peut-être pour les amoureux de l’absurde et des phrases de 3 pages.

          Pardon pour cette concision extrême, mais je ne vois vraiment rien à ajouter, les extraits parlent d’eux-mêmes.

J’ai une jambe artificielle, un artifice pour jambe et je ne pouvais pas encore me servir de ma jambe artificielle, […] je ne pouvais pas encore manier comme il fallait et de la façon requise pour ne pas se faire remarquer, dit Koller, aussi bien n’avait-il été libéré de l’hôpital Wilhelmi,e que le matin même et il avait fait de sa jambe artificielle ce qu’il appelait ses premiers pas de liberté.

Comme ça, ça n’a l’air de rien, coupures oblige, mais à la lecture j’ai bien cru mourir étouffée avant la fin de la phrase.

Club lecture

Club lecture mai

          Avec un peu de retard, la réunion du club lecture pour le mois de mai se met en place. Nous lirons Terres et cendres d’Atiq RAHIMI, un livre qui se déroule en Afghanistan. Voici le résumé de l’éditeur :

Afghanistan, époque de la guerre contre l’URSS. Près d’un pont, un vieillard attend avec son petit-fils devenu sourd après l’attaque de leur village par les Soviétiques. Ils sont les seuls survivants. le vieux tente de rejoindre son fils qui travaill comme mineur. Chaleur, poussière, confidences à un marchand bienveillant. Un camion arrive, le vieux poursuit la route seul, confiant son petit-fils à ce marchand. Rendu à la mine, il voit le directeur qui lui dit qu’il n’a pas voulu que son fils, prévenu de l’attaque, se rende chez lui. Colère du vieil homme… qui finit par apprendre que ce n’est pas la vérité…

Un pont, une rivière asséchée dans un paysage désolé, la guérite d’un gardien mal lune, une route qui se perd a l’horizon, un marchand qui pense le monde, un vieillard, un petit enfant, et puis l’attente. Rien ne bouge ou presque. Nous somme en Afghanistan, pendant la guerre contre l’Union Soviétique. le vieil homme va annoncer à son fils qui travaille à la mine qu’au village tous sont morts sous un bombardement. Il parle, il pense : enfer des souvenirs, des attentes, des remords, des conjectures, des soupçons…C’est une parole nue qui dit la souffrance, la solitude, la peur de ne n’être pas entendu.

           Il s’agit d’un livre très court, qui a été plus tard adapté au cinéma par l’auteur lui-même (il a été sélectionné à Cannes en 2004 dans la catégorie « Un certain regard » et a obtenu le Prix du regard vers l’avenir, il était également nominé pour le Prix du regard original). L’auteur a obtenu le Prix Goncourt en 2008 pour Syngué Sabour. Il nous a semblé intéressant de nous confronter ce mois-ci à un sujet d’actualité. L’occasion de découvrir une littérature qu’on connaît mal.

          Nous nous retrouverons certainement le jeudi 26 mai à 18h au Café Livres mais j’aurai l’occasion d’apporter plus de précisions quand au lieu et l’heure du rendez-vous d’ici-là. Peut-être pour les 6 mois changerons-nous de lieu de rendez-vous ?N’hésitez pas à vous joindre à nous si le sujet vous intéresse. Bonne lecture à tous.

 

Mes lectures

Luis SEPULVEDA, Le vieux qui lisait des romans d’amour

          Antonio José Bolivar connaît la forêt amazonienne mieux qu’aucun autre blanc. Aussi bien même que les indiens qui l’habitent. Le vieil homme qui fait passer le temps de sa vieillesse en lisant des romans d’amour va devoir repartir en chasse lorsqu’une panthère s’attaque aux hommes.

          Dans ma série « je lis mes classiques », je me suis attaquée cette fois à un petit livre. Tout le monde ou presque l’a lu, souvent au collège ou au lycée, et j’avais un a priori quelque peu négatif (quand un livre a un trop grand succès, je m’en méfie toujours). J’ai finalement pris plaisir à cette lecture. Ce n’est peut-être pas un grand roman, mais ça se laisse lire. Un style clair et simple, efficace. Une histoire prenante, quoique pas bien originale. Rien d’exceptionnel, c’est classique mais bien fait.

          Derrière cette apparente simplicité se cache quand même une réflexion sur la vie, la vieillesse, l’amour, la mort. L’histoire de cet homme est touchante et pleine de sagesse. Un bel hommage à la vie rude dans la nature, qui recèle plus de richesses qu’il n’y paraît. Un joli petit livre, rude et sensible à la fois.

Antonio José Bolivar Proano comprit qu’il ne pouvait retourner à son village de la Cordillère. Les pauvres pardonnent tout, sauf l’échec.

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Mais ce qu’il aimait par dessus tout imaginer, c’était la neige.

Enfant, il l’avait vue comme une peau de mouton mise à sécher au balcon du volcan Imbabura, et ces personnages de romans qui marchaient dessus sans crainte de la salir lui semblaient parfois d’une extravagance impardonnable.

Mes lectures

Jean-Michel RIOU, 1658, L’éclipse du Roi-soleil

          Ete 1658. A Calais, le jeune roi se meurt. Personne n’arrive à déterminer quel mal ronge le souverain, alors à peine âgé de 20 ans. Antoine Petitbois, espion de la couronne, va mener l’enquête. Partisant de la thèse de l’empoisonnement, il s’alliera aux défenseurs de l’antimoine pour sauver le roi. Arrivera-t-il à découvrir la vérité que le grand cardinal Mazarin semble s’évertuer à cacher ?

          Je lis peu de romans historiques. Je me suis pourtant laissée entraîner par celui-ci. Le style alerte est agréable. Assez ignorante en matière d’histoire (je le confesse avec honte), je ne connaissais rien de cette histoire d’empoisonnement de Louis XIV au début de son règne. J’ai donc été fort aise de m’instruire (le coté instructif étant toutefois à prendre avec des pincettes dans ce type d’ouvrage « grand public ») avec cette enquête à la Cour. L’enquête policière n’est pas des plus palpitantes, mais on se laisse porter par l’histoire somme toute plaisante.

          Le roman semble coller d’assez près à la réalité historique, ce que j’ai apprécié. Les notes en bas de page, apportant des précisions sur les personnages ayant existé sont utiles à la remise en contexte pour les ignorants tels que moi. Le livre comporte des maladresses, si le style est agréable dans l’ensemble car facile à lire et enlevé, il est parfois un peu bancal. Je ne suis pas sure que les dialogues soient toujours très en accord avec l’étiquette du XVII°… Mais peut-être est-ce là l’effet d’un naturel trop méfiant. Si l’ouvrage ne fait pas montre d’une grande profondeur, il a du moins le mérite d’être plaisant et instructif. Quelque chose me dit que les passionnés d’histoire ne le goûteraient guère, les autres y trouveront une lecture agréable.

La rue a ceci de remarquable. On y apprend souvent ce que les puissants ignorent encore. Comment expliquer que le bon peuple sache tout, y compris ce que l’on tente de lui cacher ? Eh bien ! C’est que l’air de la rue contient plus que du vent et, dans le brouhaha de tapages, de racontars qui l’encombre, la Vérité surnage toujours.

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J’avais repéré ma proie, flânant dans la maison même du roi. Elle allait sans méfiance. D’ailleurs, qu’aurait-elle craint puisqu’elle se croyait à l’abri de tout ?

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Si le premier commandement de l’enquêteur est d’écouter, celui de l’espion est de se faire oublier, car l’ombre sied à la profession, je crois l’avoir répété. Cet adage souffre-t-il d’exception ? Aucune.